mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2207165 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ATGER |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée sous le n° 2207165, le 22 juillet 2022, Mme A B, représentée par Me Atger, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 juillet 2022 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil qui lui avaient été accordées en qualité de demandeur d'asile ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'OFII de la rétablir dans ses conditions matérielles d'accueil et de lui verser l'allocation de demandeur d'asile à titre rétroactif, ou à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans un délai de quarante-huit heures à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
4°) en cas d'admission à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil, de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;
5°) à défaut d'admission à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision en litige est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux sa situation ;
- elle est irrégulière en ce qu'elle n'a pas été mise en mesure de présenter des observations écrites ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce qu'elle ne tient pas compte de sa vulnérabilité ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en ce que l'arrêté de transfert pris à son encontre a été annulé le 5 juillet 2022 par la cour administrative d'appel de Versailles ;
- cette décision est incompatible avec les articles 17 et 20 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 ;
- elle est entachée d'erreurs dans la matérialité des faits en ce qu'elle n'a pas refusé d'embarquer ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la décision procède d'une appréciation erronée de sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juillet 2023, l'OFII, représenté par son directeur général, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable ;
- les autres moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une lettre du 29 mars 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que la requête est irrecevable dès lors que la décision de cessation des conditions matérielles d'accueil en litige présente un caractère superfétatoire, Mme B ne s'étant jamais vu accorder ces conditions matérielles d'accueil puisque la décision du 29 septembre 2021 devenue définitive du directeur de l'OFII lui a opposé un refus.
En réponse à cette information, la requérante a présenté des observations, enregistrées le 29 mars 2024 et l'OFII, représenté par son directeur général, a présenté des observations, enregistrée le 5 avril 2024.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision n° 2022/3563 du 19 octobre 2022.
II. Par une ordonnance du 29 juillet 2022, la présidence de la 8ème chambre du tribunal administratif de Versailles a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par Mme A B.
Par une requête, enregistrée le 20 juillet 2022 sous le n° 2208269, Mme B, représentée par Me Atger, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 juillet 2022 par laquelle le directeur général de l'OFII a mis fin au bénéfice des conditions matérielles d'accueil qui lui avaient été accordées en qualité de demandeur d'asile ;
2°) d'enjoindre au directeur général de l'OFII de la rétablir dans ses conditions matérielles d'accueil et de lui verser l'allocation de demandeur d'asile à titre rétroactif, ou à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans un délai de quarante-huit heures à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
4°) en cas d'admission à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil, de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;
5°) à défaut d'admission à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soulève les mêmes moyens que ceux qu'elle invoque à l'appui de sa requête enregistrée sous le n° 2207165.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 juillet 2023, l'OFII, représenté par son directeur général, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable ;
- les autres moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une lettre du 29 mars 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen tiré de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que la requête est irrecevable dès lors que la décision de cessation des conditions matérielles d'accueil en litige présente un caractère superfétatoire, Mme B ne s'étant jamais vu accorder ces conditions matérielles d'accueil puisque la décision du 29 septembre 2021 devenue définitive du directeur de l'OFII lui a opposé un refus.
En réponse à cette information, la requérante a présenté des observations, enregistrées le 29 mars 2024 et l'OFII, représenté par son directeur général, a présenté des observations, enregistrée le 5 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- la directive n° 2013/33/UE du 26 juin 2013 du Parlement européen et du Conseil établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Félicie Bouchet, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
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Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante guinéenne, a sollicité l'asile le 29 septembre 2021 et a refusé le même jour le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par une décision du 29 septembre 2021, le directeur général de l'OFII a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif qu'elle avait refusé l'orientation en région qui lui avait été proposée. Par une décision du 5 juillet 2022, dont Mme B demande l'annulation, le directeur général de l'OFII a décidé de mettre fin à ses conditions matérielles d'accueil au motif qu'elle n'avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile.
Sur la jonction des affaires :
2. Les requêtes enregistrées sous les numéros 2207165 et 2208269, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de procéder à leur jonction et d'y statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Il ressort des pièces du dossier que, à la date de la décision attaquée, Mme B ne bénéficiait pas des conditions matérielles d'accueil dès lors que, par une décision, devenue définitive, du 29 septembre 2021, le directeur général de l'OFII a refusé de lui en accorder le bénéfice. Dans ces conditions, la décision de cessation des conditions matérielles d'accueil du 5 juillet 2022 présente un caractère superfétatoire dès lors que, à la date de la décision attaquée, la requérante n'avait jamais bénéficié desdites conditions et qu'elle n'avait pas non plus sollicité le réexamen de sa situation en vue de l'octroi des conditions matérielles d'accueil. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de cette décision ne peuvent qu'être rejetées comme irrecevables.
4. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes de Mme B doivent être rejetées, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles qui tendent à l'application de des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E:
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Les requêtes de Mme B sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 31 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Timothée Gallaud, président,
Mme Félicie Bouchet, première conseillère,
M. Dominique Binet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.
La rapporteure,
F. BouchetLe président,
T. Gallaud
La greffière,
L. Potin
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Nos 2207165 et 2208269
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026