jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2209727 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | POULLIEUX - DELCOUR |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 30 septembre 2022, enregistrée au greffe le 5 octobre 2022, le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a transmis au tribunal, en application des dispositions de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par
M. A.
Par cette requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 28 avril, 26 septembre et 23 novembre 2022, M. D A, représenté par Me Delcour, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 31 mars 2022 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, a procédé à son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, lui a enjoint de remettre son passeport ou tout autre document d'identité ou de voyage et de se présenter, une fois par semaine, à la préfecture des Hauts-de-Seine pour indiquer les diligences mises en œuvre dans le cadre de la préparation de son départ et a abrogé son récépissé ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Les décisions portant refus de délivrance d'un titre de séjour et obligation de quitter le territoire français :
- ont été signées par une autorité incompétente ;
- sont insuffisamment motivées ;
- méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- sont entachées d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences qu'elles emportent sur sa situation personnelle ;
- méconnaissent le droit d'être entendu en violation des stipulations de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
La décision fixant le pays de destination :
- est illégale car elle est fondée sur des décisions elles-mêmes illégales ;
La décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an :
- est insuffisamment motivée ;
- méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
Les décisions portant obligation de se présenter chaque mardi à la préfecture des Hauts-de-Seine et de remise de son passeport :
- sont illégales car elles sont fondées sur des décisions elles-mêmes illégales ;
La décision portant signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen :
- est illégale car elle est fondée sur des décisions elles-mêmes illégales ;
La décision abrogeant son récépissé :
- est illégale car elle est fondée sur des décisions elles-mêmes illégales.
La requête a été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine, qui n'a pas produit d'observations en défense.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-marocain en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Van Daële ;
- et les observations de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant marocain né en 1992, est entré en France le 1er octobre 2020 muni d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant ", valable du 26 septembre 2020 au 26 septembre 2021. Il a sollicité, le 25 août 2021, la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " étudiant ". Par un arrêté du 31 mars 2022, le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, lui a demandé de restituer son passeport et l'a obligé à se présenter en préfecture tous les mardis à 10 heures, a fixé le pays de destination, lui a interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, l'a signalé aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen pour la durée de cette interdiction et a abrogé son récépissé. Par la requête susvisée, M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 31 mars 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité des décisions portant refus de délivrance d'un titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours :
2. En premier lieu, par un arrêté PCI n°2022-016 du 10 mars 2022, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture des Hauts-de-Seine et librement accessible, le préfet des Hauts-de-Seine a donné délégation à M. C B, adjoint au chef de bureau du séjour des étrangers à la direction des migrations et de l'intégration de la préfecture, en cas d'absence et d'empêchement de la directrice des migrations et de l'intégration et de l'attachée principale, chef de bureau, à l'effet notamment de signer notamment " les refus de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour, les décisions d'obligation de quitter le territoire français assorties ou non d'un délai de départ volontaire et fixant le pays de renvoi ainsi que tous les actes de procédures liés à ces décisions ". Dès lors qu'il n'est pas établi que les autorités précitées n'auraient pas été absentes ou empêchées lorsque l'arrêté attaqué a été pris, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions contestées doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, les décisions contestées visent les textes dont il est fait application et comportent les considérations de fait qui ont conduit à leur édiction, relatives notamment à la situation administrative et personnelle du requérant et à son parcours universitaire, et les motifs sur lesquels le préfet s'est fondé pour lui refuser la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étudiant. Par suite, et alors que le préfet des Hauts-de-Seine n'avait pas à mentionner l'ensemble des éléments de la situation de l'intéressé, la décision comporte une motivation suffisante en droit et en fait, quand bien même elle ne mentionne pas la présence d'une partie de sa famille sur le territoire français. Par ailleurs, l'obligation de quitter le territoire français, adoptée sur le fondement de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle du refus de titre de séjour. Il s'ensuit que le moyen tiré d'une insuffisance de motivation des décisions contestées doit être écarté.
4. En troisième lieu, M. A, qui se prévaut des stipulations de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, soutient qu'il a été privé de la possibilité de faire entendre son point de vue en méconnaissance de ces stipulations. Le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il implique que le préfet, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision défavorable à ses intérêts, mette l'intéressé à même de présenter ses observations, de sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure avant qu'elle n'intervienne. Le droit de l'intéressé d'être entendu n'impose alors pas à l'autorité administrative de le mettre à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire.
5. Au cas présent, il appartenait à M. A, lors du dépôt de sa demande de délivrance d'un titre de séjour, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il jugeait utiles et de les compléter, le cas échéant, au cours de l'instruction de sa demande. Par ailleurs, le requérant n'établit ni même n'allègue qu'il aurait sollicité en vain un entretien avec les services préfectoraux, ni qu'il aurait été empêché de présenter spontanément des observations avant que ne soit pris l'arrêté litigieux, ni même, au demeurant, qu'il disposait d'éléments pertinents tenant à sa situation personnelle susceptibles d'influer sur le sens de la décision. Par suite, le moyen tiré de ce que M. A aurait été privé du droit d'être entendue doit être écarté.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte donne droit à l'exercice, à titre accessoire, d'une activité professionnelle salariée dans la limite de 60 % de la durée de travail annuelle. ". Par ailleurs, l'article L. 6325-1 du code du travail prévoit que : " Le contrat de professionnalisation a pour objet de permettre d'acquérir une des qualifications prévues à l'article L. 6314-1 et de favoriser l'insertion ou la réinsertion professionnelle. Ce contrat est ouvert : / 1° Aux personnes âgées de seize à vingt-cinq ans révolus afin de compléter leur formation initiale ; / 2° Aux demandeurs d'emploi âgés de vingt-six ans et plus ; / 3° Aux bénéficiaires du revenu de solidarité active, de l'allocation de solidarité spécifique ou de l'allocation aux adultes handicapés ou aux personnes ayant bénéficié d'un contrat conclu en application de l'article L. 5134-19-1 () ".
7. Il ressort des pièces du dossier que M. A s'est inscrit, pour l'année universitaire 2021/2022, en master dans une école de commerce, formation s'effectuant en alternance par le biais d'un contrat de professionnalisation. Pour refuser de lui délivrer un titre de séjour en qualité d'étudiant, le préfet des Hauts-de-Seine s'est fondé sur la circonstance que M. A ne pouvait prétendre à un tel contrat dès lors qu'il était âgé de vingt-huit ans à la date de conclusion de ce contrat, excédant ainsi la limite d'âge fixée à vingt-cinq ans révolus par les dispositions précitées du 1° de l'article L. 6325-1 du code du travail. Il n'est pas contesté qu'en septembre 2021, date à laquelle a été souscrit ce contrat de professionnalisation, le requérant, né en 1992, était âgé de plus de 26 ans et ne répondait dès lors pas aux conditions fixées par ces dispositions. L'intéressé n'ayant présenté sa demande de titre qu'en se prévalant de cette inscription, à l'exclusion de toute autre inscription universitaire, le préfet ne pouvait que tirer les conséquences de l'impossibilité légale dans laquelle se trouvait M. A de poursuivre sa formation en alternance dans le cadre d'un contrat de professionnalisation en refusant de délivrer le titre de séjour sollicité. Dans ces conditions, alors même que l'intéressé bénéficiait d'une autorisation de travail, le préfet n'a pas commis d'erreur d'appréciation ni d'erreur de droit, à supposer ces moyens soulevés, en refusant de lui délivrer un titre de séjour pour ce motif.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
9. M. A fait valoir qu'il réside en France depuis le mois d'octobre 2020, qu'il vit en concubinage avec un ressortissant français et se prévaut de son parcours scolaire. Il ressort des pièces du dossier que le requérant s'est inscrit en Master 1 " audit et contrôle de gestion " dans une école de commerce au titre de l'année universitaire 2020/2021, puis, l'année suivante, en deuxième année de master dans une autre école de commerce, formation s'effectuant en alternance par le biais d'un contrat de professionnalisation, conclu pour la période du 8 septembre 2021 au 30 septembre 2022. Cependant, en dépit du sérieux de ses études et des offres d'emploi dont il se prévaut, ces deux années à peine de scolarité ne suffisent pas à établir une intégration suffisamment significative et stable sur le territoire français, alors que l'obtention d'un visa de long séjour étudiant ne donne pas vocation à s'installer durablement sur le territoire français. La circonstance que la décision contestée fasse obstacle à ce que le requérant puisse mener à son terme son projet d'études n'est pas de nature à caractériser, en l'espèce, une atteinte disproportionnée à son droit à mener une vie privée et familiale. Si M. A se prévaut par ailleurs de sa relation avec un ressortissant français rencontré en 2018, les billets de transports qu'il produit à leurs deux noms, les réservations de logements sur la plateforme " Airbnb ", les attestations d'amis communs, ainsi que l'attestation d'hébergement de son compagnon datée du 26 mars 2022, qui ne révèle par ses termes aucune antériorité, ne suffisent pas à établir la stabilité et l'ancienneté de cette relation. En outre, la circonstance que résident en France ses deux frères, l'un en situation régulière et l'autre de nationalité française, lequel l'a hébergé lors de son arrivée sur le territoire, ne permet pas de considérer que le centre de ses intérêts privés et familiaux serait durablement établi en France, alors queM. A n'était présent en France que depuis dix-sept mois à la date de la décision contestée et qu'il a vécu au Maroc jusqu'à l'âge de 27 ans, où résident à tout le moins ses parents. Dans ces conditions, le préfet des Hauts-de-Seine n'a pas, en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour et en l'obligeant à quitter le territoire français, porté au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs de son refus ou des buts poursuivis, et méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, la décision contestée n'est pas entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant.
En ce qui concerne la légalité de la décision fixant le pays de destination :
10. Compte tenu de ce qui précède, les décisions portant refus de délivrance de titre de séjour et obligation de quitter le territoire sans délai ne sont pas entachées d'illégalité. Dès lors, les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision fixant le pays de destination, par voie de conséquence de l'illégalité des décisions précitées, doivent être rejetées.
En ce qui concerne la légalité des décisions portant obligation de présentation hebdomadaire en préfecture et de remise du passeport :
11. Aux termes de l'article L. 721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel un délai de départ volontaire a été accordé peut, dès la notification de l'obligation de quitter le territoire français, être astreint à se présenter à l'autorité administrative ou aux services de police ou aux unités de gendarmerie pour y indiquer ses diligences dans la préparation de son départ. () ". Aux termes de l'article L. 721- 8 de ce code : " L'autorité administrative peut prescrire à l'étranger auquel un délai de départ a été accordé la remise de son passeport ou de tout document justificatif de son identité () ". Les mesures auxquelles un étranger est susceptible d'être astreint sur le fondement de ces dispositions tendent à assurer que celui-ci accomplit les diligences nécessaires à son départ dans le délai qui lui est imparti et concourent à la mise en œuvre de l'obligation de quitter le territoire français.
12. Compte tenu de ce qui précède, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, M. A n'est pas fondé à demander l'annulation par voie de conséquence des décisions l'obligeant à se présenter en préfecture et à remettre son passeport ou tout autre document d'identité ou de voyage.
En ce qui concerne la légalité de la décision abrogeant son récépissé :
13. La décision de refus de délivrance de titre de séjour n'étant pas annulée, M. A n'est pas fondé à demander l'annulation, par voie de conséquence, d'une telle décision.
En ce qui concerne la légalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
14. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".
15. Il incombe à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace.
16. Il ressort des pièces du dossier que M. A, s'il n'est pas dépourvu d'attaches familiales au Maroc, justifie de la présence en France de ses deux frères, dont l'un est de nationalité française et chez qui il a résidé, ainsi que d'attaches personnelles sur le sol français. Il ne ressort en outre ni des pièces du dossier ni des mentions de la décision attaquée que la présence en France de l'intéressé constituerait une menace pour l'ordre public ou qu'il aurait fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement. Dans ces conditions, en prononçant une interdiction de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an, le préfet des Hauts--de-Seine a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation de sa situation personnelle. Par suite et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens dirigés à l'encontre de cette décision, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an doit, pour ce motif, être annulée.
17. Il résulte de ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander l'annulation de la décision du 30 mars 2022 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant un délai d'un an.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
18. L'annulation de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français implique nécessairement l'effacement sans délai du signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen résultant de cette décision. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de procéder à cet effacement dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
19. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 30 mars 2022 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a fait interdiction à M. A de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de procéder à l'effacement du signalement de M. A aux fins de non admission dans le système d'information Schengen, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au préfet des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 7 juin 2023 à laquelle siégeaient :
Mme Billandon, présidente,
M. Meyrignac, premier conseiller,
Mme Van Daële, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juin 2023.
La rapporteure,
Signé : M. VAN DAËLE
La présidente,
Signé : I. BILLANDON
Le greffier,
Signé : G. NGASSAKI
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026