mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2205036 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SCP SPINOSI & SUREAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 19 mai 2022, 2 août 2022 et 5 décembre 2022, M. A D et Mme E B, représentés par la SCP Spinosi, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 novembre 2021 par lequel le maire d'Achères-la-Forêt a prononcé la fermeture administrative de l'établissement recevant du public situé 47 rue Closeau ainsi que la décision de rejet de leur recours gracieux du 10 mars 2022 ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Achères-la-Forêt une somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de motivation ;
- il a été pris au terme d'une procédure irrégulière en violation du principe du contradictoire ;
- il est entaché d'un vice de procédure en méconnaissance des dispositions de l'article L. 143-3 du code de la construction et de l'habitation dès lors qu'il n'a pas été précédé d'une visite de la commission de sécurité compétente ni d'une mise en demeure de réaliser des travaux, ce qui les a ainsi privés d'une garantie ;
- il est entaché d'une erreur de qualification juridique des faits dès lors que le bâtiment en litige ne saurait être qualifié d'établissement recevant du public au sens des dispositions de l'article R. 122-5 du code de la construction et de l'habitation ;
- il comporte des erreurs matérielles entachant sa légalité dès lors qu'aucun constat préalable n'a été effectué par la commune, que seule une partie de leur habitation est consacrée à l'organisation de manifestations culturelles, et que celles-ci ne sont pas ouvertes au public mais au seul cercle privé de leurs connaissances.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 octobre 2024, la commune d'Achères-la-Forêt, représentée par l'AARPI Lexstep avocats, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. D et de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. D et Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Duhamel,
- les conclusions de M. Grand, rapporteur public,
- et les observations de M. D.
Considérant ce qui suit :
1. M. A D et Mme E B sont propriétaires d'un immeuble à usage d'habitation situé 47 rue du Closeau à Achères-la-Forêt. A partir de l'année 2021, ils ont commencé à organiser des manifestations culturelles telles que des concerts au sein d'une " grange " attenante à leur habitation principale. Considérant que cette activité conférait au bâtiment un statut d'établissement recevant du public sans qu'aucune autorisation préalable n'ait été sollicitée, le maire de la commune a, par un premier arrêté du 29 octobre 2021, décidé de procéder à la fermeture administrative de l'établissement jusqu'à régularisation de la situation sous réserve des différents avis et autorisations nécessaires. Par un second arrêté du 13 novembre 2021, le maire d'Achères-la-Forêt a annulé et remplacé l'arrêté du 29 octobre 2021 suite à une erreur matérielle relative à l'adresse de la propriété et a décidé de procéder de nouveau à la fermeture administrative de l'établissement sur le fondement des dispositions de l'article L. 143-3 du code de la construction et de l'habitation. Par un courrier du 24 janvier 2022, M. D et Mme B ont saisi le maire de la commune d'un recours gracieux afin qu'il retire cet arrêté. Par un courrier du 10 mars 2022, notifié au requérants le 21 mars suivant, le maire d'Achères-la-Forêt a rejeté leur recours gracieux. M. D et Mme B demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 13 novembre 2021 ainsi que la décision de rejet de leur recours gracieux.
Sur les conclusions aux fin d'annulation :
2. Aux termes des dispositions de l'article L. 143-3 du code de la construction et de l'habitation : " " Sans préjudice de l'exercice par les autorités de police de leurs pouvoirs généraux et dans le cadre de leurs compétences respectives, le maire ou le représentant de l'Etat dans le département peuvent par arrêté, pris après avis de la commission de sécurité compétente, ordonner la fermeture des établissements recevant du public en infraction avec les règles de sécurité propres à ce type d'établissement, jusqu'à la réalisation des travaux de mise en conformité. L'arrêté de fermeture est pris après mise en demeure restée sans effet de l'exploitant ou du propriétaire de se conformer aux aménagements et travaux prescrits ou de fermer son établissement dans le délai imparti ".
3. Il résulte des dispositions précitées que le maire ne peut ordonner la fermeture d'un établissement recevant du public que si cet établissement est exploité sans l'obtention préalable du permis de construire et du certificat de conformité ou si le propriétaire a refusé de procéder aux travaux d'aménagement qui lui ont été imposés. En admettant qu'un établissement ait été ouvert dans des conditions irrégulières, cette circonstance, qui expose les contrevenants à des poursuites pénales, n'autorise pas l'autorité administrative à en prononcer la fermeture sans avoir, au préalable, invité le propriétaire à procéder aux travaux nécessaires pour assurer la sécurité du public, dès lors que la fermeture de l'établissement ne présente pas un caractère d'urgence.
4. D'une part, si la commune fait valoir que deux courriers électroniques ont été adressés les 18 juin et 4 novembre 2021 aux requérants afin de leur demander de régulariser la situation administrative de leur projet et de solliciter l'autorisation du maire pour l'ouverture d'un établissement recevant du public, ces courriers ne peuvent être regardés comme une mise en demeure au sens des dispositions de l'article L. 143-3 du code de la construction et de l'habitation dès lors qu'ils se bornent à rappeler la procédure applicable aux établissements recevant du public sans aviser les requérants des travaux qu'il y aurait lieu d'entreprendre en vue d'assurer la sécurité du public.
5. D'autre part, alors que la commune conférait de fait un statut d'établissement recevant du public au bâtiment en litige, il est constant que l'avis de la commission de sécurité compétente n'a pas été sollicité en méconnaissance des dispositions précitées. Dans ces conditions, alors qu'il n'est pas établi, ni même allégué que la fermeture de l'établissement présentait un caractère d'urgence, les requérants sont fondés à soutenir que la décision de fermeture de leur établissement a été prise au terme d'une procédure irrégulière.
6. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
7. En l'espèce, en l'absence de mise en demeure de se conformer aux aménagements et travaux prescrits et d'avoir recueilli l'avis de la commission de sécurité avant l'intervention de l'arrêté attaqué, M. D et Mme B ont été privés d'une garantie. Par suite, ils sont fondés à demander l'annulation de cet arrêté.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que l'arrêté du maire d'Achères-la-Forêt du 13 novembre 2021 ainsi que la décision de rejet du recours gracieux du 10 mars 2022 doivent être annulés.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. D et de Mme B, qui n'ont pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune d'Achères-la-Forêt demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune d'Achères-la-Forêt une somme globale de 1 500 euros à verser à M. D et à Mme B au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E:
Article 1er : L'arrêté du maire d'Achères-la-Forêt du 13 novembre 2021 prononçant la fermeture de l'établissement situé 47 rue Closeau à Achères-la-Forêt ainsi que la décision de rejet du recours gracieux du 10 mars 2022 sont annulés.
Article 2 : La commune d'Achères-la-Forêt versera une somme globale de 1 500 euros à M. D et à Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la commune d'Achères-la-Forêt présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D et à Mme B et à la commune d'Achères-la-Forêt.
Délibéré après l'audience du 4 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. C , président,
M. Duhamel, premier conseiller,
M. Cabal, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.
Le rapporteur,
B. DUHAMEL
Le président,
M. CLa greffière,
M.NODIN
La République mande et ordonne au le préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026