mardi 18 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2209254 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | CABINET BOUSQUET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 septembre 2022, M. A C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 16 août 2022 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a prononcé son transfert aux autorités bulgares, responsables de l'examen de sa demande d'asile.
M. C soutient que la décision portant transfert :
- est entachée d'un défaut d'information lorsque ses empreintes ont été prises par les autorités bulgares ;
- est illégal au motif qu'il n'a pas eu d'entretien individuel, au sens de l'article 5 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013, avec un agent autrichien et/ou bulgare ;
- méconnaît l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales par " ricochet ".
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 octobre 2022, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. C n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des États membres par un ressortissant de pays tiers ou un apatride ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné M. Girard-Ratrenaharimanga, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles R. 776-13-1 et suivants, R. 776-15, R. 777-1 et suivants, R. 777-2 et suivants et R. 777-3 et suivants du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. E ;
- les observations de Me Bousquet, représentant M. C, absent, qui :
* conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens
* abandonne les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales par " ricochet " ;
* et soutient la violation de l'article 4 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 et la méconnaissance de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales eu égard à la situation en Bulgarie ;
- et M. D, représentant le préfet de Seine-et-Marne, absent, qui reprend les moyens du mémoire en défense.
Après avoir prononcé la clôture d'instruction à l'issue de l'audience publique à 14h47.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant pakistanais, né le 25 novembre 2001 à Kashmir (République islamique du Pakistan), a déposé une demande d'asile et a été mis en possession de l'attestation correspondante le 8 juillet 2022. À l'issue de la procédure de détermination de l'État membre responsable de cette demande d'asile, par l'arrêté susvisé du 16 août 2022, le préfet de Seine-et-Marne a prononcé le transfert de M. C aux autorités bulgares. M. C demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 571-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'autorité administrative estime que l'examen d'une demande d'asile relève de la compétence d'un autre État qu'elle entend requérir, en application du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, il est procédé à l'enregistrement de la demande selon les modalités prévues au chapitre I du titre II. () ". Selon l'article L. 572-1 de ce code : " Sous réserve du troisième alinéa de l'article L. 571-1, l'étranger dont l'examen de la demande d'asile relève de la responsabilité d'un autre État peut faire l'objet d'un transfert vers l'État responsable de cet examen. / Toute décision de transfert fait l'objet d'une décision écrite motivée prise par l'autorité administrative. () ".
3. En premier lieu, les moyens tirés du défaut d'information lorsque les empreintes de M. C ont été prises par les autorités bulgares et du défaut d'entretien individuel, au sens de l'article 5 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013, avec un agent autrichien et/ou bulgare sont inopérants à l'encontre de la décision en litige dès lors qu'il n'appartient pas au juge de l'État ayant pris une décision de transfert, aux termes du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013, de contrôler la procédure suivie dans l'État vers lequel le transfert est décidé.
4. En deuxième lieu, il résulte des dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 que les autorités de l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable doivent, afin d'en faciliter la détermination et de vérifier que le demandeur d'asile a bien reçu et compris les informations prévues par l'article 4 du même règlement.
5. Si M. C soutient n'avoir reçu que la première page de chacune desdites brochures, il n'apporte aucun élément permettant de renverser la présomption qui s'attache à cette remise intégrale dès lors qu'il ressort tant de la signature de ces premières pages que des termes de l'entretien individuel qu'il a déclaré les avoir reçues et comprises. Par ailleurs, ces brochures lui ont été remises, en temps utile au plus tard au moment de l'entretien individuel, en langue ourdou, langue qu'il a déclarée comprendre en signant la fiche recueil n° 915193. Enfin, la circonstance que ne figure pas au dossier la durée de la prestation d'interprétariat ne saurait être retenue en l'espèce dès lors qu'il n'apporte aucun élément permettant d'estimer que la prestation d'interprétariat l'aurait privé d'une garantie dès lors notamment qu'il a pu saisir le juge dans les délais. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article 4 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 susvisé.
6. En dernier lieu, M. C fait valoir, se fondant sur un rapport du Conseil de l'Europe du 31 décembre 2021 rédigée par Mme B et notamment en ses pages 40 et 41, qu'il encourt des traitements inhumains et dégradants au sens de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, aux termes duquel " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ", dès lors que les migrants sont maltraités dans cet État avec régulièrement un placement dans des camps jusqu'à une durée de huit mois. Toutefois, ces seules informations ne permettent pas d'estimer que l'intéressé encourt un risque personnel et actuel au sens des stipulations précitées. Le moyen donc être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 16 août 2022 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a prononcé son transfert aux autorités bulgares. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de Seine-et-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2022.
Le magistrat désigné,
Signé : G. E
La greffière,
Signé : F. Darly
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
F. Darly
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026