jeudi 5 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2205666 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | GALL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 8 juin 2022 et 7 septembre 2023, Mme B A, représentée par Me Gall, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prendre acte de la décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de procéder au rétablissement du bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter du 15 mars 2022 ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de procéder au rétablissement du bénéfice des conditions matérielles d'accueil pour la période comprise entre l'enregistrement de la demande d'asile en procédure normale, soit le 17 janvier 2022, jusqu'au 15 mars 2022 ;
3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
La requérante soutient qu'elle avait droit au bénéfice des conditions matérielles d'accueil dès l'enregistrement de sa demande d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 septembre 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration, représenté par son directeur général, conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus de rétablissement des conditions matérielles d'accueil, dès lors qu'elles ont été rétablies à compter du 15 mars 2022, et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 20 juillet 2022.
Vu
- l'ordonnance du juge des référés du tribunal n° 2205815 en date du 14 juin 2022 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Meyrignac.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante somalienne née en 1990, est entrée en France en février 2018 pour y solliciter l'asile et a été placée en procédure Dublin. Une nouvelle demande d'asile a été présentée par l'intéressée le 17 janvier 2022 et enregistrée en procédure normale. Elle a sollicité le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. Dans le dernier état de ses écritures, Mme A demande au tribunal de prendre acte de la décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de procéder au rétablissement du bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter du 15 mars 2022 et de lui accorder le bénéfice de ces conditions matérielles du 17 janvier au 15 mars 2022.
Sur les conclusions à fin de non-lieu à statuer :
2. Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur (). Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1°, 2° ou 3° du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. L'office statue sur la demande en prenant notamment en compte la vulnérabilité du demandeur ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil ".
3. Il ressort des pièces du dossier que, par décision du 4 juillet 2022 postérieure à l'introduction de la requête, Mme A a bénéficié du rétablissement des conditions matérielles d'accueil à titre rétroactif à compter du 15 mars précédent. Le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration est dès lors fondé à soutenir qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête dans cette mesure.
4. En outre, si la requérante soutient que le bénéfice de ce rétablissement aurait dû intervenir à compter de l'enregistrement de sa demande d'asile soit le 17 janvier 2022, il résulte des dispositions précitées de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que, contrairement à l'octroi du bénéfice de ces conditions matérielles, le rétablissement de ces conditions n'est pas de droit et ne peut être prononcé que si une demande en ce sens est présentée. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la requérante aurait sollicité le rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil dès le 17 janvier 2022. Dès lors, c'est à bon droit que l'Office français de l'immigration et de l'intégration ne les a pas rétablies à compter de cette date.
Sur les frais de justice :
5. Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Gall, avocate de Mme A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, le versement à son profit d'une somme de 1 200 euros.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant au rétablissement des conditions matérielles d'accueil à compter du 15 mars 2022.
Article 2 : L'Office français de l'immigration et de l'intégration versera Me Gall, avocate de Mme A, une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Gall et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 21 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Le Broussois, président,
M. Freydefont, premier conseiller,
M. Meyrignac, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 octobre 2023.
Le rapporteur,
Signé : P. Meyrignac Le président,
Signé : N. Le Broussois
Le greffier,
Signé : G. Ngassaki
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026