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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2207034

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2207034

mardi 16 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2207034
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLE PRADO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 juillet 2022, Mme C A B, représentée par Me Wa Nsanga Allegret demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 23 juillet 2022 par laquelle le président de l'Université Paris-Est Créteil Val-de-Marne a décidé du non-renouvellement de son contrat d'engagement à son échéance, le 31 août 2022, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre à l'université Paris-Est Créteil Val-de-Marne de lui proposer un contrat à durée indéterminée au 1er septembre 2022 et, à défaut, un contrat à durée déterminée ;

3) de mettre à la charge de l'Université Paris-Est Créteil Val-de-Marne une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence tant au regard de sa situation personnelle affectée par la décision en cause que de la continuité du service public de l'université est satisfaite ;

- la légalité de la décision en litige présente un doute sérieux dès lors qu'ayant accompli six ans de services effectifs, elle remplit les conditions lui permettant de prétendre au bénéfice d'un contrat à durée indéterminée au sens de l'article 6 bis de la loi 11 janvier 1984 portant dispositions statuaires relatives à la fonction publique de l'Etat, que la décision en cause est abusive, que le motif tenant à l'exclusion des contrats dont elle a été titulaire précédemment en qualité d'ATER et LRU, de la durée de ses services effectifs au sein de l'université est entaché d'une erreur de droit, que celui tiré de l'évolution des besoins et de l'état de son service est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et que la décision attaquée est entachée d'un détournement de procédure.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 août 2022, l'Université Paris-Est Créteil

Val-de-Marne conclut au rejet de la requête et de mettre à la charge de Mme A B une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 2207042 sous le numéro 2207040 par laquelle

Mme A B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de la fonction publique ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme D pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Aubret, greffière d'audience, Mme D a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Wa Nsanga Allégret pour Mme A B qui conclut aux mêmes fins que sa requête, par les mêmes moyens ainsi que Mme A B ;

- les observations de Me Combemorel pour l'Université Paris-Est Créteil Val-de-Marne, qui conclut aux mêmes que son mémoire, par les mêmes moyens.

La clôture de l'instruction a été prononcée au 12 août 2022 à 12h 00.

Par un mémoire complémentaire, enregistré le 9 août 2022, l'Université Paris-Est Créteil Val-de-Marne conclut aux mêmes fins que son mémoire, par les mêmes moyens.

Le mémoire complémentaire, enregistré le 12 août 2022 à 11 heures 34, pour Mme A B n'a pas été communiqué.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. " ;

2. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

3. Les moyens invoqués par Mme A B à l'appui de sa demande de suspension et tirés de ce qu'ayant accompli six ans de services effectifs, elle remplit les conditions lui permettant de prétendre au bénéfice d'un contrat à durée indéterminée au sens de l'article 6 bis de la loi 11 janvier 1984 portant dispositions statuaires relatives à la fonction publique de l'Etat, que la décision en cause est abusive, que le motif tenant à l'exclusion des contrats dont elle a été titulaire précédemment en qualité d'ATER et LRU, de la durée de ses services effectifs au sein de l'université est entaché d'une erreur de droit, que celui tenant à l'évolution des besoins de l'université et de l'état de son service est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et que la décision attaquée est entachée d'un détournement de procédure ne paraissent pas, en l'état de l'instruction et des observations exposées durant l'audience, propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-4 du code de justice administrative de la requête de Mme A B doivent être rejetées et, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

5. Il résulte des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, que le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens ; que le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée, et peut, même d'office, ou pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation.

6. Ces dispositions font obstacle aux conclusions de Mme A B dirigées contre l'Université Paris-Est Créteil Val-de-Marne qui n'est pas, dans la présente instance de référé, la partie perdante. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A B, la somme réclamée par l'Université, en application desdites dispositions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de l'Université Paris-Est Créteil Val-de-Marne présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A B et à l'Université Paris-Est Créteil Val-de-Marne.

Fait à Melun, le 16 août 2022.

La juge des référés,

Signé : M. D

La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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