mercredi 13 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2206971 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre, JU |
| Avocat requérant | TOURKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 15 juillet 2022 et le 21 juin 2023, M. F B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 4 juillet 2022 par lequel le préfet de Seine-et-Marne l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Il doit être regardé comme soutenant que :
- L'arrêté attaqué porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est à ce titre entaché d'une erreur d'appréciation de sa situation personnelle ;
- en fixant comme pays de destination Irak, seul pays où il pourrait être renvoyé, elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors que sa vie est toujours menacée en Irak.
Par un mémoire enregistré le 22 juillet 2022, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Duhamel pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application des dispositions de l'article R. 776-10 et suivants du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique tenue le 27 novembre 2023 en présence de Mme Nodin, greffière d'audience :
- le rapport de M. Duhamel, qui a informé les parties, en application des dispositions de l'article R. 611-7-3 du code de justice administrative, de ce que la juridiction est susceptible de prononcer d'office une mesure d'injonction, assortie le cas échéant d'une astreinte, tendant, en cas d'annulation, à enjoindre à l'autorité préfectorale de réexaminer la situation de M. B et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ;
- les observations de Me Tourki, avocat commis d'office, représentant M. B, assisté de Mme D, interprète assermenté en langue arabe, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens en soutenant, de plus, que la décision en litige est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de la situation du requérant ;
- et les observations de M. B, assisté de Mme D, interprète assermenté en langue arabe.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 9h56.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 4 juillet 2022, le préfet de Seine-et-Marne a, sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, obligé M. F B, né le 2 septembre 1986 et de nationalité irakienne, à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il serait éloigné. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () ; 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° () ". Aux termes de l'article L. 614-1 du même code : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. ".
3. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué du 4 juillet 2022 que, pour faire obligation à M. B de quitter le territoire français, le préfet de Seine-et-Marne s'est notamment fondé sur les circonstances que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande d'asile par une décision notifié le 9 décembre 2020, que la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) a confirmé le rejet de la demande d'asile par une décision notifiée le 26 mars 2022, que l'OFPRA a pris une décision d'irrecevabilité de la demande de réexamen de la demande d'asile notifiée le 24 juin 2022, que le requérant est célibataire et sans charge de famille, et que ses liens personnels et familiaux en France ne sont pas anciens, intenses et stables. Il ressort toutefois des pièces du dossier que M. B est marié à Mme C E, ressortissante tunisienne détentrice d'une carte de résident de 10 ans avec laquelle il justifie avoir une communauté de vie et que de cette union, est né, le 20 novembre 2019 leur fils A B à Villepinte. Ces éléments sont au demeurant corroborés par les pièces produites par le requérant, à savoir le livret de famille des intéressés dans lequel il est indiqué que le mariage a été célébré à Mitry-Mory le 14 août 2021, la copie de l'avis d'imposition 2022 sur les revenus de 2021 figurant aux deux noms, des justificatifs du domicile commun aux époux, et des attestations justifiant l'existence de liens personnels et familiaux intenses avec les enfants nés d'une première union de son actuelle épouse et dont il allègue contribuer à l'éducation. Dans ces conditions, en ne prenant pas en considération ces éléments et en faisant valoir que M. B était célibataire, sans enfant et sans charge de famille sur le territoire, le préfet de Seine-et-Marne, qui ne conteste d'ailleurs pas avoir eu connaissance de ces informations avant de prendre à l'encontre du requérant l'arrêté attaqué, a entaché l'arrêté litigieux d'une erreur de fait et d'un défaut d'examen particulier et approfondi de la situation de l'intéressé. La décision portant obligation de quitter le territoire français, ainsi que, par voie de conséquence, les décisions subséquentes, portant octroi d'un délai de départ volontaire de trente jours et fixation du pays de destination contenues dans l'arrêté litigieux du 4 juillet 2022, doivent donc être annulées.
4. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que l'arrêté du préfet de Seine-et-Marne du 4 juillet 2022 doit être annulé.
Sur les conclusions à fin d'injonction
5. Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. ". Aux termes de l'article L. 911-3 de ce code : " La juridiction peut assortir, dans la même décision, l'injonction prescrite en application des articles L. 911-1 et L. 911-2 d'une astreinte qu'elle prononce dans les conditions prévues au présent livre et dont elle fixe la date d'effet. ". Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, () l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas. ".
6. Eu égard aux motifs du présent jugement, l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français contestée implique nécessairement que le préfet de Seine-et-Marne ou tout préfet territorialement compétent réexamine la situation de M. B et qu'il lui délivre une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce qu'il ait à nouveau statué sur son cas. Il y a lieu de prescrire à cette autorité d'y procéder dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
D E C I D E
Article 1er : L'arrêté du 4 juillet 2022 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a obligé M. B à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination est annulé.
Article 2 : : Il est enjoint au préfet de Seine-et-Marne de procéder au réexamen de la situation administrative de M. B dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F B et au préfet de Seine-et-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2023.
Le magistrat désigné,
B. DUHAMELLa greffière,
M. NODIN
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,221
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026