jeudi 26 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2206870 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | COTE-ZERBIB SOPHIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 juillet 2022 et 4 janvier 2023,
M. F G, représenté par Me Cote-Zerbib, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 19 mai 2022 par laquelle le préfet de Seine-et-Marne a rejeté la demande de regroupement familial qu'il a formulée le 13 septembre 2020 au bénéfice de son épouse, Mme B A et leurs deux enfants mineurs nés le 28 mai 2009 ;
2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de délivrer une autorisation d'entrée en France pour sa famille, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État (préfet de Seine-et-Marne) la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. G soutient que la décision attaquée :
- est entachée d'une erreur manifeste de fait et d'appréciation dès lors que ses revenus professionnels sont supérieurs au seuil fixé par l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juillet 2022, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le moyen soulevé par M. G n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Potin, conseillère ;
- et les observations de Me Cote-Zerbib, représentant M G, la préfecture de Seine-et-Marne n'étant ni présente, ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. M. F G, ressortissant marocain né le 27 juillet 1985 à Ait Abdellah (D), réside en France depuis le 16 janvier 2002 et s'est vu délivrer une carte de résident valable jusqu'au 14 janvier 2032. Il a saisi la direction territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de Melun le 13 septembre 2020 d'une demande tendant au bénéfice du regroupement familial au profit de son épouse, Mme B A et de leurs
deux enfants mineurs, C et E G nés le 28 mai 2009. L'OFII lui a délivré une attestation de dépôt de dossier complet le 24 mars 2021. Par décision du 19 mai 2022, le préfet de Seine-et-Marne a refusé le bénéfice du regroupement familial au profit de son épouse et de leurs enfants au seul motif que ses revenus étaient inférieurs au minimum requis pour une famille de quatre personnes. Par la présente requête, M. G demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Premièrement, aux termes de l'article L. 434-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui séjourne régulièrement en France depuis au moins dix-huit mois, sous couvert d'un des titres d'une durée de validité d'au moins un an prévus par le présent code ou par des conventions internationales, peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre du regroupement familial : / 1° Par son conjoint, si ce dernier est âgé d'au moins dix-huit ans ; 2° Et par les enfants du couple mineurs de dix-huit ans. ". Il résulte de l'article L. 434-7 dudit code que : " L'étranger qui en fait la demande est autorisé à être rejoint au titre du regroupement familial s'il remplit les conditions suivantes : / 1° Il justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille ; () ". Aux termes de l'article L. 424-8 de ce même code : " Pour l'appréciation des ressources mentionnées au 1° de l'article L. 434-7 toutes les ressources du demandeur et de son conjoint sont prises en compte, indépendamment des prestations familiales, de l'allocation équivalent retraite et des allocations prévues à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles, à l'article L. 815-1 du code de la sécurité sociale et aux articles L. 5423-1 et L. 5423-2 du code du travail. / Ces ressources doivent atteindre un montant, fixé par décret en Conseil d'Etat, qui tient compte de la taille de la famille du demandeur et doit être au moins égal au salaire minimum de croissance mensuel et au plus égal à ce salaire majoré d'un cinquième () ". Enfin, aux termes de l'article R. 434-4 de ce même code : " Pour l'application du 1° de l'article L. 434-7, les ressources du demandeur et de son conjoint qui alimenteront de façon stable le budget de la famille sont appréciées sur une période de douze mois par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance au cours de cette période. Ces ressources sont considérées comme suffisantes lorsqu'elles atteignent un montant équivalent à : () 2° Cette moyenne majorée d'un dixième pour une famille de quatre ou cinq personnes ; () ".
3. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées que le caractère suffisant du niveau de ressources du demandeur est apprécié sur la période de douze mois précédant le dépôt de la demande de regroupement familial, par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum interprofessionnel de croissance au cours de cette même période. Néanmoins, lorsque ce seuil n'est pas atteint au cours de la période considérée, il est toujours possible pour le préfet de prendre une décision favorable en tenant compte de l'évolution des ressources du demandeur, y compris après le dépôt de la demande.
4. En l'espèce, s'il ressort des pièces du dossier que le requérant est commerçant et exploite une épicerie, le requérant produit des pièces contradictoires en ce qui concerne la réalité des revenus perçus au cours des années 2020 et 2021. Ainsi, si le bilan comptable de la société dont le requérant est le gérant fait apparaître une rémunération annuelle de ce dernier de 19 000 euros pour 2020 et 19 200 euros pour 2021, le requérant a toutefois déclaré des revenus annuels nuls au titre des années 2020 et 2021. Le requérant soutient lors de l'audience que cette contradiction résulte de l'impossibilité pour son comptable de régulariser sa situation en raison de la perte des identifiants de l'intéressé. Cette explication, à la supposée avérée, n'est toutefois pas de nature à justifier une telle contradiction entre les sommes supposément perçues et celles déclarées auprès de l'administration fiscale. Par suite, au regard des pièces transmises, c'est à bon droit que le préfet de Seine-et-Marne a pu légalement retenir l'insuffisance des ressources du requérant pour refuser sur le fondement de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile le regroupement familial sollicité, sans entacher sa décision d'une erreur de fait ou d'une erreur d'appréciation.
5. Deuxièmement, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
6. Il ressort des pièces du dossier que le requérant et son épouse élèvent des jumeaux nés le 28 mai 2009. Si le requérant soutient qu'il se rend dans son pays d'origine plusieurs fois par an, échange très régulièrement avec son épouse par téléphone ou par écrit et la soutient financièrement, il n'est pas démontré que les époux n'ont vécus ensemble. Dans ces conditions, le requérant ne démontre pas, qu'en rejetant sa demande de regroupement familial, le préfet de Seine-et-Marne aurait porté une atteinte au respect de sa vie privée et familiale disproportionnée au regard des buts poursuivis par cette décision. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamental doit être écarté.
7. Troisièmement, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
8. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. G serait dans l'impossibilité de rendre visite à son épouse et à leurs enfants au D pendant l'examen d'une nouvelle demande de regroupement familial. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée méconnaît les stipulations précitées de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
9. Il résulte de tout ce qui précède, que M. G n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision implicite par laquelle le préfet de Seine-et-Marne a rejeté la demande de regroupement familial qu'il a formulé. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être également rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. G est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F G et au préfet de Seine-et-Marne.
Copie en sera délivrée au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Délibéré après l'audience du 10 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gracia, président,
M. Israël, premier conseiller,
Mme Potin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2023.
La rapporteure,
M. Potin
Le président,
J-Ch. GraciaLa greffière,
A. Starzynski
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026