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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2206381

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2206381

vendredi 21 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2206381
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre
Avocat requérantGERPHAGNON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 28 juin 2022, 16 novembre 2022, 1er décembre 2022, 28 décembre 2022, 1er février 2023, 1er mars 2023, 23 mars 2023 et 13 avril 2023, l'Association pour la sauvegarde de l'environnement du pays fertois, représentée par Me La Burthe, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 septembre 2021 par lequel le maire de la Ferté-sous-Jouarre a délivré à la SAS Urbater un permis d'aménager à fin de création d'un lotissement de 13 lots à bâtir sur un terrain situé 124 rue Pierre Marx à la Ferté-sous-Jouarre, ensemble la décision par laquelle le maire de la Ferté-sous-Jouarre a implicitement rejeté son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge solidaire de la commune de la Ferté-sous-Jouarre et de la SAS Urbater une somme de 2 000 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- elle dispose d'un intérêt lui donnant qualité pour agir dès lors que l'objet de ses statuts est consacré à la sauvegarde et à la mise en valeur de la nature, de l'environnement et de la qualité de vie, notamment dans les aspects d'aménagement du territoire et d'urbanisme sur l'ensemble du territoire des anciens cantons de la Ferté-sous-Jouarre et de Lizy-sur-Ourcq ; en outre, son président a été dûment habilité par l'assemblée générale ordinaire du 23 octobre 2021 ;

- sa requête a été déposée dans le délai de recours contentieux dès lors qu'elle avait formé un recours gracieux et une demande d'aide juridictionnelle qui ont prorogé le délai de recours ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions du plan des surfaces submersibles de la Vallée de la Marne dès lors que l'étude hydraulique réalisée comporte des inexactitudes ou des incomplétudes, que la direction régionale et interdépartementale de l'environnement, de l'aménagement et des transports d'Ile-de-France a rendu un avis défavorable le 9 juillet 2020, que le projet ne précise pas les mesures compensatoires à mettre en œuvre, que le calcul est basé sur une cote altimétrique erronée, que la création d'une voie de desserte justifie la réalisation d'une étude sur la circulation des eaux, que la libre circulation des eaux n'est pas assurée en l'absence de prescriptions spéciales, qu'il convient d'appliquer la cartographie officielle des plus hautes eaux connues, que l'association a fait réaliser une projection cartographique faisant apparaître le risque de submersion, que la majeure partie de l'emprise foncière du terrain devrait figurer en zone B d'expansion des crues, qu'il existe différents systèmes de nivellement et que l'autorité administrative aurait dû faire une stricte application des prescriptions du projet d'intérêt général relatif au projet de protection des zones inondables dans la vallée de la Marne ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UB 2 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors qu'est interdite toute urbanisation nouvelle dans les zones d'expansion des crues de type B soumises à une hauteur de submersion supérieure à un mètre, que la zone superfacique inondable présentée par la société pétitionnaire ne recoupe pas le zonage réglementaire du plan des surfaces submersibles de la Vallée de la Marne, que la cote altimétrique retenue pour le calcul de la surface inondable est erronée, que la direction régionale et interdépartementale de l'environnement, de l'aménagement et des transports d'Ile-de-France a rappelé dans son avis qu'elle avait identifié 6 lots inclus dans la zone inondable d'une hauteur de submersion supérieure à un mètre, que la modélisation numérique 3 D fait apparaître une surface inondable supérieure et qu'il appartient à l'autorité administrative de retenir la référence aux plus hautes eaux connues ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UB 9 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors qu'il est mentionné une surface de plancher maximale constructible de 3 250 m² et une surface du terrain d'assiette du projet de 9 748 m² alors que l'emprise au sol des constructions ne peut excéder 30 % de la superficie du terrain ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UB 13 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors qu'il ne prévoit pas la conservation maximale des éléments paysagers, notamment des arbres présents sur la partie ouest du terrain d'assiette du projet alors que la société pétitionnaire s'est bornée à indiquer, dans la note de présentation du projet, que de la végétation non significative est présente sur le terrain ; en outre, le principe de conservation maximale des plantations ne pourra être assuré pour les lots 1, 3 et 4 en raison de leur localisation ; enfin, si l'association ne conteste pas la présence d'un espace vert de 588 m², elle conteste son caractère commun dès lors qu'il n'est accessible que par un escalier de pierres d'une faible largeur présentant une déclivité de 90 % sans rampe de sécurité ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 1er de l'arrêté du 15 janvier 2007 dès lors que l'espace vert commun ne sera pas accessible aux personnes à mobilité réduite en raison de sa localisation en terrasse ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme en raison d'un risque d'inondation dû à la localisation du projet au sein de la zone B d'expansion des crues, en particulier des lots 3 à 8, et à la présence en contrebas de la voie ferrée Paris-Strasbourg et d'une route communale présentant une forte déclivité et non dotée d'un système de récupération des eaux urbaines résiduaires ; en outre, l'arrêté ne prévoit aucune mesure de prévention du risque de mouvement de terrain ; par ailleurs, la crue de référence retenue dans le plan des surfaces submersibles de la Vallée de la Marne n'est pas celle qui implique le plus de risques pour la sécurité publique ; enfin, le principe de précaution prévaut, notamment en raison de la proximité immédiate du terrain d'assiette du projet avec une antenne de téléphonie mobile et des systèmes radioélectriques ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme dès lors qu'il est probable qu'une zone humide de classe 2 soit présente sur le terrain d'assiette du projet et que le projet risque de détruire certaines espèces protégées telles que le lézard des murailles.

Par un mémoire en défense enregistré le 2 septembre 2022, la commune de la Ferté-sous-Jouarre, représentée par Me Gerphagnon, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de l'association requérante en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté contesté respecte les dispositions du plan des surfaces submersibles de la Vallée de la Marne dès lors que la direction régionale et interdépartementale de l'environnement, de l'aménagement et des transports d'Ile-de-France a pu apprécier l'impact du projet sur le risque d'inondation et d'écoulement des eaux ainsi que les mesures compensatoires à mettre en œuvre ;

- il respecte les dispositions de l'article UB 2 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que toute urbanisation nouvelle n'est pas interdite dans les zones d'extension des crues de type B ;

- il respecte les dispositions de l'article UB 9 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que la règle fixée par l'article 9-1-2 ne vaudra que pour les permis de construire qui seront déposés ultérieurement lot par lot conformément aux dispositions de l'article 9-2-2 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- il respecte les dispositions de l'article UB 13 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que le pétitionnaire a pris en compte la végétation existante dans la note de présentation ;

- il respecte les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors que le risque d'inondation est pris en compte dans le cadre de l'autorisation litigieuse ;

- il respecte les dispositions de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme dès lors qu'aucune précision n'est donnée quant à la prétendue insuffisance des préoccupations environnementales.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 16 novembre 2022, 19 décembre 2022, 17 janvier 2023, 14 février 2023 et 31 mars 2023, la société par actions simplifiée Urbater, représentée par Me Destarac, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de l'association requérante en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'association requérante ne dispose pas d'un intérêt lui donnant qualité pour agir dès lors qu'elle ne bénéficie pas d'une présomption d'intérêt à agir en l'absence d'agrément et qu'elle n'établit pas que la modification de ses statuts soit intervenue et déclarée en préfecture au moins un an avant l'affichage en mairie de la demande du pétitionnaire ;

- la requête est tardive dès lors qu'elle a été enregistrée le 28 juin 2022 alors que le permis d'aménager a fait l'objet d'un affichage régulier à compter du 14 octobre 2021 et, qu'en l'absence de preuve de la réception du recours gracieux dans le délai de recours, le délai de recours à l'encontre du permis d'aménager délivré le 21 septembre 2021 n'a pu être prorogé, sans que la demande d'aide juridictionnelle, formée le 21 mars 2022, n'ait une quelconque incidence ;

- l'association requérante n'établit pas que l'étude hydraulique était insuffisante alors que la direction régionale et interdépartementale de l'environnement, de l'aménagement et des transports d'Ile-de-France a rendu un avis favorable le 3 mai 2021, ni en quoi cette prétendue insuffisance aurait été de nature à fausser l'appréciation portée par le service instructeur ; en tout état de cause, seule une attestation de réalisation d'une telle étude peut être exigée et le juge administratif ne peut apprécier le contenu de l'étude ;

- l'association requérante n'établit pas qu'une partie des lots serait effectivement soumise à l'interdiction de toute urbanisation nouvelle, que la hauteur de submersion est inférieure à un mètre lors de la crue de référence pour la partie du terrain partiellement classée en zone B d'expansion des crues ; ainsi, il est logique que l'étude de faisabilité technique ne mentionne aucune limite graphique entre la surface incluse en zone B d'une hauteur de submersion supérieure à un mètre et la surface d'une hauteur de submersion inférieure à un mètre ; en tout état de cause, la circonstance, à la supposer établie, que la zone surfacique inondable présentée par le pétitionnaire ne recoupe pas exactement celle du zonage réglementaire du plan des surfaces submersibles n'est pas de nature à remettre en cause cet élément de fait ;

- l'association requérante confond les notions d'emprise au sol et de surface de plancher ; en tout état de cause, la règle d'emprise au sol s'appréciera dans le cadre des futurs permis de construire ;

- l'association requérante n'établit pas que la partie ouest de la parcelle ne conserverait que quelques arbres alors qu'elle en abriterait plus d'une douzaine ; en outre, les arbres peuvent être abattus si cela est nécessaire pour la réalisation de la construction ou pour des raisons de sécurité ; par ailleurs, la note de présentation du projet précise que la végétation existante sera conservée au maximum et que les futurs projets de construction devront prendre en compte la végétation existante sur chaque lot et qu'en cas de suppression d'éléments, les projets de construction devront prévoir la plantation d'arbres d'essences locales à hauteur d'un arbre planté pour un supprimé ; il ressort également du plan topographique et du plan de composition que les arbres existants sont précisément conservés et il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet ne fait pas partie de la trame verte et bleue de la commune ; enfin, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 13-2-3 du règlement du plan local d'urbanisme est irrecevable dès lors qu'il a été soulevé pour la première fois le 16 novembre 2022 alors que la cristallisation automatique des moyens est intervenue le 2 novembre 2022 à l'issue du délai de deux mois suivant la communication aux parties du premier mémoire en défense ;

- le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 1er de l'arrêté du 15 janvier 2007 est irrecevable dès lors qu'il a été soulevé plus de deux mois après la communication du premier mémoire en défense ;

- le maire a délivré le permis d'aménager litigieux sans erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors que seule une partie du terrain est classée en zone B du plan des surfaces submersibles, que la hauteur de submersion lors de la crue de référence est inférieure à un mètre, que le projet prévoit les mesures nécessaires pour prendre en compte ce risque et qu'il a fait l'objet d'un avis favorable de la direction régionale et interdépartementale de l'environnement, de l'aménagement et des transports d'Ile-de-France ;

- il n'est pas établi que le projet se situe effectivement en zone humide.

Par une lettre du 6 mars 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 24 mars 2023.

Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 27 avril 2023.

L'Association pour la sauvegarde de l'environnement du pays fertois, représentée par M. A Renaud en qualité de président, a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 avril 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code de l'urbanisme ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 94-608 du 13 juillet 1994 portant approbation des plans des surfaces submersibles de la vallée de la Marne dans le département de Seine-et-Marne pour la section de Nanteuil-sur-Marne à Chelles en rive droite et de Citry-sur-Marne à Champs-sur-Marne en rive gauche et déterminant les dispositions techniques applicables ;

- l'arrêté du 15 janvier 2007 portant application du décret n° 2006-1658 du 21 décembre 2006 relatif aux prescriptions techniques pour l'accessibilité de la voirie et des espaces publics ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Jeannot,

- les conclusions de M. Grand, rapporteur public,

- et les observations de M. Renaud, président de l'Association pour la sauvegarde de l'environnement du pays fertois.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 21 septembre 2021, le maire de la Ferté-sous-Jouarre a délivré à la SAS Urbater un permis d'aménager à fin de création d'un lotissement de 13 lots à bâtir sur un terrain situé 124 rue Pierre Marx à la Ferté-sous-Jouarre. Par courrier du 20 novembre 2021, l'association requérante a formé un recours gracieux tendant au retrait de l'arrêté précité. Par le présent recours, elle demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 21 septembre 2021 portant délivrance du permis d'aménager litigieux et, par voie de conséquence, la décision par laquelle le maire de la Ferté-sous-Jouarre a implicitement rejeté son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme dans sa version applicable au présent litige : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : () / f) Lorsque la construction projetée est subordonnée par un plan de prévention des risques naturels prévisibles ou un plan de prévention des risques miniers approuvés, ou rendus immédiatement opposables en application de l'article L. 562-2 du code de l'environnement, ou par un plan de prévention des risques technologiques approuvé, à la réalisation d'une étude préalable permettant d'en déterminer les conditions de réalisation, d'utilisation ou d'exploitation, une attestation établie par l'architecte du projet ou par un expert certifiant la réalisation de cette étude et constatant que le projet prend en compte ces conditions au stade de la conception ; () ".

3. D'autre part, aux termes de l'article 5 du décret n° 94-608 du 13 juillet 1994 portant approbation des plans des surfaces submersibles de la vallée de la Marne dans le département de Seine-et-Marne pour la section de Nanteuil-sur-Marne à Chelles en rive droite et de Citry-sur-Marne à Champs-sur-Marne en rive gauche et déterminant les dispositions techniques applicables : " Seront en principe autorisés après déclaration préalable au titre de l'article 7 du décret du 20 octobre 1937 susvisé : () / 2. Dans la zone B : a) La réalisation des équipements et des opérations d'urbanisation, sous réserve qu'une étude en détermine l'impact hydraulique et les mesures compensatoires nécessaires à mettre en œuvre par le pétitionnaire ; () ".

4. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet se situe pour partie en zone B d'expansion des crues de la Marne du plan des surfaces submersibles de la vallée de la Marne. Si les dispositions précitées du f) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme exigent une attestation établie par l'architecte du projet ou par un expert certifiant la réalisation d'une étude portant sur les risques naturels prévisibles, ces dispositions ne sont applicables qu'à certaines autorisations dans le champ desquelles ne rentre pas le permis d'aménager litigieux, qui n'autorise aucune construction. Toutefois, les dispositions précitées de l'article 5 du décret n° 94-608 du 13 juillet 1994 exigent la réalisation d'une étude déterminant l'impact hydraulique et les mesures compensatoires nécessaires à mettre en œuvre pour la réalisation des opérations d'urbanisme dans la zone B. Il ressort des pièces du dossier que le dossier de demande de permis d'aménager comporte, d'une part, une attestation du maître d'œuvre indiquant que l'étude de faisabilité technique concernant le permis d'aménager vis-à-vis du plan des surfaces submersibles de la vallée de la Marne a été réalisée et, d'autre part, l'étude de faisabilité technique vis-à-vis du plan des surfaces submersibles de la vallée de la Marne précisant la localisation du projet, l'état actuel du terrain et le calcul des volumes selon la crue de 1955, l'état projeté et les solutions techniques afin de minimiser l'impact des constructions sur le libre écoulement des eaux. En outre, la direction régionale et interdépartementale de l'environnement, de l'aménagement et des transports d'Ile-de-France a rendu un avis favorable au projet le 3 mai 2021 sous réserve que les dispositions constructives soient imposées dans l'acte de vente pour les lots 3 à 8 à bâtir et que le mur de clôture dispose d'ouverture à sa base dans le cadre des travaux de reprise de l'ouvrage. Elle précise également qu'à défaut de présentation des pièces demandées dans les futurs permis de construire, un avis défavorable aux demandes ultérieures d'urbanisme sera émis. L'association requérante, qui se borne à soutenir que le projet ne précise pas les mesures compensatoires à mettre en œuvre, alors que ces mesures relèveront des permis de construire qui seront ultérieurement délivrés, n'établit pas que l'étude produite serait incomplète. Elle ne l'établit pas davantage en se référant aux avis antérieurs de la direction régionale et interdépartementale de l'environnement, de l'aménagement et des transports d'Ile-de-France, ni en réaffirmant que la création d'une voie de desserte justifie la réalisation d'une telle étude, ni en alléguant qu'il convient d'appliquer la cartographie officielle des plus hautes eaux connues alors que la direction régionale et interdépartementale de l'environnement, de l'aménagement et des transports d'Ile-de-France a retenu une altitude du terrain naturel comprise entre 54,19 et 59,00 m ngf, une altitude du niveau de la crue de 1955 de 54,78 m ngf normal et une hauteur de submersion par rapport au terrain naturel comprise entre 0 et 0,59 mètre, ni en se prévalant des différents systèmes existants de nivellement des eaux. Par ailleurs, ni la projection cartographique réalisée, ni l'allégation selon laquelle la majeure partie de l'emprise foncière du terrain devrait figurer en zone B d'expansion des crues ne sont de nature à établir l'insuffisance de l'étude produite. Enfin, l'association requérante n'établit pas, par ses seules allégations, que le projet méconnaît les objectifs en matière de prévention des inondations et de gestion des zones inondables fixés par l'arrêté préfectoral 94 DAE 1. URB n° 95 du 7 décembre 1994 qualifiant de projet d'intérêt général le projet de protection des zones inondables dans la vallée de la Marne. En tout état de cause, l'association requérante ne justifie pas des raisons pour lesquelles elle estime que les inexactitudes ou insuffisances de l'étude ont été de nature à fausser l'appréciation du service instructeur. Par suite, les moyens tirés de l'incomplétude du dossier, de la méconnaissance des dispositions du plan des surfaces submersibles de la vallée de la Marne et de l'exception tirée de l'illégalité du plan des surfaces submersibles de la vallée de la Marne doivent être écartés.

5. A titre préliminaire, il résulte des dispositions du code de l'urbanisme que les lotissements, qui constituent des opérations d'aménagement ayant pour but l'implantation de constructions, doivent respecter les règles tendant à la maîtrise de l'occupation des sols édictées par le code de l'urbanisme ou les documents locaux d'urbanisme, même s'ils n'ont pour objet ou pour effet, à un stade où il n'existe pas encore de projet concret de construction, que de permettre le détachement d'un lot d'une unité foncière. Il appartient, en conséquence, à l'autorité compétente de refuser le permis d'aménager sollicité notamment lorsque, compte tenu de ses caractéristiques telles qu'elles ressortent des pièces du dossier qui lui est soumis, un projet de lotissement permet l'implantation de constructions dont la compatibilité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article UB 2 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux autorisations et utilisations du sol soumises à des conditions particulières : " () 2-6 Une partie de la zone est concernée par des risques d'inondation, les prescriptions qui s'y rattachent figurent en introduction du présent règlement. () ". En introduction, le règlement du plan local d'urbanisme indique que, s'agissant du risque d'inondation, " La commune de la Ferté-sous-Jouarre est concernée par le décret 94-608 du 13 juillet 1994 portant approbation des Plans des surfaces submersibles (PSS) de la vallée de la Marne dans le département de Seine-et-Marne. / Ces textes valent Plan de Prévention des Risques (PPR) par application de la loi 95-101 du 2 février 1995 relative au renforcement de la protection de l'Environnement (décret d'application n°95-1089 du 5 octobre 1995). / La protection des zones inondables de la vallée de la Marne a été qualifiée de Projet d'Intérêt Général (PIG) sur la commune du territoire par arrêté préfectoral 95 DAE 1 URB n°62 du 18 mai 1995 modifiant l'arrêté préfectoral 94 DAE 1URB n°95 du 7 décembre 1994. / Une partie du territoire de la commune est soumise aux risques d'inondation de type A et B. Le plan de délimitation des secteurs concernés figure dans les annexes servitudes du PLU. / () B - Prescriptions applicables dans les zones soumises aux aléas les plus forts (zone A ou zone B) / Sont considérés comme soumis aux aléas les plus forts, les zones A et les secteurs des zones B où la hauteur de submersion est supérieure à 1 mètre lors de la crue de référence. / Dans ces zones, toutes constructions nouvelles ou extensions de l'emprise au sol des constructions existantes sont interdites. () ".

7. Ainsi qu'il a été exposé au point 4, le terrain d'assiette du projet se situe pour partie en zone B d'expansion des crues de la Marne du plan des surfaces submersibles de la vallée de la Marne. Saisie pour avis dans le cadre de l'instruction du dossier, la direction régionale et interdépartementale de l'environnement, de l'aménagement et des transports d'Ile-de-France a retenu une hauteur de submersion par rapport au terrain naturel comprise entre 0 et 0,59 mètre et une altitude de niveau de la crue de 1955 de 54,78 m ngf normal. Si la société pétitionnaire a retenu, dans le dossier de demande, une cote altimétrique de 54,76 m ngf normal alors que la direction régionale et interdépartementale de l'environnement, de l'aménagement et des transports d'Ile-de-France a retenu une cote de 54,78 m ngf, l'association requérante n'établit pas que cette légère différence a un impact sur le projet, ni qu'elle a été de nature à fausser l'appréciation du service instructeur compte tenu des données qu'il a lui-même retenues. Les pièces produites par l'association requérante ne permettent pas davantage d'établir que les données retenues pour apprécier le risque d'inondation sont erronées. En outre, si l'association requérante soutient que la zone inondable présentée par la société pétitionnaire ne recoupe pas le zonage réglementaire du plan des surfaces submersibles de la vallée de la Marne, elle ne l'établit pas. Par ailleurs, si l'association se prévaut de l'identification, par la direction régionale et interdépartementale de l'environnement, de l'aménagement et des transports d'Ile-de-France, de 6 lots inclus dans la zone inondable d'une hauteur de submersion supérieure à un mètre, il ressort de l'avis émis le 3 mai 2021 que le projet comprend les lots 3 à 8 qui sont en partie situés dans la zone d'expansion des crues de la Marne sur un terrain où la hauteur de submersion est inférieure à un mètre mais supérieure à 0,50 mètre. Ainsi, l'association requérante n'est pas fondée à soutenir que toutes constructions nouvelles ou extensions de l'emprise au sol des constructions existantes sont interdites en raison d'une hauteur de submersion supérieure à 1 mètre lors de la crue de référence. En tout état de cause, le projet comporte une attestation de l'architecte imposant pour les futurs acquéreurs la condition de ne pas construire sur remblai pour ces lots. Si l'avis précité indique que les pièces fournies ne permettent pas d'apprécier comment les constructions des lots 3 à 8 prennent en compte les éléments de compensation hydraulique, les plans de construction des lots litigieux et les caractéristiques des postes d'arrivées des réseaux, il ressort, toutefois, des pièces du dossier que la direction régionale et interdépartementale de l'environnement, de l'aménagement et des transports d'Ile-de-France a émis un avis favorable au projet sous réserve que " les dispositions constructives soient imposées dans l'acte de vente pour les lots 3 à 8 à bâtir et que le mur de clôture dispose d'ouverture à sa base dans le cadre des travaux de reprise de l'ouvrage ". Ainsi, les caractéristiques du projet, telles qu'elles ressortent des pièces du dossier, ne permettent pas d'établir que la compatibilité avec les dispositions de l'article UB 2 du règlement du plan local d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises pour l'implantation des futures constructions. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UB 2 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article UB 9 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'emprise au sol des constructions : " 9-1 Règles générales () / 9-1-2 A l'intérieur du secteur UBb / L'emprise au sol des constructions ne peut excéder 30 % de la superficie du terrain. / 9-2 Règles particulières () / 9-2-2 En dérogation à l'article R. 123-10-1 du code de l'urbanisme : dans le cas d'un lotissement ou dans celui de la construction, sur le même terrain, d'un ou plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance, les règles édictées au présent article sont appréciées au regard de chacun des lots ".

9. L'association requérante n'est pas fondée à soutenir que le projet méconnaît les dispositions précitées de l'article UB 9 du règlement du plan local d'urbanisme, imposant l'obligation d'une emprise au sol des constructions inférieure à 30 % de la superficie du terrain, au seul motif qu'il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit une surface de plancher maximale de 3 250 m² alors que la surface du terrain d'assiette du projet est de 9 748 m² dès lors que la surface de plancher, qui correspond à la somme des surfaces de plancher de chaque niveau clos et couvert, ne correspond pas à la notion d'emprise au sol que le lexique du règlement du plan local d'urbanisme définit comme " la projection de la construction, tous débords et surplombs inclus ". En outre, ainsi que le fait valoir la société pétitionnaire en défense, la règle édictée à l'article UB 9 du règlement du plan local d'urbanisme a vocation à ne s'appliquer qu'au regard de chacun des lots. En l'état du dossier, les caractéristiques du projet ne permettent pas d'établir que la compatibilité avec les dispositions de l'article UB 9 du règlement du plan local d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises pour l'implantation des futures constructions. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UB 9 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.

10. En quatrième lieu, aux termes de l'article UB 13 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux obligations imposées aux constructeurs en matière de réalisation d'espaces libres et de plantations : " 13-1 Analyse paysagère du site / Les projets de construction doivent être étudiés en tenant compte d'une analyse paysagère du site (le terrain et son environnement) en respectant le principe de la conservation au maximum des éléments paysagers et plantations d'intérêt, en particulier les arbres. / Les arbres ne nécessitant pas d'être abattus pour la réalisation de la construction et de sa desserte, doivent être préservés sauf impossibilité technique ou si leur suppression est rendue nécessaire pour la sécurité des personnes et des biens. / 13-2 Dispositions générales / 13-2-1 Les espaces libres / 40 % minimum de la superficie du terrain doit rester en espace de pleine terre planté et paysager. / Les espaces libres non bâtis et non occupés par des aires de stationnement ou des circulations doivent être plantés d'arbres de haute ou moyenne tige et paysagers. () / 13-2-3 Pour les opérations de plus de 10 logements ou de plus de 10 lots, un espace vert commun d'une superficie minimale de 5% de celle du terrain d'assiette du projet doit être réalisé. () ".

11. D'une part, il ressort de la note de présentation du dossier de demande que le projet, qui n'est pas situé au sein de la trame verte et bleue du plan local d'urbanisme, prévoit que la végétation existante sera conservée au maximum dans le cadre de l'aménagement, que les futurs projets de construction devront prendre en compte la végétation existante sur chaque lot, qu'en cas de suppression d'éléments, les projets de construction devront prévoir la plantation d'arbres d'essences locales à hauteur d'un arbre planté pour un supprimé, que les arbres existants devront être, dans la mesure du possible, conservés par les acquéreurs des lots privatifs, que l'écran végétal existant le long des murs et clôtures sur les voies publiques sera complété par les acquéreurs des lots concernés et que, pour les lots 3 à 12, un minimum d'un arbre de haute tige devra être localisé entre la construction et la voirie nouvelle du lotissement. En outre, l'association requérante, n'établit pas, par ses seules allégations, que les règles édictées par les dispositions précitées de l'article UB 13 du règlement du plan local d'urbanisme relatives à l'analyse paysagère du site ne pourront pas être respectées lors de l'implantation des futures constructions en raison de la localisation des lots 1, 3 et 4. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UB 13-1 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.

12. D'autre part, aux termes de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme : " Par dérogation à l'article R. 611-7-1 du code de justice administrative, et sans préjudice de l'application de l'article R. 613-1 du même code, lorsque la juridiction est saisie d'une requête relative à une décision d'occupation ou d'utilisation du sol régie par le présent code, ou d'une demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant une telle décision, les parties ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense. Cette communication s'effectue dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article R. 611-3 du code de justice administrative. () ".

13. Ainsi que le fait valoir en défense la société pétitionnaire, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 13-2-3 du règlement du plan local d'urbanisme imposant la réalisation d'un espace vert commun est irrecevable dès lors qu'il a été invoqué pour la première fois par l'association requérante dans un mémoire complémentaire, enregistré le 16 novembre 2022, postérieurement à l'expiration du délai de deux mois mentionné par les dispositions du premier alinéa de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme, qui est intervenu le 2 novembre 2022 alors que l'association requérante s'est bornée, dans sa requête introductive d'instance, à soulever la méconnaissance des dispositions de l'article 13-1 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'analyse paysagère du site. En tout état de cause, il est constant que le projet, qui prévoit la création d'un espace vert commun de 588 m², respecte la superficie minimale exigée. La circonstance que cet espace vert ne soit accessible que par un escalier de pierres d'une faible largeur présentant une déclivité de 90 % sans rampe de sécurité est sans incidence sur la légalité de l'arrêté contesté. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UB 13-2-1 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.

14. En cinquième lieu, aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 15 janvier 2007 portant application du décret n° 2006-1658 du 21 décembre 2006 relatif aux prescriptions techniques pour l'accessibilité de la voirie et des espaces publics : " Les caractéristiques techniques destinées à faciliter l'accessibilité aux personnes handicapées ou à mobilité réduite des équipements et aménagements relatifs à la voirie et aux espaces publics sont les suivantes : / 1° Pentes / Lorsqu'une pente est nécessaire pour franchir une dénivellation, elle est inférieure à 5 %. Lorsqu'elle dépasse 4 %, un palier de repos est aménagé en haut et en bas de chaque plan incliné et tous les 10 mètres en cheminement continu. Un garde-corps permettant de prendre appui est obligatoire le long de toute rupture de niveau de plus de 0,40 mètre de hauteur. / En cas d'impossibilité technique, due notamment à la topographie et à la disposition des constructions existantes, une pente de cheminement supérieure à 5 % est tolérée. Cette pente peut aller jusqu'à 8 % sur une longueur inférieure ou égale à 2 mètres et jusqu'à 12 % sur une longueur inférieure ou égale à 0,50 mètre ".

15. Il résulte des dispositions précitées au point 12 de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 1er de l'arrêté du 15 janvier 2007 relatif aux caractéristiques techniques destinées à faciliter l'accessibilité aux personnes handicapées ou à mobilité réduite des équipements et aménagements relatifs à la voirie et aux espaces publics est irrecevable dès lors qu'il a été invoqué pour la première fois par l'association requérante dans un mémoire complémentaire, enregistré le 16 novembre 2022, postérieurement à l'expiration du délai de deux mois, mentionné par les dispositions du premier alinéa de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme, qui est intervenu le 2 novembre 2022, ainsi que le fait valoir en défense la société pétitionnaire. En tout état de cause, l'arrêté précité est pris en application du décret n° 2006-1658 du 21 décembre 2006 relatif aux prescriptions techniques pour l'accessibilité de la voirie et des espaces publics qui régit les aménagements destinés à assurer aux personnes handicapées, quel que soit leur handicap, et aux personnes à mobilité réduite l'accessibilité des voies publiques ou privées ouvertes à la circulation publique et des autres espaces publics. Or, l'espèce vert commun prévu au projet ne constitue ni une voie publique ou privée ouverte à la circulation publique, ni un espace public. Par suite, ce moyen irrecevable est, en tout état de cause, inopérant.

16. En sixième lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Aux termes de l'article 5 de la charte de l'environnement : " Lorsque la réalisation d'un dommage, bien qu'incertaine en l'état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l'environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d'attributions, à la mise en œuvre de procédures d'évaluation des risques et à l'adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage ".

17. D'autre part, s'il appartient à l'autorité administrative compétente de prendre en compte le principe de précaution lorsqu'elle se prononce sur l'octroi d'une autorisation délivrée en application de la législation sur l'urbanisme, les dispositions de l'article 5 de la Charte de l'environnement ne permettent pas, indépendamment des procédures d'évaluation des risques et des mesures provisoires et proportionnées susceptibles, le cas échéant, d'être mises en œuvre par les autres autorités publiques dans leur domaine de compétence, de refuser légalement la délivrance d'une autorisation d'urbanisme en l'absence d'éléments circonstanciés faisant apparaître, en l'état des connaissances scientifiques, des risques, même incertains, de nature à justifier un tel refus.

18. Si l'association requérante soutient que le projet est exposé à un risque d'inondation lié à la présence de la voie ferrée Paris-Strasbourg en contrebas et d'une route communale présentant une forte déclivité et non dotée d'un système de récupération des eaux urbaines résiduaires, elle n'établit pas l'existence de ce risque par ses seules allégations alors que la note de présentation du projet indique que les prescriptions de SNCF réseau doivent être respectées, notamment lorsque les travaux portent sur des terrassements situés à une cote inférieure au plan P0. En outre, ainsi qu'il a été exposé au point 4, la direction régionale et interdépartementale de l'environnement, de l'aménagement et des transports d'Ile-de-France a émis un avis favorable au projet le 3 mai 2021 en l'assortissant de prescriptions reprises par l'arrêté contesté compte tenu du risque d'inondation identifié. Par ailleurs, contrairement aux allégations de l'association requérante, l'étude géotechnique jointe au dossier de demande indique que la susceptibilité au retrait gonflement est jugée faible. Enfin, alors que l'association requérante n'établit pas, par ses allégations, ni par les pièces et modélisations qu'elle produit, en quoi ces prescriptions seraient insuffisantes, il ne ressort pas des pièces du dossier que, compte tenu de l'ampleur du risque d'inondation et des prescriptions émises, le maire aurait entaché la décision en litige d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions précitées de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, ni qu'il aurait méconnu le principe de précaution prévu par l'article 5 de la Charte de l'environnement en raison de la proximité d'une antenne de téléphonie mobile et de systèmes radioélectriques.

19. En dernier lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme : " Le permis ou la décision prise sur la déclaration préalable doit respecter les préoccupations d'environnement définies aux articles L. 110-1 et L. 110-2 du code de l'environnement. Le projet peut n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si, par son importance, sa situation ou sa destination, il est de nature à avoir des conséquences dommageables pour l'environnement. Ces prescriptions spéciales tiennent compte, le cas échéant, des mesures mentionnées à l'article R. 181-43 du code de l'environnement ". Il résulte de ces dispositions qu'elles ne permettent pas à l'autorité administrative de refuser un permis d'aménager, mais seulement de l'accorder, sous réserve du respect de prescriptions spéciales relevant de la police de l'urbanisme, telles que celles relatives à l'implantation ou aux caractéristiques des bâtiments et de leurs abords, si le projet est de nature à avoir des conséquences dommageables pour l'environnement.

20. D'autre part, aux termes de l'article R. 211-108 du code de l'environnement : " I.- Les critères à retenir pour la définition des zones humides mentionnées au 1° du I de l'article L. 211-1 sont relatifs à la morphologie des sols liée à la présence prolongée d'eau d'origine naturelle et à la présence éventuelle de plantes hygrophiles. Celles-ci sont définies à partir de listes établies par région biogéographique. / En l'absence de végétation hygrophile, la morphologie des sols suffit à définir une zone humide. / II.- La délimitation des zones humides est effectuée à l'aide des cotes de crue ou de niveau phréatique, ou des fréquences et amplitudes des marées, pertinentes au regard des critères relatifs à la morphologie des sols et à la végétation définis au I. / III.- Un arrêté des ministres chargés de l'environnement et de l'agriculture précise, en tant que de besoin, les modalités d'application du présent article et établit notamment les listes des types de sols et des plantes mentionnés au I. / IV.- Les dispositions du présent article ne sont pas applicables aux cours d'eau, plans d'eau et canaux, ainsi qu'aux infrastructures créées en vue du traitement des eaux usées ou des eaux pluviales ".

21. Si l'association requérante soutient qu'il est probable qu'une zone humide de classe 2 soit présente sur le terrain d'assiette du projet, elle ne l'établit pas. Elle n'établit pas davantage que le terrain d'assiette du projet remplisse les critères de définition et de délimitation des zones humides en application de l'article R. 211-108 du code de l'environnement. En outre, l'arrêté attaqué prescrit à la société pétitionnaire de respecter rigoureusement les prescriptions contenues dans l'avis des services de la direction régionale et interdépartementale de l'environnement, de l'aménagement et des transports d'Ile-de-France, lequel se borne, en matière de police de l'eau, à relever que les pièces fournies ne permettent pas de savoir si le projet relève, ou non, de la déclaration au titre des articles L. 241-1 à L. 241-6 du code de l'environnement et à rappeler que, dans l'hypothèse où le projet relève d'une demande au titre de la législation sur l'eau et les milieux aquatiques, le principe de gestion des eaux pluviales et la démonstration de la neutralité hydraulique seront à présenter. Ainsi, à supposer même qu'une autorisation ou une déclaration au titre de la loi sur l'eau serait nécessaire pour réaliser les travaux des futurs permis de construire, cette circonstance est sans incidence sur la légalité du permis d'aménager dès lors que l'absence de l'autorisation au titre de la loi sur l'eau requise en application des dispositions précitées du code de l'environnement ne fait pas obstacle à la délivrance du permis d'aménager mais est seulement susceptible d'empêcher la mise en œuvre des futurs permis de construire. Enfin, l'association n'établit pas davantage, par ses seules allégations, que le projet risque de détruire certaines espèces protégées telles que le lézard des murailles. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme doit être écarté.

22. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir soulevées en défense, que les conclusions à fin d'annulation de l'association requérante doivent être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de la Ferté-sous-Jouarre et de la SAS Urbater, qui ne sont pas, dans la présente instance, les parties perdantes, la somme que l'association requérante demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

24. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'association requérante les sommes demandées par la commune de la Ferté-sous-Jouarre et la SAS Urbater au titre des frais exposés par elles et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de l'Association pour la sauvegarde de l'environnement du pays fertois est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de la Ferté-sous-Jouarre présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Les conclusions de la SAS Urbater présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l'Association pour la sauvegarde de l'environnement du pays fertois, à Me La Burthe, à la commune de la Ferté-sous-Jouarre et à la société Urbater.

Délibéré après l'audience du 30 juin 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Mullié, présidente,

Mme Jeannot, première conseillère,

Mme Blanc, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juillet 2023.

La rapporteure,

F. JEANNOTLa présidente,

N. MULLIE

La greffière,

V. GUILLEMARD

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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