lundi 17 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2206233 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | SCP DAGNEAU-BACHIMONT & DUQUESNE |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance datée du 21 juin 2022, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au greffe du tribunal administratif de Melun le dossier de la requête, enregistrée le 7 juin 2022, par laquelle M. A B, demeurant à Créteil (94000), demande au tribunal d'annuler l'arrêté en date du 2 juin 2022 par lequel le préfet de police de Paris l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de 12 mois.
M. B doit être entendu comme soutenant que l'interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation dans la mesure où il travaille en France sous couvert d'un contrat de travail à durée indéterminée et à temps plein, il paye ses cotisations sociales à l'URSSAF, sa femme est enceinte de cinq mois.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 août 2022, le préfet de police de Paris conclut au rejet de la requête en faisant valoir que :
- à titre principal, la requête est irrecevable car tardive puisque le requérant avait jusqu'au 4 juin pour déposer sa requête, ce qu'il n'a fait que le 7 juin ;
- à titre subsidiaire, la requête est infondée puisque l'interdiction de retour est légale et qu'elle ne viole pas l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu :
- l'arrêté litigieux du préfet de police de Paris en date du 2 juin 2022 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Freydefont pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application des dispositions de l'article R. 776-10 et suivants du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique tenue le 28 juin 2023 en présence de Mme Riellant, greffière d'audience :
- M. Freydefont, magistrat désigné, qui a présenté son rapport ;
- les observations de Me Duquesne, représentant M. B, requérant absent, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens en soutenant, de plus, que la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête doit être écarté comme infondée car le requérant avait jusqu'au 17 juin 2022 pour contester son interdiction de retour notifiée le 2 juin 2022 à 19 heures 55, ce qu'il a fait le 7 juin dans les délais ; de plis, compte tenu des éléments produits relatifs à son intégration professionnelle, à la réalité de sa communauté de vie et à ses problèmes médicaux, l'arrêté est entaché d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
Le préfet de police de Paris, défendeur, n'est ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° () " ; aux termes de l'article L. 614-1 du même code : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. " ; aux termes de l'article L. 614-5 dudit code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 1°, 2° ou 4° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quinze jours suivant la notification de la décision. / L'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-7, notifiée postérieurement à la décision portant obligation de quitter le territoire français, peut être contestée dans les mêmes conditions. "
2. Par un arrêté en date du 8 septembre 2021, la préfète du Val-de-Marne a, sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, obligé M. A B, ressortissant burkinabé né le 31 octobre 1987 à Adiake, à quitter le territoire français dans un délai de trente jours à compter de la notification dudit arrêté et a fixé le pays de destination. Sur le fondement de cet arrêté, le préfet de police de Paris a, par arrêté du 2 juin 2022, interdit à M. B de retourner sur le territoire français pour une durée de 12 mois. Par la requête susvisée, enregistrée le 7 juin 2022, M. B demande l'annulation de cette interdiction de retour sur le territoire français.
Sur la fin de non-recevoir soulevée en défense tirée de la tardiveté alléguée de la requête :
3. En défense, le préfet de police de Paris soulève l'irrecevabilité de la requête de M. B pour tardiveté au motif que le requérant avait 48 heures à compter de la notification de l'arrêté litigieux, soit jusqu'au 4 juin 2022, pour déposer sa requête, ce qu'il n'a fait que le 7 juin.
4. Or, contrairement à ce qui figure dans l'arrêté contesté, l'obligation faite par la préfète du Val-de-Marne le 8 septembre 2021 à M. B de quitter le territoire français n'était pas assortie d'une décision de refus de délai de départ volontaire ; par suite, en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article L. 614-5 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le délai de recours n'était pas de 48 heures comme soutenu à tort par le préfet, mais de quinze jours. Il s'ensuit que M. B avait jusqu'au 17 juin 2022 pour contester son interdiction de retour notifiée le 2 juin 2022 à 19 heures 55.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B, enregistrée le 7 juin 2022, n'est pas tardive et qu'il convient donc d'écarter la fin de non-recevoir pour tardiveté soulevée par le préfet de police en défense.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
Sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête :
6. Ainsi qu'il a été dit au point 4, il ressort des termes de l'arrêté litigieux le préfet a fondé son interdiction de retour sur le territoire sur une obligation de quitter le territoire français opposée à M. B le 7 septembre 2021 sans délai de départ volontaire ; or, il ressort des pièces du dossier que l'obligation de quitter le territoire français en question date non du 7 septembre 2022 mais du 8 et est assortie d'un délai de départ volontaire de trente jours. Par suite, l'arrêté du préfet de police de Paris portant interdiction de retour est entaché d'un défaut d'examen sérieux de la situation de M. B et encourt donc, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, l'annulation.
D E C I D E
Article 1er : L'arrêté en date du 2 juin 2022 par lequel le préfet de police de Paris a interdit M. B de retour sur le territoire français pour une durée de 12 mois est annulé.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de police de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2023.
Le magistrat désigné,
Signé : C. FreydefontLa greffière,
Signé : N. Riellant
La République mande et ordonne au préfet de police de Paris, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2206233
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026