mercredi 21 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2208314 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | MACAREZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires complémentaires enregistrés les 26 août 2022, 14 mai 2023 et 19 juin 2023, Mme A B, représentée par Me Macarez, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 juin 2022 par lequel la préfète du Val-de-Marne lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte et de lui délivrer dans ces mêmes délais un récépissé l'autorisant à travailler ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que les décisions de refus de renouvellement de titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire français :
- sont entachées d'incompétence ;
- sont insuffisamment motivées ;
- sont illégales faute pour le préfet d'avoir saisi la commission du titre de séjour ;
- sont entachées d'un défaut d'examen sérieux de sa situation dès lors que le préfet n'a pas sollicité ses observations sur l'obtention d'un titre de séjour sur un autre fondement et n'a pas tenu compte de ses attaches familiales en France, ni de l'absence d'attache dans le pays dont elle a la nationalité ;
- sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur d'appréciation quant à la gravité de son état de santé et l'accès aux soins dont elle a besoin dans son pays d'origine ;
- méconnaissent les articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et sont entachées d'une erreur d'appréciation quant à sa situation familiale ;
- méconnaissent l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La préfète du Val-de-Marne à qui la procédure a été communiquée n'a pas présenté de mémoire en défense mais a produit, le 8 septembre 2022, l'avis du collège de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 6 janvier 2022 ainsi que son bordereau de transmission par l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des moyens tirés du défaut de saisine de la commission du titre de séjour, du défaut de recueil des observations et du défaut de motivation de l'arrêté du 9 juin 2022, présentés dans les mémoires enregistrés les 14 mai et 19 juin 2023, qui se rattachent à une cause juridique distincte de celle de la requête introduite le 26 août 2022 (CE section, 20 février 1953, Société Intercopie).
Par ordonnance du 29 novembre 2023, la clôture d'instruction a été reportée au 7 décembre 2023 à midi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Bourdin a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante comorienne, est entrée en France le 21 avril 2019 sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de court séjour de quarante-cinq jours, en qualité d'ascendante non à charge d'un ressortissant français. Après avoir sollicité son admission au séjour le 17 septembre 2020, elle a été mise en possession le 4 décembre 2020 d'une carte de séjour temporaire prise sur le fondement des dispositions du 11° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicables et codifiées depuis le 1er mai 2021 à l'article L. 425-9. Ce premier titre de séjour était valable jusqu'au 3 juin 2021. Ayant sollicité le renouvellement de ce premier titre de séjour, Mme B a été mise en possession de récépissés de demande de renouvellement de titre de séjour valables du 10 juin 2021 au 9 février 2022 puis du 23 mai 2022 jusqu'au 22 août 2022. Par arrêté du 9 juin 2022, la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligée à quitter le territoire dans le délai trente jours et a fixé le pays de destination. Mme B demande l'annulation des décisions du 9 juin 2022 ayant refusé de renouveler son titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français.
2. En premier lieu, eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaitre le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. En l'espèce, Madame C, sous-préfète de l'arrondissement de l'Haÿ-les-Roses, qui a signé la décision contestée, bénéficiait d'une délégation de signature du préfet du Val-de-Marne par arrêté n° 2021-4693 en date du 22 décembre 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du même jour et au demeurant visé dans l'arrêté contesté, notamment à l'effet de signer les " décisions () relevant des attributions de l'Etat dans l'arrondissement de l'Haÿ-les-Roses ", à l'exclusion de certains actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions contestées. Par suite, le moyen tiré du vice d'incompétence de la décision contestée manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, après l'expiration du délai de recours contre un acte administratif, sont irrecevables, sauf s'ils sont d'ordre public, les moyens présentés par le requérant qui ne se rattachent pas à l'une ou l'autre des deux causes juridiques, tirées de la légalité externe de la décision attaquée et de la légalité interne de cette décision, invoquée dans la requête avant l'expiration de ce délai. Ce délai de recours doit être regardé comme commençant à courir soit à compter de la publication ou de la notification complète et régulière de l'acte attaqué soit, au plus tard, à compter, pour ce qui concerne un requérant donné, de l'introduction de son recours contentieux contre cet acte.
4. Les moyens de légalité externe tirés de ce que la décision attaquée serait intervenue à la suite d'une procédure irrégulière en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour, serait entachée d'un défaut de motivation et, à supposer que la requérante ait entendu soulever un tel moyen, de non-respect d'une procédure contradictoire, ont été invoqués pour la première fois dans le mémoire enregistré le 14 mai 2023, soit postérieurement à l'expiration du délai de recours contentieux, qui, en l'espèce, doit être regardé comme ayant commencé à courir à la date d'enregistrement de la requête. Ces moyens, qui ne sont pas d'ordre public, contrairement à celui tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté querellé, se rattachent à une cause juridique distincte de celle dont relève les moyens de légalité interne invoqués dans la requête introductive d'instance et sont, par suite irrecevables. Ils ne peuvent en conséquence qu'être écartés.
5. En troisième lieu, Mme B soutient que l'arrêté litigieux est entaché d'un défaut d'examen sérieux dès lors que la préfète a considéré qu'elle ne remplissait pas les conditions pour bénéficier d'un autre titre de séjour sur un autre fondement que celui sur lequel elle avait fondé sa demande et n'a pas sollicité ses observations sur l'obtention d'un titre de séjour sur un autre fondement ni tenu compte de ses attaches familiales en France, ou de l'absence d'attache dans le pays dont elle a la nationalité. Toutefois, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée, ni des pièces du dossier que la préfète, qui peut toujours examiner si la demande de titre de séjour n'est pas susceptible d'être accueillie sur un autre fondement que celui sollicité au regard des pièces produites par l'étranger à l'appui de sa demande de titre de séjour, n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile: " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. () ".
7. Pour prendre les décisions attaquées, la préfète du Val-de-Marne s'est notamment fondée sur l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration en date du 6 janvier 2022, qui a considéré que si l'état de santé de la requérante nécessitait une prise en charge médicale, le défaut de cette prise en charge ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'elle pouvait voyager sans risque vers son pays d'origine.
8. Mme B soutient que les décisions contestées sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation sur la gravité de son état de santé dès lors qu'elle souffre d'une arthroplastie totale du genou droit ainsi que d'hypertension artérielle nécessitant des soins intenses et a besoin d'une surveillance constante par le corps médical depuis son arrivée en France. Elle se prévaut notamment d'un certificat médical en date du 11 mai 2023, émanant de son médecin rhumatologue aux termes duquel le médecin mentionne que la requérante souffre d'une affection douloureuse, chronique et invalidante de l'appareil locomoteur nécessitant des soins en France, à savoir une surveillance médico-chirurgicale et une rééducation fonctionnelle qui ne sont pas disponibles dans son pays d'origine et que l'absence de soins lui serait préjudiciable. Outre le fait que ce certificat est postérieur à la date de la décision attaquée, il ne permet pas d'établir qu'un éventuel arrêt des traitements aurait des conséquences d'une exceptionnelle gravité. De plus, force est de constater que le même jour, le même médecin rhumatologue a établi un compte-rendu à l'attention d'un de ses confrères faisant état d'une absence de gravité de l'état de santé de sa patiente, qui était soulagée par la kinésithérapie et les antalgiques. En outre, dans un certificat médical en date du 3 février 2022, antérieur de quelques mois à la décision attaquée, ce médecin rhumatologue ne faisait pas état de la gravité de l'état de santé de la requérante, ni des conséquences d'un éventuel arrêt des soins. De même, le certificat médical en date du 4 juillet 2022 établi par le kinésithérapeute ayant pris en charge, le 16 septembre 2020, l'intéressée, après la pose de sa prothèse du genou, mentionne uniquement qu'il subsiste des douleurs inflammatoires au niveau du genou et que la poursuite du traitement serait favorable. Ainsi, aucun de ces certificats, ni aucun autre élément du dossier ne permettent de remettre en cause les conclusions de l'avis du collège des médecins sur la gravité de l'état de santé de Mme B et les conséquences éventuelles d'un arrêt des soins. Partant, Mme B ne saurait utilement se prévaloir de l'indisponibilité des traitements nécessaires dans son pays d'origine. En tout état de cause, si Mme B fait état de l'indisponibilité de l'Equilis et du risque d'accident cardio-vasculaire qui pourrait en résulter, elle n'apporte aucun élément au soutien de cette allégation et ne justifie pas qu'elle devait encore bénéficier de ce traitement à la date de la décision attaquée. Par suite, l'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de son état de santé n'est pas établie.
9. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". L'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Pour l'application de ces stipulations et dispositions, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France, doit apporter tous éléments permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
10. Mme B se prévaut de l'importance de ses attaches familiales en France et de l'absence de tout lien familial dans son pays d'origine. Elle se prévaut en particulier de la présence en France de deux de ses enfants, tous deux en situation régulière et insérés professionnellement, sa fille étant titulaire d'une carte d'identité française depuis le 6 octobre 2021 et mère de deux enfants français et son fils bénéficiant d'un titre de séjour en tant qu'enseignant chercheur délivré le 5 janvier 2020. Toutefois, ni cette circonstance ni celles qu'une de ses filles qui résidait au Comores est décédée le 14 mai 2019 et qu'elle-même a divorcé en novembre 2006 de son époux, ce dernier demeurant dorénavant régulièrement en France, ne sont de nature à établir, eu égard à la durée de séjour en France de Mme B, qu'elle serait dépourvue de toute attache dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de 61 ans et près de treize années après son divorce. De même, l'attestation notariée de non-ressources dans son pays d'origine, établie le 23 mai 2023, près d'un an après la date de la décision attaquée n'est pas de nature à établir que Mme B, qui ne justifie pas d'une insertion sociale particulière en France, serait dépourvue de tout lien personnel dans son pays d'origine. En outre, il ne ressort nullement des pièces du dossier que l'état de santé de Mme B nécessiterait l'assistance de ses enfants résidant en France pour l'accomplissement des actes de la vie courante. Par suite, les décisions attaquées n'ont pas méconnu les stipulations et dispositions précitées des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
11. En dernier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point précédent ainsi qu'au point 8 du présent jugement que Mme B n'est pas fondée à se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. De même, l'intéressée ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, s'agissant des décisions de refus de titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire qui n'ont pas pour objet ni pour effet de fixer le pays à destination duquel elle pourra être éloignée d'office, lequel est déterminé par une décision distincte. En tout état de cause, il résulte de ce qui a été dit au point 8 du présent jugement que Mme B n'est pas fondée à se prévaloir du risque de mauvais traitement auquel elle serait exposée en cas de retour dans son pays d'origine du fait de l'arrêt des traitements.
12. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la préfète du Val-de-Marne.
Copie en sera adressée pour information au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 30 janvier 2024 , à laquelle siégeaient :
Mme Ledamoisel, présidente,
Mme Bourdin, première conseillère,
M. Rehman-Fawcett, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 février 2024.
La rapporteure,
S. BOURDIN
La présidente,
C. LEDAMOISELLa greffière,
Y. SADLI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026