LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2207287

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2207287

jeudi 15 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2207287
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation5ème chambre
Avocat requérantOFFICIO AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a été saisi par Mme A, cadre de santé territoriale, d’un recours en excès de pouvoir contre l’arrêté du maire de Nogent-sur-Marne du 1er juin 2022 refusant son placement en congé de longue durée pour dépression. La requérante invoquait notamment une erreur de droit, le maire s’étant estimé lié par l’avis défavorable du conseil médical, et une méconnaissance des articles L. 822-6 à L. 822-17 du code général de la fonction publique. Le tribunal a annulé l’arrêté attaqué, considérant que la commune avait commis une erreur de droit en se croyant liée par l’avis du conseil médical, et a enjoint à la commune de réexaminer la demande de Mme A.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 26 juillet 2022 et 7 avril 2023, Mme B A, représentée par Me Cochereau, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 1er juin 2022 par lequel le maire de la commune de Nogent-sur-Marne a refusé de faire droit à sa demande de placement en congé de longue durée ;

2°) d'enjoindre à la commune de Nogent-sur-Marne de la placer en congé de longue durée à compter du 14 octobre 2019 et de procéder à la reconstitution de sa carrière ou, à défaut, de réexaminer sa situation, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Nogent-sur-Marne la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme A soutient que :

- l'arrêté attaqué a été pris au terme d'une procédure irrégulière, dès lors que les procédures de consultation du conseil médical par le maire de Nogent-sur-Marne sont entachées de plusieurs irrégularités ;

- il est entaché d'une erreur de fait, dès lors que le conseil médical n'a rendu aucun avis en date du 11 mai 2022 ;

- il est entaché d'une erreur de droit, dès lors que le maire de Nogent-sur-Marne s'est cru lié par l'avis du conseil médical, méconnaissant ainsi l'étendue de sa compétence ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 822-12 du code général de la fonction publique, dès lors qu'elle remplit toutes les conditions légales d'octroi d'un congé de longue durée.

Par un mémoire en défense enregistré le 15 février 2023, la commune de Nogent-sur-Marne, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique territoriale ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Massengo, rapporteure,

- les conclusions de M. Gauthier-Ameil, rapporteur public,

- et les observations de Me Agnoletti, substituant Me Cochereau, représentant la requérante.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, titulaire du grade de cadre de santé de 1ère classe, a été recrutée par la commune de Nogent-sur-Marne en 1996 en qualité de directrice de crèche. Elle a été placée en congé de maladie ordinaire, ultérieurement requalifié en congé de longue maladie, à compter du 14 octobre 2019, en raison d'un état dépressif et anxieux. Par un courrier du 14 novembre 2020, le médecin spécialiste de Mme A a saisi le comité médical d'une demande de placement de l'intéressée en congé de longue durée à compter du 14 octobre 2019. A la suite de l'avis rendu par le conseil médical le 25 mars 2021, favorable à la prolongation du congé de longue maladie et défavorable à l'octroi d'un congé de longue durée, le maire de Nogent-sur-Marne a refusé de placer Mme A en congé de longue durée par un arrêté du 2 avril 2021, ultérieurement retiré par un arrêté du 22 septembre 2021 compte tenu des irrégularités qui l'entachaient. Par un arrêté du 1er juin 2022, dont Mme A demande l'annulation par la requête susvisée, cette autorité a réitéré son refus de faire droit à sa demande de placement en congé de longue durée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes des dispositions de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, codifiées aux articles L. 822-6 à L. 822-17 du code général de la fonction publique : " Le fonctionnaire en activité a droit : / 3° A des congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaires un traitement et des soins prolongés et présente un caractère invalidant et de gravité confirmée. Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement pendant un an ; le traitement est réduit de moitié pendant les deux années qui suivent. () / 4° A un congé de longue durée, en cas de tuberculose, maladie mentale, affection cancéreuse, poliomyélite ou déficit immunitaire grave et acquis, de trois ans à plein traitement et de deux ans à demi-traitement. Le fonctionnaire conserve ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. / Sauf dans le cas où le fonctionnaire ne peut être placé en congé de longue maladie à plein traitement, le congé de longue durée ne peut être attribué qu'à l'issue de la période rémunérée à plein traitement d'un congé de longue maladie. Cette période est réputée être une période du congé de longue durée accordé pour la même affection. Tout congé attribué par la suite pour cette affection est un congé de longue durée. /()/ ".

3. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a été placée en congé de longue maladie à raison d'un syndrome dépressif, à compter du 14 octobre 2019. En procédant ainsi, le maire de Nogent-sur-Marne a nécessairement admis que cette pathologie mettait l'intéressée dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rendait nécessaire un traitement et des soins prolongés et présentait un caractère invalidant et de gravité confirmée. A l'issue de la période de congé de longue maladie durant laquelle elle était rémunérée à plein traitement, l'intéressée a demandé l'octroi d'un congé de longue durée à raison de cette même pathologie psychique n'ayant pas connu d'évolution favorable, qui revêt le caractère d'une maladie mentale au sens des dispositions précitées. Dès lors, en considérant que Mme A ne remplissait pas les conditions d'octroi d'un congé de longue durée, le maire de Nogent-sur-Marne a méconnu les dispositions précitées.

4. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que l'arrêté du maire de Nogent-sur-Marne du 1er juin 2022 est entaché d'illégalité et doit être annulé.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

5. L'annulation de l'arrêté du 1er juin 2022 implique nécessairement, eu égard au motif d'annulation retenu, que la commune de Nogent-sur-Marne place Mme A en congé de longue durée. Lorsque le placement en congé de longue durée fait suite à un congé de longue maladie attribué au titre de la même affection, la période de congé de longue maladie à plein traitement doit être décomptée comme une période de congé de longue durée. Dès lors, il y a lieu d'enjoindre à la commune de Nogent-sur-Marne de placer Mme A en congé de longue durée à plein traitement à compter du 14 octobre 2019 et jusqu'à épuisement de ses droits ou cessation des conditions légales, et d'en tirer toutes les conséquences de droit, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de la commune de Nogent-sur-Marne une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens. Ces mêmes dispositions font en revanche obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Nogent-sur-Marne demande au titre des frais exposés, qu'elle ne démontre d'ailleurs pas, et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du maire de Nogent-sur-Marne du 1er juin 2022 est annulé.

Article 2 : Il est enjoint à la commune de Nogent-sur-Marne de placer Mme A en congé de longue durée à compter du 14 octobre 2019 et jusqu'à l'épuisement de ses droits ou la cessation des conditions légales, et d'en tirer toutes les conséquences de droit, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : La commune de Nogent-sur-Marne versera à Mme A une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Nogent-sur-Marne.

Délibéré après l'audience du 28 avril 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Ledamoisel, présidente,

Mme Massengo, conseillère,

Mme Bourrel Jalon, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 15 mai 2025.

La rapporteure,

C. MASSENGOLa présidente,

C. LEDAMOISELLa greffière,

V. TAROT

La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions