mercredi 20 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2206491 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | LONCHAMPT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er juillet 2022, M. B C A, représenté par Me Lonchampt, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 1er juin 2022 par laquelle la préfète du Val-de-Marne a refusé de renouveler son titre de séjour " vie privée et familiale " ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", à défaut, de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
- la décision attaquée et entachée d'un défaut d'incompétence ;
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure tiré de l'absence de la commission du titre du séjour ;
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit dans l'application des articles L. 432-2 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision attaquée méconnait l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme.
La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par ordonnance du 22 mai 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 24 juillet 2023 à midi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
M. Rehman-Fawcett a été entendu, en son rapport, au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C A, ressortissant sénégalais, né le 13 janvier 1988 à Dakar au Sénégal, déclare être entré en France en 1999. Il a obtenu la délivrance, le 7 mai 2007, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " valable du 27 mars 2007 au 26 mars 2008, renouvelée jusqu'au 14 juin 2022. Il a sollicité le 15 décembre 2021, le renouvellement de son titre de séjour. Par une décision du 1er juin 2022, la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour. M. A demande au tribunal l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE ".
4. Il ressort des pièces du dossier que M. A a fait l'objet de dix condamnations à compter de 2006, notamment pour des faits de violence. Si le requérant soutient que depuis octobre 2012, ces mentions de condamnations ne concernent que quatre infractions en lien avec la sécurité routière, il ressort toutefois des pièces du dossier que ces infractions présentent un caractère réitéré. Le requérant a notamment été condamné le 15 février 2019 pour un refus d'obtempérer puis en juillet 2020 pour conduite sans permis. Il n'est par ailleurs pas contesté qu'il a été averti par lettre du 29 avril 2019 qu'un refus de renouvellement de titre en cas de récidive en matière d'ordre public pourrait lui être opposé. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'erreur d'appréciation de la préfète doit être écartée.
5. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. A est entré en France à l'âge de onze ans et qu'il a bénéficié, selon les termes mêmes de la décision en litige, de titres de séjour du 7 mai 2007 au 12 décembre 2021, soit pendant une durée de quatorze ans et cinq mois. Il ressort également des pièces du dossier qu'à la date de la décision attaquée, il était domicilié chez sa mère, qu'il a rejointe en 1999, et qui réside régulièrement en France de même que de nombreux membres de sa famille la plus proche. De plus, M. A travaille sous contrat à durée indéterminée comme livreur - monteur de meubles pour une société d'Emerainville (Seine-et-Marne) et loue depuis le mois d'août 2022 un appartement de type T2. Par ailleurs, il ne dispose plus d'aucune famille au Sénégal, pays qu'il a quitté depuis plus de vingt-trois ans à la date de la décision contestée. Dans ces conditions, la préfète du Val-de-Marne a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée et la décision attaquée a dès lors, méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés dans sa demande, que M. A est fondé à soutenir que la décision du 1er juin 2022 par laquelle la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui renouveler son titre de séjour doit être annulée ainsi que, par voie de conséquence, la décision portant obligation de quitter le territoire.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
7. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".
8. Le présent jugement implique, eu égard au motif sur lequel il se fonde, que la préfète du Val-de-Marne, ou à tout autre préfet territorialement compétent, fasse droit à la demande de M. A, sous réserve d'un changement dans les circonstances de fait et de droit. Par suite, il y a lieu de l'y enjoindre dans le délai de deux mois. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
9. Aux termes de l'article L. 761-1 code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au profit de M. A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 1er juin 2021 de la préfète du Val-de-Marne est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Val-de-Marne, ou à tout autre préfet territorialement compétent, de faire droit à la demande de titre de séjour de M. A, sous réserve d'un changement dans les circonstances de fait et de droit, dans un délai de deux mois à compter de la notification présent jugement.
Article 3 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera à M. A la somme de 1 200 euros (mille deux cents euros) sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B C A, et à la préfète du Val-de-Marne.
Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 21 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Ghaleh-Marzban, présidente,
Mme Bourdin, première conseillère,
M. Rehman-Fawcett, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2023.
Le rapporteur,
C. REHMAN-FAWCETT
La présidente,
S. GHALEH-MARZBAN
La greffière,
Y. SADLI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision ;
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026