vendredi 9 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2204641 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | DIAS MARTINS DE PAIVA |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2203076 du 22 avril 2022, la présidente du tribunal administratif de Versailles a renvoyé au tribunal administratif de Melun le dossier de la requête de M. B F A C.
Par cette requête, enregistrée le 20 avril 2022 au greffe du tribunal administratif de Versailles et le 22 avril 2022 au greffe du tribunal administratif de Melun sous le n° 2204641, M. A C, représenté par Me A Martins de Paiva, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 avril 2022 par lequel la sous-préfète de Rambouillet lui a fait obligation de quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, et a procédé a signalement de son profil aux fins de non admission au système d'informations Schengen ;
2°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation en le convoquant pour déposer un nouveau dossier dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour le temps du réexamen de sa situation, avec une astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- l'auteur de cette décision n'a pas justifié de sa compétence ;
- elle n'est pas suffisamment motivée en droit et en fait ;
- la décision attaquée est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il peut bénéficier de plein droit d'un tel titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; il a une compagne et un fils en France ;
En ce qui concerne la décision portant refus de départ volontaire :
- cette décision n'est pas suffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- elle est méconnaît les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile car il dispose d'une adresse stable, il travaille de manière régulière depuis plusieurs années et il dispose d'un passeport et d'une carte nationale d'identité en cours de validité ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
- cette décision n'est pas suffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne pour la sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, et elle est entachée d'erreur d'appréciation ;
La requête a été communiquée au préfet des Yvelines, qui n'a pas présenté de mémoire en défense mais qui a communiqué des pièces enregistrées le 11 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné M. Delmas pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles R. 776-13-1 et suivants, R. 776-15, R. 777-1 et suivants, R. 777-2 et suivants et R. 777-3 et suivants du code de justice administrative
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delmas, qui informe les parties en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative de ce que le jugement à intervenir est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation dirigées contre la mesure de signalement au système d'informations Schengen de l'interdiction de retour sur le territoire français du requérant, dès lors qu'il ne s'agit que d'une simple mesure d'information qui ne fait pas grief ;
- et les observations de Me Albertini qui substitue Me A Martins de Paiva, représentant M. A C, absent, qui conclut à l'annulation de l'arrêté en litige et à l'injonction au réexamen de la situation de l'intéressé par les mêmes moyens. Il soutient, en outre, que son client dispose de liens stables en France depuis huit ans et que l'interdiction de retour sur le territoire français est disproportionnée.
Le préfet des Yvelines n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B F A C, ressortissant brésilien né le 20 janvier 1995 à Araguaina (Brésil), est entré sur le territoire français, selon ses déclarations, le 25 mai 2015. M. A C a été interpellé pour des faits de conduite sans permis de conduire et usage de faux documents. Par un arrêté du 18 avril 2022, la sous-préfète de Rambouillet lui a fait obligation de quitter le territoire français sur le fondement du 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, par un arrêté du 14 mars 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial du même jour de la préfecture des Yvelines, Mme D E, sous-préfète de Rambouillet, a reçu délégation du préfet de ce département pour signer les " arrêtés, décisions ou toutes mesures concernant l'éloignement des étrangers en situation irrégulière sur le territoire nationale " concernant son arrondissement et tout autre arrondissement du département des Yvelines, en cas d'empêchement du préfet, du préfet délégué pour l'égalité des chances, du secrétaire général de la préfecture, de la secrétaire générale adjointe de la préfecture, du directeur de cabinet et du sous-préfet territorialement compétent " pendant les périodes de permanence. Or, il n'est pas contesté que lors de l'édiction de l'arrêté en litige les membres précités du corps préfectoral étaient empêchés, et que la sous-préfète de Rambouillet est intervenue dans l'exercice de la permanence du corps préfectoral. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision en litige serait entachée d'incompétence de sa signataire ne peut qu'être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, l'arrêté du 18 avril 2022 fait référence aux dispositions du 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et à la convention européenne pour la sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Cet arrêté mentionne des éléments concernant l'entrée en France de l'intéressé et indique que ce dernier est en situation de concubinage et à un enfant à charge âgé de trois ans. Ainsi, l'arrêté en litige comporte les motifs de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté en litige ne peut qu'être écarté.
4. En troisième lieu, si M. A C fait valoir qu'étant dans les locaux de police et sans communication avec l'extérieur, il n'a pu produire les pièces justifiant ses allégations, cette seule circonstance ne permet pas d'établir que l'administration n'aurait pas procédé à un examen sérieux de sa situation personnelle. En outre, il ne ressort ni des termes de l'arrêté, ni des autres pièces versées au dossier, que la sous-préfète de Rambouillet n'aurait pas procédé, compte tenu des informations en sa possession à la date de sa décision, à un examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
6. M. A C fait valoir qu'il est présent en France depuis 2015, que sa compagne, également ressortissante brésilienne, l'a rejoint et qu'ils ont un enfant né le 18 septembre 2019. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que la compagne du requérant serait en situation régulière en France et qu'il existerait un obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue dans le pays d'origine du requérant. En outre, il ressort des pièces du dossier que le requérant a exercé les fonctions d'employé commercial et de manutentionnaire, dans le secteur de la grande distribution et dans le secteur du nettoyage, et il ressort en particulier de ces pièces que l'intéressé est titulaire à la date de l'arrêté en litige d'un contrat à durée indéterminée en date du 7 janvier 2022 dans une grande enseigne. Toutefois, si M. A C a accompli en France depuis 2015 un parcours professionnel à la fois cohérent et en progression tant d'un point de vue économique que d'un point de vue juridique, cette seule circonstance, pour méritoire qu'elle soit, ne permet pas d'établir qu'il bénéficier en France d'une intégration complète. Enfin, le requérant n'établit pas qu'il serait dépourvu de toute attache familiale ou privée dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à son arrivée en France en 2015, selon ses propres déclarations, à l'âge de 20 ans. Dans ces conditions, M. A C n'est pas fondé à soutenir que la sous-préfète de Rambouillet aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision a été prise. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. En outre, et en tout état de cause, pour ces mêmes motifs de fait, le moyen tiré de ce que la décision en litige méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que M. A C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 18 avril 2022 lui faisant obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne la légalité de la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
8. Aux termes des dispositions de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; () 7° L'étranger a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage ou a fait usage d'un tel titre ou document ; 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ". Enfin, l'article L. 613-2 du même code dispose " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour () sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. ".
9. Pour refuser à M. A C le bénéfice d'un délai de départ volontaire, le préfet des Yvelines a estimé qu'il existait un risque que l'intéressé de soustraie à l'obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet au motif, d'une part, qu'il s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour et, d'autre part, qu'il ne justifie d'aucune circonstance humanitaire particulière. S'il est exact que M. A C s'est maintenu au-delà et la durée de son visa et qu'après avoir été avisé de la perspective d'un éloignement il a répondu " Non. Je souhaite rester en France, j'aime la France. ", il est également constant qu'il possède un passeport brésilien en cours de validité, qu'il dispose d'une adresse stable, que sa compagne qui réside avec lui, bien qu'elle soit en situation irrégulière, ne fait l'objet d'aucune mesure, et qu'il vit dans une maison avec elle et son enfant de trois ans dont il s'occupe. Dans ces conditions, eu égard aux conditions de l'espèce et également à sa situation professionnelle, M. A C justifie de circonstances particulières empêchant, en l'absence de contestation en défense, qu'un délai de départ volontaire lui soit refusé.
10. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A C est fondé à demander l'annulation de la décision du 18 avril 2022 lui refusant un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne la légalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
11. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. () ".
12. Il ressort des termes de la décision en litige qu'elle est fondée exclusivement sur le refus de délai de départ volontaire opposé à M. A C. Dès lors que ce refus de délai de départ volontaire est annulé par le présent jugement, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français ne peut qu'être, par voie de conséquence, annulée.
13. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A C est fondé à demander l'annulation de la décision du 18 avril 2022 portant interdiction de retour sur le territoire français.
En ce qui concerne la mesure de signalement aux fins de non admission au système d'informations Schengen ;
14. Aux termes de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. / Les modalités de suppression du signalement de l'étranger en cas d'annulation ou d'abrogation de l'interdiction de retour sont fixées par voie réglementaire. ". En vertu de l'article R. 613-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les modalités de suppression du signalement d'un étranger effectué au titre d'une décision d'interdiction de retour prise en application de l'article L. 613-5 sont celles qui s'appliquent, en vertu de l'article 7 du décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées, aux cas d'extinction du motif d'inscription au fichier des personnes recherchées.
15. Il résulte des dispositions précitées que, lorsqu'elle prend à l'égard d'un étranger une décision d'interdiction de retour sur le territoire français ou prolonge l'interdiction de retour dont cet étranger fait l'objet, l'autorité administrative se borne à informer l'intéressée de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. Une telle information ne constitue pas une décision distincte de la mesure d'interdiction de retour et n'est, dès lors, pas susceptible de faire l'objet en tant que telle d'un recours pour excès de pouvoir. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation de la mesure de signalement aux fins de non admission de M. A C dans le système d'information Schengen sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
16. En premier lieu, aux termes de l'article L. 614-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision de ne pas accorder de délai de départ volontaire est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cette fin rappelle à l'étranger son obligation de quitter le territoire français dans le délai qui lui sera fixé par l'autorité administrative en application des articles L. 612-1 ou L. 612-2. Ce délai court à compter de sa notification. ".
17. Eu égard aux motifs du présent jugement, l'annulation du refus de délai de départ implique nécessairement que l'autorité administrative détermine à nouveau ce délai, sans qu'il soit besoin d'assortir cette obligation légale d'une astreinte.
18. En second lieu, aux termes de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. (). ".
19. Le présent jugement, qui annule l'interdiction de retour sur le territoire français prise à l'encontre de M. A C, implique nécessairement que l'administration efface le signalement dont elle fait l'objet dans le système d'information Schengen aux fins de non-admission. Il y a donc lieu d'enjoindre au préfet des Yvelines de prendre toute mesure propre à mettre fin à ce signalement. En revanche, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais d'instance ;
20. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, une somme au titre des frais exposés par M. A C et non compris dans les dépens.
D E C I D E
Article 1er : Les décisions du préfet des Yvelines du 18 avril 2022 portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an sont annulées, sans que M. A C soit dispensé de son obligation de quitter le territoire français dans le délai qui sera fixé par l'autorité administrative.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Yvelines de prendre toute mesure propre à mettre fin au signalement de M. A C dans le système d'information Schengen procédant de l'interdiction de retour du 18 avril 2022 ci-dessus annulée.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A C est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B F A C et au préfet des Yvelines.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juin 2023.
Le magistrat désigné,
Signé : S. DELMASLa greffière,
Signé : L. DARNAL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026