vendredi 22 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2206343 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | VICTOR |
Vu la procédure suivante :
A une requête et un mémoire, enregistrés les 27 juin 2022 et 19 juillet 2022, M. B C, représenté A Me Victor, demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du 3 juin 2022 A laquelle le préfet de Seine-et-Marne a rejeté sa demande d'admission au séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour au titre de la protection temporaire ou un certificat de résidence portant la mention " étudiant " dans un délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa situation ;
4°) en cas d'admission à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros HT, au bénéfice de son conseil, sur le fondement des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat ou, en cas de rejet de la demande d'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat, à son propre bénéfice, une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du même code.
M. C, qui sollicite le huis clos lors de l'audience, soutient que :
- la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative est réunie dès lors que la décision contestée le place dans une situation irrégulière alors qu'il disposait d'une autorisation provisoire de séjour, qu'il va perdre ses droits à un hébergement d'urgence et à un accompagnement social dont il bénéficiait depuis le 20 mai 2022, et que la décision contestée fait obstacle à la poursuite de ses études, alors qu'il est inscrit au centre universitaire d'enseignement du français aux étudiants étrangers de l'université de Tours et que sa candidature en licence 1 d'arts et lettres portant la mention " langues étrangères appliquées " à l'université de Tours au titre de l'année universitaire 2022/2023 est en cours d'examen ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée dès lors que cette décision n'est pas suffisamment motivée, qu'elle a été signée A une autorité incompétente, qu'elle n'a pas été précédée d'une convocation à un entretien en méconnaissance de l'instruction interministérielle du 10 mars 2022 relative à la mise en œuvre de la décision du Conseil de l'Union européenne du 5 mars 2022, prise en application de l'article 5 de la directive 2001/55/CE du Conseil du 20 juillet 2001, qu'elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation individuelle, qu'elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation, qu'elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations du titre III de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et qu'enfin, elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée au préfet de Seine-et-Marne qui n'a pas produit de mémoire.
Vu :
- la requête n° 2206299, enregistrée le 24 juin 2022, A laquelle M. C demande l'annulation de la décision contestée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ;
- l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles, complété A un protocole, deux échanges de lettres et une annexe, signé à Alger le 27 décembre 1968 ;
- la directive 2001/55/CE du Conseil du 20 juillet 2001 ;
- la décision d'exécution (UE) 2022/382 du Conseil du 4 mars 2022 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Melun a désigné M. Desvigne-Repusseau, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après que M. D a informé les parties à l'audience publique du 20 juillet 2022 que la demande de huis clos présentée A M. C sur le fondement de l'article L. 731-1 du code de justice administrative qui dispose que " A dérogation aux dispositions de l'article L. 6, le président de la formation de jugement peut, à titre exceptionnel, décider que l'audience aura lieu ou se poursuivra hors la présence du public, si la sauvegarde de l'ordre public ou le respect de l'intimité des personnes ou de secrets protégés A la loi l'exige / () ", était acceptée, ont été entendus au cours de l'audience qui s'est ainsi poursuivie hors la présence du public :
- le rapport de M. D, qui a, en outre, informé les parties de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce qu'en statuant sur la demande de M. C tendant à bénéficier de la protection temporaire, le préfet de Seine-et-Marne a méconnu le champ d'application de la loi dès lors que la France n'a pas décidé, en vertu des dispositions de l'article 7 de la directive 2001/55/CE du Conseil du 20 juillet 2001 et des articles L. 581-7 et R. 581-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, éclairées A les lignes directrices opérationnelles de la Commission européenne telles que publiées au Journal officiel de l'Union européenne du 21 mars 2022, d'étendre le bénéfice de la protection temporaire institué A la décision d'exécution (UE) 2022/382 du Conseil du 4 mars 2022 aux ressortissants de pays tiers autres que l'Ukraine, qui étaient en séjour régulier non permanent en Ukraine avant le 24 février 2022 et qui ne sont pas en mesure de rentrer dans leur pays ou région d'origine dans des conditions sûres et durables, le requérant n'étant pas titulaire d'un titre de séjour ukrainien permanent ;
- et les observations de Me Victor, représentant M. C, qui reprend les moyens invoqués dans les écritures du requérant.
Le préfet de Seine-et-Marne n'était ni présent ni représenté.
Le juge des référés a prononcé, à l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction au 21 juillet 2022 à 15 heures.
A un mémoire, enregistré le 20 juillet 2022 à 18 heures 25, M. C a produit des pièces, qui ont été communiquées au préfet de Seine-et-Marne, et a présenté des observations en réponse au moyen d'ordre public.
Considérant ce qui suit :
1. A un arrêté du 3 juin 2022, le préfet de Seine-et-Marne a rejeté la demande d'admission au séjour de M. C, ressortissant algérien, né en 1992, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. A la présente requête, M. C demande, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 3 juin 2022 portant refus d'admission au séjour.
Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée A la juridiction compétente ou son président / () ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire droit à la demande de M. C tendant à l'octroi de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision / () ".
En ce qui concerne la condition d'urgence :
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement d'un titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier, à très bref délai, d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
5. Il résulte de l'instruction que M. C, qui est titulaire d'un titre de séjour ukrainien délivré le 13 septembre 2021 et valable jusqu'au 1er septembre 2025, a quitté l'Ukraine le 25 février 2022 et a rejoint le territoire français le 4 mars 2022. Le requérant est hébergé au sein d'un centre d'hébergement d'urgence situé à Mitry-Mory (Seine-et-Marne) depuis le 20 mai 2022, et il est pris en charge gratuitement A l'association France Terre d'Asile. Le refus du bénéfice de la protection temporaire opposé à M. C aura pour effet de mettre fin, à brève échéance, aux mesures dont il bénéficiait jusqu'alors dans le cadre de l'accueil des personnes déplacées d'Ukraine et notamment à son hébergement. Dans ces conditions, la condition d'urgence posée A les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme remplie.
En ce qui concerne la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
6. En l'état de l'instruction, le moyen tiré de ce que la décision contestée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
7. Les deux conditions posées A l'article L. 521-1 du code de justice administrative étant remplies, il y a lieu de prononcer la suspension de l'exécution de la décision du 3 juin 2022 A laquelle le préfet de Seine-et-Marne a rejeté la demande d'admission au séjour de M. C.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. L'exécution de la présente ordonnance implique que, d'une part, le préfet de Seine-et-Marne ou tout autre préfet territorialement compétent réexamine la situation de M. C et que, d'autre part, il le mette en possession d'une autorisation provisoire de séjour. Dans les circonstances de l'espèce, il y a donc lieu d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne ou à tout autre préfet territorialement compétent, d'une part, de prendre une nouvelle décision sur la situation de M. C dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance et, d'autre part, de délivrer à l'intéressé, dans un délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance, une autorisation provisoire de séjour.
Sur les frais liés au litige :
9. Compte tenu de ce qui a été dit au point 2, l'avocate de M. C peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Victor, avocate de M. C, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Victor de la somme de 800 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. C A le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée à M. C.
O R D O N N E :
Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : L'exécution de la décision du 3 juin 2022 A laquelle le préfet de Seine-et-Marne a rejeté la demande d'admission au séjour de M. C est suspendue.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de Seine-et-Marne ou à tout autre préfet territorialement compétent, d'une part, de prendre une nouvelle décision sur la situation de M. C dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance et, d'autre part, de délivrer à l'intéressé, dans un délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance, une autorisation provisoire de séjour.
Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de M. C à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Victor renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Victor, avocate de M. C, une somme de 800 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. C A le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée à M. C.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée pour information au préfet de Seine-et-Marne et, en application de l'article R. 522-14 du code de justice administrative, au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Melun.
Fait à Melun, le 22 juillet 2022.
Le juge des référés,
Signé : M. D
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026