jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2207946 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre, JU |
| Avocat requérant | SCP DAGNEAU-BACHIMONT & DUQUESNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 août 2022, Mme G A demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 7 juin 2022 par lesquelles la préfète du Val-de-Marne l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer, conformément aux dispositions de l'article L. 512-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une autorisation provisoire de séjour et, sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, de lui délivrer une carte de séjour temporaire dans le délai de 15 jours suivant la notification du jugement à intervenir ;
3°) à défaut, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne, sur le fondement de l'article
L. 911-2 du code de justice administrative, de réexaminer sa situation administrative dans les mêmes conditions de délai.
Elle soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'incompétence ;
- la mesure d'éloignement :
* est insuffisamment motivée ;
* méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article
L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
* méconnaît les stipulations de l'article 3 paragraphe 1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la décision fixant le pays de destination :
* méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions de l'article
L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* méconnaît les dispositions de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La demande d'aide juridictionnelle de Mme A a été rejetée par une décision du
20 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné M. Lalande, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lalande,
- les observations de Me Dagneau, représentant Mme A, présente et assistée de
M. C, interprète en langue wolof, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens, et les observations de Me Capuano, représentant la préfète du Val-de-Marne, qui conclut au rejet de la requête, en faisant valoir que les moyens soulevés sont infondés.
Considérant ce qui suit :
1. Mme G A, ressortissante sénégalaise née le 13 aout 1985 à Sedhiou (république du Sénégal), a présenté une demande d'asile qui a été rejetée par la Cour nationale du droit d'asile le 30 décembre 2021. Par arrêté du 7 juin 2022, la préfète du Val-de-Marne a obligé Mme A à quitter le territoire français dans le délai de trente jours sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée. Par la présente requête, l'intéressée demande au tribunal l'annulation des décisions, contenues dans l'arrêté précité du 7 juin 2022, par lesquelles la préfète du Val-de-Marne l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être reconduite.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il ressort des pièces du dossier que Mme A vit avec M. B D, ressortissant bissau-guinéen titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle " vie privée et familiale " valable du 13 juin 2021 au 12 juin 2023, qu'elle est hébergée par ce dernier, que celui-ci a déclaré dès le
29 novembre 2019 reconnaître l'enfant à naître de Mme A et que celle-ci, la jeune F D, est née le 1er avril 2020 à Saint-Maurice (Val-de-Marne). Par ailleurs, Mme A produit un certificat médical, dressé par le docteur H E, gynécologue-obstétricien au centre médical Belle-Épine de Thiais (94320), indiquant qu'elle a été excisée, de sorte qu'étant originaire de la région de Sedhiou (Sénégal), où les données disponibles publiquement indiquent un taux d'excision de 86,3 %, sa fille est fortement exposée au risque d'être excisée sous la contrainte de sa famille. En outre, il n'est pas établi que Mme A et M. D, qui ne sont pas de la même nationalité, pourraient poursuivre leur vie familiale, qui dure depuis plusieurs années sur le territoire français, en dehors de ce territoire. Par suite, dans les circonstances de l'espèce, la décision par laquelle la préfète du Val-de-Marne a obligé la requérante à quitter le territoire français doit être regardée comme étant entachée d'erreur manifeste d'appréciation. Dès lors, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens, il y a lieu d'annuler la décision portant obligation de quitter le territoire et, par voie de conséquence, la décision fixant le pays à destination duquel Mme A est susceptible d'être éloignée d'office.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
3. Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. ". Aux termes de l'article L. 911-3 de ce code : " La juridiction peut assortir, dans la même décision, l'injonction prescrite en application des articles L. 911-1 et L. 911-2 d'une astreinte qu'elle prononce dans les conditions prévues au présent livre et dont elle fixe la date d'effet. ". Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles () L. 741-1 (), et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas. ".
4. En l'espèce, compte tenu de l'annulation qui est prononcée, il y a lieu d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne, ou à tout autre préfet territorialement compétent, de procéder au réexamen de la situation de Mme A et de prendre une nouvelle décision, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, et de lui remettre dans un délai d'un mois à compter de cette même notification une autorisation provisoire de séjour, valable jusqu'à ce réexamen.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté en date du 7 juin 2022, par lequel la préfète du Val-de-Marne a obligé
Mme A à quitter le territoire français dans un délai de trente jours à compter de la notification de l'arrêté et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être éloignée d'office, est annulé.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Val-de-Marne, ou à tout autre préfet compétent, de procéder au réexamen de la situation de Mme A et de prendre une nouvelle décision dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement et de lui remettre dans le délai d'un mois suivant cette même notification une autorisation provisoire de séjour, valable jusqu'à ce réexamen.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme G A et à la préfète du Val-de-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
D. LALANDE
La greffière,
C. KIFFER
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2207946
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026