mercredi 3 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2207251 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP DAGNEAU-BACHIMONT & DUQUESNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 juillet 2022, M. D F, retenu au centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot n°2, représenté par Me Dagneau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 juillet 2022 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une durée d'un an et l'a informé de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.
Il soutient que :
- les décisions litigieuses ont été signées par une autorité incompétente ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen sérieux et particulier ;
- elles ont été prises en méconnaissance du principe du contradictoire garanti par le paragraphe 2 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences sur sa situation personnelle ;
- elles sont entachées d'une erreur de droit ;
- elles méconnaissent les articles 3 et 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 août 2022, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. F ne sont pas fondés.
Le centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot n° 2 a communiqué des pièces enregistrées le 1er août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme G pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles R. 776-13-1 et suivants, R. 776-15, R. 777-1 et suivants, R. 777-2 et suivants et R. 777-3 et suivants du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme G ;
- les observations de Me Dagneau, représentant M. F, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens, en précisant, en outre, que contrairement à ce qui a été indiqué dans la requête, M. F n'est pas arrivé en France en janvier 2020 mais plus récemment, qu'il ne vit pas à Aubervilliers mais était hébergé chez l'un de ses cousins à B, ce que l'arrêté ne mentionne au demeurant pas, et développe le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entachée la décision attaquée ;
- les observations de M. F, assisté de M. E, interprète en langue arabe, qui indique regretter son geste et précise que son oncle et son cousin sont en situation régulière sur le territoire français.
Le préfet des Hauts-de-Seine n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D F, ressortissant algérien né le 10 septembre 1998 à Alger, a été interpellé par les services de police le 22 juillet 2022 pour des faits de vol en réunion et de port sans motif légitime d'arme blanche ou incapacitante de catégorie D, et a été placé en garde à vue. Le lendemain, le préfet des Hauts-de-Seine a pris à son encontre un arrêté, notifié le
23 juillet 2022, portant obligation de quitter le territoire français sans délai, lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée d'un an, et l'informant de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. En vue de l'exécution de cette mesure, le préfet des Hauts-de-Seine a décidé d'un placement au centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot. Par la présente requête, M. F demande l'annulation de l'arrêté du 23 juillet 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2022-044 du 2 mai 2022, publié le même jour au recueil des actes administratifs, le préfet des Hauts-de-Seine a donné à M. C A, sous-préfet, délégation à l'effet de signer " tous documents et décisions se rapportant à la situation et au séjour des étrangers ", en cas d'absence ou d'empêchement d'autorités dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elles n'ont pas été absentes ou empêchées lors de la signature de l'acte attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté contesté, tant en ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire, le refus d'accorder un délai de départ volontaire que la mesure d'interdiction de retour sur le territoire, comporte l'énoncé des dispositions dont il a été fait application, et qui constituent le fondement légal de chacune des décisions, ainsi que des circonstances de fait au vu desquelles il a été pris et notamment, de la situation personnelle et administrative du requérant. Il examine également si le requérant peut être regardé comme présentant des circonstances humanitaires qui justifieraient qu'aucune interdiction de retour sur le territoire français ne soit prononcée à son encontre. Contrairement à ce que soutient le requérant, le préfet des Hauts-de-Seine n'était pas tenu de mentionner de manière exhaustive tous les éléments relatifs à la situation personnelle dont il entendait se prévaloir, et notamment la présence alléguée de l'un de ses cousins en France. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté contesté n'est pas fondé, et doit être écarté en toutes ses branches.
4. En troisième lieu, il ressort de l'examen de l'arrêté litigieux, notamment des mentions de fait précises y figurant, que le préfet des Hauts-de-Seine a procédé à l'examen particulier de la situation du requérant.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires réglées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ".
6. Le moyen tiré de la violation de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne est inopérant dès lors qu'il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne que cet article s'adresse non aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union.
7. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que M. F s'est vu notifier l'arrêté contesté au terme d'une garde-à-vue faisant suite à son interpellation, le
22 juillet 2022. Il ressort des procès-verbaux de son audition par les services de police, lors de cette garde-à-vue, qu'il a été interrogé sur sa situation administrative au regard du droit au séjour en France. Il a été informé qu'une procédure d'éloignement était susceptible d'être engagée à son encontre, et mis à même de présenter des observations sur cette éventualité. Il s'ensuit que l'intéressé a été régulièrement mise à même de porter utilement à la connaissance de l'autorité préfectorale les informations pertinentes tenant à sa situation personnelle avant l'adoption de la mesure d'éloignement attaquée et des décisions qui l'assortissent. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions attaquées ont été prises en méconnaissance du principe du contradictoire doit être écarté.
8. En cinquième lieu, le moyen tiré de ce que l'arrêté est entaché d'erreur de droit n'est assorti d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé.
9. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
10. Il est constant que M. F est célibataire et sans charge de famille. Il ressort du procès-verbal de son audition du 23 juillet 2022 qu'il a déclaré n'avoir aucune famille sur le territoire français, ses parents et ses frères et sœurs résidant en Algérie. S'il indique devant le tribunal être hébergé à B chez l'un de ses cousins en situation régulière, cette circonstance n'est pas établie et ne permet, en tout état de cause, pas à elle-seule de conclure que le centre de ses intérêts privés et familiaux s'établirait désormais en France. M. F a en outre déclaré durant cette audition être sans domicile fixe, sans profession, et être entré sur le territoire français " il y a quinze jours ". Dans ces conditions, l'arrêté litigieux n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut être qu'écarté.
11. En septième lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entachée l'arrêté litigieux doit être écarté pour les mêmes raisons que celles exposées au point précédent.
12. En huitième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants ".
13. Le requérant ne se prévaut d'aucune circonstance particulière en vue d'établir qu'il serait personnellement et actuellement exposé à un risque pour sa liberté ou son intégrité physique en cas de retour dans son pays d'origine. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, qui n'est au demeurant opérant qu'à l'encontre de la décision fixant le pays à destination duquel il sera éloigné, doit être écarté.
14. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. F doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. F est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mohamed F et au préfet des Hauts-de-Seine.
Lu en audience publique le 3 août 2022.
Le magistrate désignée,
Signé : M. G
La greffière,
Signé : S. AÏT MOUSSA
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
S. AÏT MOUSSA
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026