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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2207262

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2207262

jeudi 29 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2207262
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCLOIX & MENDES-GIL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 25 juillet 2022, le 10 août 2022 et le 25 août 2022, M. G et Mme F A, représentés par Me Balme Leygues, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 5 juillet 2022 par lequel le maire de Bry-sur-Marne a délivré à M. et Mme E un permis de construire une maison individuelle sur un terrain sis 67, rue de la République et de la décision du 11 juillet 2022 rejetant leur recours gracieux, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Bry-sur-Marne une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ils ont intérêt leur donnant qualité à agir aux motifs qu'ils sont voisins immédiats du terrain d'assiette du projet, que la nouvelle construction sera accolée à leur mur mitoyen, ils vont subir une perte d'ensoleillement et que la nouvelle construction aura des dimensions nettement plus importantes que la construction initiale ;

- la formalité prévue par les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme a été respectée ;

- la condition d'urgence est satisfaite eu regard aux dispositions de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme et au fait que les travaux de démolition ont commencé ;

- il existe des moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité du permis de construire attaqué aux motif que :

- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;

- le dossier de demande de permis de construire est incomplet au regard des dispositions de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme en l'absence de pièce attestant de la " prise en compte des exigences de performance énergétique et environnementale " ;

- le dossier de demande de permis de construire est incomplet dès lors que l'état initial du terrain et les modifications apportées à l'aménagement extérieur ne sont pas présentés, que rien n'est dit de l'insertion du projet dans son environnement, qu'il n'y a pas de photographie du terrain au regard de son environnement lointain, que le document graphique ne fait pas figurer les constructions avoisinantes et que le plan de masse ne comporte pas les modalités de raccordement aux réseaux ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article UE 4 du règlement du plan local d'urbanisme, ainsi que celles du règlement de la zone orange du plan de prévention du risque inondation relatives à l'emprise au sol ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article UE 5 du règlement du plan local d'urbanisme relatives à la hauteur ;

- le projet méconnaît les dispositions des articles UE 6.5 et 7 du règlement du plan local d'urbanisme relatives à l'implantation des constructions, ainsi que celles de l'article R. 111-27 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article UE 7.8 du règlement du plan local d'urbanisme relatives à la hauteur des pare-vues de la terrasse ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article UE 9 du règlement du plan local d'urbanisme relatives à l'insertion de la construction ;

- le projet méconnaît les dispositions du règlement de la zone orange du plan de prévention du risque inondation dès lors que le sous-sol n'est pas destiné uniquement au stationnement des voitures, que les cotes ngf ne sont pas indiquées et que les dispositions de l'article 2.2 ne sont pas respectées ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;

- la demande reconventionnelle des pétitionnaires constitue un pouvoir propre du juge

Par des mémoires en défense, enregistrés le 9 août 2022 et le 24 août 2022, la commune de Bry-sur-Marne, représentée par Me Destarac, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les requérants sont dépourvus d'intérêt leur donnant qualité à agir ;

- la formalité prévue par les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme n'a pas été respectée ;

- les moyens invoqués par les requérants ne sont pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée aux motifs que :

- l'arrêté litigieux a été signé par une autorité compétente ;

- le dossier de demande de permis de construire est complet ;

- le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UE 4 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté dès lors que la notion d'emprise au sol au sens du règlement du plan local d'urbanisme n'est pas la même que celle applicable au sens du plan de prévention du risque inondation ;

- le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UE 5 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté ;

- le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UE 6.5 et 7 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme doit être écarté ;

- le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UE 7.8 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté ;

- le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UE 9 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté ;

- le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du règlement de la zone orange du plan de prévention du risque inondation doit être écarté ;

- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.

Par un mémoire enregistré le 22 août 2022, M. B et Mme C E, représentés par Me Giorno, concluent au rejet de la requête, à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et à la condamnation des requérants à verser une amende pour recours abusif en application des dispositions de l'article R. 741-12 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- les requérants sont dépourvus d'intérêt leur donnant qualité à agir ;

- les moyens invoqués par les requérants ne sont pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée aux motifs que :

- l'arrêté litigieux a été signé par une autorité compétente ;

- le dossier de demande de permis de construire est complet ;

- le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UE 4 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté dès lors que la notion d'emprise au sol au sens du règlement du plan local d'urbanisme n'est pas la même que celle applicable au sens du plan de prévention du risque inondation ;

- le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UE 5 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté ;

- le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UE 6.5 et 7 du règlement du plan local d'urbanisme et de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme doit être écarté ;

- le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UE 7.8 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté ;

- le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UE 9 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté ;

- le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du règlement de la zone orange du plan de prévention du risque inondation doit être écarté ;

- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 25 juillet 2022 sous le numéro 2207258 par laquelle les requérants demandent l'annulation des décisions attaquées.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme D pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Gêne, greffier d'audience, Mme D a lu son rapport et entendu :

- les observations des requérants, représentés par Me Leplat, substituant Me Balme Leygues : ils concluent aux mêmes fins que leurs précédentes écritures, par les mêmes moyens ;

- les observations de la commune de Bry-sur-Marne, représentée par Me Barreau, qui conclue aux mêmes fins que ses précédentes écritures, par les mêmes moyens ;

- les pétitionnaires, représentés par Me Giorno : ils concluent aux mêmes fins que leurs précédentes écritures, par les mêmes moyens.

L'instruction est close à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme E sont propriétaires d'un terrain si 67 rue de la République à Bry-sur-Marne. Le 23 décembre 2021, ils sont sollicité la délivrance d'un permis de construire une maison individuelle sur ce terrain. Par un arrêté du 5 mai 2022, le maire de Bry-sur-Marne leur a délivré le permis de construire sollicité. Le 9 juin 2022, les requérants ont formé contre cet arrêté un recours gracieux, qui a été rejetée par un courrier du 11 juillet 2022. Les requérants demandent la suspension de l'exécution de l'arrêté litigieux et de la décision rejetant leur recours gracieux.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ".

3. Considérant que M. et Mme A soutiennent que l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente, que le dossier de demande de permis de construire est incomplet au regard des dispositions de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme en l'absence de pièce attestant de la " prise en compte des exigences de performance énergétique et environnementale ", que le dossier de demande de permis de construire est incomplet dès lors que l'état initial du terrain et les modifications apportées à l'aménagement extérieur ne sont pas présentés, que rien n'est dit de l'insertion du projet dans son environnement, qu'il n'y a pas de photographie du terrain au regard de son environnement lointain, que le document graphique ne fait pas figurer les constructions avoisinantes et que le plan de masse ne comporte pas les modalités de raccordement aux réseaux, que le projet méconnaît les dispositions de l'article UE 4 du règlement du plan local d'urbanisme, ainsi que celles du règlement de la zone orange du plan de prévention du risque inondation relatives à l'emprise au sol, que le projet méconnaît les dispositions de l'article UE 5 du règlement du plan local d'urbanisme relatives à la hauteur, que le projet méconnaît les dispositions des articles UE 6.5 et 7 du règlement du plan local d'urbanisme relatives à l'implantation des constructions, ainsi que celles de l'article R. 111-27 du règlement du plan local d'urbanisme, que le projet méconnaît les dispositions de l'article UE 7.8 du règlement du plan local d'urbanisme relatives à la hauteur des pare-vues de la terrasse, que le projet méconnaît les dispositions de l'article UE 9 du règlement du plan local d'urbanisme relatives à l'insertion de la construction, que le projet méconnaît les dispositions du règlement de la zone orange du plan de prévention du risque inondation dès lors que le sous-sol n'est pas destiné uniquement au stationnement des voitures, que les côtes ngf ne sont pas indiquées et que les dispositions de l'article 2.2 ne sont pas respectées et que le projet méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision attaquée doivent être rejetées.

Sur les dispositions de l'article R. 741-12 du code de justice administrative :

5. Aux termes de l'article R. 741-12 du code de justice administrative : " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros ".

6. La faculté prévue par ces dispositions constitue un pouvoir propre du juge, de sorte que les bénéficiaires du permis de construire contesté ne sont pas fondés à présenter une demande à ce titre.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

7. Ces dispositions font obstacle aux conclusions des requérants dirigées contre la commune de Bry-sur-Marne, qui n'est pas, dans la présente instance de référé, la partie perdante. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. et Mme A, la somme de 750 euros à verser, d'une part, à la commune de Bry-sur-Marne et, d'autre part, à M. et Mme E en application desdites dispositions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.

Article 2 : M. et Mme A verseront à la commune de Bry-sur-Marne la somme de 750 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : M. et Mme A verseront à M. et Mme E la somme de 750 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Les conclusions présentées par M. et Mme E en application des dispositions de l'article R. 741-12 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. G et Mme F A, à M. et Mme C E et à la commune de Bry-sur-Marne.

La juge des référés,

Signé : Nathalie D

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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