mardi 3 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2205260 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | DE SEZE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 25 mai 2022 et 13 avril 2023, M. D, représenté par Me de Seze, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 27 avril 2022 du préfet de Seine-et-Marne en tant qu'il lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français ;
3°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard et ce jusqu'à ce que sa demande de titre de séjour soit instruite ou à titre subsidiaire de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 à verser à Me de Seze.
M. A soutient que la décision attaquée :
- est entachée d'incompétence ;
- est entachée d'un défaut d'examen sérieux de la situation du requérant ;
- est entachée d'une erreur de droit et méconnait les dispositions de l'article 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'une part, en l'absence d'une appréciation globale de la situation du requérant et, d'autre part, compte tenu caractère réel et sérieux de la formation suivie depuis plus de six mois ;
- méconnaît l'article L. 433-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La procédure a été communiquée au préfet de Seine-et-Marne qui n'a pas présenté d'observation.
Par ordonnance du 19 avril 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 4 mai 2023 à midi.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Bourdin a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant malien né le 18 juillet 2002 à Kokafata ( Mali), entré en France selon ses déclarations le 20 mars 2018 alors qu'il était mineur, a fait l'objet d'une première obligation de quitter le territoire le 22 juillet 2020, annulée par jugement du tribunal administratif de Melun le 6 novembre 2020 qui a également ordonné au préfet de police de B de réexaminer la situation du requérant. M. A avait présenté une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L.435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui a été rejetée par arrêté du préfet de Seine-et-Marne en date du 21 juin 2021. Par ordonnance du 11 août 2021, le président du tribunal administratif de Melun a suspendu l'exécution de cet arrêté et a enjoint au préfet de Seine-et-Marne de réexaminer la situation de M. A et de statuer sur sa demande de titre dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'ordonnance. Par arrêté du 27 avril 2022 pris dans le cadre de la demande de réexamen ordonné par le juge des référés, le préfet de Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire dans le délai 30 jours et a fixé le pays de destination.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique modifiée : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 19 octobre 2022, postérieure à l'introduction de la requête, le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale a été accordée à M. A. Par suite, cette demande est devenue sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. Il ressort des pièces du dossiers M. A est entré seul sur le territoire national courant mai 2018, à l'âge de 15 ans et dix mois, qu'il a été confié à l'aide sociale à l'enfance par jugement du juge des enfants du tribunal pour enfants de B en date du 28 février 2019 à compter du 1er mars 2019, alors qu'il était âgé de 16 ans et huit mois, jusqu'à sa majorité. Il a ensuite bénéficié d'un contrat jeune majeur jusqu'au 31 août 2020. Il n'est pas contesté que M. A s'est vu délivrer une obligation de quitter le territoire quatre jours après son dix-huitième anniversaire en juillet 2020 annulée par le tribunal de céans. Il s'est inscrit au mois de juin 2021 au sein de l'institut Némo en vue de la préparation d'une formation d'agent magasinier. Cette inscription était conditionnée par l'obtention d'un contrat d'apprentissage ainsi que d'une promesse d'embauche. Si M. A a pu justifier d'un contrat d'apprentissage en qualité d'agent polyvalent au sein de la société Logisur, cette formation n'a pu débuter dès le mois de juin 2021 en l'absence d'autorisation de travail. La société Logisur a maintenu sa promesse d'embauche. A la suite de la demande de réexamen ordonnée par le juge des référés en août 2021, M. A a alors pu signer un contrat d'apprentissage avec la société Logisur le 25 octobre 2021 courant jusqu'au 30 novembre 2022 et pour lequel il justifie des fiches de paie établies pour les mois d'octobre 2021 à février 2022 et pour le mois d'avril 2022. Parallèlement, il produit des attestations du directeur de l'Institut Némo des 25 avril et 12 mai 2022, de la formatrice logistique transport au sein de cet Institut du 12 mai 2022 ainsi que du directeur de la société Logisur en date du 27 mai 2022, témoignant de l'assiduité et du sérieux dans le suivi de sa formation depuis le 27 octobre 2021. En outre, M. A justifie de l'obtention du CACES R.482 le 21 avril 2022 ainsi que de la signature d'un contrat de travail à durée indéterminée le 28 novembre 2022, avec la société Logisur pour un emploi d'agent polyvalent devant prendre effet le 1er décembre 2022, après le terme de son contrat d'apprentissage ainsi que l'obtention du CACES R.489 le 30 septembre 2022. Ces deux derniers éléments bien que postérieurs à la date de la décision attaquée, témoignent du sérieux et de l'implication du requérant dans son apprentissage débuté en octobre 2021. Par suite, M. A est fondé à soutenir que le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 27 avril 2022 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de destination de sa reconduite à la frontière.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Aux termes de l'article L. 911 1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. () ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée () l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ". Par suite, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne, ou à tout autre préfet territorialement compétent, de délivrer à M. A une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin, à ce stade, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me de Seze, avocat de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement à Me de Seze de la somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'admission à l'aide juridictionnelle de M. A.
Article 2: L'arrêté du préfet de Seine-et-Marne du 27 avril 2022 est annulé.
Article 3: Il est enjoint, sous réserve d'un changement substantiel dans la situation de droit ou de fait au préfet de Seine-et-Marne, ou à tout autre préfet territorialement compétent, de délivrer à M. A un titre de séjour portant la mention " salarié " dans le délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4: L'État versera la somme de 1 200 euros à Me de Seze, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que Me de Seze renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 5: Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6: Le présent jugement sera notifié à M. D et au préfet de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Ghaleh-Marzban, présidente
Mme Bourdin, première conseillère,
M. Rehman-Fawcett, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2023 .
La rapporteure,
S. BOURDIN
La présidente,
S.GHALEH-MARZBAN La greffière,
C. SISTAC
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026