mercredi 4 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2206767 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | IRGUEDI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 juillet 2022, M. B D, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 15 juin 2022 par lequel le préfet de Seine-et-Marne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a interdit de circuler sur le territoire français pour une durée d'un an ainsi que l'arrêté de placement en rétention notifié le 20 juin 2022.
Il soutient que :
- Sa requête est recevable car la notification a été effectuée sans interprète alors qu'il ne comprend pas le français et que le greffe pénitentiaire du sud francilien refuse l'enregistrement des requêtes auprès du tribunal ;
- Les décisions attaquées émanent d'une autorité incompétente ;
- Elles sont insuffisamment motivées en droit et en fait ;
- L'obligation de quitter le territoire français est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation ;
- Le refus de lui accorder un délai de départ volontaire est illégal, les motifs opposés manquant en fait et n'étant pas de nature à caractériser un risque de fuite au sens de l'article L.511-1 II du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- L'arrêté attaqué porte une atteinte disproportionnée au respect de sa vie privée et familiale et méconnait les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- La décision de placement en rétention est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation ;
Par un mémoire en défense enregistré le 10 août 2022, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête est irrecevable car tardive et qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.
M. B D a a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, par décision du 31 août 2022.
Par un courrier du 28 août 2023, le tribunal a mis en demeure Me Irguedi désigné pour assurer la défense de M. D, en application du 3° de l'article 25 de la loi du 10 juillet 1991, de produire un mémoire dans un délai d'un mois.
Par lettre du 11 octobre 2023, le tribunal a informé M. D de la mise en demeure adressée à Me Irguedi, de produire un mémoire et l'a invité à choisir un autre mandataire ou à saisir le bâtonnier de l'ordre des avocats pour qu'il en désigne un pour assurer sa défense et d'en informer le tribunal dans le délai d'un mois.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens. () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. () ".
Sur les conclusions en annulation de l'arrêté du 15 juin 2022 portant obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de circulation en France d'une durée d'un an :
2. L'arrêté contesté a été signée par Mme C A, attachée d'administration de l'Etat, cheffe du bureau de l'accueil et du séjour des étrangers de la préfecture de Seine-et-Marne, à qui ce préfet a régulièrement délégué sa signature, à l'effet de signer notamment les décisions contestées, par un arrêté de délégation n°22/BC/025 du 22 mars 2022 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de Seine-et-Marne n°D77-22-03-2022 du même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué est manifestement infondé.
3. L'arrêté attaqué mentionne les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les circonstances sur lesquels il se fonde. L'autorité préfectorale n'étant pas tenue de préciser de manière exhaustive le détail de l'ensemble des éléments considérés, cet arrêté est ainsi suffisamment motivé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit également être regardé comme étant manifestement infondé.
4. L'obligation de quitter le territoire français sans délai se fonde sur le fait que l'intéressé, qui a été condamné par un arrêt de la cour d'assises de Seine-Saint-Denis du 15 février 2013 pour violence suivie de mutilation, infirmité permanente et violences habituelles sur un mineur de quinze ans a été condamné à quinze ans de prison et écroué en France, constitue du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société en application de l'article L. 251-1 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le requérant ne conteste pas l'existence d'une telle menace. S'il soutient que la mesure d'éloignement serait entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation, qu'elle porterait une atteinte disproportionnée au respect de sa vie privée et familiale et méconnaitrait les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ces moyens ne sont pas assortis de précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. De même, en soutenant que le refus de lui accorder un délai de départ volontaire serait illégal, les motifs opposés manquant en fait, le requérant n'assortit pas son moyen de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Enfin, le moyen, invoqué au soutien de la contestation de l'absence de délai de départ, selon lequel aucun risque de fuite ne serait caractérisé au sens de l'article L.511-1 II du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable aux étrangers non ressortissants d'un Etat membre de l'Union européenne, est inopérant, M. D étant de nationalité roumaine.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu, par application des dispositions du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, de rejeter les conclusions en annulation de M. D dirigées contre l'arrêté du 15 juin 2022 portant obligation de quitter le territoire sans délai et interdiction de circulation en France d'une durée d'un an.
Sur les conclusions en annulation de la décision de placement en rétention notifiée le 20 juin 2022 :
6. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant ait fait l'objet d'une décision de placement en rétention notifiée le 20 juin 2022. Par suite, ses conclusions tendant à l'annulation d'une telle décision, qu'il ne produit pas, et dont l'existence n'est ainsi pas établie, se trouvent privées d'objet. Elles ne peuvent donc qu'être rejetées comme entachées d'une irrecevabilité manifeste et non susceptible de régularisation.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B D et au préfet de Seine-et-Marne.
Fait à Melun, le 4 décembre 2024.
La présidente de la 7ème chambre
I. GOUGOT
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026