vendredi 5 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2209271 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | GELPI JACQUES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 24 septembre 2022, 30 janvier, 17 mai, 7 octobre, 30 novembre et 26 décembre 2023, la société par actions simplifiées (SAS) Immoka, représentée par Me Gelpi, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 avril 2022 par lequel le maire de Bois-le-Roi a refusé sa demande de permis de construire un bâtiment comprenant deux logements sur un terrain situé au croisement de la rue de la Seine et de la rue des Sesçois, sur la parcelle section A n° 957 ensemble la décision du 28 juillet 2022 de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de Bois-le-Roi de tirer toutes les conséquences de ces annulations et d'accorder le permis de construire sollicité dans un délai de trois mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Bois-le-Roi une somme de 10 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- sa requête n'est pas tardive dès lors que son recours gracieux a prorogé le délai de recours contentieux, qui a expiré le 28 septembre 2022 ;
- elle a intérêt à agir à l'encontre du refus de permis de construire dès lors qu'elle est la pétitionnaire ;
- l'arrêté de refus de permis de construire contesté est entaché de l'incompétence de son signataire ;
- la décision de rejet du recours gracieux en date du 28 juillet 2022 est insuffisamment motivée dès lors qu'elle ne comporte pas les éléments de fait qui en constituent le fondement ;
- les décisions contestées sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que le projet litigieux respecte le système racinaire du chêne présent sur la parcelle, prévoit des mesures pour assurer sa conservation et qu'en tout état de cause, le chêne en question n'a pas de caractère remarquable ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que l'interprétation retenue par la commune des dispositions de l'article UD 13 du règlement du plan local d'urbanisme rend sa parcelle inconstructible ;
- elles sont entachées d'une rupture d'égalité dès lors que d'autres constructions ont été autorisées en zone UD du plan local d'urbanisme malgré la présence d'arbres avec des caractéristiques similaires à celui présent sur la parcelle en litige et elles sont entachées de détournement de pouvoir.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 9 novembre 2022, 27 février, 31 mai, 20 octobre et 14 décembre 2023, la commune de Bois-le-Roi, représentée par Me Chanlair, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la société Immoka d'une somme de 7 536 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Par une lettre du 20 octobre 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 1er décembre 2023.
Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 18 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dutour, conseillère,
- les conclusions de Mme Morisset, rapporteure publique,
- et les observations de Me Gelpi, représentant la société Immoka, et de Me Chanlair, représentant la commune de Bois-le-Roi.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 21 avril 2022, le maire de Bois-le-Roi a refusé de délivrer à la société Immoka un permis de construire un bâtiment comprenant deux logements sur une parcelle cadastrée section A n° 957 située au croisement de la rue de la Seine et de la rue des Sesçois. Par un courrier reçu le 14 juin 2022, la société Immoka a formé à l'encontre de cette décision du 21 avril 2022 un recours gracieux, qui a été explicitement rejeté par le maire de Bois-le-Roi par une décision du 28 juillet 2022. Par la présente instance, la société Immoka demande l'annulation de ces deux décisions du 21 avril 2022 et du 28 juillet 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article UD 13 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bois-le-Roi : " Les implantations des constructions doivent tenir compte des arbres de grand développement existants (plus de 15m à maturité) : / - Pour garantir le maintien et l'épanouissement du plus grand nombre dans de bonnes conditions, / - Pour préserver les plus beaux sujets. () ".
3. D'une part, il ressort des pièces du dossier que sur la parcelle litigieuse se trouve un chêne pédonculé d'une hauteur totale de 20 mètres et dont le tronc a un diamètre de 1,30 mètre. Cet arbre constitue un " arbre de grand développement " au sens des dispositions de l'article UD 13 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bois-le-Roi précitées. D'autre part, il ressort des pièces du dossier de demande de permis de construire, et en particulier du plan de masse de repérage des zones sensibles et très sensibles du système racinaire du chêne, que le projet de la société pétitionnaire tient compte de cet arbre de grand développement et respecte les objectifs fixés par les dispositions de l'article UD 13 précité, à savoir son maintien, son épanouissement et sa préservation. Dans ces conditions, le maire de Bois-le-Roi a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation dès lors que le projet de la société requérante respecte les dispositions de l'article UD 13 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bois-le-Roi.
4. Aux termes de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'elle annule pour excès de pouvoir un acte intervenu en matière d'urbanisme (), la juridiction administrative se prononce sur l'ensemble des moyens de la requête qu'elle estime susceptibles de fonder l'annulation (), en l'état du dossier ". Pour l'application de ces dispositions, aucun des autres moyens de la requête n'est susceptible, en l'état du dossier, de fonder l'annulation des décisions du 21 avril 2022 et du 28 juillet 2022 du maire de Bois-le-Roi.
5. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du 21 avril 2022 du maire de Bois-le-Roi et la décision du 28 juillet 2022 de rejet du recours gracieux de la société Immoka sont annulées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. D'une part, aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".
7. D'autre part, aux termes de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'un refus opposé à une demande d'autorisation d'occuper ou d'utiliser le sol ou l'opposition à une déclaration de travaux régies par le présent code a fait l'objet d'une annulation juridictionnelle, la demande d'autorisation ou la déclaration confirmée par l'intéressé ne peut faire l'objet d'un nouveau refus ou être assortie de prescriptions spéciales sur le fondement de dispositions d'urbanisme intervenues postérieurement à la date d'intervention de la décision annulée sous réserve que l'annulation soit devenue définitive et que la confirmation de la demande ou de la déclaration soit effectuée dans les six mois suivant la notification de l'annulation au pétitionnaire ".
8. Lorsque le juge annule un refus d'autorisation ou une opposition à une déclaration après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation ou de prendre une décision de non-opposition. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction soit que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée qui, eu égard aux dispositions de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme demeurent applicables à la demande, interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du jugement y fait obstacle. L'autorisation d'occuper ou d'utiliser le sol délivrée dans ces conditions peut être contestée par les tiers sans qu'ils puissent se voir opposer les termes du jugement.
9. Il y a lieu, en application du principe rappelé au point 8, d'enjoindre au maire de Bois-le-Roi de délivrer à la société Immoka le permis de construire sollicité le 23 décembre 2021, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés à l'instance :
10. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
11. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Immoka, qui n'est pas la partie perdante à l'instance, la somme demandée par la commune de Bois-le-Roi. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Bois-le-Roi la somme de 1 500 euros à verser à la société requérante au titre de ces dispositions.
12. D'autre part, aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'État. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'État peut être condamné aux dépens ".
13. En l'absence de dépens exposés dans le cadre de la présente instance, il y a lieu de rejeter les conclusions présentées par la société Immoka au titre de l'article R. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 21 avril 2022 du maire de Bois-le-Roi et la décision de rejet du recours gracieux du 28 juillet 2022 de la société Immoka sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au maire de Bois-le-Roi de délivrer à la société Immoka le permis de construire sollicité le 23 décembre 2021 dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Bois-le-Roi versera à la société Immoka la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Les conclusions présentées par la commune de Bois-le-Roi au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la société Immoka et à la commune de Bois-le-Roi.
Délibéré après l'audience du 14 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Senichault de Izaguirre, conseillère,
Mme Dutour, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2024.
La rapporteure,
L. DUTOURLa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
H. KELI
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026