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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2205094

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2205094

mercredi 2 août 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2205094
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantBENVENISTE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 mai 2022, M. B A, représenté par Me Benveniste, demande au tribunal, après l'avoir admis à l'aide juridictionnelle provisoire :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 19 avril 2022 par lequel le préfet de Seine-et-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la reconduite ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat (préfet de Seine-et-Marne) une somme de 1.500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que la décision en cause a été signée par une personne ne disposant pas d'une délégation régulière, qu'elle est insuffisamment motivée et qu'elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et que la décision fixant le pays de renvoi méconnait les stipulations de l'article 3 de la même convention.

Le 23 mai 2022, le préfet de Seine-et-Marne a communiqué des pièces mais n'a pas produit de mémoire en défense.

Le 12 mai 2023, M. B A, représenté par Me Benveniste, a informé le tribunal que, par une décision du 6 avril 2023, la Cour nationale du droit d'asile lui avait accordé le statut de réfugié.

Vu :

- la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique et le décret ° 2020-1717 du 28 décembre 2020 modifié pris pour son application ;

- la décision de la Cour nationale du droit d'asile (1ère section, 2ème chambre) en date du

21 décembre 2021 rejetant le recours formé le 28 juillet 2021 par M. A contre la décision en date du 26 avril 2021 par laquelle le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides avait rejeté sa demande d'asile ;

- la décision de la Cour nationale du droit d'asile (5ème section, 1ère chambre) en date du

6 avril 2023 annulant la décision en date du 11 mars 2022 par laquelle le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides avait rejeté la demande de réexamen de sa demande d'asile présentée par M. A et lui accordant le statut de réfugié ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application des dispositions de l'article R. 776-13-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir, au cours de l'audience publique du 22 juin 2023, tenue en présence de Mme Aït Moussa, greffière d'audience, présenté son rapport, en l'absence du requérant et du préfet de Seine-et-Marne, ou de leurs représentants, dûment convoqués.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant afghan né le 21 novembre 1985 dans la province de Baghlam, entré en France en octobre 2019, a vu sa première demande d'asile rejetée par la Cour nationale du droit d'asile le 21 décembre 2021. Par un arrêté du 19 avril 2022, le préfet de Seine-et-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par une requête enregistrée le 19 mai 2022, il a demandé l'annulation de cette décision. Il a formé par ailleurs une demande de réexamen de sa demande d'asile qui a été déclarée irrecevable par le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 11 mars 2022, mais, par une décision du 6 avril 2023, la Cour nationale du droit d'asile lui a accordé le statut de réfugié.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'admettre le requérant, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions aux fins d'annulation

4. Aux termes de l'article L.561-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui a obtenu le statut de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire en application du présent livre se voit délivrer un titre de séjour dans les conditions et selon les modalités prévues au chapitre IV du titre II du livre IV ". Aux termes de l'article L. 424-1 du même code : " L'étranger auquel la qualité de réfugié a été reconnue en application du livre V se voit délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans ". Aux termes de l'article L. 424-4 du même code : " Le délai pour la délivrance de la carte de résident prévue à l'article L. 424-1 après la décision de reconnaissance de la qualité de réfugié par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile est fixé par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article R. 424-1 du même code : " Le préfet procède à la délivrance de la carte de résident prévue aux articles L. 424-1 ou L. 424-3 dans un délai de trois mois à compter de la décision de reconnaissance de la qualité de réfugié par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile. () ".

5. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, M. A s'est vu accorder le statut de réfugié par la Cour nationale du droit d'asile le 6 avril 2023. Par suite, le préfet de Seine-et-Marne était tenu de lui délivrer une carte de résident au plus tard le 6 juillet 2023. Cette délivrance ayant eu pour conséquence l'abrogation implicite de la décision contestée du 19 avril 2022, il n'y a plus lieu de statuer sur la requête présentée le 19 mai 2022 par M. A et tendant à son annulation.

Sur les frais du litige :

6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat (préfet de Seine-et-Marne) une somme à verser à Me Benveniste, conseil de M. A, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du

10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : M. A n'est pas admis à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A et tendant à l'annulation de l'arrêté du 19 avril 2022.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. B A et au préfet de Seine-et-Marne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 août 2023.

Le magistrat désigné,

Signé : M. Aymard

La greffière,

Signé : S. Aït Moussa La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

S. Aït Moussa

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