jeudi 28 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2205160 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | SELARM SMETH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 mai et 29 juin 2022,
M. A B, représenté par la Selarl Smeth, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 avril 2022 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office ;
2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " vie privée et familiale ", sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de réexaminer sa situation, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir, et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ; l'intérêt supérieur des enfants n'a été ni visé ni apprécié par le préfet de Seine-et-Marne ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation ;
- cette décision méconnaît les dispositions des articles L. 435-1 et L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile compte tenu de sa présence en France et de son intégration professionnelle ; l'emploi au titre duquel il sollicite une autorisation de travail le place dans une situation exceptionnelle au sens des articles L. 435-1 et L. 421-1 ; cette décision est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation au regard de l'article
L. 435-1 ; il est éligible à l'octroi d'un titre de séjour sur le fondement des articles L. 435-1 et L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; le préfet de
Seine-et-Marne a commis de nombreuses erreurs de fait entraînant nécessairement une erreur manifeste d'appréciation ;
- le préfet de Seine-et-Marne a commis une erreur de fait sur sa situation personnelle et familiale ; il a commis, a minima, une erreur manifeste d'appréciation voire une erreur de droit ; la décision contestée méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision attaquée méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ; l'intérêt supérieur des enfants n'a été ni visé ni apprécié par le préfet de
Seine-et-Marne ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant de refus de séjour ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle est insuffisamment motivée en droit et en fait ; cette insuffisance de motivation met en évidence l'absence d'une réelle prise en considération de sa situation personnelle ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle n'est pas motivée en fait ; le préfet n'a pas pris en considération sa situation personnelle ;
- le préfet de Seine-et-Marne n'a pas tenu compte des quatre critères fixés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; la décision attaquée porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ; cette décision est manifestement disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été prise ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juin 2022, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le moyen relatif à l'interdiction de retour sur le territoire français est irrecevable ;
- les autres moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 13 juillet 2023, la clôture d'instruction a été fixée au
28 juillet 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Luneau,
- et les observations de Me Bertin représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant congolais né le 6 avril 1982 à Kinshasa (République démocratique du Congo), a sollicité, le 30 novembre 2021, son admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 25 avril 2022, le préfet de Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office. M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté en tant que le préfet de Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination. Il demande, par ailleurs, l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / () ". Aux termes de l'article L. 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
3. D'une part, la décision portant refus de séjour vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. D'autre part, alors que l'autorité préfectorale n'est pas tenue de préciser de manière détaillée l'ensemble des éléments relatifs à la situation de l'étranger, la décision contestée énonce les principaux éléments de la vie personnelle, familiale et professionnelle de M. B. Dès lors, elle comporte les considérations de droit, alors même qu'elle ne vise pas la convention internationale des droits de l'enfant, et de fait qui en sont le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée, qui ne se confond pas avec le bien-fondé des motifs de celle-ci, doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier ni de la décision contestée que le préfet de Seine-et-Marne n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation administrative, personnelle et professionnelle. Par suite, le moyen invoqué ne peut qu'être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / () ".
6. En présence d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour présentée sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et, à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Dans cette dernière hypothèse, un demandeur qui justifie d'une promesse d'embauche ou d'un contrat de travail ne saurait être regardé, par principe, comme attestant, par là-même, des " motifs exceptionnels " exigés par la loi. Il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si cette promesse d'embauche ou ce contrat de travail, de même que tout élément de sa situation personnelle, dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.
7. D'une part, M. B, qui se prévaut d'une intégration professionnelle exceptionnelle en qualité de plaquiste, sous couvert d'un contrat à durée indéterminée, produit, outre ce contrat, un curriculum vitae ainsi que la carte BTP établie à son nom ainsi que des fiches de paie établies pour la période courant du mois d'octobre 2020 au mois de janvier 2022 et celle du mois de mars 2022. Ce faisant, il justifie de l'effectivité d'une activité professionnelle sur une période de seize mois à la date de la décision en litige. Il fait également valoir les démarches accomplies par son employeur à son profit, caractérisées par une demande d'autorisation de travail établie le 15 juin 2021 pour la conclusion d'un contrat en qualité de plaquiste, un courrier du
19 septembre 2021 du gérant de l'entreprise destiné à la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi, la déclaration préalable à l'embauche auprès de l'Urssaf, un extrait K-bis de la société et le certificat établi par le CI BTP Ile-de-France le 10 août 2021 attestant du respect des obligations relatives aux congés payés et au
chômage-intempéries. Toutefois, ces éléments ne suffisent pas à démontrer une insertion professionnelle stable et ancienne en France et ne peuvent caractériser des motifs exceptionnels au sens de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile justifiant une admission exceptionnelle au séjour.
8. D'autre part, si M. B a déclaré, ainsi que cela ressort de la demande d'admission exceptionnelle au séjour qu'il a présentée le 16 octobre 2021, être entré en France le 10 juin 2019, il ne peut, en tout état de cause, justifier que d'une présence sur le territoire français inférieure à trois ans à la date de la décision contestée. A cet égard et contrairement à ce que semble soutenir le requérant, il ne ressort pas des termes de la décision attaquée que le préfet de
Seine-et-Marne aurait conditionné son admission exceptionnelle à la régularité de sa présence en France. Si M. B soutient être entré en France pour rejoindre sa famille, il indique, toutefois, qu'il ne s'est pas installé avec la mère de ses deux enfants et produit une attestation justifiant d'un hébergement chez un tiers depuis la date de son entrée en France, mais que la vie familiale s'est néanmoins poursuivie. Pour en justifier, il allègue contribuer à l'entretien de ses deux enfants, dont l'aîné est scolarisé, et produit des factures d'achats de vêtements, de nourriture et d'accessoires, une attestation du 14 mai 2022 de la mère de ses enfants indiquant que le requérant lui verse une pension alimentaire de 150 euros par mois depuis au moins deux ans ainsi que des relevés du compte bancaire ouvert à La Banque Postale justifiant de virements bancaires au bénéfice de la mère de ses enfants respectivement de 400 euros, 160 euros et 150 euros réalisés au cours des mois d'août, septembre et octobre 2021. Toutefois, alors que M. B ne peut justifier de la nature et de l'intensité des liens qu'il entretient avec ses enfants, les éléments qu'il produit ne sont pas suffisants pour caractériser des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels ouvrant droit à l'admission exceptionnelle au séjour au sens des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
9. Il résulte de ce qui a été énoncé aux points 7. et 8. du présent jugement que le préfet de Seine-et-Marne, qui ne peut être regardé comme ayant entaché sa décision d'erreurs de fait pour ne pas avoir fait mention de ses dix-huit bulletins de paie et de la durée de son séjour, n'a pas méconnu les dispositions énoncées au point 5. du présent jugement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni commis d'erreur manifeste d'appréciation en estimant que la demande de M. B n'était pas justifiée par des considérations humanitaires ou par un motif exceptionnel au sens de ces dispositions.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
11. Au vu des considérations énoncées aux points 7. à 9. du présent jugement, M. B, qui n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-sept ans et où résident ses parents et ses frères, n'est pas fondé à soutenir que le préfet de Seine-et-Marne aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels la décision critiquée a été prise et méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
12. En cinquième lieu, M. B ne démontre pas, d'une part, avoir sollicité son admission au séjour en application de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ne ressort pas des termes de la décision attaquée que le préfet de Seine-et-Marne aurait examiné d'office sa demande sur ce fondement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est inopérant et doit être écarté. D'autre part, il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que le requérant aurait déposé une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il suit de là que le moyen, inopérant, ne peut qu'être écarté.
13. En sixième et dernier lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
14. Si M. B soutient que la décision attaquée méconnaît les stipulations précitées de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant en ce que " l'intérêt supérieur [de ses] enfants n'a été ni visé, ni apprécié " par le préfet et qu'elle aurait pour conséquence de le séparer de ses deux enfants mineurs, il ne démontre pas, ainsi qu'il a été dit au point 8. du présent jugement, la réalité et l'intensité de ses relations avec ses deux enfants et il ne justifie pas suffisamment de la contribution financière à leur entretien ni aucunement de la participation à leur éducation dont il se prévaut. En outre, il ressort de la décision attaquée que l'autorité préfectorale, en relevant que le requérant n'apporte pas de preuves probantes qu'il contribue à l'éducation de ses enfants, a pris en compte leur intérêt supérieur. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
15. Il résulte de ce qui a été dit aux points 2. à 14. du présent jugement que la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour n'est pas entachée d'illégalité. Il suit de là que le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait illégale en raison de l'illégalité entachant la décision de refus de séjour ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
16. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 15. du présent jugement que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Il suit de là que le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de renvoi serait illégale en raison de l'illégalité entachant la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.
17. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français mentionne le pays, fixé en application de l'article L. 721-3, à destination duquel l'étranger est renvoyé en cas d'exécution d'office ". La décision fixant le pays de renvoi constitue, en vertu des dispositions de l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une décision distincte de l'obligation de quitter le territoire français, qui fait d'ailleurs l'objet d'une motivation spécifique.
18. La décision fixant le pays à destination duquel M. B est susceptible d'être reconduit, qui vise notamment l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, précise sa nationalité et relève qu'il n'établit pas être exposé à des peines ou des traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, comporte l'énoncé des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Elle est ainsi suffisamment motivée et le moyen invoqué ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
19. Il ne ressort pas des termes de l'arrêté en litige que le préfet de Seine-et-Marne, ainsi qu'il le fait valoir en défense, a prononcé à l'encontre de M. B une décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Si le préfet de Seine-et-Marne fait valoir que " ce moyen irrecevable ne peut qu'être écarté ", il doit être regardé, alors qu'il ne répond à aucun moyen de la requête, comme opposant une fin de non-recevoir tirée du caractère inexistant de cette décision. Dans ces conditions, les conclusions tendant à l'annulation d'une telle décision sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
20. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 25 avril 2022 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions aux fins d'annulation ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et les conclusions qu'il a présentées sur le fondement de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de
Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 7 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bonneau-Mathelot, présidente,
Mme Réchard, première conseillère,
Mme Luneau, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.
La rapporteure,
F. LUNEAU
La présidente,
S. BONNEAU-MATHELOTLa greffière,
C. RICHEFEU
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2205160
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026