mardi 27 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2208177 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | BAOUZ |
Vu la procédure suivante :
Par un requête, enregistrée 22 août 2022 M. A B, représenté par Me Baouz, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite née le 21 janvier 2022 par laquelle le préfet de Seine-et-Marne a rejeté sa demande de titre de séjour ;
2°) d'annuler la décision de " classement sans suite " du 8 juillet 2022 ;
3°) d'enjoindre au préfet du Seine-et-Marne de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
4°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet du Seine-et-Marne de réexaminer sa situation administrative dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 200 euros par jours de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la décision implicite portant refus de titre de séjour :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
S'agissant de la décision de classement sans suite :
- elle entaché d'un détournement de procédure ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'elle ne comporte aucune des mentions obligatoires relatives à l'auteur de la décision ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
La requête a été communiquée au préfet de Seine-et-Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par un courrier en date du 26 mai 2023, le tribunal a informé les parties en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative qu'il était susceptible de relever d'office le moyen tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision de classement sans suite du 8 juillet 2022, celle-ci ayant été retirée le 8 juillet 2022 à 17h56.
Par un mémoire enregistré le 31 mars 2023, M. B, représentée par
Me Baouz, a produit ses observations en réponse au moyen d'ordre public. Ce mémoire a été communiqué à la partie défenderesse.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Dewailly, président rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant camerounais est venu s'installer en France le 10 juillet 2021 selon ses déclarations et le 30 juillet 2021 a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité de parent d'enfant mineur de nationalité française. Suite au dépôt de sa demande de titre de séjour, le préfet de la Seine-et-Marne lui a adressé une première demande de pièces en date du 6 septembre 2021. Entre le 15 et 21 septembre 2021 le requérant a transmis les pièces demandées par la préfecture. Sans réponse de cette dernière, il a relancé les services de la préfecture de Seine-et-Marne par un courrier du 18 février 2022 envoyé via le module " démarches simplifiées " afin de se voir délivrer un récépissé. Ce courrier est demeuré également sans réponse. Par un courrier du 18 mars 2022, le requérant a sollicité la communication des motifs de fait et de droit de la décision née le 21 janvier 2022, soit après 4 mois l'envoi des pièces complémentaires sollicitées. En date du 1er juin 2022, une deuxième demande de pièces complémentaires pour " actualisation " lui a été adressée par la préfecture. Le 9 juin 2022 le requérant a transmis les éléments demandés. Par message automatique du 8 juillet 2022 à 17h53, le requérant a été informé que son dossier a été classé " sans suite " avec pour motif : " En cours d'instruction ". A 17h56, un nouveau message a été adressé à M. B l'informant que son dossier était pris en charge par les services de la préfecture. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de la décision implicite de rejet du 21 janvier 2022 et la décision de classement sans suite du 8 juillet 2022.
Sur la recevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision de classement sans suite du 8 juillet 2022 :
2. Il ressort des pièces du dossier qu'une décision de classement sans suite ayant pour motif " en cours d'instruction " a été notifiée au requérant le 8 juillet 2022 à 17h53. Il ressort également des pièces du dossier que le 8 juillet 2022 à 17h56, soit après l'introduction de la requête, un courrier a été envoyé au requérant l'informant que sa demande de titre de séjour était en cours d'instruction. Ce faisant, le préfet de Seine-et-Marne doit être regardé comme ayant retiré sa décision de classement sans suite du 8 juillet 2022. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la décision de classement sans suite sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet du 21 janvier 2022 :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police / () ". Aux termes de l'article L. 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision " et aux termes de l'article L. 232-4 du même code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".
4. Il ressort des pièces du dossier que M. B a sollicité le 18 mars 2022, par une lettre réceptionnée le 21 mars suivant, la communication des motifs de la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour. M. B soutient, sans être utilement contredit, que les motifs de la décision en litige ne lui ont pas été communiqués. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que la décision de refus de titre de séjour est entachée d'un défaut de motivation.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 " et aux termes de l'article L. 423-8 du même code : " Pour la délivrance de la carte de séjour prévue à l'article L. 423-7, lorsque la filiation est établie à l'égard d'un parent en application de l'article 316 du code civil, le demandeur, s'il n'est pas l'auteur de la reconnaissance de paternité ou de maternité, doit justifier que celui-ci contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, dans les conditions prévues à l'article 371-2 du code civil, ou produire une décision de justice relative à la contribution à l'éducation et à l'entretien de l'enfant. / Lorsque le lien de filiation est établi mais que la preuve de la contribution n'est pas rapportée ou qu'aucune décision de justice n'est intervenue, le droit au séjour du demandeur s'apprécie au regard du respect de sa vie privée et familiale et au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant. ".
6. Il ressort des pièces du dossier que M. B est le père d'un garçon, de nationalité française, né le 13 août 2004 à Paris de son union avec Mme C, de nationalité camerounaise, titulaire d'une carte de résident valable jusqu'au 26 mai 2032. Pour contester la décision implicite de rejet de son titre de séjour, M. B soutient qu'il contribue à l'entretien et participe à l'éducation de son enfant. Il produit, à l'appui de ses allégations des tickets de caisse pour achat de produits pour son enfant, des relevés bancaires dans lesquels il résulte qu'il finance les billets d'avion nécessaires pour que son enfant lui rende visite au Cameroun, la déclaration de nationalité française qui établit sa présence, lors de la naturalisation de son enfant, ainsi que des témoignages de son entourage, qui font état de sa participation à l'entretien et à l'éducation de son enfant. Ainsi, le requérant établit, sans être sérieusement contredit, contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant. Dans ces conditions et, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, le requérant est fondé à soutenir qu'en refusant de lui délivrer un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français, le préfet de Seine-et-Marne a fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
7. Par suite, la décision implicite de rejet du 21 juillet 2022 ne peut qu'être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de délivrer le titre de séjour " vie privée et familiale " dans un délai de de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais du litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite de rejet du 21 janvier 2022 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de de Seine-et-Marne de délivrer à M. B un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. A B une somme de 1 200 (mille deux cents) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, et au préfet de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Dewailly, président,
Mme Bourdin, premier conseiller,
M. Lacote, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2023.
Le président rapporteur,
S. DEWAILLY
L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
S. BOURDIN
La greffière,
Y. SADLI
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026