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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2206344

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2206344

mardi 13 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2206344
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème chambre
Avocat requérantVICTOR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 27 juin et 10 novembre 2022, M. E C, représenté par Me Victor , demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 3 juin 2022 par lequel le préfet de Seine-et-Marne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit ;

3°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour au titre de la protection temporaire, dans un délai de 15 jours à compter de la signification du jugement à intervenir et de réexaminer sa demande ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser, en cas d'admission à l'aide juridictionnelle, à son avocate, sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

M. C soutient que :

La décision de refus de titre de séjour :

- est entachée d'incompétence ;

- est illégale dès lors qu'elle n'a pas été précédée d'une convocation à un entretien en méconnaissance de l'instruction ministérielle du 10 mars 2022 relative à la mise en œuvre de la décision du Conseil de l'Union européenne du 5 mars 2022, prise en application de l'article 5 de la directive 2001/55/CE du Conseil du 20 juillet 2001 ;

- est insuffisamment motivée ;

- est illégale en l'absence d'examen particulier de sa situation par le préfet ;

- est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L.581-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de la décision d'exécution (UE) 2022/382 du Conseil du 4 mars 2022 constatant l'existence d'un afflux massif de personnes déplacées en provenance d'Ukraine, au sens de l'article 5 de la directive 2001/55/CE ;

- est entachée d'un défaut d'examen et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

La décision portant obligation de quitter le territoire :

- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;

- a été abrogée par la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour le 22 août 2022 ;

Le préfet de Seine-et-Marne, à qui la présente procédure a été communiquée, n'a pas présenté d'observations.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré du non-lieu à statuer sur les conclusions en annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire et fixant le pays de destination du 3 juin 2022 qui ont été abrogées par la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour le 22 août 2022.

Par ordonnance du 21 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 21 décembre 2022 à midi.

Par un mémoire enregistré le 3 mai 2023, M. C a formulé des observations au moyen d'ordre public soulevé par le tribunal lesquelles ont été communiquées le 4 mai 2023 au préfet de Seine le 4 mai 2023.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 juillet 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- la décision d'exécution (UE) 2022/382 du Conseil du 4 mars 2022 constatant l'existence d'un afflux massif de personnes déplacées en provenance d'Ukraine, au sens de l'article 5 de la directive 2001/55/CE, et ayant pour effet d'introduire une protection temporaire ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- l'instruction interministérielle du 10 mars 2022 relative à la mise en œuvre de la décision du Conseil de l'Union européenne du 4 mars 2022 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Mme Bourdin, conseiller rapporteur, a été entendu en son rapport au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. E C, ressortissant pakistanais né le 10 juin 1999 à Sheikhupura (Pakistan), est entré en France selon ses déclarations le 1er mars 2022 en provenance d'Ukraine. Il s'est vu remettre une autorisation provisoire de séjour le 30 mars 2022 afin de lui permettre de présenter une demande de titre de séjour et a transmis à la préfecture de Seine-et-Marne des pièces à cet effet par courrier du 25 mai 2022. Par arrêté du 3 juin 2022, dont il demande l'annulation, le préfet de Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire dans le délai trente jours et a fixé le pays de destination.

Sur l'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. Dans son dernier mémoire enregistré le 10 novembre 2022, M. C indique bénéficier de l'aide juridictionnelle totale et ne formule plus aucune conclusion tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire initialement demandé. Par suite, il convient de lui donner acte de son désistement de ses conclusions au titre de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur le non-lieu à statuer sur les conclusions dirigées contre la décision du 3 juin 2022 portant obligation de quitter le territoire et fixant le pays de destination :

3. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de la requête, a été délivré à M. C, le 22 août 2022, un récépissé valant autorisation provisoire de séjour dans l'attente de l'instruction de sa demande, valable jusqu'au 31 octobre 2022. Cette décision, quand bien même le récépissé n'aurait pas fait l'objet d'un renouvellement, a eu pour effet d'abroger l'arrêté litigieux du 3 juin 2022 en tant qu'il lui faisait obligation de quitter le territoire français et en tant qu'il fixait le pays de destination. Par suite, les conclusions de M. C tendant à l'annulation de cet arrêté en tant qu'il lui fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de destination sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, pas lieu d'y statuer.

Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision de refus de titre de séjour:

4. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. D B, nommé préfet de Seine et Marne par décret du président de la République du 30 juin 2021, publié le 1er juillet 2021 au Journal Officiel de la République française (texte n° 62). Celui-ci était compétent tant pour prendre la décision attaquée que la signer, sans, contrairement à ce qu'allègue le requérant, être titulaire d'une délégation de signature à cet effet. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision manque en fait et ne peut ainsi qu'être écarté.

5. En deuxième lieu, pour l'examen des demandes de protection temporaire dans le cadre de la mise en œuvre de la décision du Conseil de l'Union européenne du 5 mars 2022, l'instruction interministérielle susvisée du 10 mars 2022, à l'adresse des préfets, régulièrement publiée, et dont M. A se prévaut, énonce que, pour le cas des personnes qui non seulement sont dans l'impossibilité de rentrer dans leur pays d'origine dans des conditions sûres et durables, mais également qui résidaient régulièrement en Ukraine sous couvert d'un titre de séjour permanent délivré conformément au droit ukrainien : " vous convoquerez l'intéressé à un entretien au cours duquel vous procèderez à l'examen de sa situation individuelle. "

6. Il ressort des pièces du dossier, ainsi que des mentions non contestées de l'arrêté attaqué, que M. C résidait en Ukraine, avant le 24 février 2022, sous couvert d'un titre de séjour temporaire, délivré, conformément au droit ukrainien, le 7 mai 2021, et valable jusqu'au 1er avril 2026, sur lequel est apposé la mention " Temporary residence permit ". Il ne ressort ainsi d'aucun élément versé aux débats, ni même n'est allégué, que l'intéressé disposait d'un titre de séjour permanent délivré par les autorités ukrainiennes. Dans ces conditions, en tout état de cause, le moyen qu'il soulève, tiré de la méconnaissance des énonciations de l'instruction interministérielle du 10 mars 2022 susvisée, en l'absence de convocation à un examen de sa situation préalablement à l'édiction de la décision en litige, ne peut qu'être écarté.

7. En troisième lieu, la décision portant refus de titre de séjour comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, y compris, contrairement à ce que soutient le requérant, s'agissant du motif tiré de ce que l'intéressé ne compterait pas parmi les personnes susceptibles de bénéficier de la protection temporaire au sens de la directive 2001/55/CE du Conseil du 20 juillet 2001. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit, dès lors, être écarté comme manquant en fait.

8. En quatrième lieu, il résulte des mentions mêmes de l'arrêté attaqué que le préfet a notamment tenu compte du séjour régulier de M. C en Ukraine, où il séjournait depuis moins d'un an avant son départ de ce pays et a porté une appréciation, au vu des éléments que lui avait communiqués l'intéressé, sur la possibilité pour celui-ci de rentrer dans son pays d'origine dans des conditions sûres et durables. Il ne ressort d'aucun élément versé aux débats que le préfet n'aurait pas procédé à un examen individualisé de la situation du requérant avant d'édicter à son encontre l'arrêté en litige, ce moyen sera, en conséquence, écarté.

9. En cinquième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 581-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le bénéfice du régime de la protection temporaire est ouvert aux étrangers selon les modalités déterminées par la décision du Conseil de l'Union européenne mentionnée à l'article 5 de la directive 2001/55/CE du Conseil du 20 juillet 2001, définissant les groupes spécifiques de personnes auxquelles s'applique la protection temporaire () ". Et, aux termes de l'article L. 581-7 du même code : " Dans les conditions fixées à l'article 7 de la directive 2001/55/CE du Conseil du 20 juillet 2001, peuvent bénéficier de la protection temporaire des catégories supplémentaires de personnes déplacées qui ne sont pas visées dans la décision du Conseil prévue à l'article 5 de cette même directive, lorsqu'elles sont déplacées pour les mêmes raisons et à partir du même pays ou de la même région d'origine. () ".

10. D'autre part, aux termes du paragraphe 2 de l'article 2 de la décision d'exécution (UE) 2022/ 382 du Conseil du 4 mars 2022 : " Les États membres appliquent la présente décision ou une protection adéquate en vertu de leur droit national à l'égard des apatrides, et des ressortissants de pays tiers autres que l'Ukraine, qui peuvent établir qu'ils étaient en séjour régulier en Ukraine avant le 24 février 2022 sur la base d'un titre de séjour permanent en cours de validité délivré conformément au droit ukrainien, et qui ne sont pas en mesure de rentrer dans leur pays ou leur région d'origine dans des conditions sûres et durables. ".

11. En outre, aux termes du paragraphe 3 du même article : " Conformément à l'article 7 de la directive 2001/55/CE, les États membres peuvent également appliquer la présente décision à d'autres personnes, y compris aux apatrides et aux ressortissants de pays tiers autres que l'Ukraine, qui étaient en séjour régulier en Ukraine et qui ne sont pas en mesure de rentrer dans leur pays ou région d'origine dans des conditions sûres et durables. ".

12. Il résulte des termes de la décision contestée que, pour refuser à M. C le bénéfice de la protection temporaire, le préfet de Seine-et-Marne s'est fondé sur le motif que l'intéressé disposait, en Ukraine, d'un titre de séjour temporaire valable jusqu'au 1er avril 2026 et qu'il était en mesure de retourner dans son pays ou sa région d'origine dans des conditions à la fois sûres et durables. Pour contester ce motif, le requérant fait tout d'abord valoir que le préfet a commis une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation en considérant qu'il ne disposait pas d'un titre de séjour permanent en cours de validité en Ukraine. Toutefois, ainsi qu'évoqué au point 6, M. C ne justifie pas qu'il disposait d'un tel titre de séjour en Ukraine avant le 24 février 2022, ce dernier produisant un titre de séjour temporaire, délivré, conformément au droit ukrainien, le 7 mai 2021, et valable jusqu'au 1er avril 2026, sur lequel est apposé la mention " Temporary residence permit ". Par ailleurs, M. C estime que le préfet a commis une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation en considérant qu'il pouvait rentrer dans des conditions sûres et durables dans son pays d'origine. Toutefois, le requérant, de nationalité pakistanaise, ainsi que le relève le préfet dans sa décision, n'apporte aucun élément au soutien de ses allégations alors même qu'il ressort des éléments du dossier qu'il a vécu au Pakistan jusqu'à l'âge de 20 ans, y a suivi des études secondaires et une préparation en médecine. Il ne justifie pas ainsi être dans l'impossibilité de rentrer au Pakistan dans des conditions sûres et durables au sens de l'article 2 de la décision d'exécution du Conseil du 4 mars 2022, tel qu'éclairée par la communication de la Commission européenne publiée au Journal officiel de l'Union européenne de 21 mars 2022, relative aux lignes directrices opérationnelles pour la mise en œuvre de cette décision. Par ailleurs, si le requérant, pour soutenir qu'il avait droit au bénéfice de la protection temporaire, a entendu se prévaloir de son " séjour régulier non permanent " en Ukraine, cette circonstance est sans incidence, dès lors que la France n'a pas décidé de faire application de cette faculté en vertu des dispositions de l'article 7 de la directive 2001/55/CE du Conseil du 20 juillet 2001 et des articles L. 581-7 et R. 581-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, éclairées par les lignes directrices opérationnelles de la Commission européenne telles que publiées au Journal officiel de l'Union européenne du 21 mars 2022, d'étendre le bénéfice de la protection temporaire institué par la décision d'exécution (UE) 2022/382 du Conseil du 4 mars 2022 aux ressortissants de pays tiers autres que l'Ukraine, qui étaient en séjour régulier non permanent en Ukraine avant le 24 février 2022 et qui ne sont pas en mesure de rentrer dans leur pays ou région d'origine dans des conditions sûres et durables. En tout état de cause, il résulte de ce qui vient d'être dit que M. C n'établit l'impossibilité d'un retour dans des conditions sûres et durables dans son pays d'origine.

13. Dans ces conditions, le préfet de Seine-et-Marne a pu légalement refuser à M. C, sans entacher sa décision d'erreur de droit, ou d'erreur manifeste d'appréciation, le bénéfice de la protection temporaire prévue par la décision d'exécution (UE) 2022/ 382 du Conseil du 4 mars 2022 et aux articles L. 581-2 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

14. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "étudiant" d'une durée inférieure ou égale à un an. En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".

15. M. C fait valoir que la décision attaquée méconnaît les dispositions précitées dès lors qu'il poursuit des études en France, qu'il entend financer avec un emploi étudiant. Toutefois, il produit uniquement des attestations, d'une part de préinscription à l'Université de Tours au titre de l'année universitaire 2022-2023 datée du 6 octobre 2022 et d'autre part d'inscription à l'Université Sorbonne Nord en module " France Langue étrangère " du 14 octobre 2022 au titre de la même année universitaire, ces documents tous postérieurs à la décision attaquée, ne sont pas de nature à établir que l'intéressé poursuivait effectivement des études en France à la date de cette même décision. En outre, le seul fait de produire une " lettre d'embauche " datée du 23 juin 2022 en qualité de cuisinier à compter du 1er mai 2022 mais subordonnée à l'obtention d'un titre de travail régulier n'est pas de nature à établir, alors que l'intéressé était pris en charge par une association, que M. C disposait des moyens d'existence suffisants au sens de l'article L. 422-1. Par suite, le préfet de Seine-et-Marne n'a pas méconnu ces dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni commis d'erreur manifeste d'appréciation.

16. En septième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

17. M. C soutient que la décision attaquée porte une atteinte disproportionnée à son droit à mener une vie privée et familiale au regard de ses liens privés avec la France. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le requérant est arrivé en France environ trois mois avant la date de la décision attaquée et que s'il produit une promesse d'embauche sous réserve de l'obtention d'un titre de séjour datée du 23 juin 2022, ainsi que des attestations de pré-inscription à l'Université de Tours au titre de l'année universitaire 2022-2023 datée du 6 octobre 2022 et d'inscription à l'Université Sorbonne Nord en module " France Langue étrangère " du 14 octobre 2022 au titre de la même année universitaire, ces documents sont tous postérieurs à la décision attaquées et ne sont, en tout état de cause, pas de nature à établir que le requérant a établi le centre de ses intérêts personnels et familiaux en France. En outre, M. C, au regard des éléments du dossier, a vécu dans son pays d'origine jusqu'à ses 20 ans, est sans charge de famille en France et est hébergé en centre d'hébergement d'urgence à la date de la décision attaquée. Par suite, il n'établit pas que le préfet de Seine-et-Marne aurait méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

18. Il en résulte que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 3 juin 2022 ayant refusé de lui délivrer un titre de séjour.

19. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement de M. C de ses conclusions tendant à l'octroi de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. C tendant à l'annulation de la décision du 3 juin 2022 par laquelle le préfet de Seine-et-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire et a fixé le pays de destination.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejetée.

Article 4: Le présent jugement sera notifié à M. E C et à la Préfecture de Seine-et-Marne.

Délibéré après l'audience du 23 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Dewailly, président,

Mme Bourdin, première conseillère,

M. Lacote , conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2023.

La rapporteure,

S. BOURDIN

Le président,

S. DEWAILLY La greffière,

Y. SADLI

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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