lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2204823 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 15ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET DE CAUMONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 mai 2022 sous le n° 2204823, Mme B A, représentée par Me de Caumont, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions de retraits de points consécutives aux infractions des 15 janvier 2014, 25 août 2014, 21 août 2015, 13 septembre 2016, 29 mai 2018, 2 avril 2019 et 11 octobre 2018 ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'Intérieur de lui restituer les points illégalement retirés et de rétablir le capital de points de son permis de conduire, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) de rejeter la demande de l'Etat présentée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que les décisions litigieuses violent les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route dès lors qu'elle conteste avoir reçu pour chacune des infractions querellées les informations prévues par ces dispositions lors de la rédaction des procès-verbaux relatifs aux infractions visées sur le document 48 SI querellé .
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2022, le ministre de l'Intérieur conclut au non-lieu à statuer en ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation de la décision 48 SI et au rejet du surplus des conclusions de la requête, en faisant valoir que :
- le solde de points du permis de la requérante est redevenu positif suite au stage de sensibilisation qu'elle a effectué les 1er et 2 avril 2022 ;
- l'unique moyen soulevé est infondé ; de plus, la réalité des infractions querellées est établie dans les conditions de l'article L. 223-1 du code de la route.
Par un mémoire en réplique, enregistré le 26 août 2022, Mme A conclut aux mêmes fins que la requête.
Vu :
- les décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Freydefont, magistrat désigné, pour statuer sur les litiges visés audit article.
Mme Van Daele, rapporteure publique, a été, sur sa proposition, dispensée de conclure dans cette affaire en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique du 23 septembre 2024, en présence de Mme Darnal, greffière d'audience, M. Freydefont, magistrat désigné, qui a présenté son rapport.
Ni la requérante, ni le défendeur, ne sont présents ou représentés.
DatesInfractionsCNT/TPPointsRIIRestitutionRemarques15-01-2014V ( 30 km/hPVE-2AF25-08-2014V ( 40 km/hPVE-3AF21-08-2015V ( 50 km/hTP Lagny-47213-09-2016Dépassement gênantPVE-3AF29-05-2018V ( 30 km/hPVE-2AF11-10-2018V ( 30 km/hPVE-2AF02-04-2019TéléphonePVE-3AMInterpellation de la conductriceTOTAL-19
1. Il résulte de l'instruction que Mme B A, née le 20 mai 1950, s'est notamment vu retirer 2, 3, 4, 3, 2, 2 et 3 points (soit 19 points en tout) à la suite d'infractions commises respectivement les 15 janvier 2014, 25 août 2014, 21 août 2014, 13 septembre 2016, 29 mai 2018, 11 octobre 2018 et 2 avril 2019. Constatant que, suite à ces retraits, ainsi d'ailleurs qu'à 14 autres retraits totalisant 18 autres points, le solde de points de Mme A était nul, le ministre de l'Intérieur a, par une décision modèle " 48 SI " du 20 avril 2022, constaté qu'elle avait perdu le droit de conduire et lui a enjoint de restituer son permis de conduire. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation des 7 décisions de retraits de points consécutives aux infractions constatées les 15 janvier 2014, 25 août 2014, 21 août 2014, 13 septembre 2016, 29 mai 2018, 11 octobre 2018 et 2 avril 2019.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, les conditions de la notification au conducteur des retraits de points de son permis de conduire ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie et partant, la légalité de ces retraits. Il suit de là que l'absence de notification, préalablement aux décisions de retrait de points opérées sur le permis de conduire de Mme A est sans influence sur la légalité de ces retraits, ces modalités de notification ayant pour seul objet de rendre ceux-ci opposables à l'intéressée et de faire courir le délai dont dispose celle-ci pour en contester la légalité devant la juridiction administrative. Par suite, le moyen sus-analysé est inopérant et doit être écarté.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. / Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de la composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. Le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple quand il est effectif ". Aux termes de l'article R. 223-3 du même code : " I. Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. / II. Il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 2 25-1 à L. 225-9 () " ;
4. En application de ces dispositions, l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie, que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, qui constituent une garantie essentielle lui permettant de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tout moyen, qu'elle a délivré ledit document.
S'agissant des 6 infractions des 15 janvier 2014, 25 août 2014, 21 août 2014, 13 septembre 2016, 29 mai 2018, 11 octobre 2018 :
5. Il ressort du relevé d'information intégral (R2I) afférent à la situation de la requérante et produit par le ministre en défense que les 6 infractions des 15 janvier 2014, 25 août 2014, 21 août 2014, 13 septembre 2016, 29 mai 2018, 11 octobre 2018 ont été acquittées par Mme A au stade de l'amende forfaitaire, ainsi qu'il ressort de la mention " AF figurant au R2I de la requérante. Ainsi, celle-ci a nécessairement reçu les courriers du ministre de l'Intérieur l'invitant à s'acquitter de ces paiements, courriers qui comportent l'ensemble des informations prévues par les articles L. 223-1 et R. 223-1 précités du code de la route. Il s'ensuit que l'administration doit être regardée, dans les circonstances de l'espèce, et alors que la requérante n'établit pas, à défaut de produire les documents qui lui ont été remis, que ceux-ci ne comportaient pas l'ensemble des informations exigées, comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information s'agissant des 6 infractions des 15 janvier 2014, 25 août 2014, 21 août 2014, 13 septembre 2016, 29 mai 2018, 11 octobre 2018.
S'agissant de l'infraction du 2 avril 2019 :
6. Il ressort du R2I afférent au permis de conduire de Mme A que l'infraction du 2 avril 2019 relative à l'usage d'un téléphone au volant a été relevée au moyen d'un procès-verbal électronique, ainsi qu'en atteste la mention " PVE ", avec interpellation de la conductrice ainsi que le démontre le ministre qui produit copie du procès-verbal d'infraction. Par suite, la signature apposée par l'intéressée et conservée par voie électronique établit, pour les infractions constatées à partir du 15 avril 2015, que les informations prévues par les articles L. 223-1 et R. 223-1 précités du code de la route lui ont bien été délivrées.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation contenues dans la requête de Mme A, qui ne concernaient que les décisions de retrait de points et non la décision 48 SI du 20 avril 2022, doivent être rejetées. Par voie de conséquence, doivent également être rejetées les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant au bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au ministre de l'Intérieur.
Délibéré après l'audience du 23 septembre 2024.
Rendu public après mise à disposition au greffe le 7 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé : C. FreydefontLa greffière,
Signé : L. Darnal
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026