mardi 7 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2206387 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | BERTAUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 juin 2022, M. B C, représenté par Me Bertaux, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 mai 2022 par lequel la préfète du Val-de-Marne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard et lui délivrer une autorisation provisoire de séjour;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
M. C soutient que :
La décision de refus de titre de séjour :
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- est entachée d'un vice de procédure dès lors que l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 30 décembre 2021 dont il n'a pas eu connaissance avant la décision attaquée n'est pas conforme aux dispositions de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 4 de l'arrêté du 9 novembre 2011 ;
- est entachée d'une erreur de droit dès lors que la préfète du Val-de-Marne s'est crue en situation de compétence liée par rapport à l'avis du 30 décembre 2021;
- méconnaît l'article 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne peut bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine et entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- méconnaît les dispositions des articles L. 432-13 à L.432-15 et L. 611-1 et L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
La décision portant obligation de quitter le territoire :
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;
- est entachée d'une erreur de droit dès lors que la préfète du Val-de-Marne s'est crue en situation de compétence liée ;
- méconnaît le 9° l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
La décision fixant le délai de départ volontaire :
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité des décisions de refus de titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire ;
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
La décision fixant le pays de destination :
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité des décisions de refus de titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire.
La procédure a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense mais des pièces enregistrées le 4 août 2022.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991,
- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Bourdin a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, ressortissant arménien né le 19 mars 1996 à Gyumri (Arménie), entré irrégulièrement en France le 18 décembre 2017 selon ses déclarations, a vu sa demande d'asile rejetée par décision de l'Office français des réfugiés et des apatrides du 31 août 2018, décision confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 12 avril 2019. Par décision du 18 juin 2019, M. C s'est vu refuser l'octroi d'un titre de séjour et obliger de quitter le territoire français, avant d'être mis en possession d'un titre de séjour mention " vie privée et familiale " valable du 21 octobre 2019 au 20 octobre 2020. Il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour, sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 9 mai 2022, la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire dans le délai trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, la décision portant refus de titre de séjour comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement, sans que la préfète ait, compte tenu du secret médical, à faire référence à la pathologie dont est atteint le requérant ou à détailler l'évolution de l'état de santé du requérant ou du système de santé en Arménie depuis le précédant avis du collège des médecins de l'avis de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
3. En second lieu, aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. /L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. /Les orientations générales mentionnées au troisième alinéa de l'article L. 425-9 sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé. " L'article R. 425-12 du même code précise que : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. () Il transmet son rapport médical au collège de médecins " et son article R. 425-13 que : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / L'avis est rendu par le collège dans un délai de trois mois à compter de la transmission du certificat médical. () ". Enfin, l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis, conformément au modèle figurant à l'annexe C du présent arrêté, précisant : / a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; / b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; () / Cet avis mentionne les éléments de procédure. / () L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ".
4. M. C ne saurait se prévaloir des dispositions de l'article 4 de l'arrêté du 9 novembre 2011 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des avis rendus par les agences régionales de santé en application de l'article R. 313-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en vue de la délivrance d'un titre de séjour pour raison de santé qui n'est plus applicable aux demandes enregistrées depuis le 1er janvier 2017. En tout état de cause, il ressort des pièces produites en défense par la préfète du Val-de-Marne que le collège des médecins de l'OFII s'est prononcé le 30 décembre 2021 sur la demande de M. C par un avis qui a été établi conformément au modèle figurant à l'annexe C de l'arrêté du 27 novembre 2016 susvisé, étant relevé que la circonstance que cet avis ne mentionne pas la durée prévisible du traitement requis est sans incidence sur la régularité de la procédure dès lors qu'il conclut que M. C peut bénéficier d'un traitement approprié dans son pays. En outre, il est signé par les trois médecins composant le collège, avec leur identité, conformément aux dispositions précitées. L'avis du collège des médecins de l'OFII et le bordereau de transmission mentionnent que le rapport médical, au vu duquel le collège a statué, a, par ailleurs, été établi par un quatrième médecin identifié par son nom, lequel n'a pas siégé au sein du collège. Enfin, il ne résulte d'aucune disposition législative ou réglementaire que le collège de médecins ait l'obligation de communiquer les éléments qui lui ont permis de rendre son avis, en particulier les informations sur lesquelles il s'est fondé pour prendre sa décision. Par suite, M. C n'est pas fondé à invoquer que la décision attaquée a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière.
5. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée, ni des pièces du dossier que la préfète du Val-de-Marne se soit crue en situation de compétence liée par rapport à l'avis des médecins du collège de l'OFII émis le 30 décembre 2021.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / () Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée. ()".
7. L'administration ayant produit l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, venant au soutien de son refus, doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous les éléments permettant d'apprécier son état de santé et, le cas échéant, la possibilité qu'elle a de bénéficier d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
8. Pour refuser le titre de séjour sollicité, la préfète du Val-de-Marne a pris en compte l'avis, émis le 30 décembre 2021 par le collège des médecins de l'OFFI, aux termes duquel si l'état de santé de l'intéressé nécessite une prise en charge dont le défaut de prise en charge peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, celui-ci peut toutefois bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine vers lequel il peut voyager sans risque. M. C soutient que la décision est illégale dès lors qu'il est atteint d'une pathologie évolutive à l'origine de troubles cognitivo-comportementaux, d'une épilepsie, de troubles de la marche et de troubles oculomoteurs ainsi que d'une paraparésie spastique des deux membres inférieurs et que système de santé arménien n'est pas en mesure de lui prodiguer le traitement dont il a besoin et en particulier la Dépakine, le Risperal et le Seropram. Pour justifier de sa situation, M. C produit, un certificat médical établi par le docteur A daté du 31 mai 2022 postérieur à la date de la décision attaquée mais rendant compte du traitement nécessaire au requérant au 9 mai 2022, s'agissant à tout le moins de la Dépakine et du Risperal, dès lors que l'ordonnance du 23 mars 2022, fait déjà référence à ces deux médicaments. Il ressort également du compte-rendu d'hospitalisation établi le 28 mars 2019 par le docteur A alors que le requérant avait été hospitalisé pour un syndrome pyramidal du 25 au 29 mars 2019, que la Dépakine a été substituée à son précédent traitement et n'est pas substituable. Le certificat médical du 31 mai 2022 ainsi que de l'ordonnance du 17 novembre 2021 mentionnent également que le traitement par Dépakine n'est pas substituable. Toutefois, il ne résulte pas des pièces produites que ce traitement ne serait pas disponible en Arménie. En outre, aucun des éléments médicaux produits par le requérant ne contient d'indications sur l'indisponibilité des soins dans son pays d'origine. De plus, il n'est pas établi que le requérant ne pourrait disposer du Risperal ou du Seropram dans son pays d'origine ou d'un traitement équivalent. Par ailleurs, M. C se prévaut des défaillances du système de santé arméniens dans la prise en charge des maladies mentales et les personnes atteintes de handicap. Toutefois, et, les éléments relevés par l'intéressé dans sa requête sont trop généraux et anciens, voire inaccessibles s'agissant des sites référencés, pour attester de l'impossibilité pour le requérant de bénéficier d'une prise en charge adaptée dans son pays d'origine. De plus, aucun des certificats médicaux produits ne fait état de l'impossibilité de sa prise en charge en Arménie ou de voyager dans ce pays. Par suite, les éléments produits ne sont pas de nature à remettre en cause l'avis émis par les médecins du collège de l'OFII le 30 décembre 2021 et partant à établir que la décision de la préfète du Val-de-Marne méconnaîtrait les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il en résulte également que l'erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur son état de santé n'est pas fondée.
9. En cinquième lieu, à supposer que M. C ait entendu soutenir que la décision de refus de titre de séjour méconnaitrait les dispositions des articles L. 432-13 à 15, L. 611-1 et L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qu'elle serait entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation, il n'apporte aucun élément au soutien de ses allégations permettant au juge d'en apprécier le bien-fondé. En tout état de cause et en premier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 8 du présent jugement qu'il ne remplit pas les conditions pour obtenir un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile de sorte qu'il n'est pas fondé à invoquer le vice de procédure tiré du défaut de consultation de la commission du titre de séjour. De même, il ne saurait se prévaloir à l'encontre de la décision lui refusant un titre de séjour des dispositions des articles L. 611-1 et L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatifs aux décisions portant obligation de quitter le territoire. Enfin, il ne ressort ni des termes de la décision, ni des pièces du dossier que la préfète aurait entachée sa décision d'un défaut d'examen particulier de la situation.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
10. En premier lieu, la décision de refus de titre de séjour n'étant pas annulée, M. C n'est pas fondé à invoquer la nullité de la décision portant obligation de quitter le territoire par voie de conséquence de l'illégalité de la première décision.
11. En second lieu, il ne ressort pas des termes de la décision qui a notamment appréciée la situation personnelle et familiale déclarée par le requérant que la préfète du Val-de-Marne se soit cru en situation de compétence liée pour prendre la décision attaquée.
12. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus concernant le refus de titre de séjour que les moyens tirés de la méconnaissance du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent, pour les motifs précédemment exposés au point 8 du présent jugement, être écartés.
En ce qui concerne le délai de départ volontaire :
13. En premier lieu, les décisions de refus de titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire n'étant pas annulées, M. C n'est pas fondé à invoquer la nullité de la décision fixant le délai de départ volontaire par voie de conséquence de l'illégalité des deux premières décisions.
14. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. / Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation. ".
15. Les dispositions précitées n'imposent pas à la préfète de motiver spécifiquement l'octroi du délai de départ volontaire lorsque celui-ci correspond, comme en l'espèce, à la durée légale de trente jours et que l'étranger n'a présenté aucune demande afin d'obtenir un délai supérieur. Par suite, et alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que M. C aurait fait valoir des circonstances propres à l'occasion de l'instruction de sa demande de nature à lui accorder à titre exceptionnel un délai de départ volontaire supérieur à trente jours, le moyen tiré d'un défaut de motivation de la décision fixant le délai de départ volontaire doit être écarté.
16. En dernier lieu, en se bornant à invoquer qu'il est suivi médicalement depuis plusieurs années en France et que la poursuite de son traitement et les vérifications nécessaires pour s'assurer que ses soins pourront perdurer dans le pays de renvoi commandent un délai de départ volontaire plus long, sans assortir ses allégations d'aucun élément, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant un délai de départ volontaire à trente jours serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne le pays de destination :
17. Les décisions de refus de titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire n'étant pas annulées, M. C n'est pas fondé à invoquer la nullité de la décision fixant le pays de destination par voie de conséquence de l'illégalité des deux premières décisions.
18. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que les conclusions présentées sur le fondement des article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la préfète du Val-de-Marne.
Copie en sera adressée pour information au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 24 octobre 2023 , à laquelle siégeaient :
Mme Ghaleh-Marzban, présidente,
Mme Bourdin, première conseillère,
M. Rehman-Fawcett , conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2023 .
La rapporteure,
S. BOURDIN
La présidente,
S. GHALEH-MARZBAN La greffière,
Y. SADLI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026