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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2207109

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2207109

vendredi 25 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2207109
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème chambre
Avocat requérantFOURET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 20 juillet 2022, 16 août 2022 et 29 août 2022, Mme E B et M. F C, représentés par Me Fouret, demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler la décision du 21 juillet 2022 par laquelle la commission académique de l'académie de Créteil a rejeté leur recours administratif préalable obligatoire à l'encontre de la décision du 13 juin 2022 par laquelle la directrice académique des services de l'éducation nationale du Val-de-Marne a refusé leur demande d'autorisation d'instruction dans la famille pour leur fils D C B ;

2°) d'enjoindre, à titre principal, au recteur de l'académie de Créteil de leur délivrer l'autorisation d'instruire en famille leur fils sur le fondement du 4° de l'article L. 131-5 du code de l'éducation en raison de la situation propre à l'enfant ;

3°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, au recteur de l'académie de Créteil, de réexaminer la situation de leur fils ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente dès lors que le recteur doit justifier que M. A disposait bien d'une délégation de signature régulièrement publiée ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le projet éducatif, qui comporte les éléments essentiels de la pédagogie, permet à l'enfant de recevoir l'enseignement et la pédagogie adaptée à ses capacités et à son rythme, sans que puisse être opposée l'absence de caractérisation d'une situation propre à l'enfant ;

- les requérants sont victimes d'une rupture d'égalité dès lors que les appréciations portées sur les demandes d'instruction dans la famille sur le fondement des dispositions du 4° de l'article L. 131-5 du code de l'éducation ne sont pas traitées de la même manière sur l'ensemble du territoire par les différents rectorats ;

- la décision attaquée porte atteinte à l'intérêt supérieur de l'enfant et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il existe une pédagogie propre à l'enfant.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 16 août 2022, 25 août 2022, 5 septembre 2022 et 4 octobre 2022, le recteur de l'académie de Créteil conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- les conclusions à fin d'annulation de la décision du 13 juin 2022 sont devenues sans objet ;

- les autres moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

En application des dispositions de l'article R. 613-2 du code de justice administrative, la clôture de l'instruction est intervenue trois jours francs avant l'audience.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention du 20 novembre 1989 relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'éducation ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme G,

- les conclusions de M. Grand, rapporteur public,

- et les observations de M. A, représentant le recteur de l'académie de Créteil.

Considérant ce qui suit :

1. Par un courrier du 10 mai 2022, Mme B et M. C ont formulé pour leur fils, D, né le 25 juin 2019, une demande d'autorisation d'instruction dans la famille pour l'année scolaire 2022-2023, au motif de l'existence d'une situation propre à l'enfant motivant le projet éducatif, sur le fondement du 4° de l'article L. 131-5 du code de l'éducation dans sa rédaction issue de l'article 49 de la loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République. Par une décision du 13 juin 2022, la directrice académique des services de l'éducation nationale du Val-de-Marne a rejeté leur demande. Les requérants ont formé un recours administratif préalable contre cette décision auprès de la commission académique, enregistré le 11 juillet 2022. Leur recours administratif préalable obligatoire a été rejeté par une décision de la commission académique en date du 21 juillet 2022. Par la présente requête, les requérants demandent l'annulation de cette décision dans le dernier état de leurs écritures.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article D. 131-11-11 du code de l'éducation : " La commission est présidée par le recteur d'académie ou son représentant. / Elle comprend en outre quatre membres : / 1° Un inspecteur de l'éducation nationale ; / 2° Un inspecteur d'académie-inspecteur pédagogique régional ; / 3° Un médecin de l'éducation nationale ; / 4° Un conseiller technique de service social. / Ces membres sont nommés pour deux ans par le recteur d'académie. / Des membres suppléants sont nommés dans les mêmes conditions que les membres titulaires ". Et aux termes de l'article D. 131-11-12 du code de l'éducation : " La commission siège valablement lorsque la majorité de ses membres sont présents. La commission rend sa décision à la majorité des membres présents. En cas de partage égal des voix, celle du président est prépondérante. / La commission se réunit dans un délai d'un mois maximum à compter de la réception du recours administratif préalable obligatoire. / La décision de la commission est notifiée dans un délai de cinq jours ouvrés à compter de la réunion de la commission ".

3. Les requérants soutiennent que la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente dès lors que le recteur doit justifier que M. A disposait bien d'une délégation de signature régulièrement publiée. Toutefois, le recteur fait valoir en défense que la décision portant refus d'instruction dans la famille émane de la commission, et non du seul recteur de l'académie de Créteil et que cette commission s'est réunie dans des conditions conformes aux dispositions précitées. A ce titre, il produit en défense, d'une part, l'arrêté fixant la composition de la commission qui est conforme aux exigences des articles précités du code de l'éducation et, d'autre part, le procès-verbal de la séance de la commission académique du 21 juillet 2022 qui fait apparaître que le quorum exigé a bien été respecté. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 7° Refusent une autorisation () ". La décision dont l'annulation est demandée, qui a pour objet et pour effet de refuser d'accorder une autorisation, doit donc être motivée en application des dispositions précitées.

5. Les requérants soutiennent, dans le dernier état de leurs écritures, que la décision du 21 juillet 2022 est insuffisamment motivée. Toutefois, elle vise expressément les dispositions applicables des articles L. 131-5 suivants du code de l'éducation et mentionne que les éléments constitutifs de la demande d'autorisation d'instruction dans la famille n'établissent pas l'existence d'une situation propre à l'enfant motivant le projet éducatif, que les compétences et activités mentionnées dans le projet éducatif ne répondent pas aux besoins particuliers de l'enfant qui peut en obtenir les bénéfices hors du cadre de l'instruction en famille et que l'enfant ne présente pas de particularités de comportement justifiant un projet pédagogique adapté. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation ne peut être qu'écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 131-1 du code de l'éducation : " L'instruction est obligatoire pour chaque enfant dès l'âge de trois ans et jusqu'à l'âge de seize ans ". Aux termes de l'article L. 131-5 du même code de l'éducation, dans sa version applicable au litige : " Les personnes responsables d'un enfant soumis à l'obligation scolaire définie à l'article L. 131-1 doivent le faire inscrire dans un établissement d'enseignement public ou privé ou bien, à condition d'y avoir été autorisées par l'autorité de l'État compétente en matière d'éducation, lui donner l'instruction en famille. (.) / L'autorisation mentionnée au premier alinéa est accordée pour les motifs suivants, sans que puissent être invoquées d'autres raisons que l'intérêt supérieur de l'enfant : / 1° L'état de santé de l'enfant ou son handicap ; / 2° La pratique d'activités sportives ou artistiques intensives ; / 3° L'itinérance de la famille en France ou l'éloignement géographique de tout établissement scolaire public ; / 4° L'existence d'une situation propre à l'enfant motivant le projet éducatif, sous réserve que les personnes qui en sont responsables justifient de la capacité de la ou des personnes chargées d'instruire l'enfant à assurer l'instruction en famille dans le respect de l'intérêt supérieur de l'enfant. Dans ce cas, la demande d'autorisation comporte une présentation écrite du projet éducatif, l'engagement d'assurer cette instruction majoritairement en langue française ainsi que les pièces justifiant de la capacité à assurer l'instruction en famille. () / La décision de refus d'autorisation fait l'objet d'un recours administratif préalable auprès d'une commission présidée par le recteur d'académie, dans des conditions fixées par décret ". Enfin, aux termes de l'article R. 131-11-5 du même code : " Lorsque la demande d'autorisation est motivée par l'existence d'une situation propre à l'enfant motivant le projet éducatif, elle comprend : / 1° Une présentation écrite du projet éducatif comportant les éléments essentiels de l'enseignement et de la pédagogie adaptés aux capacités et au rythme d'apprentissage de l'enfant, à savoir notamment : / a) Une description de la démarche et des méthodes pédagogiques mises en œuvre pour permettre à l'enfant d'acquérir les connaissances et les compétences dans chaque domaine de formation du socle commun de connaissances, de compétences et de culture ; / b) Les ressources et supports éducatifs utilisés ; / c) L'organisation du temps de l'enfant (rythme et durée des activités) ; / d) Le cas échéant, l'identité de tout organisme d'enseignement à distance participant aux apprentissages de l'enfant et une description de la teneur de sa contribution ; / 2° Toutes pièces utiles justifiant de la disponibilité de la ou des personnes chargées d'instruire l'enfant ; / 3° Une copie du diplôme du baccalauréat ou de son équivalent de la personne chargée d'instruire l'enfant. Le directeur académique des services de l'éducation nationale peut autoriser une personne pourvue d'un titre ou diplôme étranger à assurer l'instruction dans la famille, si ce titre ou diplôme étranger est comparable à un diplôme de niveau 4 du cadre national des certifications professionnelles ; / 4° Une déclaration sur l'honneur de la ou des personnes chargées d'instruire l'enfant d'assurer cette instruction majoritairement en langue française ".

7. Les requérants soutiennent que la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit dès lors que le projet éducatif, qui comporte les éléments essentiels de la pédagogie, permet à l'enfant de recevoir l'enseignement et la pédagogie adaptée à ses capacités et à son rythme, sans que puisse être opposée l'absence de caractérisation d'une situation propre à l'enfant. Toutefois, il résulte des dispositions de l'article L. 131-5 du code de l'éducation issues de la loi n° 2021-1109 du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République, éclairées par les débats parlementaires à l'issue desquels elles ont été adoptées, que le législateur a entendu limiter strictement aux quatre cas mentionnés au point précédent la possibilité pour l'administration de délivrer, à titre dérogatoire, une autorisation pour dispenser l'instruction en famille. Il ressort également de ces débats parlementaires que, s'agissant particulièrement du quatrième et dernier cas, tenant à " l'existence d'une situation propre à l'enfant motivant le projet éducatif ", le législateur a entendu réserver la possibilité d'accorder une dérogation exclusivement lorsque les familles relèvent un besoin de l'enfant à partir duquel elles élaborent un projet éducatif adapté. Dans son avis sur le projet de loi, le Conseil d'État a considéré que le motif visé préserve une possibilité de choix éducatif des parents, mais tiré de considérations propres à l'enfant. En outre, l'étude d'impact de la loi précise que l'instruction en famille constitue désormais une exception au principe de scolarisation obligatoire qui ne peut être accordée qu'en raison de la situation particulière de l'enfant. Il en résulte que l'administration ne saurait délivrer une autorisation pour dispenser l'instruction en famille présentée sur le fondement de ce quatrième cas lorsque les personnes responsables de l'enfant n'établissent pas expressément l'existence d'une situation propre à l'enfant. Pour délivrer une telle autorisation sur ce fondement, l'autorité administrative doit en outre s'assurer, sous le contrôle du juge administratif, que le projet d'instruction en famille comporte les éléments essentiels de l'enseignement et de la pédagogie adaptés aux capacités et au rythme d'apprentissage de l'enfant ainsi que le Conseil constitutionnel a interprété, au point 76 de sa décision n° 2021-823 DC du 13 août 2021, le critère tenant à la situation propre à l'enfant. Ainsi, contrairement à ce que soutiennent les requérants, la seule circonstance que les personnes qui sont responsables du projet éducatif justifient de leur capacité à instruire l'enfant, présentent un projet éducatif sérieux et étayé et s'engagent à assurer cette instruction majoritairement en français n'implique pas que l'autorisation demandée soit octroyée. En l'espèce, il ressort de la décision attaquée qu'elle a été prise aux motifs que l'existence d'une situation propre à l'enfant motivant le projet éducatif n'est pas établie, que les compétences et activités mentionnées dans le projet éducatif ne répondent pas aux besoins particuliers de l'enfant qui peut en obtenir les bénéfices hors du cadre de l'instruction en famille et que l'enfant ne présente pas de particularités de comportement justifiant un projet pédagogique adapté. La seule circonstance que l'enfant se réveille tardivement le matin, qu'il fasse des siestes irrégulières à des horaires variables, qu'il soit très éveillé et qu'il ait besoin de beaucoup bouger ne permet pas d'établir qu'il présente des particularités nécessitant des méthodes et un rythme d'apprentissage spécifiques justifiant la mise en place d'un projet éducatif adapté. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit ne peut qu'être écarté.

8. En quatrième lieu, les requérants soutiennent qu'ils sont victimes d'une rupture d'égalité dès lors que les appréciations portées sur les demandes d'instruction dans la famille sur le fondement des dispositions du 4° de l'article L. 131-5 du code de l'éducation ne sont pas traitées de la même manière sur l'ensemble du territoire par les différents rectorats. Toutefois, ils n'apportent aucun élément au soutien de leurs allégations de rupture d'égalité, laquelle ne saurait résulter de la seule circonstance que les réseaux sociaux se font l'écho de cette hétérogénéité et qu'il aurait été reconnu par le ministère de l'éducation nationale des contrastes très forts entre académies et départements alors que les éléments produits ne permettent pas d'établir que leur enfant se trouve dans une situation identique à celle d'autres enfants s'étant vus octroyés une autorisation d'instruction dans la famille. Par suite, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.

9. En dernier lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.

10. Les requérants soutiennent que la décision attaquée porte atteinte à l'intérêt supérieur de leur enfant et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il existe une pédagogie propre à l'enfant. Toutefois, la seule circonstance que le projet pédagogique s'appuie principalement sur la pédagogique Montessori guidant l'enfant dans l'utilisation des outils adaptés à son évolution et qu'une telle approche n'est pas dispensée dans les écoles publiques ou privées à un prix abordable ne permet pas d'établir que l'enfant ne pourra pas poursuivre normalement sa scolarité dans un établissement d'enseignement. En tout état de cause, la Cour européenne des droits de l'homme, dans sa décision du 11 septembre 2006, Konrad c. Allemagne, n° 35504/03, n'a pas exclu la possibilité pour les États parties à la convention de prévoir une obligation de scolarisation et le Conseil d'État a reconnu que l'obligation d'instruction dans un établissement d'enseignement ne peut être regardée comme portant atteinte à l'intérêt supérieur de l'enfant. Dans ces conditions, les requérant ne sont pas fondés à soutenir que la décision attaquée porte atteinte à l'intérêt supérieur de leur enfant, ni qu'elle serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. Par suite, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.

11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions des requérants tendant à l'annulation de la décision par laquelle la commission d'appel du 21 juillet 2022 a rejeté leur recours préalable obligatoire contre la décision du 13 juin 2022 leur refusant l'autorisation d'instruction en famille de leur fils doivent être rejetées. Par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées, ainsi que leurs conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B et de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E B et M. F C, et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.

Copie en sera adressée au recteur de l'académie de Créteil.

Délibéré après l'audience du 4 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Mullié, présidente,

Mme Jeannot, première conseillère,

Mme Blanc, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 novembre 2022.

La rapporteure,

F. GLa présidente,

N. MULLIE

La greffière,

C. ROUILLARD

La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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