jeudi 7 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2208671 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | PAMLAW - AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 6 septembre 2022 et le 29 février 2024, la société Free Mobile représentée par le cabinet Pamlaw Avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 juillet 2022 par lequel le maire d'Alfortville s'est opposé à sa déclaration préalable déposée le 20 juin 2022 en vue de l'implantation d'une station relais sur un bâtiment sis 61, rue des camélias ;
2°) d'enjoindre à la commune de lui délivrer une décision de non-opposition dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune une somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il y a lieu de statuer sur sa requête dès lors que le certificat de non-opposition délivré sur injonction du juge des référés du tribunal administratif de Melun n'a pas privé d'objet la présente requête ;
- la décision attaquée méconnait les dispositions de l'article UA 3.5 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) :
* la commune ne pouvait se fonder sur le 1er alinéa de cet article qui lui est inopposable en l'espèce ;
* les travaux envisagés sont conformes au second alinéa de cet article ;
* à supposer même que le 1er alinéa lui soit opposable, le projet ne méconnait pas ces dispositions.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 novembre 2023, la commune d'Alfortville, représentée par la SCP Sensei avocats, conclut à titre principal à ce qu'il soit prononcé un non-lieu à statuer, et à titre subsidiaire au rejet de la requête, en toute hypothèse, à ce qu'il soit mis à la charge de la société Free Mobile la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- il n'y a plus lieu de statuer sur la requête dès lors qu'il a été délivré à la société requérante un certificat de non-opposition ;
- les moyens de la requête sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Combier,
- les conclusions de M. Grand, rapporteur public,
- les observations de Me Bieder, se substituant à Me Lonqueue, représentant la commune d'Alfortville.
La société Free Mobile n'étant ni présente, ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. La société Free Mobile a déposé en mairie d'Alfortville un dossier de déclaration préalable de travaux en vue de l'implantation d'un relais de radiotéléphonie consistant en quatre antennes de téléphonie mobile camouflées dans deux fausses cheminées et d'installations techniques de petite taille sur un bâtiment sis 61, rue des Camélias à Alfortville. Par un arrêté du 8 juillet 2022, le maire d'Alfortville s'est opposé aux travaux ainsi déclarés. Par la présente requête, la société pétitionnaire demande l'annulation de cet arrêté.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation d'une décision ayant rejeté une demande d'autorisation d'urbanisme lorsque, postérieurement à la saisine de la juridiction, l'autorité administrative a délivré l'autorisation sollicitée. En revanche, le recours contre la décision de refus conserve son objet lorsque l'autorisation finalement accordée n'a pas acquis un caractère définitif. Une décision, explicite ou non, intervenue pour l'exécution de l'ordonnance du juge des référés d'un tribunal revêt, par sa nature même, un caractère provisoire, jusqu'à ce qu'il soit statué sur le recours en annulation.
3. Saisi par la société pétitionnaire sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, le juge des référés du tribunal de céans a, par une ordonnance du 25 janvier 2023, suspendu l'arrêté litigieux et a enjoint à la commune de réexaminer la demande d'autorisation. Par suite, la commune d'Alfortville n'est pas fondée à soutenir que la présente requête serait dépourvue d'objet en raison de l'intervention de la décision du 10 février 2023, prise en exécution de l'ordonnance du 25 janvier 2023, par laquelle le maire de la commune ne s'est pas opposé aux travaux envisagés.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article UA 3.5 règlement du plan local d'urbanisme (PLU) : " Les installations techniques établies en toiture (gaines, souches, antennes, machineries, caissons, canalisations,) doivent être dissimulées, regroupées et faire l'objet d'un traitement assurant leur meilleure intégration visuelle. Ces éléments de superstructure doivent obligatoirement être implantés en retrait de 3 mètres minimum par rapport au plan vertical de la façade. / Les antennes d'émission ou de réception (radios, téléphones, télévision, ) y compris les paraboles, doivent être intégrées dans la conception des constructions sauf impossibilité technique. Dans ce cas elles doivent être implantées en partie supérieure des constructions et en retrait de 3 mètres des façades. ".
5. Pour s'opposer à la déclaration préalable de la requérante le maire s'est fondé sur la circonstance que " le projet fait apparaitre 4 nouvelles antennes, 2 nouveaux modules radio, 1 tableau électrique et une antenne GPS au sein d'une toiture déjà composée de 14 antennes ", que " le projet ne recherche pas à regrouper les installations techniques " et qu'ainsi le projet méconnait les dispositions de l'article 3.5 de la zone UAc du règlement du PLU.
6. Dès lors que l'aliéna 1er précité vise explicitement la généralité des installations techniques implantées en toiture et notamment les antennes, l'application des dispositions de l'alinéa 2 ne saurait être exclusive de l'application des dispositions du premier. Il en résulte que les installations techniques, y compris les antennes de téléphonie, doivent être dissimulées, regroupées, faire l'objet d'un traitement assurant leur meilleure intégration visuelle, et être implantées à 3 mètres au moins du plan vertical des façades. Il en résulte aussi que s'agissant des antennes d'émission et de réception, celles-ci doivent être au surplus intégrées dans la conception des constructions sauf impossibilité technique.
7. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que les dispositions de l'alinéa 1er de l'article UA 3.5 du règlement du plan local d'urbanisme ne lui seraient pas opposables.
8. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier et en particulier du dossier de demande préalable, d'une part, que les installations projetées seront implantées à plus de trois mètres de la verticale des façades, d'autre part que les antennes projetées ont vocation à faire l'objet d'un traitement assurant leur intégration visuelle et seront camouflées par deux fausses cheminées, et que s'agissant de la " zone technique " et des modules radio ceux-ci sont tels que leur intégration visuelle ne nécessite pas de traitement particulier compte tenu de leurs dimensions, alors au demeurant qu'il ressort des photographies d'insertion produites par la société requérante qu'ils ne seront pas visibles depuis la rue. En revanche il ressort des mêmes pièces que les quatre antennes seront installées deux par deux aux extrémités nord et sud du bâtiment et que la " zone technique " sera implantée sur le toit à une dizaine de mètres au sud des antennes les plus au nord. Dans ces conditions les installations ne sauraient être regardées comme " regroupées " au sens des dispositions de l'article UA 3.5 citées au point 4. Par suite, alors que la requérante ne peut utilement soutenir que le projet serait régulier dès lors qu'il est conforme aux seules dispositions de l'article UA 3.5 alinéa 2, le maire d'Alfortville a pu à bon droit, pour s'opposer à la déclaration préalable de la société requérante, se fonder sur le fait que le projet ne respectait pas l'article 3.5 de la zone UAc du règlement du PLU. Par conséquent, la société n'est pas fondée, à demander l'annulation de la décision d'opposition à déclaration préalable qu'elle conteste.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
9. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de la juridiction administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. "
10. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions de la requête aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions que la société Free Mobile présente sur leur fondement à l'encontre de la commune d'Alfortville qui n'est pas la partie perdante, dans la présente instance. Il y a lieu en revanche de mettre à la charge de la société requérante la somme de 1 500 euros à verser à la commune d'Alfortville sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Free Mobile est rejetée.
Article 2 : La société Free Mobile versera à la commune d'Alfortville la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de la juridiction administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Free Mobile et à la commune d'Alfortville.
Délibéré après l'audience du 22 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gougot, présidente,
M. Duhamel, premier conseiller,
M. Combier, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2024.
Le rapporteur,
D. COMBIER
La présidente,
I. GOUGOT
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026