vendredi 16 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2209721 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | ANDRIEUX |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 4 octobre 2022, enregistrée le 5 octobre 2022 au greffe du tribunal, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par Mme A B.
Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Paris le 31 août 2022, et des mémoires, enregistrés le 5 octobre 2022, le 13 février 2023 et le 6 mars 2023, Mme A B, représentée par Me Andrieux, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 4 juillet 2022 par laquelle le jury du diplôme d'État de moniteur éducateur l'a déclarée ajournée au titre de la session 2022 ;
2°) d'enjoindre au directeur du service interacadémique des examens et concours d'Ile-de-France de prononcer la validation de sa formation ou de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge du service interacadémique des examens et concours d'Ile-de-France une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la délibération attaquée est illégale dès lors que le jury n'a pas mis en œuvre les critères qu'il lui appartenait de prendre en considération et s'est mépris sur la teneur de l'épreuve orale de l'entretien avec le jury sur le parcours de formation pratique ;
- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que l'appréciation portée sur sa prestation ne répond pas à l'objet de l'examen et que le critère de sélection mis en œuvre est erroné, qu'elle a obtenu de très bons résultats par ailleurs ce qui établit le caractère anormal de la note de 7 attribuée à l'épreuve litigieuse, le choix de l'atelier esthétique ne relève pas de sa seule initiative mais d'un choix concerté de l'équipe qu'elle avait intégrée lors de son stage, et qu'elle a été rappelée par la structure d'accueil du second stage pour un remplacement.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 janvier 2023, le service interacadémique des examens et concours conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une lettre du 17 novembre 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 12 décembre 2022.
Une ordonnance portant clôture de l'instruction immédiate a été prise le 13 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le décret n° 2007-898 du 15 mai 2007 ;
- l'arrêté du 20 juin 2007 relatif au diplôme d'État de moniteur-éducateur ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Blanc, conseillère,
- et les conclusions de Mme Morisset, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 4 juillet 2022, le jury du diplôme d'État de moniteur éducateur a déclaré Mme B ajournée au titre de la session 2022. Elle demande l'annulation de cette délibération.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article D. 451-73 du code de l'action sociale et des familles : " Le diplôme d'État de moniteur éducateur atteste des compétences nécessaires pour exercer une fonction éducative, d'animation et d'organisation de la vie quotidienne de personnes en difficulté ou en situation de handicap. / () ". Aux termes de l'article D. 451-74 de ce code : " La formation préparant au diplôme d'État de moniteur éducateur comprend un enseignement théorique et un enseignement pratique dispensé sous forme de stages. / () ". Aux termes de l'article D. 451-78 de ce code : " Un arrêté des ministres chargés des affaires sociales, de l'éducation, de la justice, et de la jeunesse précise les compétences professionnelles mentionnées à l'article D. 451-73, les modalités d'accès à la formation, le contenu et l'organisation de cette formation ainsi que les modalités de délivrance du diplôme d'État de moniteur éducateur ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 11 de l'arrêté du 20 juin 2007 relatif au diplôme d'État de moniteur-éducateur : " Le référentiel de certification est composé de quatre domaines de certification, conformément à l'annexe II " Référentiel de certification " du présent arrêté. Chacun des domaines comporte une épreuve terminale organisée par le recteur d'académie, conformément à l'annexe II précitée. / Les épreuves comprennent : / () / Domaine de certification 2 : entretien avec le jury sur le parcours de formation pratique ; / () / Chaque domaine de certification doit être validé séparément. Un domaine est validé lorsque le candidat obtient une note moyenne d'au moins 10 sur 20 pour ce domaine. Les résultats obtenus sont portés au livret de formation du candidat ". Aux termes de l'article 12 de cet arrêté : " () / Le jury se prononce sur chacun des domaines de certification du diplôme d'État de moniteur-éducateur à l'exception de ceux qui ont déjà été validés par un jury, soit dans le cadre de la validation des acquis de l'expérience et des dispenses prévues à l'article 14, soit dans le cadre des dispenses prévues à l'article 7, soit dans le cadre d'une décision de validation partielle telle que prévue à l'alinéa suivant. / Le jury établit la liste des candidats ayant validé les quatre domaines de certification du diplôme qui obtiennent, en conséquence, le diplôme d'État de moniteur-éducateur. Dans les cas où tous les domaines ne sont pas validés, le jury prend une décision de validation partielle mentionnant les domaines validés. / () ". L'annexe II de cet arrêté prévoit le type d'épreuve prévue pour l'épreuve DC 2, à savoir un entretien avec deux membres du jury qui porte sur l'expérience de stage du ME à partir du dossier de stages comprenant : les projet de stages du ME, les évaluations des stages réalisées par les terrains de stage, le compte rendu de la visite de stage, un écrit du ME pour chaque stage rendant compte de sa participation à la mise en œuvre du projet éducatif et détermine les compétences repérées lors de cette épreuve, à savoir observer, rendre compte et contribuer à l'évaluation des situations éducatives, participer à la mise en œuvre d'un projet éducatif, qui a pour objectif de déterminer si le candidat a su construire au cours de sa formation un positionnement professionnel.
4. Enfin, il résulte des dispositions susvisées que le diplôme de moniteur éducateur ne peut être délivré que sur proposition du jury qui se prononce sur chacun des domaines de certification du diplôme d'État de moniteur éducateur. L'appréciation portée par le jury conduit à établir la liste des candidats ayant validé les quatre domaines de certification du diplôme qui obtiennent, en conséquence, le diplôme d'État de moniteur-éducateur. Il s'ensuit que les missions du jury du diplôme de moniteur éducateur sont de même nature que celles assumées par les jurys de concours ou d'examen. Il n'appartient dès lors pas au juge administratif de contrôler l'appréciation portée par le jury sur les mérites d'un candidat sauf si cette appréciation est fondée sur des considérations autres que la seule valeur de ses prestations.
5. Pour soutenir que la décision attaquée est illégale, la requérante se prévaut, d'une part, de ce qu'en l'interrogeant uniquement sur un projet qu'elle a réalisé lors d'un stage, le jury de l'épreuve orale DC 2 relative à la formation pratique n'a pas mis en œuvre les critères qu'il lui appartenait de prendre en considération et, d'autre part, de ce que l'appréciation portée sur sa prestation ne répond pas à l'objet de l'examen et, enfin, de ce que cette note ne reflète pas les très bons résultats qu'elle a obtenus par ailleurs. Il ressort, toutefois, des pièces du dossier que l'appréciation du jury de cette épreuve porte sur la posture professionnelle de Mme B, alors que cette épreuve vise à déterminer si le candidat a su construire au cours de sa formation un positionnement professionnel. Dans ces conditions, la circonstance, à la supposer établie, que l'entretien a porté en grande partie sur un projet qu'elle a mis en œuvre lors d'un stage n'est pas de nature à entacher la décision attaquée d'illégalité. En outre, le jury de cette épreuve a considéré que " la candidate n'a pas mis en avant une posture professionnelle adaptée aux besoins du public " et que " la notion de projet s'apparente plus à une motivation personnelle qu'aux besoins identifiés des usagers ". De telles appréciations ne pouvant être utilement discutées devant le juge de l'excès de pouvoir, ainsi qu'il a été dit au point 4 du présent jugement, Mme B ne peut utilement se prévaloir des notes obtenues par ailleurs ni de ce qu'elle a été recrutée par la fonction Casip-Cojasor où elle a réalisé son deuxième stage. Par suite, les moyens d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la délibération du 4 juillet 2022 par laquelle le jury l'a déclarée ajournée doivent être rejetées. Par voie de conséquence, il y a également lieu de rejeter les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Copie en sera adressée au service interacadémique des examens et concours d'Ile-de-France.
Délibéré après l'audience du 26 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Mullié, présidente,
Mme Blanc, conseillère,
Mme Dutour, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2024.
La rapporteure,
T. BLANCLa présidente,
N. MULLIE
La greffière,
V. GUILLEMARD
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026