lundi 17 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2206099 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | SCP DAGNEAU-BACHIMONT & DUQUESNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 juin 2022 sous le n° 2206099, M. H F G, incarcéré au centre pénitentiaire de Fresnes, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 17 juin 2022 par lequel la préfète du Val-de-Marne :
- l'a obligé à quitter le territoire français ;
- lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire ;
- a fixé le pays de destination ;
- l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de 3 ans ;
2°) d'être assisté d'un avocat au titre de l'aide juridictionnelle et d'un interprète en langue portugaise.
M. F G soutient que :
- l'arrêté viole l'article L. 614-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile car il ne fait aucunement mention du droit d'être informé dans une langue qu'il comprend ;
- il viole les dispositions combinées des articles R. 776-19 et R. 776-31 du code de justice administrative puisque la préfète ne lui nullement notifié la voie de recours prévue par ces dispositions ;
- il est entaché d'un défaut de motivation ;
- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'erreur de droit en ce que la préfète ne peut tirer de sa situation pénale le fait qu'il constituerait une menace pour l'ordre public ;
- l'arrêté contesté est entaché d'erreur manifeste d'appréciation de la menace qu'il représente pour l'ordre public ;
- il est en France depuis 2013 et a toujours travaillé ; de plus, sa compagne vit en France.
Vu :
- l'arrêté litigieux de la préfète du Val-de-Marne en date du 17 juin 2022 ;
- la décision du 19 avril 2023 constatant la caducité de la demande d'aide juridictionnelle de M. F G ;
- les pièces, enregistrées les 23 et 27 juin 2023, présentées pour la préfète du Val-de-Marne par Me Termeau ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 portant application de cette loi ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Freydefont pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application des dispositions de l'article R. 776-10 et suivants du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique tenue le 28 juin 2023 en présence de Mme Riellant, greffière d'audience :
- M. Freydefont, magistrat désigné, qui a présenté son rapport ;
- les observations de Me Duquesne, représentant M. F G, requérant absent, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens en soutenant, de plus, que le requérant a déclaré être arrivé en France en 2013, avoir sa compagne et y travailler ; dans ces conditions, l'arrêté litigieux viole l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation ; il en est particulièrement ainsi de la durée de l'interdiction de circuler sur le territoire français de trois ans ;
- les observations de Me Termeau, représentant la préfète du Val-de-Marne, défendeur, qui conclut au rejet de la requête en faisant valoir que l'intéressé a été condamné à 6 mois de prison fermes pour quatre infractions et que l'obligation de quitter le territoire français est donc fondée ; de plus, ses allégations relatives à sa vie privée et familiale en France ne sont étayées d'aucun élément probant ; par suite, les moyens tirés de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés comme infondé.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : () / 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société () " ; aux termes de l'article L. 251-7 du même code : " Les décisions portant obligation de quitter le territoire français et les interdictions de circulation sur le territoire français prises en application du présent chapitre peuvent être contestées devant le tribunal administratif dans les conditions prévues au chapitre IV du titre I du livre VI. L'article L. 614-5 n'est toutefois pas applicable. " ; aux termes de l'article L. L. 614-6 dudit code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure. "
2. Par un arrêté en date du 17 juin 2022 notifié le même jour à 10 heures 15, la préfète du Val-de-Marne a, sur le fondement du 2° de l'article L. 251-1 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, obligé M. H F G, ressortissant portugais né le 27 avril 1970 à Porto, à quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination et l'a interdit de circulation sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par la requête susvisée, enregistrée le 20 juin 2022, M. F G demande l'annulation des décisions contenues dans cet arrêté préfectoral.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle :
3. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président () ". Aux termes de l'article 62 du décret n°91-1266 du 19 décembre 1991 pris pour l'application de ces dispositions : " L'admission provisoire est demandée sans forme au président du bureau ou de la section ou au président de la juridiction saisie () / L'admission provisoire peut être prononcée d'office si l'intéressé a formé une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été définitivement statué. ". M. F G ayant bénéficié de l'assistance d'un avocat commis d'office lors de l'audience du 28 juin 2023 en la personne de Me Duquesne, il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce, de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
Sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête ;
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 614-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " En cas de détention de l'étranger, celui-ci est informé dans une langue qu'il comprend, dès la notification de la décision portant obligation de quitter le territoire français, qu'il peut, avant même l'introduction de sa requête, demander au président du tribunal administratif l'assistance d'un interprète ainsi que d'un conseil ". M. F G ne peut utilement se prévaloir de la circonstance que la notification de l'arrêté attaqué a été faite sans qu'il soit assisté d'un interprète et sans que les dispositions de l'article L. 614-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile aient été respectées, circonstances liées aux modalités de notification de l'arrêté et qui sont sans incidence sur la légalité des décisions qu'il contient.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 776-19 du code de justice administrative : " Si, au moment de la notification d'une décision mentionnée à l'article R. 776-1, l'étranger est retenu par l'autorité administrative, sa requête peut valablement être déposée, dans le délai de recours contentieux, auprès de ladite autorité administrative ". De plus, il résulte des dispositions combinées des articles R. 776-29 et R. 776-31 du même code, issues du décret du 28 octobre 2016 pris pour l'application du titre II de la loi du 7 mars 2016 relative au droit des étrangers en France, que les étrangers ayant reçu notification d'une décision mentionnée à l'article R. 776-1 du code alors qu'ils sont en détention ont la faculté de déposer leur requête, dans le délai de recours contentieux, auprès du chef de l'établissement pénitentiaire. Depuis l'entrée en vigueur notamment, pour les étrangers détenus, des dispositions du décret du 28 octobre 2016 précité, il incombe à l'administration, pour les décisions présentant les caractéristiques mentionnées ci-dessus, de faire figurer, dans leur notification à un étranger retenu ou détenu, la possibilité de déposer sa requête dans le délai de recours contentieux auprès de l'administration chargée de la rétention ou du chef de l'établissement pénitentiaire.
6. M. F G ne peut utilement se prévaloir de la circonstance qu'il n'a pas été informé de la faculté qui lui est reconnue de déposer son recours auprès du directeur du centre pénitentiaire, cette circonstance étant sans incidence sur la légalité des décisions contenues dans l'arrêté attaqué. Au demeurant, malgré cette absence d'information, la requête de l'intéressé a pu être déposée dans les délais de recours contentieux.
7. En troisième lieu, eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. Or, par un arrêté n° 2021/663 du 1er mars 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du même jour, la préfète du Val-de-Marne a donné à M. B E, adjoint à la cheffe du bureau de l'éloignement et du contentieux, délégation pour signer notamment les décisions litigieuses en cas d'absence ou d'empêchement de Mme D, cheffe de la direction des migrations et de l'intégration, et de Mme C A, cheffe du bureau de l'éloignement et du contentieux. Il n'est en l'espèce ni établi ni même allégué que Mmes D et A n'auraient, à la date de l'arrêté attaqué, pas été absentes ou empêchées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteure de l'arrêté attaqué doit être écarté.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 251-1 de code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes () "
9. D'une part, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que celui-ci comporte les considérations de droit et de fait de l'obligation faite à M. F G de quitter le territoire français puisqu'il vise l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et le 2° de l'article L. 251-1 précité et mentionne que le requérant a été condamné par le tribunal correctionnel de Créteil le 16 mars 2022 à une peine de six mois d'emprisonnement pour des faits de menaces de mort réitérées et vol avec dégradation. L'arrêté précise également que M. F G est célibataire sans charge de famille et que ses liens personnels et familiaux en France ne sont pas intenses et stables. La préfète en déduit que la décision opposée au requérant ne contrevient pas aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales puisqu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à sa situation personnelle et familiale. Il résulte de ce qui précède que l'obligation de quitter le territoire français est suffisamment motivée en droit comme en fait conformément à l'obligation prévue à l'article L. 613-1 précité.
10. D'autre part, aux termes de l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les étrangers dont la situation est régie par le présent livre disposent, pour satisfaire à l'obligation qui leur a été faite de quitter le territoire français, d'un délai de départ volontaire d'un mois à compter de la notification de la décision. / L'autorité administrative ne peut réduire le délai prévu au premier alinéa qu'en cas d'urgence et ne peut l'allonger qu'à titre exceptionnel. " En plus de ce qui a été développé au point précédent, l'arrêté vise également l'article L. 251-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise qu'eu égard à la nature des faits commis et au risque de récidive, il y a urgence à éloigner M. F G du territoire français. Par suite, la décision de refus de délai de départ volontaire est suffisamment motivée en droit comme en fait conformément aux dispositions de l'article L. 613-2 du même code.
11. De plus, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que celui-ci comporte les considérations de droit et de fait de la décision fixant le pays de destination puisqu'il vise l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, précise la nationalité de M. F G, en l'espèce portugaise et indique que la décision en cause ne viole pas les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays. Ces considérations suffisent à établir une décision fixant le pays de destination motivée en droit comme en fait.
12. Enfin, aux termes de l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut, par décision motivée, assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français édictée sur le fondement des 2° ou 3° de l'article L. 251-1 d'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans. " ;
13. Il résulte des dispositions précitées que, si une décision d'interdiction de circulation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de circulation fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de circulation d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger ; elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.
14. Il résulte des termes de l'arrêté attaqué que celui-ci comporte les considérations de droit et de fait fondement de l'interdiction faite à M. F G de retourner sur le territoire français pour une durée de 3 ans puisqu'il vise l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les articles L. 251-4 à L. 251-7 du code, mentionne sa situation personnelle et familiale telle que décrite au point 9 et rappelle que l'intéressé a été condamné par le tribunal correctionnel de Créteil le 16 mars 2022 à une peine de six mois d'emprisonnement pour des faits de menaces de mort réitérées et vol avec dégradation. Si le requérant fait plus particulièrement valoir que la préfète n'a pas motivé son interdiction de retour en France au regard de l'ensemble des éléments propres à sa situation, en n'indiquant pas sa date d'entrée en France ni s'il s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement ou si son comportement constitue une menace pour l'ordre public, cette prise en compte n'est pas obligatoire ainsi qu'il a été dit au point précédent. Par suite, l'interdiction de retour sur le territoire français est suffisamment motivée conformément aux dispositions de l'article L. 251-4.
15. En cinquième lieu, il résulte de ce qui précède sur la motivation de l'arrêté litigieux ainsi que de la situation personnelle et familiale de M. F G que la préfète a suffisamment examiné cette situation avant de prendre l'arrêté contesté.
En ce qui concerne les moyens spécifiques à l'obligation de quitter le territoire français :
16. En premier lieu, M. F G soutient, lors de l'audience publique du 27 février 2023, que l'obligation de quitter le territoire français, qui date de plus d'un an, est désormais caduque. Toutefois, d'une part, M. F G ne précise pas le fondement légal ou réglementaire d'un tel moyen. D'autre part, s'il résulte des articles L. 731-1 et suivants et L. 741-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans leur nomenclature en vigueur depuis le 1er mai 2021, que la préfète ne pouvait plus assigner à résidence le requérant ou le placer dans un centre de rétention pour l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français prononcée le 17 juin 2022, soit il y a plus d'un an, il ne résulte toutefois ni de ces textes, ni d'aucun autre, que cette obligation de quitter le territoire français est caduque. En tout état de cause, un tel moyen, qui se rapporte aux conditions d'exécution de la mesure d'éloignement, est donc sans incidence sur sa légalité ; par suite, il doit être écarté comme inopérant.
17. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales relatif au droit au respect de la vie privée et familiale : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () " M. F G soulève la violation de ces stipulations en faisant valoir qu'il est en France depuis 2013, qu'il y a toujours travaillé et que sa compagne vit également en France ; toutefois, il n'apporte au soutien de ces allégations aucun début d'élément probant, sa requête ne comportant aucune pièce jointe à part l'arrêté contesté. Il ressort au contraire des termes de l'arrêté litigieux que M. F G est célibataire sans charge de famille sur le territoire français ; de plus, il ne démontre pas être isolé dans son pays d'origine. Enfin, M. F a été condamné par le tribunal correctionnel de Créteil le 16 mars 2022 à une peine de six mois d'emprisonnement pour des faits de menaces de mort réitérées et vol avec dégradation, ce qui n'est pas la meilleure preuve d'une intégration réussie ni d'un respect des lois et valeurs de la République. Il résulte de ce qui précède que la préfète n'a porté aucune atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale et que, par suite, le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté comme infondé.
18. Pour les mêmes raisons M. F G n'est pas davantage fondé à soutenir que les différentes décisions contenues dans l'arrêté préfectoral litigieux seraient entachées d'erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle.
19. En quatrième lieu, M. F G soutient que l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'erreur de droit en ce que la préfète ne peut tirer de sa situation pénale le fait qu'il constituerait une menace pour l'ordre public ; toutefois, l'obligation de quitter le territoire français a pour fondement le 2° de l'article L. 251-1 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et il n'est pas contesté que l'intéressé a été condamné par le tribunal correctionnel de Créteil le 16 mars 2022 à une peine de six mois d'emprisonnement pour des faits de menaces de mort réitérées et vol avec dégradation ; par suite, c'est sans erreur de droit que la préfète a pu estimer que le comportement de l'intéressé constituait, du point de vue de l'ordre public, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave.
20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté préfectoral du 17 juin 2022 doivent être rejetées.
D E C I D E
Article 1er : La requête de M. F G est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. H F G et à la préfète du Val-de-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2023.
Le magistrat désigné,
Signé : C. FreydefontLa greffière,
Signé : N. Riellant
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2206099
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026