jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2208664 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SCP DE NARDI-JOLY & LEBRETON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, respectivement enregistrés les 6 septembre et 7 octobre 2022, M. C B, représenté par Me Lebreton, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'abroger la décision du 21 juillet 2022 par laquelle le directeur du conseil national des activités privées de sécurité a retiré son agrément de dirigeant d'une société de sécurité privée et d'enjoindre au conseil national des activités privés de sécurité de lui délivrer, dans un délai de 8 jours à compter de la notification du présent jugement, un nouvel agrément l'autorisant à diriger une société de sécurité privée, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
2°) à titre subsidiaire, d'annuler la décision du 21 juillet 2022 par laquelle le directeur du conseil national des activités privées de sécurité a retiré son agrément de dirigeant d'une société de sécurité privée ;
3°) de mettre à la charge du conseil national des activités privées de sécurité une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les signataires de la décision attaquée et de la lettre la notifiant ne justifient pas de leur compétence ;
- le directeur du conseil national des activités privées de sécurité s'est estimé à tort en situation de compétence liée ; sa décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'en dehors de l'amende de 300 euros qui lui a été infligée par une ordonnance pénale du 19 mars 2021 pour avoir conduit un véhicule terrestre à moteur sans assurance, il est inconnu des services de justice, que sa société est " bien tenue " sur le plan administratif et qu'il a obtenu, postérieurement à l'introduction de la requête, l'effacement de cette condamnation du bulletin n°2 de son casier judiciaire.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 septembre 2024, le conseil national des activités privées de sécurité conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés ;
- en tout état de cause, au motif retenu dans la décision du 21 juillet 2022 peut être substitué un autre motif tiré de ce que le retrait de son agrément est justifié par le comportement de l'intéressé, qui a été mis en cause le 18 janvier 2017 pour des faits d'exécution de travail dissimulé ayant donné lieu à un rappel à la loi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Prissette,
- et les conclusions de M. Grand, rapporteur public.
Les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B s'est vu délivrer un agrément lui permettant de diriger une société privée de sécurité le 16 août 2018, pour une durée de cinq ans. Le 21 juillet 2022, le directeur du conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) lui a retiré cet agrément. M. B demande à titre principal au tribunal d'abroger cette décision, en prenant en compte la situation de droit et de fait à la date du présent jugement, et à titre subsidiaire de l'annuler.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 632-13 du code de la sécurité intérieure : " Le directeur assure, conformément aux orientations définies par le conseil d'administration, la direction et la gestion du Conseil national des activités privées de sécurité. A ce titre : / () 5° Il délivre les autorisations, agréments et cartes professionnelles prévus par le présent livre et procède à leur suspension et à leur retrait ; () ". Il ressort des pièces du dossier qu'à la date de la décision attaquée, son auteur, Cyrille Maillet, était directeur du CNAPS. Il avait donc qualité, conformément à ces dispositions, pour signer une telle décision. D'autre part, les conditions de notification d'une décision administrative sont par elles-mêmes sans incidence sur sa légalité. Ainsi, le requérant ne peut utilement se prévaloir de l'incompétence de l'auteur de la notification de la décision attaquée.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de la sécurité intérieure : " Nul ne peut exercer à titre individuel une activité mentionnée à l'article L. 611-1, ni diriger, gérer ou être l'associé d'une personne morale exerçant cette activité, s'il n'est titulaire d'un agrément délivré selon des modalités définies par décret en Conseil d'Etat. ". Aux termes de l'article L. 612-7 du même code : " L'agrément prévu à l'article L. 612-6 est délivré aux personnes qui satisfont aux conditions suivantes : () / 2° Ne pas avoir fait l'objet d'une condamnation à une peine correctionnelle ou à une peine criminelle inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire ou, pour les ressortissants étrangers, dans un document équivalent ; / () ". Enfin, aux termes de l'article L. 612-8 de ce code : " L'agrément peut être retiré lorsque son titulaire cesse de remplir l'une des conditions prévues à l'article L. 612-7. () ".
4. Pour procéder au retrait de l'agrément dont bénéficiait M. B l'autorisant à diriger une société privée de sécurité, le directeur du CNAPS s'est fondé sur la circonstance que, postérieurement à la délivrance de son agrément, l'intéressé a été condamné par une ordonnance pénale du 19 mars 2021 à une amende correctionnelle de 300 euros pour avoir conduit un véhicule terrestre à moteur sans assurance, condamnation inscrite au bulletin n°2 de son casier judiciaire.
5. Comme le soutient le requérant, il ressort des termes mêmes de l'article L. 612-8 du code de la sécurité intérieure précité qui prévoit seulement une possibilité de retrait de l'agrément, que le législateur n'a pas placé le conseil national des activités privées de sécurité en situation de compétence liée pour prononcer le retrait d'un agrément, lorsqu'il constate que son bénéficiaire ne remplit plus l'une des conditions listées à l'article L. 612-7 du même code. Toutefois, en l'espèce, le CNAPS pouvait se fonder sur la seule inscription au bulletin n° 2 du casier judiciaire de l'amende infligée au requérant par l'ordonnance pénale du 19 mars 2021 pour procéder à ce retrait. En effet le texte, dans sa version en vigueur à la date de la décision attaquée et issue de la loi du 25 mai 2021 pour une sécurité globale, qui ne se réfère plus à une inscription au bulletin n° 2 du casier judiciaire " incompatible avec l'exercice des fonctions ", n'impose plus au CNAPS qu'il prenne en compte, s'agissant de cette condition en particulier, le degré de gravité des faits à l'origine de cette condamnation et la compatibilité de l'inscription au bulletin n° 2 du casier judiciaire avec l'exercice des fonctions de dirigeant d'une société de sécurité privée. Dans ces conditions, en décidant de retirer à M. B l'agrément dont il bénéficiait après avoir relevé que ce retrait était justifié par le constat d'une amende inscrite au bulletin n° 2 de son casier judiciaire, le directeur du CNAPS ne s'est pas estimé en situation de compétence liée mais s'est borné à faire usage de la faculté prévue à l'article L. 612-8 du code de la sécurité intérieure, sans faire une inexacte application de ces dispositions, nonobstant le caractère isolé de cette condamnation. En outre, Si M. B a introduit une requête en effacement de cette condamnation du bulletin n° 2 de son casier judiciaire, qui a été accueillie par une ordonnance du tribunal judiciaire de Meaux du 20 septembre 2022, cette circonstance, postérieure à la décision attaquée, est sans incidence sur sa légalité. Ainsi qu'il ressort des travaux parlementaires précédant à l'adoption de la loi du 25 mai 2021, le retrait d'un agrément de dirigeant d'une société privée de sécurité au motif que son titulaire ne remplit plus l'une des conditions à laquelle sa délivrance est subordonnée ne présente pas un caractère définitif. Dès lors, il revient à l'intéressé, qui remplit à nouveau la condition prévue au 2° de l'article L. 612-7 du code de la sécurité intérieure, de présenter, s'il s'y croit fondé, une nouvelle demande d'agrément.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la demande de substitution de motif présentée par le CNAPS, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'abrogation :
7. Lorsqu'il est saisi de conclusions tendant à l'annulation d'un acte réglementaire, le juge de l'excès de pouvoir apprécie la légalité de cet acte à la date de son édiction. S'il le juge illégal, il en prononce l'annulation. Ainsi, saisi de conclusions à fin d'annulation recevables, le juge peut également l'être, à titre subsidiaire, de conclusions tendant à ce qu'il prononce l'abrogation du même acte au motif d'une illégalité résultant d'un changement de circonstances de droit ou de fait postérieur à son édiction, afin que puissent toujours être sanctionnées les atteintes illégales qu'un acte règlementaire est susceptible de porter à l'ordre juridique. Il statue alors prioritairement sur les conclusions à fin d'annulation. Dans l'hypothèse où il ne ferait pas droit aux conclusions à fin d'annulation et où l'acte n'aurait pas été abrogé par l'autorité compétente depuis l'introduction de la requête, il appartient au juge, dès lors que l'acte continue de produire des effets, de se prononcer sur les conclusions subsidiaires. Le juge statue alors au regard des règles applicables et des circonstances prévalant à la date de sa décision. S'il constate, au vu des échanges entre les parties, un changement de circonstances tel que l'acte est devenu illégal, le juge en prononce l'abrogation. Il peut, eu égard à l'objet de l'acte et à sa portée, aux conditions de son élaboration ainsi qu'aux intérêts en présence, prévoir dans sa décision que l'abrogation ne prend effet qu'à une date ultérieure qu'il détermine.
8. M. B soutient, à l'appui de sa requête, qu'il a obtenu, postérieurement à l'intervention de la décision attaquée, l'effacement au bulletin n° 2 de son casier judiciaire de la condamnation à une amende fondant le retrait de son agrément par le directeur du CNAPS. Il demande, à titre principal, au juge de l'excès de pouvoir d'abroger la décision du 21 juillet 2022, en se fondant sur l'office du juge tel qu'il vient d'être rappelé au point précédent. Toutefois, la possibilité qui est ainsi ouverte au juge de l'excès de pouvoir ne porte que sur les actes à caractère réglementaire, à portée générale et impersonnelle. Dès lors, la légalité de la décision attaquée, qui a le caractère d'un acte individuel, s'appréciant à la date à laquelle elle a été prise, M. B n'est pas fondé à en demander directement l'abrogation au juge administratif de l'excès de pouvoir, en s'appuyant sur des changements de fait ou de droit postérieurs à son édiction.
9. Par suite, de telles conclusions, au demeurant présentées à titre principal alors que le juge statue prioritairement sur les conclusions d'une requête à fin d'annulation, ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'abrogation et à l'annulation de la décision attaquée, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées ne peuvent être accueillies.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 19 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gougot, présidente,
M. Combier, conseiller,
Mme Prissette, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.
La rapporteure,
L.PRISSETTE
La présidente,
I. GOUGOTLa greffière,
M. A
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026