mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2206125 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | CHAVKHALOV |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire respectivement enregistrés les 21 juin 2022 et 18 décembre 2023, M. A C, représenté par Me Chavkhalov, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite née le 4 mars 2022 par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle du conseil national des activités privées de sécurité a refusé de lui renouveler sa carte professionnelle ;
2°) d'enjoindre au conseil national des activités privées de sécurité de lui délivrer une carte professionnelle ;
2°) de mettre à la charge du conseil national des activités privées de sécurité une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il n'est pas établi que l'agent ayant consulté les données à caractère personnel figurant dans le fichier de traitement des antécédents judiciaires était habilité par le représentant de l'Etat ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que les faits qui la motivent sont anciens et isolés, qu'il s'est toujours conformé à la loi depuis lors et que ses employeurs successifs n'ont eu à déplorer de sa part aucun comportement contraire aux exigences de la profession d'agent de sécurité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 novembre 2023, le conseil national des activités privées de sécurité conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Prissette,
- et les conclusions de M. Grand, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C a sollicité le 9 avril 2021 le renouvellement de sa carte professionnelle d'agent de sécurité. Par une délibération du 2 novembre 2021, la commission locale d'agrément et de contrôle Ile de France Est du conseil national des activités privées de sécurité a refusé de faire droit à sa demande. Le requérant a formé un recours préalable obligatoire le 4 janvier 2022 contre cette décision, qui a été implicitement rejeté le 4 mars suivant par la commission nationale d'agrément et de contrôle du conseil national des activités privées de sécurité. Le 4 mai 2022, M. C a demandé à cette dernière la communication des motifs de sa décision, qu'il a obtenue le 9 mai 2022. M. C demande au tribunal l'annulation de la décision implicite née le 4 mars 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : () / 2° S'il résulte de l'enquête administrative, ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents du Conseil national des activités privées de sécurité spécialement habilités par le représentant de l'Etat territorialement compétent et individuellement désignés, des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 31 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification, que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées ; () ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, à l'issue d'une enquête administrative, et sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les actes commis par le demandeur sont compatibles avec l'exercice de la profession ou la direction d'une personne morale exerçant cette activité, alors même que les agissements en cause n'auraient pas donné lieu à une condamnation inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire, ou que la condamnation prononcée en raison de ces agissements aurait été effacée de ce bulletin. A ce titre, si la question de l'existence de poursuites ou de sanctions pénales est indifférente, l'autorité administrative est en revanche amenée à prendre en considération, notamment, les circonstances dans lesquelles ont été commis les faits qui peuvent être reprochés au pétitionnaire ainsi que la date de leur commission.
4. En l'espèce, la décision de refus de renouvellement de la carte professionnelle de M. C est fondée sur la circonstance qu'il a été mis en cause d'une part le 18 février 2017 pour des faits de circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance ayant donné lieu à un rappel à la loi et d'autre part le 14 mai 2017 pour des faits de vol simple de carburant ayant donné lieu au paiement d'une amende délictuelle, alors qu'il était titulaire d'une carte professionnelle. La commission nationale d'agrément et de contrôle a considéré que ces mises en cause révélaient un comportement contraire à l'honneur et à la probité, de nature à porter atteinte à la sécurité des biens et que ces faits étaient incompatibles avec la poursuite d'une activité privée de sécurité. M. C, qui a exprimé des regrets quant à la commission de ces infractions à l'occasion de la présentation de ses observations dans le cadre de l'enquête administrative menée par le conseil national des activités privées de sécurité, en reconnaît néanmoins la matérialité. Toutefois, il n'est ni établi, ni même allégué que les faits qui lui sont reprochés auraient été réitérés, alors qu'il ressort des pièces du dossier que le requérant ne s'est pas ultérieurement fait connaître des services de police. En outre, ces faits, commis près de cinq ans avant la décision attaquée, sont anciens et d'une gravité relative. Pour regrettables qu'ils soient au regard des fonctions occupées par l'intéressé, ils n'apparaissent pas, eu égard à leur nature, à leur ancienneté et à leur caractère isolé, de nature dans les circonstances de l'espèce à justifier le refus de renouvellement de sa carte professionnelle. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit être accueilli.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête, que M. C est fondé à demander l'annulation de la décision implicite par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle du conseil national des activités privées de sécurité a refusé de lui renouveler sa carte professionnelle.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".
7. Il y a lieu, compte tenu du motif d'annulation retenu, d'enjoindre au conseil national des activités privées de sécurité de délivrer à M. C, dans le délai de deux mois suivant la notification du présent jugement et sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit et de fait, une carte professionnelle relative à l'exercice d'une activité de sécurité privée.
Sur les frais liés au litige :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du conseil national des activités privées de sécurité la somme de 1 500 euros à verser à M. C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E:
Article 1er : La décision née le 4 mars 2022 par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle du conseil national des activités privées de sécurité a refusé de renouveler la carte professionnelle de M. C est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au conseil national des activités privées de sécurité, sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit et de fait, de délivrer à M. C une carte professionnelle relative à l'exercice d'une activité de sécurité privée, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le conseil national des activités privées de sécurité versera à M. C la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 8 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gougot, présidente,
M. Duhamel, premier conseiller,
Mme Prissette, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.
La rapporteure,
L. PRISSETTE
La présidente,
I. GOUGOTLa greffière,
M. B
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026