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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2205020

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2205020

jeudi 13 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2205020
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8ème chambre
Avocat requérantCHAMPAIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance en date du 17 mai 2022, enregistrée le 18 mai 2022 au greffe du tribunal, le président de la 8e chambre du tribunal administratif de Montreuil a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par M. C A.

Par une requête enregistrée au greffe du tribunal administratif de Montreuil le

19 avril 2022, et deux mémoires complémentaires enregistrés au greffe du tribunal administratif de Melun les 6 et 21 juin 2023, M. C A, représenté par Me Champain, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 31 janvier 2022 par lequel la préfète du Val-de-Marne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination de sa reconduite à la frontière ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un titre de séjour ou à défaut de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat (la préfète du Val-de-Marne) le versement à son conseil, Me Champain, de la somme de 1 200 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

M. A soutient que :

La décision de refus de titre de séjour :

- est entachée d'incompétence ;

- est illégale en raison des vices entachant la procédure établissant le rapport médical ;

- méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

La décision portant obligation de quitter le territoire :

- est entachée d'incompétence ;

- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;

- méconnaît l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

La décision fixant le pays de destination :

- est entachée d'incompétence ;

- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- méconnaît l'article L. 721-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Les éléments de la procédure ont été communiqués à la préfète du Val-de-Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense, malgré une mise en demeure adressée le 23 mars 2023.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 mars 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- l'ordonnance n° 2005-1516 du 8 décembre 2005 ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Potin, conseillère, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. C A, ressortissant malien né le 31 décembre 1978 à Goussela (Mali), est entré en France, selon ses déclaration le 6 décembre 2018 et y résiderait habituellement depuis. Il a sollicité le 22 octobre 2021 la délivrance d'un titre de séjour, sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 31 janvier 2022, la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de ces décisions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Par arrêté n° 2021-4693 du 22 décembre 2021 publié au recueil des actes administratifs du même jour, la préfète du Val-de-Marne a délégué à Mme B D, en qualité de sous-préfète de l'Haÿ-les-Roses, sa signature à l'effet de signer tous les actes relevant des attributions de l'État dans l'arrondissement de l'Haÿ-les-Roses, au nombre desquels figure l'arrêté attaqué. Le moyen manque ainsi en fait et doit être écarté.

En ce qui concerne le refus de titre de séjour :

3. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée. () ". Aux termes de de l'article R. 425-11 du même code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé ". Aux termes de l'article R. 425-12 de ce code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. () Il transmet son rapport médical au collège de médecins. / Sous couvert du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le service médical de l'office informe le préfet qu'il a transmis au collège de médecins le rapport médical. () ". Aux termes de l'article R. 425-13 de ce même code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle ". Enfin, aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : / a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; / b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; / d) la durée prévisible du traitement. / Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. / Cet avis mentionne les éléments de procédure. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ".

S'agissant de la légalité externe :

4. Premièrement, il ressort des pièces du dossier qu'un rapport médical relatif à la situation de M. A a été établi le 25 novembre 2021 par le docteur E, médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. C'est d'abord ainsi nécessairement au vu de ce rapport que l'Office français de l'immigration et de l'intégration a rendu son avis du 27 décembre 2021 produit en défense par la préfète du Val-de-Marne. Ensuite, s'il est soutenu que ledit rapport comporterait des inexactitudes au regard de la pathologie dont souffre M. A, un tel moyen manque en fait ainsi que le tribunal a pu le constater après s'être fait communiquer ledit rapport par l'OFII. En outre, M. A n'établit pas davantage que ce rapport n'aurait pas été régulièrement établi conformément à l'arrêté du 27 décembre 2016. Dès lors, les moyens relatifs à la procédure d'élaboration du rapport et à son contenu doivent être écartés.

5. Deuxièmement, l'avis du collège de médecins de l'OFII comporte les mentions indiquées à l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 ainsi que le nom des trois médecins ayant siégé au sein de ce collège le 27 décembre 2021, avec leur signature et la mention : " après en avoir délibéré, le collège des médecins de l'OFII émet l'avis suivant ", laquelle fait foi jusqu'à preuve du contraire. En outre, ces trois médecins, ainsi que celui qui a établi le rapport médical, étaient compétents en vertu d'une décision en date du 1er mai 2021 du directeur général de l'OFII, régulièrement publiée au bulletin officiel du ministère de l'intérieur. Il ressort par ailleurs de cet avis que le médecin rapporteur, dont le rapport a été transmis au collège le 29 novembre 2021, ainsi que l'indique le bordereau de transmission également produit, ne figurait pas parmi ses signataires. Il s'ensuit que l'avis a été émis dans le respect des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, les moyens relatifs à l'avis du collège des médecins de l'OFII doivent être écartés.

6. Troisièmement, l'examen de la demande de M. A par le collège de médecins de l'OFII, après avis du médecin rapporteur, implique nécessairement que le préfet lui ait remis une notice d'information et un certificat vierge lors du dépôt de sa demande en préfecture. En tout état de cause, à supposer que la notice d'information ne lui aurait pas été remise, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette circonstance l'aurait privé d'une garantie ou aurait exercé une influence sur le sens de la décision dès lors que le requérant n'allègue pas que le collège de médecins n'aurait pas délibéré en connaissance de cause sur sa situation médicale.

7. Quatrièmement, la branche tirée de l'absence de sécurisation permettant l'authentification des signatures électroniques portées sur l'avis du collège des médecins, en méconnaissance des exigences de l'article L. 212-3 du code des relations entre le public et l'administration, combinées avec celles de l'article 9 de l'ordonnance n° 2005-1516 du 8 décembre 2005 relative aux échanges électroniques entre les usagers et les autorités administratives et entre les autorités administratives ne peut qu'être écarté dès lors que ces dispositions ne sont applicables qu'aux décisions de l'administration, et non aux avis rendus aux fins d'éclairer l'action administrative.

8. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que le moyen tiré de ce que l'arrêté aurait été pris au terme d'une procédure irrégulière doit dès lors être écarté en toutes ses branches.

S'agissant de la légalité interne :

9. Pour refuser de délivrer à M. A le titre de séjour demandé, la préfète du

Val-de-Marne a estimé, suivant l'avis du collège des médecins de l'OFII, que, si l'état de santé du requérant nécessite une prise en charge médicale, le défaut de prise en charge de l'intéressé ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé qu'il existe toutefois un traitement approprié dans son pays d'origine eu égard à l'offre de soin et que son état de santé lui permet de voyager. Il ressort des pièces du dossier que M. A souffre d'une hépatite B et d'une pathologie psychiatrique. Pour remettre en cause l'avis de l'OFII et le rapport du médecin rapporteur, M. A produit deux certificats médicaux, postérieurs à la décision attaquée, l'un émanant du médecin qui le suit dans le service d'hépato-gastro-entérologie de l'hôpital Delafontaine de Saint-Denis qui indique qu'il ne pourrait bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine et l'autre précisant que l'intéressé était suivi depuis

octobre 2020. Le requérant produit également la nomenclature des médicaments disponibles au Mali et plusieurs articles et rapports concernant le système de soin et le traitement de ses pathologies dans son pays d'origine. Toutefois, ces documents ne sont pas suffisamment circonstanciés pour remettre en cause l'appréciation portée par le collège des médecins de l'OFII en ce qui concerne, notamment, l'accès aux soins dont le requérant serait effectivement susceptible de bénéficier dans son pays d'origine. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète du Val-de-Marne aurait méconnu les dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

10. Premièrement, la décision portant refus de titre de séjour opposée au requérant n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être rejeté.

11. Deuxièmement, ne peut faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, en vertu du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'étranger " résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ". Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier, ainsi qu'il a été dit au point 9 du présent jugement, que le défaut de prise en charge de son état de santé pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

12. Troisièmement, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

13. M. A se prévaut de sa présence en France depuis le mois de décembre 2018, de son intégration associative et de sa vulnérabilité en raison de son état psychologique. Toutefois, ces affirmations ne sont corroborées par aucun élément au dossier. Dans ces conditions, la préfète du Val-de-Marne n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a pris la décision attaquée et n'a, dès lors, pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation du requérant.

14. Il résulte de ce qui ce qui précède que l'ensemble des moyens dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français doivent être écartés. Il s'ensuit que les conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.

En ce qui concerne le pays de destination :

15. La décision portant obligation de quitter le territoire français opposée au requérant n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision fixant le pays de destination, ne peut qu'être rejeté.

16. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une mesure d'éloignement est éloigné : / 1° A destination du pays dont il a la nationalité () / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".

17. En se bornant à reprendre les éléments développés dans le cadre du refus de titre de séjour, M. A n'établit pas être personnellement menacé en cas de retour dans son pays d'origine au sens des stipulations précitées. Ainsi le moyen qu'il invoque, tiré de ce que la décision attaquée, en tant qu'il fixe le Mali comme pays de destination, méconnaîtrait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que l'article L. 721-4 précité, doit être écarté.

18. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus concernant l'obligation de quitter le territoire français que les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation de la situation du requérant doivent, pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 13, être écartés.

19. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 31 janvier 2022, par lequel la préfète du Val-de-Marne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, avec obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination.

20. Dès lors, la requête de M. A doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la préfète du Val-de-Marne.

Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.

Délibéré après l'audience du 27 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Gracia, président,

M. Israël, premier conseiller,

Mme Potin, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2023.

La rapporteure,

M. Potin

Le président,

J-Ch. GraciaLa greffière,

C. Mahieu

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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