mardi 6 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2208456 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | GIUDICELLI-JAHN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 août 2022, M. A C, représenté par Me Giudicelli-Jahn, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 août 2022 par lequel la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié" dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté en litige a été pris par une autorité incompétente, faute pour l'administration d'établir la délégation de signature consentie à l'auteur de l'acte en litige ;
- il est entaché d'illégalité dès lors que la préfète du Val-de-Marne a inexactement apprécié sa situation en fondant son refus sur l'utilisation frauduleuse d'une fausse carte d'identité italienne, ce qui ne constitue pas une menace à l'ordre public ;
- l'arrêté méconnaît les stipulations de l'article 3 de l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 modifié et les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 modifié par l'avenant du 8 septembre 2000 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Duhamel,
- et les observations de Me Giudicelli-Jahn, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, né le 21 juillet 1993 et de nationalité tunisienne, est entré en France le 13 juillet 2016 sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa touristique et s'y est maintenu irrégulièrement depuis lors. M. C a sollicité le 28 décembre 2021 auprès de la préfète du Val-de-Marne une demande d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de salarié. Par un arrêté du 2 août 2022, la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer ce titre de séjour, a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. C demande au tribunal d'annuler cet arrêté en toutes ses décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaitre le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier.
3. Par un arrêté du 1er mars 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le jour même, la préfète du Val-de-Marne a donné délégation de signature à M. D E, sous-préfet de Nogent-sur-Marne et signataire de l'arrêté contesté, aux fins de signer tous actes, arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département du Val-de-Marne à l'exception de certains actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions portant sur la police des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
4. En deuxième lieu, si la préfète du Val-de-Marne a invoqué l'utilisation frauduleuse par M. C d'une fausse carte d'identité italienne ne lui permettant pas de justifier d'un motif exceptionnel lui permettant de bénéficier d'un titre de séjour et faisant échec à la théorie des actes créateurs de droit, elle fait également état de la date d'entrée en France de l'intéressé, de sa situation familiale et de l'absence d'un contrat de travail visé par les services compétents français. En revanche, il ne ressort pas ainsi des pièces du dossier que la préfète du Val-de-Marne aurait refusé la demande de titre de séjour au motif d'une menace à l'ordre public du fait de l'utilisation frauduleuse d'un faux document d'identité. Dans ces conditions, M. C, qui ne conteste pas au demeurant la matérialité des faits,n'est pas fondé à soutenir que la préfète du Val-de-Marne aurait commis un erreur de droit en se fondant sur un motif tiré d'une menace à l'ordre public, ni qu'elle aurait inexactement apprécié sa situation.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de l'accord franco-tunisien en matière de séjour et de travail du 17 mars 1988 modifié par l'avenant du 8 septembre 2000 : " Les ressortissants tunisiens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d'un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l'article 1er du présent accord, reçoivent après contrôle médical et sur présentation d'un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an renouvelable et portant la mention "salarié" ".
6. Si M. C se prévaut des stipulations de l'article 3 de l'accord franco-tunisien susvisé pour soutenir qu'il pouvait prétendre à la délivrance d'un titre de séjour en raison de son activité professionnelle, il ne résulte pas des pièces du dossier qu'il ait obtenu une quelconque autorisation de travail pour occuper les emplois de boulanger qu'il a exercés depuis son arrivée en France. Par suite, le moyen tiré de la violation de l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ne peut qu'être écarté.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ()". En présence d'une demande de régularisation présentée, sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, par un étranger qui ne serait pas en situation de polygamie et dont la présence en France ne présenterait pas une menace pour l'ordre public, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ".
8. Il résulte des énonciations de l'arrêté attaqué qui ne sont pas utilement contestées que M. C est célibataire, sans enfant et n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident notamment son père, deux frères et trois sœurs. Pour soutenir qu'il pouvait cependant prétendre à un titre de séjour portant la mention " salarié " au titre de ces dispositions, le requérant fait valoir qu'il justifie d'une présence continue sur le territoire français depuis 2016 et d'une activité professionnelle sous couvert d'un contrat de travail en qualité de boulanger du 1er avril au 30 novembre 2018, du 1er juillet au 30 septembre 2021 et du 1er novembre 2021 au 1er juillet 2022 et produit des bulletins de salaire sur une période de quarante-trois mois à la date de l'arrêté attaqué. Toutefois, en se prévalant de cette situation, M. C n'établit pas que la préfète du Val-de-Marne aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation des motifs exceptionnels qu'il aurait fait valoir. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête à fin d'annulation de l'arrêté portant refus de délivrance d'un titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixation du pays de destination doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation de la décision attaquée, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées ne peuvent être accueillies.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. C demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la préfète du Val-de-Marne.
Copie en sera adressée au ministre de l'Intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2023 à laquelle siégeaient :
M. F, président,
M. Duhamel, premier conseiller,
Mme Morisset, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2023.
Le rapporteur,
M. DUHAMEL
Le président,
M. F
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2208456
1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026