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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2208962

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2208962

jeudi 30 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2208962
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation9ème chambre
Avocat requérantSADOUN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I - Par une requête, enregistrée le 14 septembre 2022 sous le n° 2208962, et un mémoire, enregistré le 27 septembre 2022, M. C G, représenté par Me Sadoun, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 16 août 2022 en tant que le préfet de Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français ;

2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant des moyens communs aux deux décisions attaquées :

- elles sont entachées d'incompétence ;

- elles sont entachées d'erreur de droit, d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elles sont fondées sur un avis erroné du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, par ailleurs, lacunaire, et fondé sur un rapport médical erroné et lacunaire et insuffisamment motivé ; ce rapport médical indique notamment, à tort, que son fils a bénéficié en Algérie d'une procédure de dérivation pour traiter l'hydrocéphalie ; son fils ne peut pas bénéficier en Algérie de la prise en charge pluridisciplinaire dont il besoin pour le suivi de sa myéloméningocèle ; l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration est, en outre, irrégulier dans la mesure où les deux premières rubriques ne sont pas remplies ; il est bien fondé à prétendre à la délivrance d'un certificat de résidence algérien mention " vie privée et familiale " en tant que parent étranger d'un enfant mineur malade ;

- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales

- elles méconnaissent les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

S'agissant de la décision portant refus de séjour :

- elle méconnaît les stipulations du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est dépourvue de base légale compte tenu de l'illégalité de la décision de refus de séjour.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 octobre 2022, le préfet de Seine-et-Marne, qui transmet les pièces utiles du dossier, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. G ne sont pas fondés.

En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées que le tribunal était susceptible de fonder son jugement sur le moyen soulevé d'office tiré de ce que le préfet de Seine-et-Marne ne pouvait se fonder sur les dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers du droit d'asile pour refuser de délivrer à M. G un titre de séjour en qualité de " parent d'enfant mineur malade ", dès lors que la délivrance d'un tel titre est entièrement régie par l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, et qu'il y a lieu de substituer à cette base légale erronée celle tirée de l'exercice, par le préfet, de son pouvoir de régularisation.

Par une ordonnance du 30 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au

2 janvier 2023 à 12 heures.

II - Par une requête, enregistrée le 14 septembre 2022 sous le numéro 2208963, et un mémoire, enregistré le 27 septembre 2022, Mme D B épouse G, représentée par Me Sadoun, demande au tribunal :

1°) avant dire droit, d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de produire dans un délai de dix jours à compter de l'enregistrement de la requête, une copie de l'arrêté portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français pris à son encontre ;

2°) d'annuler l'arrêté du 16 août 2022 en tant que le préfet de Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français ;

3°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

S'agissant des moyens communs aux deux décisions attaquées :

- elles sont entachées d'incompétence ;

- elles sont entachées d'erreur de droit, d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elles sont fondées sur un avis erroné du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, par ailleurs, lacunaire, et fondé sur un rapport médical erroné et lacunaire et insuffisamment motivé ; ce rapport médical indique notamment, à tort, que son fils a bénéficié en Algérie d'une procédure de dérivation pour traiter l'hydrocéphalie ; son fils ne peut pas bénéficier en Algérie de la prise en charge pluridisciplinaire dont il a besoin pour le suivi de sa myéloméningocèle ; l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration est, en outre, irrégulier dans la mesure où les deux premières rubriques ne sont pas remplies ; elle est bien fondée à prétendre à la délivrance d'un certificat de résidence algérien mention " vie privée et familiale " en tant que parent étranger d'un enfant mineur malade ;

- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elles méconnaissent les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

S'agissant de la décision portant refus de séjour :

- elle méconnaît les stipulations du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est dépourvue de base légale compte tenu de l'illégalité de la décision de refus de séjour.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 octobre 2022, le préfet de Seine-et-Marne, qui transmet les pièces utiles du dossier, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme B épouse G ne sont pas fondés.

En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées que le tribunal était susceptible de fonder son jugement sur le moyen soulevé d'office tiré de ce que le préfet de Seine-et-Marne ne pouvait se fonder sur les dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers du droit d'asile pour refuser de délivrer à Mme B épouse G un titre de séjour en qualité de " parent d'enfant mineur malade ", dès lors que la délivrance d'un tel titre est entièrement régie par l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, et qu'il y a lieu de substituer à cette base légale erronée celle tirée de l'exercice, par le préfet, de son pouvoir de régularisation.

Par une ordonnance du 30 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au

2 janvier 2023 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme F,

- et les observations de Me Sadoun, représentant M. G et Mme B épouse G, requérants présents.

Considérant ce qui suit :

1. M. G, ressortissant algérien né le 13 juin 1989 à Boghni (Algérie) est entré sur le territoire français le 4 juillet 2019 sous couvert d'un visa court séjour. Son épouse, Mme B épouse G, née le 19 septembre 1983 à Bejaia (Algérie), l'a rejoint en France le 17 octobre 2019, sous couvert d'un visa court séjour, accompagnée de leur fils, né le 23 juin 2019, qui souffre de myéloméningocèle. Ils ont sollicité leur admission au séjour en leur qualité de parents d'enfant mineur malade. Par deux arrêtés du 16 août 2022, le préfet de

Seine-et-Marne a refusé de leur délivrer un titre de séjour et les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays à destination duquel ils pourraient être reconduits d'office. Par les requêtes n° 2208962 et n° 2208963, les intéressés demandent l'annulation de ces arrêtés en tant qu'ils leur refusent l'admission au séjour et leur font obligation de quitter le territoire français.

Sur la jonction :

2. Les requêtes susvisées nos 2208962 et 2208963 présentées par M. G et Mme B épouse G présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour qu'il soit statué par un même jugement.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concernent les moyens communs aux deux décisions attaquées :

3. Les arrêtés contestés ont été signés par Mme E H, préfète déléguée pour l'égalité des chances, laquelle a reçu délégation pour signer " tous actes, arrêtés, décisions, circulaires, requêtes juridictionnelles, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'Etat dans le département de Seine-et-Marne, à l'exception des arrêtés de conflits et des réquisitoires des forces armées ", par arrêté du préfet de Seine-et-Marne du 27 juillet 2022 qui a été publié dans le recueil des actes administratifs de la préfecture de Seine-et-Marne n° D77-01-08-2022 du 1er août 2022. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur des décisions critiquées manquent en fait et doivent être écartés.

4. Aux termes de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9, ou l'étranger titulaire d'un jugement lui ayant conféré l'exercice de l'autorité parentale sur ce mineur, se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / Cette autorisation provisoire de séjour ouvre droit à l'exercice d'une activité professionnelle. / Elle est renouvelée pendant toute la durée de la prise en charge médicale de l'étranger mineur, sous réserve que les conditions prévues pour sa délivrance continuent d'être satisfaites. / Elle est délivrée par l'autorité administrative, après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions prévues à l'article L. 425-9 ".

5. Si les dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne sont pas applicables aux ressortissants algériens dont la situation est entièrement régie par les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, cette circonstance n'interdit pas au préfet, dans le cadre de son pouvoir discrétionnaire d'appréciation, de délivrer à ces ressortissants un certificat de résidence pour accompagnement d'enfant malade. Il appartient seulement au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation portée sur la situation personnelle de l'intéressé.

6. En l'espèce, il ressort des termes des décisions attaquées que le préfet de

Seine-et-Marne s'est fondé à tort sur les dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, auxquelles il y a lieu de substituer la mise en œuvre par le préfet de son pouvoir de régularisation.

7. Il ressort des pièces du dossier que M. G et Mme B épouse G sont parents d'un enfant âgé de trois ans à la date des décisions attaquées, qui souffre d'une pathologie neurologique appelée myéloméningocèle liée à une malformation sévère de la moelle épinière et du système nerveux. L'état de santé de l'enfant des requérants a nécessité, ainsi que l'atteste le neurochirurgien du service neurochirurgie pédiatrique de l'hôpital Necker - enfants malades, dans le certificat établi le 2 septembre 2022, soit postérieurement aux décisions contestées mais dont il peut être tenu compte pour évoquer une situation de fait antérieure, " une chirurgie de fermeture de cette malformation puis un traitement de l'hydrocéphalie et une prise en charge des conséquences aux plans urologique, orthopédique et développemental ".

8. Pour rejeter les demandes d'admission au séjour de M. G et Mme B épouse G, le préfet de Seine-et-Marne s'est fondé sur l'avis émis le 1er février 2022 par le collège des médecins de l'OFII selon lequel, si " l'état de santé d'Adem nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité ", " eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ". Pour contester le bien-fondé de cet avis, les requérants ont produit, outre le certificat médical précédent, qui précise que l'état de santé de leur enfant nécessite " une prise en charge pluridisciplinaire spécialisée à vie afin de limiter les complications de ce handicap et l'apparition de nouvelles morbidités pouvant alourdir le traitement et mettre en jeu le pronostic vital et fonctionnel ", le certificat médical du médecin en médecine physique et de réadaptation du centre de rééducation fonctionnelle Ellen Poidatz, établi le 25 août 2022, dont il peut, également, être tenu compte, qui indique que leur enfant " présente un handicap lourd et nécessite un appareillage complexe pour aider son positionnement assis et debout, et pouvoir prévenir toutes rétractions musculo-tendineuses et/ou malformations articulaires ", ainsi que le certificat médical établi le 8 septembre 2022 par un maître assistant en neurologie du centre hospitalier de Bejaia (Algérie) faisant état de ce que " à ce jour, il n'existe aucune prise en charge pluridisciplinaire spécifique au traitement de la myéloméningocèle en Algérie ". Toutefois, nonobstant la circonstance que ce dernier certificat médical est postérieur aux décisions attaquées, compte tenu du caractère général et non circonstancié de ses mentions, qui ne précisent ni les suivis ni les traitements qui seraient inaccessibles en Algérie, les requérants ne peuvent être regardés comme contredisant sérieusement l'avis du collège des médecins de l'OFII ni comme rapportant la preuve du caractère erroné de celui-ci. De surcroît, la circonstance que les rubriques relatives à l'élaboration du rapport et à l'élaboration de l'avis n'aient pas été renseignées est sans incidence. Il en va de même de la circonstance que le rapport médical sur lequel s'est appuyé l'avis du collège des médecins de l'OFII mentionne, par erreur, une intervention de dérivation de l'hydrocéphalie de l'enfant subie en Algérie en lieu et place de la France, dès lors que cette hydrocéphalie a été traitée et que la question relative à la possibilité d'une prise en charge du mineur en Algérie n'a pas trait à cette hydrocéphalie mais à la myéloméningocèle. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le préfet de Seine-et-Marne aurait commis des erreurs de droit et de fait ou une erreur manifeste dans l'appréciation de leur situation en leur refusant l'admission au séjour et en leur faisant obligation de quitter le territoire français.

9. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

10. Il ressort des pièces du dossier que M. G et Mme B épouse G, arrivés respectivement en France en juillet et octobre 2019, sont parents d'un deuxième enfant, né en France le 12 novembre 2020. Par ailleurs, si M. G se prévaut d'un emploi de maçon depuis le mois d'avril 2022, les deux bulletins de paye qu'il produit correspondant aux mois d'avril et juin 2022, sont insuffisants à démontrer une insertion professionnelle stable et durable sur le territoire français. Son épouse n'apporte, en ce qui la concerne, aucun élément de nature à démontrer son insertion sur le territoire français. Dans ces circonstances, compte tenu de ce qui a été dit au point 8. du présent jugement et au regard de leur ancienneté sur le territoire français limitée à trois ans à la date des décisions en litige et des conditions de leur séjour en France, les intéressés qui ne démontrent ni n'allèguent être dépourvus d'attaches familiales dans leur pays d'origine au sein duquel ils ont vécu respectivement jusqu'à l'âge de trente et trente-six ans, ne sont pas fondés à soutenir que le préfet de Seine-et-Marne aurait porté à leur droit au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a pris les décisions attaquées. Les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent, par suite, être écartés.

11. Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.

12. Compte-tenu de ce qui a été dit aux points 8. et 10. du présent jugement et de ce que les arrêtés attaqués n'ont ni pour objet, ni pour effet de séparer les requérants de leurs enfants, M. G et A B épouse G ne sont pas fondés à soutenir que le préfet de

Seine-et-Marne a méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

En ce qui concerne les moyens propres aux décisions portant refus de séjour :

13. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien modifié : " (). / Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () ; / 7° au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays. / () ".

14. Il ressort des décisions portant refus de séjour que le préfet, qui ne disposait en l'espèce que d'un pouvoir de régularisation, a examiné la situation des requérants au regard de ces stipulations alors même que les requérants, qui ne se prévalent pas de leur propre état de santé, n'ont pas formé de demande de titre de séjour sur ce fondement. En tout état de cause, les requérants ne démontrent ni même n'allèguent présenter un état de santé nécessitant une prise en charge dont le défaut entraînerait pour eux des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Dès lors, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations du 7° de l'article 6 de l'accord

franco-algérien doivent être écartés.

En ce qui concerne les moyens propres aux décisions portant obligation de quitter le territoire français :

15. Au vu de ce qui a été dit aux points 3. à 14. du présent jugement, les décisions portant refus de délivrance d'un titre de séjour ne sont pas entachées d'illégalité. Il suit de là que les moyens tirés de ce que les décisions faisant obligation à M. G et Mme B épouse G de quitter le territoire français seraient dépourvues de base légale ne peuvent qu'être écartés.

16. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'ordonner avant-dire droit la production de l'arrêté concernant Mme B épouse G que le préfet de Seine-et-Marne a produit dans la présente instance, que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation des décisions du 16 août 2022 par lesquelles le préfet de Seine-et-Marne a refusé leur admission au séjour et leur a fait obligation de quitter le territoire français. Il y a donc lieu de rejeter leurs conclusions aux fins d'annulation ainsi, que par voie de conséquence, leurs conclusions aux fins d'injonction et celles qu'ils ont présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes de M. G et Mme D B épouse G, enregistrées respectivement sous les n°s 2208962 et 2208963, sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C G, Mme D B épouse G et au préfet de Seine-et-Marne.

Délibéré après l'audience du 9 mars 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Bonneau-Mathelot, présidente,

Mme Réchard, première conseillère,

Mme Luneau, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.

La rapporteure,

J. RECHARD

La présidente,

S. BONNEAU-MATHELOT La greffière,

S. SCHILDER

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°s 2208962, 2208963

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