vendredi 13 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2205118 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | DBCJ AVOCATS - CABINET DE MELUN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 mai 2022, M. C et Mme D B doivent être regardés comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 22 mars 2022 par lequel le maire de Dammarie-les-Lys a délivré à M. E A un permis de construire modificatif portant sur la modification de l'aspect extérieur, de la surface de plancher et de la clôture de la construction située 257 avenue Paul Vaillant Couturier à Dammarie-les-Lys, sur la parcelle cadastrée AY n°0344.
Ils soutiennent que :
- le projet de M. A ne pouvait relever du permis de construire modificatif dès lors que les modifications remettent en cause la conception générale du projet initial et entrainent un bouleversement tel qu'il en a changé la nature ;
- l'arrêté attaqué n'a pas fait l'objet d'un affichage régulier sur le terrain du projet ;
- il méconnait les dispositions de l'article UE 7 du règlement du plan local d'urbanisme relatives à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives dès lors qu'il est situé à moins de 3 mètres de la limite séparative ;
- les travaux entrepris ne sont pas conformes au permis de construire modificatif dès lors que la construction litigieuse est édifiée à une distance de 30 à 40 cm par rapport au mur situé à l'extrémité de leur propriété alors que le plan de masse fait apparaitre cette construction à l'alignement de ce mur ;
- le dossier de demande de permis de construire modificatif est entaché d'une incohérence dès lors que le pétitionnaire a indiqué dans la demande de modification que le déplacement de la structure était de 4 mètres vers la façade située au sud alors que le plan de masse indique un déplacement de 3 mètres ;
- le dossier de demande de permis de construire initial est entaché d'une incohérence dès lors qu'il indique que les deux constructions projetées sont situées à 8 mètres de distance alors que le plan de masse joint au dossier de demande indique une distance de 10,5 mètres ;
- le déplacement de la structure autorisé par le permis de construire modificatif constitue un préjudice de vue entraînant pour eux une atteinte au droit à la protection de leur vie privée et une dévalorisation de leur bien immobilier.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 avril 2023, la commune de Dammarie-les-Lys conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Par une lettre du 10 juin 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 8 juillet 2024.
Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 30 septembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Collen-Renaux, conseiller,
- et les conclusions de Mme Blanc, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 26 décembre 2018, le maire de Dammarie-les-Lys a délivré un permis de construire à M. E A pour la construction d'un pavillon et la modification d'une clôture sur son terrain situé 257 avenue Paul Vaillant Couturier à Dammarie-les-Lys sur la parcelle cadastrée section AY n°0344. Par un arrêté du 22 mars 2022, le maire de Dammarie-les-Lys a délivré à M. A un permis de construire modificatif portant sur l'aspect extérieur et la surface de plancher de cette construction ainsi que sur la clôture. Par le présent recours, M. et Mme B demandent au tribunal l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, l'autorité compétente, saisie d'une demande en ce sens, peut délivrer au titulaire d'un permis de construire en cours de validité un permis modificatif, tant que la construction que ce permis autorise n'est pas achevée et à condition que les modifications envisagées n'apportent pas à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. La seule circonstance que ces modifications portent sur des éléments tels que son implantation, ses dimensions ou son apparence ne fait pas, par elle-même, obstacle à ce qu'elles fassent l'objet d'un permis modificatif.
3. Il ressort des pièces du dossier que les modifications apportées au projet initial par le permis modificatif délivré le 22 mars 2023 consistent en la modification de l'aspect extérieur de la construction projetée en ce qui concerne notamment les matériaux utilisés, la suppression des toits en pente des lucarnes, la modification du nombre de lucarnes, le déplacement de la structure de 3 mètres vers la façade sud afin de respecter la règle de retrait et l'augmentation de 12,8 % de la surface de plancher. Ces modifications n'apportent pas au projet un bouleversement tel qu'elles en changeraient la nature même. Par suite, le moyen tiré de ce que le projet ne pouvait faire l'objet d'un permis de construire modificatif doit être écarté.
4. En deuxième lieu, M. et Mme B ne peuvent utilement se prévaloir d'une irrégularité des conditions d'affichage du permis de construire sur le terrain du projet, lesquelles sont sans incidence sur la légalité de l'arrêté en litige. Ce moyen doit donc être écarté comme inopérant.
5. En troisième lieu, si les requérants soutiennent que le permis de construire modificatif méconnait l'article UE 7 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives, il ressort des pièces du dossier que le permis de construire modificatif ne modifie pas sur ce point le projet autorisé par le permis de construire initial du 26 décembre 2018. Ainsi, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article UE 7 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'implantation des constructions à l'encontre du permis de construire modificatif. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.
6. En quatrième lieu, la circonstance que les travaux entrepris ne seraient pas conformes au permis de construire modificatif est sans incidence sur la légalité de la décision en litige. Le moyen doit donc être écarté comme inopérant.
7. En cinquième lieu, les requérants soutiennent que le dossier de demande de permis de construire est entaché d'incohérence dès lors que les différents documents indiquent des distances différentes entre la construction existante et la nouvelle construction. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette incohérence ait été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la règlementation applicable, le plan de masse devant faire foi. Par suite, le moyen doit être écarté.
8. En sixième lieu, les requérants n'ayant pas contesté la légalité du permis de construire initial dans le délai de recours contentieux, ils ne peuvent utilement se prévaloir dans la présente instance relative à la légalité du permis de construire modificatif d'une prétendue incohérence dans le dossier de demande du permis de construire initial. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.
9. En septième et dernier lieu, les requérants soutiennent que le projet autorisé est de nature à leur causer un préjudice de vue à l'origine d'une atteinte à leur vie privée et d'une dévalorisation de leur bien immobilier. Ces considérations sont toutefois étrangères au champ du permis de construire, qui est délivré sous la réserve du droit des tiers. Par suite, le moyen doit être écarté comme étant inopérant.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. et Mme B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C et Mme D B, à la commune de Dammarie-les-Lys et à M. E A.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Senichault de Izaguirre, conseillère,
M. Collen-Renaux, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2024.
Le rapporteur,
T. COLLEN-RENAUXLa présidente,
N. MULLIÉ
La greffière,
V. GUILLEMARD
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026