mardi 31 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2207690 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELAS MIALET- AMEZIANE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 5 août 2022, le 12 décembre 2022 et le
16 décembre 2022, Mme B A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 22 juin 2022 du maire de la commune de Périgny-sur-Yerres portant retrait de délégation de fonctions et de signature.
Elle soutient que :
- les motifs d'une présence insuffisante et d'une rupture de confiance envers la majorité municipale ne sont pas fondés ;
- elle est et reste présente depuis son élection le 25 mai 2020 ;
- la majorité municipale n'a pas délibéré sur ce sujet ;
- elle n'a pas été prévenue de ce retrait par le maire, et n'a appris l'existence de l'arrêté litigieux que le 22 juin 2022, par un appel téléphonique d'un agent de la mairie la prévenant qu'un arrêté avait été affiché publiquement, alors que le 20 juin 2022, soit deux jours avant l'affichage elle a accompagné le maire à la remise des cadeaux des élèves de CM2 à l'école Georges Huré à sa demande ;
- la raison de ce retrait est extra-communale ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- l'arrêté attaqué est entaché de détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 novembre 2022, la commune de Périgny-sur-Yerres, représentée par Me Mialet conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de
2 000 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pradalié,
- les conclusions de M. Allègre, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a été élue le 25 mai 2020 en qualité de 1ère adjointe au maire de la commune de Périgny-sur-Yerres. Par un arrêté en date du 22 juin 2022 portant retrait de délégation de fonctions et de signature, le maire de la commune de Périgny-sur-Yerres a retiré à Mme A toutes les délégations de fonctions et de signature qui lui avaient été consenties. Mme A demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 100-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Le présent code régit les relations entre le public et l'administration en l'absence de dispositions spéciales applicables. / Sauf dispositions contraires du présent code, celui-ci est applicable aux relations entre l'administration et ses agents ". Aux termes de l'article L. 100-3 du même code : " Au sens du présent code et sauf disposition contraire de celui-ci, on entend par : / 1° Administration : les administrations de l'Etat, les collectivités territoriales (). / 2° Public : a) Toute personne physique ; () ". D'autre part, l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales dispose : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints (). / () Lorsque le maire a retiré les délégations qu'il avait données à un adjoint, le conseil municipal doit se prononcer sur le maintien de celui-ci dans ses fonctions ". Enfin, aux termes de l'article L. 2122-20 du même code : " Les délégations données par le maire en application des articles L. 2122-18 et L. 2122-19 subsistent tant qu'elles ne sont pas rapportées. ".
3. La décision par laquelle le maire rapporte la délégation qu'il a consentie à l'un de ses adjoints est une décision à caractère réglementaire qui a pour objet la répartition des compétences entre les différentes autorités municipales. Une telle décision ne relève pas du champ défini par les dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré de l'absence de motivation de l'arrêté en litige par lequel le maire de la commune de Périgny-sur-Yerres a retiré à Mme A les délégations de fonctions qui lui avaient été consenties doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il résulte des dispositions précédemment rappelées des articles L. 2122-18 et L. 2122-20 du code général des collectivités territoriales qu'il est loisible au maire d'une commune, sous réserve que sa décision ne soit pas inspirée par des motifs matériellement inexacts ou étrangers à la bonne marche de l'administration communale, de mettre un terme, à tout moment, aux délégations de fonctions qu'il avait données à l'un de ses adjoints ou à un autre membre du conseil municipal.
5. Pour contester la décision litigieuse, Mme A soutient qu'elle est présente depuis son élection le 25 mai 2020, et produit dans ce cadre de nombreuses pièces pour établir sa présence lors de séances du conseil municipal, lors de conseils d'école et à l'occasion de plusieurs évènements municipaux. Elle soutient également que le concubin du maire de la commune de Périgny-sur-Yerres a provoqué une altercation publique avec elle lors de la fête de la musique de la ville organisée le 21 juin 2022. Elle produit dans ce cadre un procès-verbal de dépôt de plainte en date du 22 juin 2022 dans lequel elle indique avoir été victime d'outrage à personne chargée d'une mission de service public le 21 juin 2022 à 22h00. Il ressort toutefois des pièces du dossier que l'arrêté contesté se fonde notamment sur " la présence insuffisante et la rupture de confiance envers le maire et la majorité municipale ", le maire soutenant dans ce cadre sans être sérieusement contredit par la requérante qu'il " a été contraint de signer les parapheurs en raison de l'absence de Mme A et d'assister à plusieurs réunions à sa place en préfecture, auprès du rectorat ou des services de la DRIHL ". En outre, le maire de la commune soutient également que Mme A aurait eu un comportement violent à l'égard de son concubin en public. Dans ces conditions, le retrait par le maire des délégations accordées à Mme A ne peut être regardé comme ayant été inspiré par des motifs matériellement inexacts ou étrangers à la bonne marche de l'administration communale. L'arrêté du 22 juin 2022 n'est ainsi entaché ni d'erreur manifeste d'appréciation, ni d'une erreur de droit. Par ailleurs, il ne ressort pas des éléments produits que l'arrêté serait entaché d'un détournement de pouvoir.
6. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que par une délibération en date du 27 septembre 2022, le conseil municipal de la commune de Périgny-sur-Yerres a voté contre le maintien de Mme A dans ses fonctions d'adjointe au maire, par 13 voix contre le maintien, 9 voix pour le maintien et 1 abstention. Par suite, le moyen tiré de ce que le conseil municipal ne s'est pas prononcé sur le maintien de Mme A dans ses fonctions d'adjointe au maire doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée en toutes ses conclusions.
Sur les frais liés au litige :
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A une somme à verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à la commune de Périgny-sur-Yerres.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Périgny-sur-Yerres présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3: Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Périgny-sur-Yerres.
Délibéré après l'audience du 19 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Lalande, président,
M. Pradalié, premier conseiller,
M. Fanjaud, conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 31 décembre 2024.
Le rapporteur,
G. PRADALIELe président,
D. LALANDE
La greffière,
C. KIFFER
La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026