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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2209429

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2209429

jeudi 10 août 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2209429
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantWANTOU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 27 septembre 2022, enregistrée le même jour au greffe du tribunal, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal le dossier de la requête présentée par M. B A.

Par cette requête, enregistrée le 19 septembre 2022 au greffe du tribunal administratif de Paris, M. A, représenté par Me Wantou, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir les décisions, contenues dans deux arrêtés du 18 septembre 2022, par lesquelles le préfet de police l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé en cas d'exécution d'office de cette obligation et a assorti cette même obligation d'une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre sous astreinte au préfet de police de le munir d'une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

en ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

-ces décisions sont insuffisamment motivées ;

-elles sont entachées d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

en ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

-cette décision est entachée d'une erreur de droit, dès lors qu'il remplit les conditions de délivrance de plein droit d'un certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " au titre du 1 ou du 5 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

-elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

-elle méconnaît aussi les stipulations de l'article 3, paragraphe 1, de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, ainsi que les dispositions de l'article 24 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et de l'article 5 de la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 ;

-elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

en ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire et la décision fixant le pays de renvoi :

-ces décisions sont illégales en raison de l'illégalité de l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français ;

en ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

-cette décision est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français ;

-elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile du fait de l'existence de circonstances humanitaires justifiant qu'elle ne soit pas édictée

-sa durée est disproportionnée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juillet 2023, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

-la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

-l'accord du 27 décembre 1968 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;

-la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

-la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

-la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 ;

-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

-le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer selon la procédure prévue à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur les recours en annulation dirigés contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français prises sur le fondement des 1°, 2° ou 4° de l'article L. 611-1 du même code et les décisions mentionnées à l'article R. 776-1 du code de justice administrative notifiées simultanément, lorsque l'étranger n'est pas placé en rétention ou assigné à résidence.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

-le rapport de M. Zanella ;

-les observations de Me Wantou, avocat désigné d'office représentant M. A, qui a conclu aux mêmes fins que la requête en soutenant que : l'obligation de quitter le territoire français en litige méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors que le requérant est marié à une ressortissante italienne avec laquelle il a eu une fille de nationalité italienne et qu'il occupe un emploi sous contrat à durée indéterminée dans le domaine de la restauration ; cette décision méconnaît également les stipulations de l'article 3, paragraphe 1, de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ; le requérant dispose d'une adresse stable, de sorte qu'il présente des garanties de représentation suffisantes et qu'il n'existe ainsi aucun risque de soustraction de sa part à l'obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ;

-et les observations de M. A qui a répondu aux questions posées dans le cadre de l'instruction.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant algérien né le 3 juin 1984, a fait l'objet, le 18 septembre 2022, de deux arrêtés par lesquels le préfet de police l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé en cas d'exécution d'office de cette obligation et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Sa requête tend à l'annulation de ces décisions.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

2. En premier lieu, le premier des deux arrêtés attaqués vise les textes dont il fait application, en particulier l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dont les 1° à 6° prévoient les cas dans lesquels l'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français, l'article L. 612-2 du même code, dont les 1° à 3° prévoient quant à eux les cas dans lesquels l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire, et les articles L. 721-3 et L. 721-4 dudit code, relatifs à la désignation du pays à destination duquel un étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office d'une décision portant obligation de quitter le territoire français. Cet arrêté, qui n'avait pas à faire état, à supposer qu'ils aient été portés à la connaissance de l'administration, de l'ensemble des éléments caractérisant la situation personnelle du requérant, indique par ailleurs, notamment, les raisons pour lesquelles son auteur a estimé que M. A se trouvait dans le cas prévu au 1° du premier des quatre articles mentionnés ci-dessus ainsi que dans celui prévu au 3° du deuxième des quatre mêmes articles. Il indique en outre les raisons pour lesquelles son auteur a estimé ne pas porter, en le prenant, une atteinte disproportionnée au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale et relève enfin que l'intéressé, dont il rappelle la nationalité algérienne, n'établit pas qu'il se trouverait exposé à des peines ou traitements prohibés par les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine ou tout autre pays. L'arrêté en cause comporte ainsi l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de chacune des décisions d'éloignement qu'il contient. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de la motivation de l'obligation faite à M. A de quitter le territoire français manque en fait.

3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, eu égard notamment à ce qui vient d'être dit du caractère suffisant de la motivation du premier des deux arrêtés attaqués, que le préfet de police n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. A avant d'obliger celui-ci à quitter le territoire français.

4. En troisième lieu, indépendamment des cas limitativement prévus aux 1° à 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, un étranger ne peut légalement faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français lorsque la loi ou une convention internationale prescrit qu'il doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour.

5. Aux termes de l'article de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Les dispositions du présent article [] fixent les conditions de délivrance et de renouvellement du certificat de résidence aux ressortissants algériens établis en France ainsi qu'à ceux qui s'y établissent, sous réserve que leur situation matrimoniale soit conforme à la législation française. / Le certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale" est délivré de plein droit : / 1. Au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant [] ; / 5. Au ressortissant algérien qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus []. ".

6. D'une part, si M. A soutient être entré en France quatorze ou quinze ans avant l'intervention des arrêtés attaqués, soit en 2007 ou 2008, et s'y être continûment maintenu depuis, il n'apporte toutefois aucun élément à l'appui de ces allégations qui sont par ailleurs contredites par le fait que, lors de son audition du 17 septembre 2022 par les services de police, à la suite de son interpellation pour des faits de tentative de vol en réunion précédé de dégradations, il a déclaré être revenu en France un an et demi plus tôt, soit en 2021. Par suite, il ne remplit pas la condition de durée de résidence habituelle prévue au 1 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968.

7. D'autre part, M. A, qui a déclaré, lors de l'audience, que ses parents et sa fratrie vivaient dans son pays d'origine, ne fait état d'aucune autre attache personnelle ou familiale en France, où, ainsi qu'il a été dit au point précédent, il séjournait depuis seulement dix-huit mois à la date des arrêtés attaqués, que sa conjointe de nationalité italienne, avec laquelle il s'est marié en Italie le 9 avril 2021, et leur fille née sur le territoire français le 22 janvier 2022, de nationalité italienne elle aussi. Or il ressort de ses propres écritures qu'à la date des arrêtés attaqués, il n'avait plus de vie commune avec sa conjointe et qu'il avait même interdiction de comparaître au domicile de celle-ci, le procès-verbal d'audition mentionné au point précédent faisant d'ailleurs état d'une procédure pour violences conjugales engagée le 9 juillet 2021. Le requérant, qui se borne à cet égard à produire des tickets de caisse non nominatifs ainsi que des preuves d'envois d'argent à sa conjointe, dont deux réalisés en Italie, ne justifie par ailleurs pas qu'à la même date, il entretenait des relations personnelles et avait des contacts directs avec son enfant, ni qu'il contribuait à l'entretien et à l'éducation de son enfant autrement qu'à distance et sous forme pécuniaire, soit dans des conditions ne nécessitant pas sa présence sur le territoire français. Il ne justifie pas davantage, le contrat de travail à durée indéterminée et les bulletins de paie dont il se prévaut étant postérieurs, d'une insertion sociale ou professionnelle particulière dans la société française à la même date. Dans ces conditions, il n'apparaît pas qu'à ladite date, les liens personnels et familiaux en France de l'intéressé auraient été tels qu'un refus de l'autoriser à y séjourner aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.

8. Il résulte de ce qui a été dit aux deux points précédents que M. A ne remplissait pas les conditions de délivrance de plein droit d'un certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " au titre du 1 ou du 5 de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 lorsque le préfet de police l'a obligé, le 18 septembre 2022, à quitter le territoire français. Le moyen tiré de l'erreur de droit qui entacherait cette décision ne peut, dès lors, qu'être écarté.

9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

10. Le moyen tiré de ce que le préfet de police aurait, en édictant l'obligation de quitter le territoire français en litige, porté au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au but en vue duquel il a pris cette décision et ainsi méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés ci-dessus au point 7. Il en va de même de celui tiré de ce que l'obligation de quitter le territoire français serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant.

11. En dernier lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. " Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. La même obligation résulte par ailleurs des dispositions, rédigées dans des termes analogues, du paragraphe 2 de l'article 24 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. En outre, aux termes de l'article 5 de la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier : " Lorsqu'ils mettent en œuvre la présente directive, les États membres tiennent dûment compte : / a) de l'intérêt supérieur de l'enfant []. ".

12. Il ne ressort pas des pièces du dossier, eu égard à ce qui a été dit ci-dessus au point 7, que le préfet de police aurait inexactement apprécié l'intérêt supérieur de l'enfant de M. A en obligeant celui-ci à quitter le territoire français. Les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 3, paragraphe 1, de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, des dispositions de l'article 24, paragraphe 2, de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et de l'article 5 de la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 ne peuvent par suite qu'être écartés.

Sur le refus de délai de départ volontaire :

13. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus au point 2 que le moyen tiré de l'insuffisance de la motivation de la décision refusant un délai de départ volontaire à M. A manque en fait.

14. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, eu égard notamment à ce qui vient d'être dit du caractère suffisant de la motivation du refus de délai de départ volontaire en litige, que le préfet de police n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. A avant d'opposer ce refus.

15. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus aux points 2 à 12 que l'obligation faite à M. A de quitter le territoire français n'est pas illégale. Par suite, le requérant n'est pas fondé à invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité de cette décision à l'encontre de celle lui refusant un délai de départ volontaire.

16. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / [] 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour [] ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement [] ; / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité [], qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale []. ".

17. M. A ne conteste pas qu'à la date des arrêtés attaqués, il se trouvait notamment, ainsi que l'a retenu le préfet de police, dans les cas prévus au 1° et au 5° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni qu'il n'était en outre pas en mesure de présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité. Par suite, à supposer qu'il ait disposé à la même date, comme il le prétend, d'une adresse stable, il n'est pas fondé à soutenir, en l'absence de circonstance particulière, que le préfet de police aurait estimé à tort qu'il existait un risque de soustraction de sa part à l'obligation de quitter le territoire français édictée à son encontre et ainsi fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

18. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus au point 2 que le moyen tiré de l'insuffisance de la motivation de la décision fixant le pays à destination duquel M. A sera renvoyé en cas d'exécution d'office de son obligation de quitter le territoire français manque en fait.

19. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, eu égard notamment à ce qui vient d'être dit du caractère suffisant de la motivation de la décision fixant le pays de renvoi, que le préfet de police n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. A avant de prendre cette décision.

20. En dernier lieu, ainsi qu'il a été dit ci-dessus au point 15, l'obligation faite à M. A de quitter le territoire français n'est pas illégale. Par suite, le requérant n'est pas fondé à invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité de cette décision à l'encontre de celle fixant son pays de renvoi.

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :

21. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. " Aux termes du premier alinéa de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".

22. En premier lieu, le second des deux arrêtés attaqués, qui vise les dispositions dont son auteur a entendu faire application, notamment l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et comporte des mentions attestant de la prise en compte par son auteur des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10 du même code, comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait constituant le fondement de l'interdiction de retour sur le territoire français qu'il contient. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision manque en fait.

23. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, eu égard notamment à ce qui vient d'être dit du caractère suffisant de la motivation de l'interdiction de quitter le territoire français en litige, que le préfet de police n'aurait pas procédé à un examen sérieux et approfondi de la situation personnelle de M. A avant de prendre cette décision.

24. En troisième lieu, ainsi qu'il a été dit ci-dessus au point 15, l'obligation faite à M. A de quitter le territoire français n'est pas illégale. Par suite, le requérant n'est pas fondé à invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité de cette décision à l'encontre de celle lui interdisant le retour sur le territoire français.

25. En dernier lieu, eu égard notamment, d'une part, à ce qui a été dit ci-dessus au point 7, d'autre part, à la circonstance que M. A avait précédemment fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 12 février 2021, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police ait commis une erreur manifeste d'appréciation en estimant qu'il n'existait aucune circonstance humanitaire faisant obstacle à l'édiction de l'interdiction de retour sur le territoire français en litige et en fixant la durée de celle-ci à deux ans.

26. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1er :La requête de M. A est rejetée.

Article 2 :Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de police.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 août 2023.

Le magistrat désigné,

Signé : P. ZANELLA

La greffière,

Signé : S. AÏT MOUSSA

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

S. AÏT MOUSSA

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