jeudi 4 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2206948 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET SEBAN & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 juillet 2022, M. A G, représenté par Me Caillet, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 14 juin 2022 par laquelle le maire de Choisy-le-Roi a préempté un immeuble ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Choisy-le-Roi la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition tenant à l'urgence est satisfaite ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision dès lors que :
- il n'est pas justifié de la compétence de la commune de Choisy-le-Roi pour exercer le droit de préemption simple ;
- il n'est pas justifié de la publicité de la délibération instituant le droit de préemption ;
- il n'est pas justifié de la compétence du maire pour exercer le droit de préemption par délégation du conseil municipal ;
- la préemption n'a pas été exercée dans le délai de deux mois dès lors que la demande de visite n'a pas été adressée aux propriétaires et n'a ainsi pas suspendu ce délai ;
- la décision de préemption n'a pas été notifiée dans le délai de deux mois à tous les propriétaires indivis ;
- la commune ne justifie pas de la réalité d'un projet d'action ou d'opération d'aménagement.
Par un mémoire, enregistré le 29 juillet 2022, Mme C B doit être regardée comme concluant au rejet de la requête.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er août 2022, la commune de
Choisy-le-Roi conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge du requérant la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition tenant à l'urgence n'est pas satisfaite dès lors que le projet a pour objet de permettre le logement de personnes en situation de grande précarité ;
- le droit de préemption renforcé a été délégué à la commune de Choisy-le-Roi par l'établissement public territorial par une délibération du 15 avril 2017 transmise à la préfecture le 28 avril suivant, publiée dans deux journaux et affichée du 10 mai au 10 juin 2017 ;
- le conseil municipal a délégué au maire sa compétence en matière de préemption par une délibération du 10 février 2021, transmise en préfecture le 17 février 2021 et affichée du 16 février au 16 avril 2021 ;
- le délai pour préempter a été suspendu à compter de la demande de pièces du 2 mai 2022, dont certaines n'ont pas été produites, le délai étant ainsi resté suspendu jusqu'à la date de la décision en litige ;
- seul le notaire était habilité à recevoir les décisions relatives au droit de préemption, conformément au choix indiqué dans la déclaration d'intention d'aliéner ;
- la décision de préemption a été notifiée dans le délai de deux mois dès lors que celui-ci était resté suspendu ;
- la réalité du projet est justifiée par les orientations d'aménagements du quartier et l'existence d'une étude de faisabilité de douze logements.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2206927 tendant à l'annulation de la décision en litige.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Gonneau, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 2 août 2022 tenue en présence de Mme Zdini, greffière d'audience, M. E a lu son rapport et a entendu les observations de :
- Me Vidalie, représentant M. G qui a conclu aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens ; il a fait valoir en outre que la commune ne pouvait fonder la décision sur l'article L. 211-4 du code de l'urbanisme dès lors que l'immeuble en cause n'entre pas dans le champ du droit de préemption renforcé, que la commune ne pouvait se fonder sur le droit de préemption simple, et qu'une substitution de base légale n'était pas possible, dès lors que la délibération instaurant le droit de préemption simple est illégale en ce qu'elle s'applique à l'ensemble du territoire de l'établissement public territorial et non pas aux seules zone urbaines ou à urbaniser des communes qui le compose ; que le mandat donné au notaire ne concernait que les décisions et non pas les demandes de visite ou de pièces.
- Me Herpin, représentant la commune de Choisy-le-Roi, qui a maintenu les termes de son mémoire en défense, et a fait valoir en outre que l'immeuble en cause était dans le périmètre du droit de préemption urbain renforcé.
La clôture de l'instruction a été reportée au 3 août 2022 à 12h00.
Par un mémoire enregistré le 2 août 2022 la commune de Choisy-le-Roi a produit la délibération du 28 février 2017 par laquelle l'établissement public grand Orly Seine Bièvre a institué le droit de préemption urbain sur l'ensemble de son territoire.
Par un mémoire, enregistré le 3 août 2022, M. G réitère les moyens développés à l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 14 juin 2022 la maire de Choisy-le-Roi a décidé de préempter la totalité d'un bâtiment d'une surface de 421 m², dont la propriété était indivise à la suite d'une succession et qui est exploité par le titulaire d'un bail commercial à usage d'hôtel.
M. G, acquéreur évincé, demande la suspension de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. Aux termes de l'article L. 211-1 du code de l'urbanisme : " Les communes dotées d'un plan d'occupation des sols rendu public ou d'un plan local d'urbanisme approuvé peuvent, par délibération, instituer un droit de préemption urbain sur tout ou partie des zones urbaines et des zones d'urbanisation future délimitées par ce plan () ". Aux termes de l'article L. 211-4 du même code : " Ce droit de préemption n'est pas applicable : a) A l'aliénation d'un ou plusieurs lots constitués soit par un seul local à usage d'habitation, à usage professionnel ou à usage professionnel et d'habitation, soit par un tel local et ses locaux accessoires, soit par un ou plusieurs locaux accessoires d'un tel local, compris dans un bâtiment effectivement soumis, à la date du projet d'aliénation, au régime de la copropriété, soit à la suite du partage total ou partiel d'une société d'attribution, soit depuis dix années au moins dans les cas où la mise en copropriété ne résulte pas d'un tel partage, la date de publication du règlement de copropriété au fichier immobilier constituant le point de départ de ce délai ; b) A la cession de parts ou d'actions de sociétés visées aux titres II et III de la loi n° 71-579 du 16 juillet 1971 et donnant vocation à l'attribution d'un local d'habitation, d'un local professionnel ou d'un local mixte et des locaux qui lui sont accessoires ; c) A l'aliénation d'un immeuble bâti, pendant une période de quatre ans à compter de son achèvement. / Toutefois, par délibération motivée, la commune peut décider d'appliquer ce droit de préemption aux aliénations et cessions mentionnées au présent article sur la totalité ou certaines parties du territoire soumis à ce droit. () ".
4. Il résulte de l'instruction que par une délibération du 28 février 2017 l'établissement public territorial grand Orly Seine Bièvre a institué le droit de préemption urbain sur son territoire et en a délégué l'exercice à la commune de Choisy-le-Roi, dans un périmètre où l'immeuble en cause est situé, par une délibération du 19 avril 2017. Dans ces conditions si la décision en litige est fondée sur la délibération du 15 avril 2017 par laquelle l'établissement public territorial a décidé d'appliquer le droit de préemption aux aliénations et cessions mentionnées par l'article L. 211-4, elle pouvait toutefois prendre la même décision sur le fondement des délibérations précitées du 28 février 2017 et du 19 avril 2017, sans priver de garanties les vendeurs ou l'acquéreur évincé. Par suite le moyen tiré de ce que la décision serait privée de base légale n'est pas de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
5. En l'état de l'instruction les autres moyens soulevés ne sont pas non plus propres à faire naître un tel doute.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. G doivent être rejetées.
7. Dans les circonstances de l'espèce il n'y a pas lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par M. G est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Choisy-le-Roi au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A G, à
MM. Jack B, Bruno B, Laurent B, Frédéric Bourau, Mmes D B, Emmanuelle B, Florence B, Chantal B, Madame F B, Sandrine B et à la commune de Choisy-le-Roi.
Le juge des référés,
Signé : P-Y. E
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026