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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2206423

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2206423

jeudi 11 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2206423
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème chambre
Avocat requérantTAVARES DE PINHO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 juin 2022, M. B A, représenté par Me Tavares De Pinho, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 9 mai 2022 par laquelle à la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français, lui a octroyé trente jours de délai de départ volontaire et a fixé son pays de destination ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", ou à défaut, de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard, et de lui délivrer une autorisation provisoire de travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen complet ;

- la décision attaquée est entachée d'un vice de forme en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;

- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure en l'absence de communication de l'avis du collège des médecins de l'OFII ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit la préfète s'étant crue en situation de compétence liée ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait en considérant qu'il n'apportait aucun élément justifiant les conditions de délivrance du titre sollicité ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision attaquée méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences d'une gravité excessive sur sa situation.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision attaquée est illégale par voie de conséquence de l'illégalité du refus de titre de séjour ;

- la décision attaquée méconnaît l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste de l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision fixant à trente jours le délai de départ volontaire :

- La décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, car la préfète n'a pas examiné sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- la décision attaquée est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision d'obligation de quitter le territoire ;

- la décision attaquée méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

La préfète du Val-de-Marne à qui la requête a été communiquée n'a pas produit de mémoire en défense mais à produit des pièces enregistrées le 5 août 2022, en l'espèce l'avis du collège de l'OFII.

Par ordonnance du 8 novembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 8 décembre 2023 à midi.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 juin 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

M. Rehman-Fawcett, a été entendu, en son rapport, au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant malien, né le 16 juin 1996 à Bamako (Mali), déclare être entré irrégulièrement sur le territoire français le 15 juin 2018. Il a présenté une demande d'admission au titre de l'asile le 14 septembre 2018, qui a été rejetée. Le 9 décembre 2018, il a déposé une demande de titre de séjour pour raisons médicales. Le 23 mars 2022, le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a émis un avis défavorable. Par un arrêté du 9 mai 2022, la préfète du Val-de-Marne a refusé sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé son pays de destination. M. A demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.

Sur la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

3. La décision contestée comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Elle mentionne notamment les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, notamment ses articles 3 et 8 sur lesquelles elle se fonde. En particulier, pour refuser de délivrer à l'intéressé un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la préfète s'est fondée d'une part sur l'absence d'éléments permettant au requérant de justifier qu'il remplit les conditions de délivrance du titre sollicité et d'autre part, sur son absence de vie privée et familiale, ainsi que d'une vie professionnelle. Ainsi, alors que l'autorité administrative n'avait pas à mentionner de manière exhaustive l'ensemble des éléments de fait se rapportant à la situation du requérant et que la motivation de la décision ne dépend pas du bien-fondé de ses motifs, la décision contestée est motivée en droit et en fait. Il suit de là que le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

4. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète du

Val-de-Marne n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. A avant de lui refuser la délivrance d'un titre de séjour

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative :1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1,

L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; / () ".

6. Il résulte de ce qui précède que, M. A n'étant pas au nombre des étrangers pouvant obtenir de plein droit un titre de séjour en application de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la préfète n'était pas tenue, en application de l'article L. 432-13 du même code, de soumettre son cas à la commission du titre de séjour avant de rejeter sa demande.

7. En troisième lieu, aucune disposition législative ou réglementaire ni aucun principe n'impose à l'autorité administrative de communiquer l'avis du collège de médecins de l'OFII tout comme le rapport médical sur lequel s'est fondé ce collège. En tout état de cause, la préfète du Val-de-Marne a transmis l'avis du collège de médecins de l'OFII du 23 mars 2022 ainsi que le bordereau de transmission de cet avis à ses services. Il en résulte que le médecin-instructeur a transmis son rapport, lequel est couvert par le secret médical, et qu'il n'a pas siégé au sein du collège, composé de trois médecins distincts. En outre, l'avis se prononce sur l'accès effectif de M. A au traitement approprié à son état de santé qui est disponible dans son pays d'origine. Par suite, le moyen, qui doit être regardé comme invoqué au titre d'un vice de procédure, doit être écarté.

8. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, ni des termes de la décision en litige, que la préfète du Val-de-Marne, qui s'est appuyée sur l'avis du collège des médecins de l'OFII du 23 décembre 2022 pour fonder sa décision, se serait estimée en situation de compétence liée pour en suivre le sens. Ainsi, le moyen tiré de ce que la préfète a méconnu l'étendue de sa compétence doit être écarté.

9. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat () ". Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1./ Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. () "

10. Si le requérant soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait, la préfète ayant considéré qu'il n'avait apporté à l'appui de sa demande, aucun élément justifiant qu'il remplissait les conditions de délivrance du titre sollicitée, il ressort toutefois des pièces du dossier que le requérant s'est borné à verser à la procédure des certificat médicaux confirmant l'existence de sa pathologie mais sans aucune indication supplémentaire. A ce titre, il ressort d'un certificat médical du 1er juillet 2021, qu'il a été considéré comme étant un patient " en très bon état général ". De même, il ressort d'un certificat médical du 19 avril 2022, qu'il a été diagnostiqué comme " un porteur sain du VHB ". Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.

11. En sixième lieu, il ressort des pièces du dossier que pour refuser la délivrance du titre de séjour en qualité d'étranger malade sollicité par M. A, la préfète du Val-de-Marne a relevé, en s'appropriant l'avis du médecin du collège de l'OFII établi le 23 mars 2022 que si l'état de santé de la requérante nécessite une prise en charge, le défaut d'une telle prise en charge ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et que son état de santé lui permet de voyager sans risque vers son pays d'origine. M. A soutient que la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L.425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne peut bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Toutefois, cette circonstance est sans influence dès lors qu'il ressort des éléments du dossier que le défaut de prise en charge médicale ne devrait pas avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Les certificats médicaux produits par le requérant ne sont pas de nature à remettre en cause les conclusions des médecins du collège de l'OFII sur son état de santé, ni en tout état de cause, de nature à établir qu'un traitement antiviral ne pourrait être réalisé dans son pays d'origine.

12. Il résulte de ce qui précède que M. A n'établit pas que la préfète aurait méconnu les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. De même, la préfète n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant.

13. En septième lieu, d'une part aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".

14. D'autre part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

15. M. A soutient qu'il réside en France depuis 2018 et qu'il dispose de l'ensemble de ses attaches privées et personnelle sur le territoire national. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le requérant n'a aucune attache familiale en France et qu'il n'établit pas être dépourvu de toute attache dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de 22 ans. Dans ces conditions, le refus d'autoriser son séjour ne porte pas à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise. Par suite, les moyens tirés de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.

16. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative :1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1,

L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; / () ".

17. Il résulte de ce qui précède que, M. A n'étant pas au nombre des étrangers pouvant obtenir de plein droit un titre de séjour en application de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la préfète n'était pas tenue, en application de l'article L. 432-13 du même code, de soumettre son cas à la commission du titre de séjour avant de rejeter sa demande.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

18. En premier lieu, du fait du rejet des conclusions dirigées contre la décision portant refus de titre de séjour, ainsi qu'il vient d'être dit, M. A, ne peut utilement demander l'annulation, par voie de conséquence, de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

19. En deuxième lieu, aux termes du I de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors en vigueur : " I. - L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans l'un des cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ". Aux termes du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : ()/ 9°) L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () ".

20. Il résulte de ce qui a été dit au point 11 du présent jugement que la méconnaissance des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est pas établie.

21. En dernier, tel qu'il a été exposé aux points 10 à 15 de ce jugement, la préfète n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant et n'a pas davantage méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme.

Sur la décision portant fixation du délai de départ volontaire :

22. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. (). ".

23. Si M. A soutient que son état de santé implique qu'un délai de départ volontaire plus long aurait dû lui être accordé, il n'apparaît pas, compte tenu des éléments exposés ci-dessus, relatifs à sa situation personnelle et familiale, que la préfète du Val-de-Marne ait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en fixant ce délai à trente jours.

Sur la décision fixant le pays de destination :

24. En premier lieu, les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français n'étant, ainsi qu'il vient d'être dit, pas illégales, M. A, ne peut utilement demander l'annulation, par voie de conséquence de la décision fixant le pays à destination duquel il pourra être éloigné.

25. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés aux points 10 à 15 du présent jugement, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences sur la situation personnelle du requérant doivent être écartés.

26. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, que la requête de M. A doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles qui tendent à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la Préfète du Val-de-Marne.

Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 6 février 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Ghaleh-Marzban, présidente,

Mme Bourdin, première conseillère,

M. Rehman-Fawcett, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2024.

Le rapporteur,

C. REHMAN-FAWCETT

La présidente,

S. GHALEH-MARZBAN

La greffière,

Y. SADLI

La République mande et ordonne à la Préfète du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision ;

Pour expédition conforme,

La greffière,

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