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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2208999

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2208999

vendredi 18 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2208999
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSCP LONQUEUE SAGALOVITSCH EGLIE-RICHTERS & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires, enregistrés le 15 septembre 2022, le 22 septembre 2022 et le 29 septembre 2022, la SCI Espaces Sauvages, M. A C et Mme E B, représentés par Me Bouboutou, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 9 mai 2022 par lequel le maire de Champigny-sur-Marne a retiré et s'est opposé à leur déclaration préalable déposée le 19 janvier 2022 à fin de création de deux fenêtres de toit, de réalisation d'une terrasse, de modification des façades et de la clôture d'une maison sise 15, impasse Brade Lethuaire et de la décision du 22 juillet 2022 rejetant leur recours gracieux, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;

2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 9 mai 2022 par lequel le maire de Champigny-sur-Marne les a mis en demeure de cesser les travaux, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

3°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 9 septembre 2022 par lequel le maire de Champigny-sur-Marne s'est opposé à leur déclaration préalable déposée le 11 août 2022 à fin de changement de destination d'une partie de la maison, de création de deux fenêtres de toit, de réalisation d'une terrasse, de modification des façades et de la clôture d'une maison sise 15, impasse Brade Lethuaire, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

4°) d'enjoindre, à titre provisoire, au maire de Champigny-sur-Marne de prendre une décision de non opposition à la déclaration préalable sollicitée par la SCI Espaces sauvages le 11 août 2022, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et ce sous astreinte de 250 euros par jour de retard ou, à défaut, d'enjoindre au maire de Champigny-sur-Marne de procéder au réexamen de la déclaration préalable sollicitée par la SCI Espaces Sauvages dans les mêmes conditions de délais et d'astreinte ;

5°) de mettre à la charge de la commune de Champigny-sur-Marne une somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la condition d'urgence est satisfaite aux motifs que les décisions attaquées sont à l'origine de l'arrêt des travaux, de sorte que certaines parties de la maison d'habitation sont inhabitables et dangereuses, que les requérants ne peuvent accueillir ni la mère de la requérante qui nécessite des soins quotidiens, ni le cousin du requérant, qui de ce fait ne participe pas au remboursement du prêt souscrit et que, compte tenu de l'attitude de la commune défenderesse, ils sont dans l'impossibilité d'obtenir une autorisation leur permettant d'achever les travaux entrepris ;

- il existe des moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté du 9 mai 2022 portant retrait de la décision tacite de non opposition à déclaration préalable aux motifs que :

- la procédure contradictoire n'a pas été respectée ;

- l'arrêté litigieux a considéré à tort que la déclaration préalable est entachée de fraude ;

- l'arrêté litigieux est entaché d'une erreur d'appréciation en ce qui concerne la création de logements supplémentaires dans le pavillon ;

- dès lors que les travaux litigieux ne créent pas de logements supplémentaires, l'arrêté attaqué a considéré à tort que les travaux litigieux méconnaissent les dispositions des articles II.7 et II.10 du règlement du plan local d'urbanisme, la vocation de la zone UP, ainsi que les dispositions de l'article III.1 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- il existe des moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté interruptif de travaux aux motifs que :

- la procédure contradictoire n'a pas été respectée ;

- il est fondé sur le retrait de la décision de non-opposition à déclaration préalable, qui est lui-même illégal ;

- à la date à laquelle il a été pris les requérants étaient titulaires d'une déclaration préalable tacitement délivrée ;

- en tout état de cause, les travaux réalisés l'étaient en conformité avec l'autorisation délivrée ;

- l'arrêté litigieux ne peut être fondé sur la circonstance que la déclaration préalable méconnaît les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 septembre 2022, la commune de Champigny-sur-Marne, représentée par Me Sagalovitsch, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable, faute d'être accompagnée d'une copie de la requête au fond ;

- la condition d'urgence n'est pas satisfaite aux motifs que l'autorisation qui a été retirée ne portait que sur des travaux très limités, les risques pour la sécurité des requérants n'est pas avéré car ce risque ne se présente que lorsque les portes-fenêtres sont ouvertes, la situation ne présente pas de caractère nouveau eu égard à la configuration initiale de la maison, il n'est pas établi que la mère de la requérante ne pourrait être accueillie chez les requérants, les requérants n'établissent pas être dans une situation financière difficile et le mauvais état psychologique de Mme B n'est pas établi ;

- il n'y a pas de moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité des arrêtés attaqués.

La requête a été communiquée au préfet du Val-de-Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 15 septembre 2022 sous le numéro 2208994 par laquelle la SCI Espaces sauvages demande l'annulation des décisions attaquées.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme D pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Guillemard, greffier d'audience, Mme D a lu son rapport et entendu :

- les requérants, représentés par Me Leplat, substituant Me Bouboutou, concluent aux mêmes fins que leurs précédentes écritures, par les mêmes moyens : d'une part, la condition d'urgence est satisfaite aux motifs qu'il y a un véritable chantier à l'intérieur même de la maison, qu'il est nécessaire que les requérants puissent fermer toutes les ouvertures, que l'état de santé de la mère de la requérante nécessite qu'elle puisse venir habiter chez sa fille, que les requérants sont en grande difficulté financière et que l'état de santé psychologique de la requérante est fragilisé, et, d'autre part, il existe des moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité des arrêtés attaqués aux motifs que les arrêtés du 9 mai 2022 sont entachés d'un vice de procédure dès lors que la procédure contradictoire devait être mise en œuvre, aucune situation d'urgence n'existant, que l'impasse dessert 13 propriétés, de sorte que les travaux litigieux ne créent aucun atteinte à la sécurité publique, qu'il n'y a pas de fraude, qu'il n'y a pas d'obligation de présenter une déclaration préalable pour l'ancien bureau de la précédente propriétaire, qu'il y a une erreur d'appréciation concernant la création des 3 logements car il y a des équipements communs aux 3 espaces (unité fonctionnelle) et que l'impasse dans laquelle est située leur maison est existante et que, du fait de l'absence de création de nouveaux logement, le règlement du plan local d'urbanisme n'est pas méconnu ;

- la commune de Fontenay-sous-Bois, représentée par Me Richardeau, substituant Me Sagalovitsch conclue aux mêmes fins que ses précédentes écritures par les mêmes motifs et précise que, d'une part, la condition d'urgence n'est pas satisfaite car il n'y pas de risque pour la sécurité, la situation financière difficile des requérants n'est pas établie et le reste des arguments inopérants et que, d'autre part, il n'existe pas de moyen de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées aux motifs que la procédure contradictoire ne pouvait être appliquée compte tenu de la brièveté des travaux et des conséquences dommageables des travaux eu égard à la sécurité publique, que les décisions sont légales des places de stationnement supplémentaires étant nécessaires, que la fraude est avérée et qu'en tout état de cause, les motifs que seraient illégaux peuvent être neutralisés ;

- le préfet du Val-de-Marne n'étant ni présent, ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. C et Mme B sont gérants de la SCI Espaces Sauvages qui est propriétaire d'un pavillon sis 15 impasse Brade Lethuaire à Champigny-sur-Marne, pavillon dans lequel ils habitent. Le 19 janvier 2022, la SCI a déposé une déclaration préalable à fin de création d'une terrasse, d'agrandissement de deux ouvertures sur la façade sud et de modification de la couleur de la menuiserie de la clôture. Cette déclaration préalable a été tacitement délivrée le 20 février 2022. Par un arrêté du 9 mai 2022, le maire de Champigny-sur-Marne a retiré la décision de non opposition à déclaration préalable. Par un second arrêté, le maire de Champigny-sur-Marne, au nom de l'Etat, a mis en demeure la SCI Espaces Sauvages de cesser immédiatement les travaux entrepris. Le 11 août 2022, la SCI Espaces Sauvages a présenté une nouvelle déclaration préalable aux mêmes fins que précédemment et de changement de destination de la partie anciennement utilisée à des fins de profession libérale. Par un arrêté du 9 septembre 2022, le maire de Champigny-sur-Marne s'est opposé à cette déclaration préalable. La SCI Espaces Sauvages demande la suspension de l'exécution des arrêtés du 9 mai 2022, ainsi que de celui du 9 septembre 2022.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

3. En premier lieu, contrairement à ce que soutient la commune de Champigny-sur-Marne, la présente requête est accompagnée d'une copie de la requête au fond enregistrée le 15 septembre 2022, sous le numéro 2208994. La présente requête est donc recevable.

4. En deuxième lieu, il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

5. Les requérants soutiennent que la condition d'urgence est satisfaite aux motifs que les décisions attaquées sont à l'origine de l'arrêt des travaux, de sorte que certaines parties de la maison d'habitation sont inhabitables et dangereuses, que les requérants ne peuvent accueillir ni la mère de la requérante qui nécessite des soins quotidiens, ni le cousin du requérant, qui de ce fait ne participe pas au remboursement du prêt souscrit et que, compte tenu de l'attitude de la commune défenderesse, ils sont dans l'impossibilité d'obtenir une autorisation leur permettant d'achever les travaux entrepris. Il résulte de l'instruction que les arrêtés attaqués, qui sont nécessairement à l'origine de l'arrêt des travaux dès lors que les requérants s'étaient vus délivrer une décision de non-opposition à déclaration préalable leur permettant d'entreprendre ces travaux et que cette décision a été retirée, rendent certaines parties de la maison d'habitation inhabitables ou dangereuses tant à l'intérieur que vers l'extérieur. Au vu de seules circonstances, les requérants justifient d'une situation d'urgence.

6. En troisième lieu, en ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 9 mai 2022 portant retrait de la décision de non-opposition à déclaration du 19 janvier 2022, les moyens tirés du vice de procédure tenant en l'absence de respect de la procédure contradictoire, de ce que l'arrêté est entaché d'une erreur d'appréciation quant à l'intention frauduleuse des pétitionnaires, de ce que l'arrêté litigieux est entaché d'une erreur d'appréciation quant à la création de logements supplémentaires, de ce que l'arrêté litigieux méconnaît les dispositions des articles II.7 et II.10 du règlement du plan local d'urbanisme, la vocation de la zone UP, ainsi que les dispositions de l'article III.1 du règlement du plan local d'urbanisme sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de cet arrêté.

7. En quatrième lieu, en ce qui concerne la légalité de l'arrêté interruptif de travaux du 9 mai 2022, les moyens tirés du vice de procédure tenant en l'absence de respect de la procédure contradictoire, de ce que l'arrêté est entaché d'une erreur de droit dès lors qu'il est illégalement fondé sur l'arrêté du 9 mai 2022 portant retrait de la décision de non-opposition à déclaration du 19 janvier 2022, de ce que les requérants étaient titulaires d'une autorisation d'urbanisme et de ce que l'arrêté ne pouvait être fondé sur la méconnaissance des dispositions du règlement d'urbanisme sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de cet arrêté.

8. En cinquième lieu, eu égard aux moyens développés lors de l'audience, en ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 9 septembre 2022 portant opposition à déclaration du 11 août 2022, les moyens tirés de ce que l'arrêté est entaché d'une erreur d'appréciation quant à l'intention frauduleuse des pétitionnaires, de ce que l'arrêté litigieux est entaché d'une erreur d'appréciation quant à la création de logements supplémentaires, de ce que l'arrêté litigieux méconnaît les dispositions des articles II.7 et II.10 du règlement du plan local d'urbanisme, la vocation de la zone UP, ainsi que les dispositions de l'article III.1 du règlement du plan local d'urbanisme sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de cet arrêté.

9. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, en l'état du dossier aucun autre moyen ne paraît susceptible de fonder la suspension demandée.

10. Les deux conditions fixées par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative étant remplies, il y a lieu de suspendre l'exécution, d'une part, de la suspension de l'arrêté du 9 mai 2022 par lequel le maire de Champigny-sur-Marne a retiré et s'est opposé à leur déclaration préalable déposée le 19 janvier 2022 à fin de création de deux fenêtres de toit, de réalisation d'une terrasse, de modification des façades et de la clôture d'une maison sise 15, impasse Brade Lethuaire et de la décision du 22 juillet 2022 rejetant leur recours gracieux, d'autre part, de l'arrêté du 9 mai 2022 par lequel le maire de Champigny-sur-Marne les a mis en demeure de cesser les travaux et, enfin, de l'arrêté du 9 septembre 2022 par lequel le maire de Champigny-sur-Marne s'est opposé à leur déclaration préalable déposée le 11 août 2022 à fin de changement de destination d'une partie de la maison, de création de deux fenêtres de toit, de réalisation d'une terrasse, de modification des façades et de la clôture d'une maison sise 15, impasse Brade Lethuaire jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

11. Lorsque le juge suspend un refus d'autorisation ou une opposition à une déclaration après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation ou de prendre une décision de non-opposition. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction soit que les dispositions en vigueur à la date de la décision ainsi suspendue interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date de l'ordonnance y fait obstacle. La décision de l'administration prise en exécution de cette injonction ne revêt toutefois qu'un caractère provisoire dans l'attente du jugement à intervenir sur la requête tendant à l'annulation de l'autorisation d'urbanisme ou de la déclaration préalable en cause.

21. En l'espèce, il ne résulte pas de l'instruction que les dispositions en vigueur à la date de la décision suspendue interdiraient que la demande puisse être accueillie pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date de la présente ordonnance y ferait obstacle. Par suite, il doit être enjoint au maire de la commune de Champigny-sur-Marne, par une décision prise dans le délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, qui revêtira un caractère provisoire jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la requête en annulation de la décision attaquée, de ne pas s'opposer à la déclaration préalable déposée le 11 août 2022 par la SCI Espaces Sauvages. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

13. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens () ". Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la SCI Vignerons, qui n'est pas la partie perdante dans les présentes instances, la somme que la commune de Bondy demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des requérants, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, la somme dont la commune de Champigny-sur-Marne demande le versement au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Champigny-sur-Marne, partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme totale de 1 500 euros à verser à la SCI Espaces Sauvages, à M. C et à Mme B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces mêmes dispositions font obstacle à ce que les requérants

O R D O N N E :

Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 9 mai 2022 par lequel le maire de Champigny-sur-Marne a retiré et s'est opposé à la déclaration préalable de la SCI Espaces Sauvages déposée le 19 janvier 2022 est suspendue.

Article 2 : L'exécution de l'arrêté du 9 mai 2022 par lequel le maire de Champigny-sur-Marne a ordonné l'interruption des travaux est suspendue.

Article 3 : L'exécution de l'arrêté du 9 septembre 2022 par lequel le maire de Champigny-sur-Marne s'est opposé à la déclaration préalable de la SCI Espaces Sauvages déposée le 11 août 2022 est suspendue.

Article 4 : Il est enjoint au maire de la commune de Champigny-sur-Marne de délivrer à titre provisoire jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la requête en annulation une décision de non-opposition à la déclaration préalable présentée par la société Espaces Sauvages le 11 août 2022 dans un délai d'un mois à compter de la date de notification de la présente ordonnance.

Article 5 : La commune de Champigny-sur-Marne versera à la SCI Espaces Sauvages, à M. C et Mme B la somme totale de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : La requête est rejetée pour le surplus des conclusions.

Article 7 : Les conclusions présentées par la commune de Champigny-sur-Marne en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à la SCI Espaces Sauvages, M. A C et Mme E B, à la commune de Champigny-sur-Marne et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Copie de la présente ordonnance est adressée à la préfète du Val-de-Marne.

Fait à Melun, le 18 novembre 2022.

La juge des référés,

Signé : Nathalie D

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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