mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2208494 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SCP LONQUEUE SAGALOVITSCH EGLIE-RICHTERS & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 août 2022, la société par actions simplifiée (SAS) ACF Invest, représentée par Me Raoul, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er juillet 2022 par lequel le maire de Champigny-sur-Marne s'est opposé à sa déclaration préalable de division de la parcelle cadastrée section AV 59 située 2, rue Joséphine de Beauharnais à Champigny-sur-Marne, en vue de la création d'un lotissement comprenant un lot unique ;
2°) d'enjoindre au maire de Champigny-sur-Marne, à titre principal, de lui délivrer une décision de non opposition à déclaration préalable, dans le délai de 15 jours à compter de la notification du jugement et sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Champigny-sur-Marne une somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice d'incompétence, faute pour son signataire de justifier d'une délégation régulièrement publiée ;
- le maire de Champigny-sur-Marne ne pouvait légalement se fonder, pour s'opposer à sa déclaration préalable, sur la circonstance que son projet de lotissement aurait pour effet d'aggraver la non-conformité à l'article II. 7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Champigny-sur-Marne de la construction située sur le reliquat de l'unité foncière non compris dans le périmètre du lot à créer ;
- le maire de Champigny-sur-Marne ne pouvait légalement se fonder, pour s'opposer à sa déclaration préalable, sur la circonstance que son projet n'a pas prévu la mutualisation des abaissés de trottoir, en méconnaissance de l'article III du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Champigny-sur-Marne.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juillet 2023, la commune de Champigny-sur-Marne, représentée par Me Sagalovitsch, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la société ACF Invest une somme de 3 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par la société ACF Invest ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Prissette,
- les conclusions de M. Grand, rapporteur public,
- les observations de Me Rebiere, substituant Me Raoul, représentant la société ACF Invest ;
- et les observations de Me Richardeau, substituant Me Sagalovitsch, représentant la commune de Champigny-sur-Marne.
Considérant ce qui suit :
1. Le 7 juin 2022, la société ACF Invest a déposé une déclaration préalable de division de la parcelle cadastrée section AV 59 située 2, rue Joséphine de Beauharnais à Champigny-sur-Marne, en vue de la création d'un lotissement comprenant un lot unique d'une superficie de 223 m2. Par un arrêté du 1er juillet 2022, le maire de Champigny-sur-Marne s'est opposé à cette déclaration préalable. La société ACF Invest demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, le maire de Champigny-sur-Marne s'est opposé à la déclaration préalable de division présentée par la société ACF Invest au motif que la mise en œuvre du projet de lotissement aura pour conséquence une aggravation de la non-conformité aux dispositions de l'article II. 7 du règlement du plan local d'urbanisme relatives aux parcs de stationnement de la construction située sur le reliquat bâti de l'unité foncière.
3. Aux termes de l'article L. 442-1 du code de l'urbanisme : " Constitue un lotissement la division en propriété ou en jouissance d'une unité foncière ou de plusieurs unités foncières contiguës ayant pour objet de créer un ou plusieurs lots destinés à être bâtis ". Aux termes de l'article L. 442-1-2 du même code : " Le périmètre du lotissement comprend le ou les lots destinés à l'implantation de bâtiments ainsi que, s'ils sont prévus, les voies de desserte, les équipements et les espaces communs à ces lots. Le lotisseur peut toutefois choisir d'inclure dans le périmètre du lotissement des parties déjà bâties de l'unité foncière ou des unités foncières concernées. ". Aux termes de l'article R. 441-1 de ce code, alors en vigueur : " La demande peut ne porter que sur une partie d'une unité foncière. ". La conformité aux règles d'urbanisme d'une construction existante située sur un terrain déjà bâti, issu de la même division que le lotissement en cause mais non inclus dans son périmètre, n'a pas à être vérifiée pour délivrer un permis d'aménager, l'appréciation de la conformité aux règles d'urbanisme d'un projet de constructions faisant l'objet d'une demande de permis d'aménager un lotissement ne pouvant porter que sur les terrains inclus dans le périmètre de ce lotissement.
4. En l'espèce, il ressort du dossier de demande d'autorisation que le projet porte sur la parcelle cadastrée section AV 59 sise 2, rue Joséphine de Beauharnais à Champigny-sur-Marne, que " le périmètre du lotissement est défini exclusivement par le lot n°1 détaché de cette unité foncière " et que " la partie restante de l'assiette foncière n'est pas comprise pour l'opération de lotissement ". Si le lot à créer comprend des parties déjà bâties, à savoir un garage et un bâtiment annexe à démolir, il est constant que la construction principale de l'unité foncière a été exclue par le déclarant du périmètre du lot à créer. La société requérante est par suite fondée à soutenir que le maire de la commune de Champigny-sur-Marne ne pouvait s'opposer à sa déclaration préalable au motif que la mise en œuvre de son projet aggraverait la non-conformité aux règles du plan local d'urbanisme relatives au stationnement de la construction existante située sur le reliquat bâti exclu du périmètre du lot à créer, alors qu'ainsi qu'il a été dit au point précédent, seule la conformité du projet autorisé doit être appréciée par le service instructeur.
5. En second lieu, pour s'opposer à la déclaration préalable présentée par la société requérante, le maire de Champigny-sur-Marne a également relevé que le projet de division ne prévoyait pas la mutualisation des abaissés de trottoirs, en méconnaissance des dispositions de l'article III du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux accès qui dispose qu' " en cas de lotissement ou de division, les abaissés de trottoirs seront mutualisés ". En vertu de cette disposition, il appartient au déclarant, en cas de lotissement ou de division, de prévoir un abaissé de trottoir unique pour l'accès à l'ensemble des futurs lots.
6. Il ressort des pièces du dossier que le projet de division de la parcelle cadastrée section AV 59 n'emporte ni la création d'abaissés de trottoirs, ni la suppression des deux abaissés de trottoirs existants. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit au point 3 du présent jugement que l'appréciation de la conformité aux règles d'urbanisme d'un projet de création d'un lotissement ne peut porter que sur les terrains inclus dans le périmètre de ce lotissement. Or, en l'espèce, il est constant que le périmètre du lotissement à créer ne comporte qu'un seul lot et que sur les deux abaissés de trottoirs existants, un seul permettra d'accéder au futur lot. Dans ces conditions, la société ACF Invest est également fondée à soutenir que le maire de la commune de Champigny-sur-Marne ne pouvait légalement s'opposer à son projet au motif qu'il méconnaitrait les règles du plan local d'urbanisme relatives à la mutualisation des abaissés de trottoirs, la conformité à cette règle étant nécessairement assurée, s'agissant d'un projet comprenant un accès unique à un lot unique à bâtir.
7. Il résulte de tout ce qui précède, alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet de lotissement en litige permettrait l'implantation de constructions dont la compatibilité avec les règles d'urbanisme ne pourrait pas être ultérieurement assurée, que la société ACF Invest est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 1er juillet 2022.
8. Pour l'application des dispositions de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, l'autre moyen de la requête n'est pas susceptible, en l'état du dossier, de fonder l'annulation de l'arrêté en litige.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
9. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution/ La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".
10. Lorsque le juge annule une opposition à une déclaration, après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément à l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation ou de prendre une décision de non-opposition, sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative.
11. En l'espèce, en l'absence de changement de circonstances de droit ou de fait et dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction que la règlementation applicable ferait obstacle à la délivrance de l'autorisation demandée, l'exécution du présent jugement implique nécessairement que le maire de Champigny-sur-Marne délivre à la société ACF Invest une décision de non-opposition à déclaration préalable conformément à sa demande, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société ACF Invest, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune de Champigny-sur-Marne demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
13. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Champigny-sur-Marne une somme de 1 500 euros à verser à la société ACF Invest au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E:
Article 1er : L'arrêté du maire de Champigny-sur-Marne du 1er juillet 2022 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au maire de Champigny-sur-Marne de délivrer à la société ACF Invest une décision de non-opposition à déclaration préalable conformément à sa demande, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Champigny-sur-Marne versera une somme de 1 500 euros à la société ACF Invest au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions de la commune de Champigny-sur-Marne présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société ACF Invest et à la commune de Champigny-sur-Marne.
Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gougot, présidente,
M. Duhamel, premier conseiller,
Mme Prissette, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.
La rapporteure,
L. PRISSETTE
La présidente,
I. GOUGOTLa greffière,
M. A
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026