vendredi 3 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2205508 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CABINET HUG & ABOUKHATER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 juin 2022, Mme B A, représentée par
Me Hug, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 mai 2022 rejetant la demande d'autorisation de travail la concernant ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui délivrer une autorisation de travail dans un délai de sept jours ou à défaut de lui remettre une attestation de demandeur d'asile dans le même délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que la décision attaquée est entachée :
- d'incompétence ;
- d'une erreur de droit, dès lors que l'autorisation de travail peut être renouvelée jusqu'au terme de la procédure de demande d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mai 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer déclare qu'il n'est pas compétent pour défendre dans l'instance engagée par Mme A et soutient qu'il revient à la préfète du Val-de-Marne de le faire.
La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n° 2022/02426 du 20 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Dominique Binet, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Cyril Dayon, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le 25 mai 2022, l'employeur de Mme B A, ressortissante sénégalaise a déposé une demande d'autorisation de travail à son bénéfice. Le 25 mai 2022, Mme A a reçu un message qui lui a été adressé au moyen du téléservice mis en place pour l'instruction des demandes d'autorisation de travail, lui indiquant que la demande d'autorisation évoquée ci-dessus était clôturée. L'intéressé demande au tribunal d'annuler cette décision pour excès de pouvoir.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En vertu des articles L. 5221-2, L. 5221-5, R. 5221-3 et R. 5221-20 du code du travail, pour exercer une activité professionnelle salariée en France, un étranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne, d'un autre Etat partie à l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse, titulaire d'un contrat de travail, doit détenir une autorisation de travail, qui est accordée au vu du respect de conditions qui tiennent notamment à la nature de l'emploi offert, au respect par l'employeur des conditions réglementaires d'exercice de son activité et à la rémunération proposée. En application du II de l'article R. 5221-1 et de l'article R. 5221-15 du même code, la demande d'autorisation de travail est adressée par l'employeur, au moyen d'un téléservice, au préfet du département du siège de l'établissement employeur. Enfin, en vertu de l'article R. 5221-17 du même code, la décision relative à la demande d'autorisation de travail est prise par le préfet et notifiée à l'employeur et à l'étranger.
3. Le courrier électronique qui porte à la connaissance de l'intéressée que la demande d'autorisation de travail en litige est clôturée comporte l'en-tête du ministère de l'intérieur et des outre-mer et ne donne aucune indication sur la personne qui l'a prise, se terminant par les termes : " Le service d'instruction Ministère de l'intérieur ". L'administration n'apporte en tout état de cause aucune précision sur l'identité de l'auteur de la décision et sur une éventuelle délégation de compétence qui lui aurait été consentie par la préfète du Val-de-Marne, compétente pour statuer sur la demande d'autorisation de travail présentée pour Mme A. Dans ces conditions, cette dernière est fondée à soutenir que la décision en litige est entachée d'incompétence. Il suit de là que la décision du 8 juillet 2021 doit être annulée sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête.
Sur les conclusions à fins d'injonction :
4. L'annulation prononcée par le présent jugement n'implique pas nécessairement, compte tenu du motif retenu, que la préfète du Val-de-Marne délivre une autorisation de travail à Mme A ni que lui soit remise une attestation de demandeur d'asile. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées en ce sens par la requérante doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
5. Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de la justice administration et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Hug, conseil de Mme A, renonce à percevoir la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Hug de la somme de 1 000 euros.
D E C I D E:
Article 1er : La décision du 25 mai 2022 est annulée.
Article 2 : Sous réserve que Me Hug renonce à percevoir la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Hug, avocat de Mme A la somme de 1 000 euros de l'article L. 761-1 du code de la justice administration et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à la préfète du Val-de-Marne et à Me Elsa Hug.
Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 29 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Timothée Gallaud, président,
Mme Félicie Bouchet, première conseillère,
M. Dominique Binet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 mai 2024.
Le rapporteur,
D. Binet
Le président,
T. Gallaud
Le greffier,
L. Potin
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026