mardi 28 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2205127 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre, JU |
| Avocat requérant | C.J ALAIN BOT, YANNICK NORMAND, MARIE-PASCALE CREN ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 mai 2022, le directeur général de l'établissement public Voies navigables de France défère au tribunal, comme prévenu d'une contravention de grande voirie, M. D A, et conclut à ce que le tribunal :
1°) condamne M. A au paiement d'une amende de 12 000 euros en application des dispositions combinées des articles L. 2132-9 et L. 2132-10 du code général de la propriété des personnes publiques ;
2°) enjoigne à M. A de procéder à la destruction des installations litigieuses, en l'occurrence un ouvrage d'accostage et une rampe de mise à l'eau, et à la parfaite remise en état des lieux, à ses frais et risques, de manière à ce que l'occupation sans droit ni titre du domaine public fluvial prenne fin dans un délai de quinze jours et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) autorise, en cas d'inexécution totale ou partielle du jugement par M. A, l'établissement public Voies navigables de France à procéder d'office à la destruction des installations litigieuses et à la remise en état des lieux, aux frais et risques du contrevenant, au besoin avec le concours de la force publique ;
4°) condamne M. A au paiement de la somme de 250 euros correspondant aux frais d'établissement et de notification du procès-verbal ainsi qu'aux frais de notification, à la charge de l'établissement public Voies navigables de France, du jugement à intervenir par huissier de justice au titre des dispositions des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative.
Le directeur général de l'établissement public Voies navigables de France soutient que :
- M. A a construit un ouvrage d'accostage et une rampe de mise à l'eau sur l'emprise du domaine public fluvial dont l'établissement public Voies navigables de France est gestionnaire, sans en avoir obtenu au préalable l'autorisation de la part de l'établissement ;
- les faits reprochés à M. A sont constitutifs des contraventions de grande voirie prévues et réprimées par les dispositions des articles L. 2132-9 et L. 2132-10 du code général de la propriété des personnes publiques.
Par un mémoire enregistré le 22 février 2023, M. D A, représenté par
Me Normand, conclut au rejet de la requête comme étant infondée et à ce qu'il soit mis à la charge de Voies navigables de France la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la signataire du procès-verbal de contravention de grande voirie ne rapporte pas la preuve de son habilitation ;
- la méthode employée par l'établissement public Voies navigables de France pour constater la contravention de grande voirie est irrégulière en ce qu'elle ne se fonde que sur des photographies prises de loin et des constatations imprécises ;
- le procès-verbal de contravention de grande voirie est entaché d'inexactitude matérielle des faits en ce que les constructions litigieuses se situent sur sa propriété ;
- aucune délimitation du domaine public fluvial n'a été réalisée par l'établissement public Voies navigables de France, qui ne peut par conséquent se prévaloir d'un empiètement de ce domaine public fluvial.
Vu :
- le procès-verbal de contravention de grande voirie du 30 mars 2022 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de procédure pénale ;
- l'ordonnance n° 2016-728 du 2 juin 2016 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Dumas pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L.774-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Dumas, président-rapporteur ;
- les conclusions de M. Allègre, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un procès-verbal de contravention de grande voirie établi le 30 mars 2022, un agent assermenté de l'établissement public Voies navigables de France a constaté la présence d'un ouvrage d'accostage de 30 mètres carrés et d'une rampe de mise à l'eau de 10 mètres carrés sur le terrain de M. D A sis 4 avenue du beau rivage, sur le territoire de la commune de Créteil (Val-de-Marne), au point kilométrique 183,530 sur la rive gauche de la Marne, sans droit ni titre. Le directeur général de l'établissement public Voies navigables de France demande au tribunal, notamment, de condamner M. A au paiement d'une amende de 12 000 euros et d'enjoindre à celui-ci de libérer le domaine public fluvial par la destruction des installations en litige et remise en état des lieux dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.
Sur la contravention de grande voirie :
En ce qui concerne l'action publique :
Quant à la régularité des poursuites :
2. Aux termes de l'article L. 4313-2 du code des transports : " Voies navigables de France est substitué à l'Etat dans l'exercice des pouvoirs dévolus à ce dernier pour la répression des atteintes à l'intégrité et à la conservation du domaine public qui lui est confié () / Les contraventions sont constatées par les agents mentionnés aux articles L. 2132-21 et L. 2132-23 du code général de la propriété des personnes publiques ". Aux termes de l'article L. 2132-23 du code général de la propriété des personnes publiques : " Ont compétence pour constater () les contraventions en matière de grande voirie définies aux articles L. 2132-5 à L. 2132-10, L. 2132-16 et L. 2132-17 : () / 3° Les personnels de Voies navigables de France sur le domaine qui lui a été confié, commissionnés par le directeur général de Voies navigables de France et assermentés devant le tribunal judiciaire, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat () ". Aux termes de l'article R. 2132-2 du même code : " Les personnels de Voies navigables de France, mentionnés à l'article L. 2132-23, compétents pour constater les contraventions de grande voirie définies aux articles L. 2132-5 à L. 2132-10, L. 2132-16 et L. 2132-17 sont commissionnés, de manière individuelle, par le directeur général de Voies navigables de France et assermentés devant le tribunal judiciaire dans les conditions prévues par les articles R. 2132-3 à R. 2132-5 / Le directeur général de Voies navigables de France peut déléguer ses pouvoirs en matière de commissionnement aux directeurs des services territoriaux de l'établissement ". Aux termes de l'article R. 2132-4 du même code : " Les personnels de Voies navigables de France mentionnés à l'article L. 2132-23 ne peuvent entrer en fonctions qu'après avoir prêté serment devant le tribunal judiciaire de leur résidence administrative () / Un titre de commissionnement est délivré à l'agent qui a prêté serment. Il porte mention de la prestation de serment apposée par le greffier du tribunal judiciaire qui reçoit le serment () / Le commissionnement fixe le ressort territorial dans lequel l'agent exerce ses fonctions, lorsque celui-ci excède le ressort de son service d'affectation ".
3. Il résulte de l'instruction, et plus particulièrement de sa carte de commission et de sa prestation de serment écrite, que l'agent qui a dressé le procès-verbal en cause, Mme B épouse C, a prêté serment devant le tribunal judiciaire de Melun le 30 septembre 2021. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la procédure est entachée d'irrégularité en tant que l'agent ayant dressé le procès-verbal n'aurait été ni commissionné, ni assermenté.
Quant au bien-fondé des poursuites :
4. D'une part, aux termes de l'article L. 2111-9 du code général de la propriété des personnes publiques : " Les limites des cours d'eau domaniaux sont déterminées par la hauteur des eaux coulant à pleins bords avant de déborder () ".
5. D'autre part, aux termes de l'article L. 2132-9 du code général de la propriété des personnes publiques : " Les riverains, les mariniers et autres personnes sont tenus de faire enlever les pierres, terres, bois, pieux, débris de bateaux et autres empêchements qui, de leur fait ou du fait de personnes ou de choses à leur charge, se trouveraient sur le domaine public fluvial. Le contrevenant est passible d'une amende de 150 à 12 000 euros, de la confiscation de l'objet constituant l'obstacle et du remboursement des frais d'enlèvement d'office par l'autorité administrative compétente ". Aux termes de l'article L. 2132-10 du même code : " Nul ne peut procéder à tout dépôt ni se livrer à des dégradations sur le domaine public fluvial, les chemins de halage et francs-bords, fossés et ouvrages d'art, sur les arbres qui les bordent, ainsi que sur les matériaux destinés à leur entretien. Le contrevenant est passible d'une amende de 150 à 12 000 €. Il est également tenu de remettre les lieux en état ou de rembourser les frais d'enlèvement ou de remise en état d'office acquittés par l'autorité administrative compétente. " Aux termes de l'article L. 2131-16 de ce code : " En cas de manquements aux dispositions de l'article L. 2131-2, les contrevenants sont tenus de remettre les lieux en état ou, à défaut, de payer les frais de la remise en état d'office à la personne publique propriétaire. / Le contrevenant est également passible de l'amende prévue à l'article L. 2132-26. ". Lorsque le juge administratif est saisi d'un procès-verbal de contravention de grande voirie, il ne peut légalement décharger le contrevenant de l'obligation de réparer les atteintes portées au domaine public qu'au cas où le contrevenant produit des éléments de nature à établir que le dommage est imputable, de façon exclusive, à un cas de force majeure ou à un fait de l'administration assimilable à un cas de force majeure.
6. Enfin, il appartient au juge administratif de fixer le montant de l'amende mise à la charge du contrevenant compte tenu des circonstances de l'affaire et dans la limite des montants fixés par les textes, aucune disposition législative ou réglementaire applicable aux contraventions de grande voirie ne lui permettant cependant de décider qu'il n'y a pas lieu de prononcer cette amende.
7. Un procès-verbal de contravention de grande voirie a été dressé le 30 mars 2022 indiquant le nom, le prénom, les fonctions de cheffe du pôle du domaine public de l'agent ayant procédé aux constatations, ainsi que la circonstance que celle-ci était commissionnée et assermentée. Ce procès-verbal mentionne également que Mme B épouse C se trouvait au point kilométrique 183,530 de la Marne, sur sa rive gauche, sur le territoire de la commune de Créteil, dans le département du Val-de-Marne, lorsqu'elle a constaté que M. D A, domicilié 4 avenue de Beau Rivage à Créteil, occupait sans droit ni titre le domaine public fluvial par un ouvrage d'accostage de 30 m² et par une rampe de mise à l'eau de 10 m². Ce procès-verbal, qui a été complété de deux photographies de ces ouvrages en dates du 6 janvier et du 5 avril 2022, n'est pas imprécis, qualification qui, au demeurant, ne concerne pas la régularité des poursuites mais leur bien-fondé, et fait foi jusqu'à preuve du contraire.
8. M. A fait valoir, d'une part, que le procès-verbal de contravention de grande voirie est entaché d'inexactitude matérielle en ce que les constructions litigieuses se situeraient sur sa propriété, et, d'autre part, qu'aucune délimitation du domaine public fluvial n'ayant été réalisée par l'établissement public Voies navigables de France, celui-ci ne pourrait, par conséquent, se prévaloir d'un empiètement sur ce domaine. Toutefois, il résulte des extraits du plan cadastral produits par le requérant que le fond de la parcelle cadastrée section n°90 dont il est propriétaire, est constitué de deux segments de lignes qui se situent chacun dans le prolongement des lignes des fonds des parcelles voisines n° 91 et 313. Or, les plans des ouvrages existants, annexés à la demande de permis de construire relatif à ce bien immobilier, également produits par le prévenu, confirment que l'ouvrage figurant sur celui-ci indiqué comme étant une "terrasse" de 32,34 m² en bord de Marne, lequel est équipé de pneus destinés à amortir l'accostage des bateaux, et qui n'a donc pas été improprement qualifié "d'ouvrage d'accostage" par l'agent assermenté dans son procès-verbal, dépasse perpendiculairement de la ligne de fond de parcelle, et donc de la propriété du prévenu, en formant une excroissance rectangulaire qui empiète partiellement au minimum sur le lit intermédiaire élevé du fleuve, si ce n'est sur son lit majeur et donc, nécessairement, sur le domaine public fluvial naturel de la Marne, sans qu'il soit nécessaire de procéder à une délimitation de ce domaine et sans droit ni titre de M. A à cet égard. Il en va de même d'une partie de la rampe de mise à l'eau figurant sur ces plans.
9. Il résulte de ce qui précède que ces empiètements des ouvrages décrits au procès-verbal de contravention de grande voirie du 30 mars 2022, réduisent la largeur du lit du fleuve et sont donc constitutifs des contraventions de grande voirie prévues aux articles L. 2132-9 et L. 2132-10 du code général de la propriété des personnes publiques. Il y a lieu, par suite, de condamner
M. A à une amende de 2 000 euros en application de ces dispositions.
En ce qui concerne l'action domaniale :
10. Lorsqu'il qualifie de contravention de grande voirie des faits d'occupation irrégulière d'une dépendance du domaine public, il appartient au juge administratif, saisi d'un procès-verbal accompagné ou non de conclusions de l'administration tendant à l'évacuation de cette dépendance, d'enjoindre au contrevenant de libérer sans délai le domaine public et, s'il l'estime nécessaire et au besoin d'office, de prononcer une astreinte.
11. Pour les motifs précédemment exposés, il y a lieu d'enjoindre à M. A, d'une part, de démolir l'intégralité des constructions décrites dans le procès-verbal du 30 mars 2022 et édifiées sur la dépendance du domaine public fluvial naturel et, d'autre part, de rétablir les lieux dans leur état initial, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. Il y a lieu également d'autoriser Voies navigables de France à procéder d'office à ces opérations aux frais, risques et périls du contrevenant, en cas d'inexécution passé le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
12. D'une part, aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ". Aux termes de l'article R. 761-1 de ce code : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties / L'Etat peut être condamné aux dépens ".
13. D'autre part, aux termes de l'article L. 774-2 du code de justice administrative : " Dans les dix jours qui suivent la rédaction d'un procès-verbal de contravention, le préfet fait faire au contrevenant notification de la copie du procès-verbal / Pour le domaine public défini à l'article L. 4314-1 du code des transports, [le directeur général de l'établissement public Voies navigables de France] est substituée au représentant de l'Etat dans le département () ". Aux termes de l'article L. 774-6 de ce code : " Le jugement est notifié aux parties, à leur domicile réel, dans la forme administrative par les soins des autorités mentionnées à l'article L. 774-2, sans préjudice du droit de la partie de le faire signifier par acte d'huissier de justice ". Il résulte de ces dispositions qu'il incombe au directeur général de l'établissement public Voies navigables de France, qui intervient en lieu et place du préfet pour la répression des atteintes à l'intégrité et à la conservation du domaine public qui lui est confié en application des articles L. 4314-1 et
D. 4314-1 du code des transports, de procéder à la notification au contrevenant du procès-verbal de contravention ainsi que du jugement rendu en matière de contravention de grande voirie. En vertu des dispositions combinées des articles 23 et 25 de l'ordonnance n° 2016-728 du 2 juin 2016 relative au statut de commissaire de justice, dans tous les textes législatifs, la référence aux huissiers de justice désigne les commissaires de justice à compter du 1er juillet 2022.
14. Si les frais de procès-verbal de contravention de grande voirie n'entrent pas dans le champ des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, en ce que l'établissement de ce procès-verbal ne peut être considéré comme une mesure d'instruction, toutefois, dès lors que M. A a commis une infraction d'occupation sans titre du domaine public fluvial, constitutive d'une contravention de grande voirie constatée par procès-verbal dressé le
30 mars 2022, le contrevenant doit supporter les frais de ce procès-verbal établi dans le cadre de l'action répressive. Par ailleurs, dès lors que le directeur général de l'établissement public Voies navigables de France peut notifier au contrevenant le présent jugement par signification de commissaire de justice, il y a lieu de mettre à la charge de M. A la somme demandée à ce titre par le directeur général de l'établissement public Voies navigables de France. Ainsi, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme de 250 euros au titre des frais exposés par l'établissement public Voies navigables de France et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est condamné à payer une amende de 2 000 euros.
Article 2 : M. A devra faire cesser, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement et s'il ne l'a déjà fait, l'entrave à la servitude de marchepied au droit de sa propriété, sous peine d'une astreinte de 50 euros par jour de retard.
Article 3 : En cas d'inexécution par M. A, passé un délai de trois mois après la notification du présent jugement, l'établissement public Voies navigables de France est autorisé à procéder d'office, aux frais du contrevenant, à la remise en l'état des lieux.
Article 4 : M. A versera à l'établissement public Voies navigables de France une somme de 250 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le présent jugement sera adressé au directeur général de l'établissement public Voies navigables de France pour notification à M. D A dans les conditions prévues à l'article L. 774-6 du code de justice administrative.
Copie en sera adressée au directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et du département du Val-de-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mai 2024.
Le magistrat désigné,
M. DUMAS
La greffière,
C. BOURGAULT La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026