mercredi 17 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2205805 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | AGUIRRE GUTIERREZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 8 juin 2022 et 9 août 2022, M. B C, détenu au centre pénitentiaire de Chauconin-Neufmontiers représenté par Me Aguirre Gutierrez, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 1er juin 2022 par lequel le préfet de Seine-et-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, compte tenu de ce que l'intéressé a été mis en possession d'une attestation de demande d'asile valable du 12 avril 2022 au 11 octobre 2022 ; la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides lui a été notifiée le 20 mai 2022, et son conseil a présenté une demande d'aide juridictionnelle pour former un recours contre cette décision devant la Cour nationale du droit d'asile le 23 mai 2022 ; cette demande ayant été faite dans les quinze jours ayant suivi la notification, le délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile était suspendu ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa vie privée et familiale ; il a deux enfants nés les 24 août 2019 et 25 décembre 2020 en France ; il verse une pension de 200 euros car il a un emploi au centre pénitentiaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 juin 2022, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. C n'est fondé.
Par une décision du 20 juillet 2022, le président du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal administratif de Melun a accordé à M. C le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné M. A pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles R. 776-13-1 et suivants, R. 776-15, R. 777-1 et suivants, R. 777-2 et suivants et R. 777-3 et suivants du code de justice administrative
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, M. A a lu son rapport, relevant en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de l'inexistence matérielle de la décision faisant interdiction à M. C de retourner sur le territoire français, en l'absence des parties qui n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, ressortissant péruvien né le 16 août 1978, est entré sur le territoire français, selon ses déclarations, le 1er janvier 2017 afin d'y solliciter l'asile. M. C est en détention au centre pénitentiaire de Meaux-Chauconin Neufmoutier depuis le 12 septembre 2020. Le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande d'asile par une décision 13 mai 2022. Par un arrêté du 1er juin 2022, le préfet de Seine-et-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lui a accordé un délai de départ volontaire de trente jours, et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office.
Sur les conclusions aux fins d'annulation dirigée contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
2. Il ressort des termes de l'arrêté en litige que le préfet de Seine-et-Marne n'a prononcé à l'encontre de M. C aucune mesure d'interdiction de retour sur le territoire français. Par les conclusions à fin d'annulation dirigé contre une telle décision doivent être regardées comme étant dirigées contre une décision inexistante. Dès lors, de telles conclusions sont irrecevables.
Sur le surplus des conclusions à juger :
3. D'une part, aux termes de l'article L. 611-1 de ce code prévoit que " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; (). ".
4. Aux termes de l'article L. 541-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France et qui a introduit sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français. ". Selon l'article L. 542-1 de ce code : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. / Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci. ". L'article R. 531-19 du même code dispose que " La date de notification de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides qui figure dans le système d'information de l'office, et qui est communiquée au préfet compétent et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration au moyen de traitements informatiques, fait foi jusqu'à preuve du contraire. ".
5. D'autre part, aux termes de l'article L. 532-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La Cour nationale du droit d'asile, dont la nature, les missions et l'organisation sont notamment définies au titre III du livre I, statue sur les recours formés contre les décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides prises en application des articles L. 511-1 à L. 511-8, L. 512-1 à L. 512-3, L. 513-1 à L. 513-5, L. 531-1 à L. 531-35, L. 531-41 et L. 531-42. A peine d'irrecevabilité, ces recours doivent être exercés dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision de l'office, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. ".
6. Aux termes de l'article 9-4 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Devant la Cour nationale du droit d'asile, le bénéfice de l'aide juridictionnelle est de plein droit, sauf si le recours est manifestement irrecevable. L'aide juridictionnelle est sollicitée dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Lorsqu'une demande d'aide juridictionnelle est adressée au bureau d'aide juridictionnelle de la cour, le délai prévu au premier alinéa de l'article L. 731-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est suspendu et un nouveau délai court, pour la durée restante, à compter de la notification de la décision relative à l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Ces délais sont notifiés avec la décision de l'office. Le bureau d'aide juridictionnelle de la cour s'efforce de notifier sa décision dans un délai de quinze jours suivant l'enregistrement de la demande. ".
7. Le deuxième alinéa de l'article L. 532-1 du même code prévoit que, à peine d'irrecevabilité, le recours contre les décisions de l'Ofpra doit être exercé dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision de l'Office et l'article 9-4 de la loi du 10 juillet 1991 susvisé prévoit que l'aide juridictionnelle est sollicitée dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision de l'Ofpra et que lorsqu'une demande d'aide juridictionnelle est adressée au bureau d'aide juridictionnelle de la cour, le délai prévu au premier alinéa de l'article L. 532-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est suspendu et un nouveau délai court, pour la durée restante, à compter de la notification de la décision relative à l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
8. Il ressort des énonciations de l'arrêté en litige, que pour faire obligation le 1er juin 2022 à M. C de quitter le territoire français, le préfet de Seine-et-Marne s'est fondé sur la décision par laquelle le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté le 13 mai 2022 la demande d'asile de M. C, et de ce qu'en dépit de la notification de cette décision à l'intéressé le 20 mai 2022, ce dernier n'avait pas introduit de recours dans le délai imparti. Toutefois, il ressort également des pièces du dossier que le préfet de Seine-et-Marne a délivré le 12 avril 2022 à M. C une attestation de demande d'asile valable du 12 avril 2022 au 11 octobre 2022. Or, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette attestation aurait été retiré par le préfet de Seine-et-Marne avant l'édiction de la décision en litige. En outre, il ressort de l'extrait de l'application TelemOfpra, qui fait foi jusqu'à ce que la preuve contraire en soit apportée, que M. C a présenté une demande d'aide juridictionnelle qui a été enregistrée le 25 mai 2022 par le bureau d'aide juridictionnelle de la Cour nationale du droit d'asile. Ainsi, l'intéressé a sollicité l'aide juridictionnelle dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Par suite, le délai prévu pour saisir la Cour nationale du droit d'asile était suspendu et un nouveau délai devait courir pour la durée restant à compter de la notification de la décision relative à l'admission de l'intéressé au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Or, le requérant soutient sans être contredit qu'une telle décision ne lui a pas été notifié. Il s'ensuit que l'intéressé, qui a saisi régulièrement la Cour nationale du droit d'asile, disposait d'un droit à se maintenir sur le territoire français jusqu'à ce qu'elle ne statue sur son recours. Dès lors, le préfet de Seine-et-Marne ne pouvait pas obliger M. C à quitter le territoire français avant la décision de la Cour. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
9. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête, que M. C est fondé à demander l'annulation de la décision du 1er juin 2022 par laquelle le préfet de Seine-et-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français, ainsi que, par voie de conséquence, l'annulation de la décision lui fixant le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office, privée de sa base légale.
D E C I D E
Article 1er : Les décisions du 1er juin 2022, par lesquelles le préfet de Seine-et-Marne a obligé M. C à quitter le territoire français, lui a accordé un délai de départ volontaire de trente jours, et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné, sont annulées.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet de Seine-et-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mai 2023.
Le magistrat désigné,
Signé : S. ALa greffière,
Signé : O. MARTIN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026