jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2206299 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | VICTOR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 juin et 14 octobre 2022, M. C E, représenté par Me Victor, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 juin 2022 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne, à titre principal, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour au titre de la protection temporaire, dans un délai de deux semaines à compter de la notification du jugement à intervenir, et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser, en cas d'admission à l'aide juridictionnelle, à son avocate, sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. E soutient que :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
- il n'est pas établi qu'il ait été signé par une autorité compétente pour ce faire, faute de délégation de signature régulière ;
- le refus de titre contesté est entaché d'un défaut de motivation ;
- il est entaché d'un vice de procédure au regard de l'instruction interministérielle du 10 mars 2022, en l'absence de convocation à un entretien en vue de l'examen de sa situation ;
- il n'a pas été précédé d'un examen de sa situation individuelle ;
- il est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions relatives au régime de la protection temporaire mentionné par la directive 2001/55/CE du Conseil du 20 juillet 2001, en particulier celles de l'article 2 de la décision d'exécution (UE) 2022/ 382 du Conseil du 4 mars 2022 ;
- il est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard des stipulations du titre III de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- cette décision est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- elle est insuffisamment motivée.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête de M. E a été transmise le 7 juillet 2022 au préfet de Seine-et-Marne, lequel n'a pas produit de mémoire en défense.
Par une lettre du 17 octobre 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 7 novembre 2022 sans information préalable.
Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 8 novembre 2022.
M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision d'exécution (UE) 2022/382 du Conseil du 4 mars 2022 constatant l'existence d'un afflux massif de personnes déplacées en provenance d'Ukraine, au sens de l'article 5 de la directive 2001/55/CE, et ayant pour effet d'introduire une protection temporaire ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- l'instruction interministérielle du 10 mars 2022 relative à la mise en œuvre de la décision du Conseil de l'Union européenne du 4 mars 2022 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C E, ressortissant algérien, né le 24 avril 1992 à El Kseur (Algérie), est entré en France le 4 mars 2022 selon ses déclarations. Il s'est vu remettre une autorisation provisoire de séjour le 6 avril 2022 afin de lui permettre de présenter une demande de titre de séjour et a transmis à la préfecture de Seine-et-Marne des pièces à cet effet par courrier du 14 avril 2022. Par un arrêté du 3 juin 2022 dont il demande l'annulation, le préfet de Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve de l'exception prévue à l'article R. 426-3, le titre de séjour est délivré par le préfet du département dans lequel l'étranger a sa résidence () ".
3. L'arrêté attaqué a été signé par M. B A, nommé préfet de Seine-et-Marne par décret du président de la République du 30 juin 2021, publié le 1er juillet 2021 au Journal Officiel de la République française (texte n° 62). Celui-ci était compétent tant pour prendre la décision attaquée que la signer, sans, contrairement à ce qu'allègue le requérant, être titulaire d'une délégation de signature à cet effet. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision manque en fait et ne peut ainsi qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, la décision contestée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, y compris, contrairement à ce que soutient le requérant, s'agissant du motif tiré de ce que l'intéressé ne compterait pas parmi les personnes susceptibles de bénéficier de la protection temporaire au sens de la directive 2001/55/CE du Conseil du 20 juillet 2001. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit, dès lors, être écarté comme manquant en fait.
5. En troisième lieu, pour l'examen des demandes de protection temporaire dans le cadre de la mise en œuvre de la décision du Conseil de l'Union européenne du 5 mars 2022, l'instruction interministérielle susvisée du 10 mars 2022, à l'adresse des préfets, régulièrement publiée, et dont M. E se prévaut, énonce que, pour le cas des personnes qui non seulement sont dans l'impossibilité de rentrer dans leur pays d'origine dans des conditions sûres et durables, mais également qui résidaient régulièrement en Ukraine sous couvert d'un titre de séjour permanent délivré conformément au droit ukrainien, " vous convoquerez l'intéressé à un entretien au cours duquel vous procèderez à l'examen de sa situation individuelle. "
6. Il ressort des pièces du dossier, ainsi que des mentions non contestées de l'arrêté attaqué, que M. E résidait en Ukraine, avant le 24 février 2022, sous couvert d'un titre de séjour temporaire, délivré, conformément au droit ukrainien, le 13 septembre 2021, et valable jusqu'au 1er septembre 2025, sur lequel est apposé la mention " Temporary residence permit ". Il ne ressort ainsi d'aucun élément versé aux débats, ni même n'est allégué, que l'intéressé disposait d'un titre de séjour permanent délivré par les autorités ukrainiennes. Dans ces conditions, en tout état de cause, le moyen qu'il soulève, tiré de la méconnaissance des énonciations de l'instruction interministérielle du 10 mars 2022 susvisée, en l'absence de convocation à un examen de sa situation préalablement à l'édiction de la décision en litige, ne peut qu'être écarté.
7. En quatrième lieu, il résulte des mentions mêmes de l'arrêté attaqué que le préfet a notamment tenu compte du séjour régulier de M. E en Ukraine et a porté une appréciation, au vu des éléments que lui avait communiqués l'intéressé, sur la possibilité pour celui-ci de rentrer dans son pays d'origine dans des conditions sûres et durables. Il ne ressort d'aucun élément versé aux débats que le préfet n'aurait pas procédé à un examen individualisé de la situation du requérant avant d'édicter à son encontre l'arrêté en litige, ce moyen devant être écarté.
8. En cinquième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 581-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le bénéfice du régime de la protection temporaire est ouvert aux étrangers selon les modalités déterminées par la décision du Conseil de l'Union européenne mentionnée à l'article 5 de la directive 2001/55/CE du Conseil du 20 juillet 2001, définissant les groupes spécifiques de personnes auxquelles s'applique la protection temporaire () ". Et, aux termes de l'article L. 581-7 du même code : " Dans les conditions fixées à l'article 7 de la directive 2001/55/CE du Conseil du 20 juillet 2001, peuvent bénéficier de la protection temporaire des catégories supplémentaires de personnes déplacées qui ne sont pas visées dans la décision du Conseil prévue à l'article 5 de cette même directive, lorsqu'elles sont déplacées pour les mêmes raisons et à partir du même pays ou de la même région d'origine. () ".
9. D'autre part, aux termes du paragraphe 2 de l'article 2 de la décision d'exécution (UE) 2022/ 382 du Conseil du 4 mars 2022 : " Les États membres appliquent la présente décision ou une protection adéquate en vertu de leur droit national à l'égard des apatrides, et des ressortissants de pays tiers autres que l'Ukraine, qui peuvent établir qu'ils étaient en séjour régulier en Ukraine avant le 24 février 2022 sur la base d'un titre de séjour permanent en cours de validité délivré conformément au droit ukrainien, et qui ne sont pas en mesure de rentrer dans leur pays ou leur région d'origine dans des conditions sûres et durables. ".
10. En outre, aux termes du paragraphe 3 du même article : " Conformément à l'article 7 de la directive 2001/55/CE, les États membres peuvent également appliquer la présente décision à d'autres personnes, y compris aux apatrides et aux ressortissants de pays tiers autres que l'Ukraine, qui étaient en séjour régulier en Ukraine et qui ne sont pas en mesure de rentrer dans leur pays ou région d'origine dans des conditions sûres et durables. ".
11. Il résulte des termes de la décision contestée que, pour refuser à M. E le bénéfice de la protection temporaire, le préfet de Seine-et-Marne s'est fondé sur le motif que l'intéressé était en mesure de retourner dans son pays ou sa région d'origine dans des conditions à la fois sûres et durables. Pour contester ce motif, le requérant fait valoir la situation qui serait la sienne en cas de retour en Algérie en raison de son homosexualité, évoquant que celle-ci demeure dans ce pays un tabou, et pénalement répréhensible bien qu'au terme de dispositions désormais inappliquées, que des manifestations d'hostilité et des actes homophobes ont été rapportés ces dernières années en Algérie, survenus en 2014 et 2018 et qu'en outre, il serait soumis à une pression sociale et familiale pour qu'il se marie. Ce faisant, toutefois, le requérant ne justifie pas, par les seuls éléments invoqués, être dans l'impossibilité de rentrer en Algérie dans des conditions sûres et durables au sens de l'article 2 de la décision d'exécution du Conseil du 4 mars 2022, tel qu'éclairé par la communication de la Commission européenne publiée au Journal officiel de l'Union européenne du 21 mars 2022, relative aux lignes directrices opérationnelles pour la mise en œuvre de cette décision. En particulier, si le requérant soutient qu'il ne pourrait jouir de droits actifs en Algérie permettant de satisfaire ses besoins fondamentaux, ni de la possibilité d'être intégré dans la société algérienne, il n'apporte au soutien de ses allégations pas la moindre précision étayant la réalité du risque qu'il encourrait personnellement, et notamment aucune sur les conditions dans lesquelles il a vécu en Algérie jusqu'à son arrivée en Ukraine, le 23 janvier 2021 selon ses déclarations, soit jusqu'à l'âge de 29 ans. Par ailleurs, si le requérant, pour soutenir qu'il avait droit au bénéfice de la protection temporaire, a entendu se prévaloir de son " séjour régulier non permanent " en Ukraine, cette circonstance est sans incidence, d'une part compte tenu de ce qui vient d'être dit, et d'autre part dès lors que, comme dit au point 6, il n'est pas même allégué que la condition tenant au séjour en Ukraine sous couvert d'un titre de séjour permanent aurait été remplie.
12. Dans ces conditions, le préfet a pu légalement refuser à M. E, sans entacher sa décision d'erreur de droit, ni d'erreur manifeste d'appréciation, le bénéfice de la protection temporaire prévue par la décision d'exécution (UE) 2022/ 382 du Conseil du 4 mars 2022 et aux articles L. 581-2 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
13. En sixième lieu, selon le titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Les ressortissants algériens qui suivent un enseignement, un stage ou font des études en France et justifient de moyens d'existence suffisants (bourses ou autres ressources) reçoivent sur présentation, soit d'une attestation de pré-inscription ou d'inscription dans un établissement d'enseignement français, soit d'une attestation de stage, un certificat de résidence valable un an, renouvelable et portant la mention ''étudiant'' ou ''stagiaire'' ".
14. Il appartient à l'administration saisie d'une demande de délivrance ou de renouvellement d'une carte de séjour présentée par un étranger en qualité d'étudiant de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, à partir de l'ensemble du dossier, si les études poursuivies par l'intéressé revêtent un caractère réel et sérieux et s'il dispose des moyens d'existence suffisants lui permettant de vivre et d'étudier en France compte tenu de tous les avantages dont l'étudiant peut bénéficier par ailleurs.
15. Il ressort des pièces du dossier qu'à la date de l'arrêté contesté, du 3 juin 2022, M. E justifiait d'une inscription au Centre Universitaire d'Enseignement du Français pour Etudiants Etrangers (C.U.E.F.E.E.) au sein de l'université de Tours, au titre de l'année universitaire 2021/2022. Toutefois le requérant, qui ne peut utilement faire valoir à cet égard les ressources dont il a bénéficié postérieurement à l'arrêté en litige, établit seulement, pour tout moyen d'existence à la date de l'arrêté en cause, qu'il était pris en charge par l'association France Terre d'Asile pour ses repas et par la mise à sa disposition d'un hébergement d'urgence. Par ailleurs, il n'étaye le caractère réel et sérieux de ses études d'aucune précision, en l'absence de toute indication tant sur les études qu'il soutient avoir suivies en Ukraine, où il déclare pourtant avoir résidé pendant plus d'un an, que sur son parcours antérieur, dès lors qu'il n'expose pas le moindre élément sur sa situation entre l'obtention de son baccalauréat en Algérie, en juin 2012, et son arrivée en Ukraine, neuf ans plus tard, à l'âge de 28 ans. Dans ces conditions, en refusant de délivrer à l'intéressé un titre de séjour en qualité d'étudiant, sur le fondement des stipulations susvisées, le préfet n'a commis ni erreur de droit et d'appréciation.
16. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
17. Si le requérant se prévaut de liens qu'il a tissés en France à l'occasion de ses études universitaires, il mentionne uniquement l'existence d'une relation amoureuse avec un ressortissant français, laquelle, aux termes de l'attestation établie par ce dernier le 27 juin 2022, a débuté à la suite de leur rencontre le 11 mars 2022, soit moins de trois mois avant l'arrêté attaqué. Le requérant, qui au vu de ses déclarations a quitté son pays d'origine à l'âge de 28 ans, et qui était présent sur le territoire français au mieux depuis trois mois à la date de l'arrêté litigieux, n'invoque ainsi aucune circonstance caractérisant une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale par l'arrêté attaqué. Dès lors, le moyen tiré de ce que l'arrêté en cause aurait méconnu les stipulations précitées de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne la décision l'obligeant à quitter le territoire français :
18. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que la décision de refus de titre de séjour n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, M. E ne peut se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision, pour demander l'annulation de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.
19. En second lieu, l'obligation faite à l'intéressé de quitter le territoire français, qui vise l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'avait pas à comporter une motivation spécifique, distincte de celle du refus de titre de séjour qui l'accompagne et qui est suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
20. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que la décision obligeant M. E à quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, le requérant ne peut se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision, pour demander l'annulation de la décision fixant le pays de destination.
21. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise notamment l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et expose que M. E n'établit pas être dans l'incapacité de rentrer dans son pays d'origine dans des conditions sûres et durables. Le moyen tiré du défaut de motivation de la décision fixant le pays de destination ne peut, par suite, qu'être écarté.
22. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". En outre, aux terme des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. "
23. Pour les mêmes motifs qu'exposés au point 11, M. E, qui a résidé en Algérie jusqu'à son arrivée en Ukraine à l'âge de 28 ans, ne produit aucun élément probant de nature à établir qu'il y serait personnellement exposé à un risque réel, direct et sérieux pour sa vie ou sa liberté. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision attaquée aurait été prise en violation des stipulations et dispositions précitées doit être écarté.
24. Il résulte de tout ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet l'arrêté du préfet de Seine-et-Marne du 3 juin 2022. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C E, au préfet de Seine-et-Marne et à Me Victor.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 15 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Leconte, conseillère,
Mme Delon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 22 décembre 2022.
La rapporteure,
S. DLa présidente,
M. FLa greffière,
C. TRÉMOUREUX
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026