jeudi 5 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2209756 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre, JU |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 septembre 2022, et un mémoire, enregistré le
18 juillet 2023, M. A E, représenté par Me Champain, demande au tribunal :
1°) d'annuler les deux arrêtés du 28 août 2022 par lesquels le préfet de police, d'une part, l'a obligé à quitter sans délai le territoire français et a fixé le pays de destination, d'autre part, lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant trois ans et l'a signalé aux fins de
non-admission dans le système d'information Schengen ;
2°) d'enjoindre au préfet de police ou à l'autorité administrative compétente (préfet de l'Essonne) de réexaminer sa situation administrative dans un délai de quinze jours et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Champain de la somme de
1 200 euros au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle, ou le versement de cette même somme à lui-même en en cas de refus de l'aide juridictionnelle totale.
M. E soutient :
En ce qui concerne la recevabilité de la requête :
- qu'eu égard aux circonstances particulières dans lesquelles l'arrêté lui a été notifié, en garde-à-vue, le délai du recours contentieux ne peut être regardé comme ayant commencé à courir à compter de cette date, mais seulement à compter du 28 septembre 2022, depuis qu'il a pu effectivement prendre connaissance de l'arrêté avec l'assistance d'un juriste du point d'accès au droit du centre pénitentiaire de Fresnes, de sorte que la requête est bien recevable.
En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :
- qu'elles sont entachées d'incompétence ;
- qu'elles sont insuffisamment motivées.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- que la notification du rejet définitif de sa demande d'asile n'est pas établie, de sorte que cette décision méconnaît le 4° de l'article L. 611-1 du code ;
- qu'elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne la décision refusant un délai de départ volontaire :
- qu'elle est illégale à raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- que le motif tiré d'une menace à l'ordre public est entaché d'une erreur de qualification juridique et contraire à l'article L. 612-2 du code ;
- que le motif tiré du risque de fuite est entaché d'une erreur de fait, dès lors que la notification d'une précédente mesure d'éloignement n'est pas établie, et d'une erreur d'appréciation, dès lors qu'il disposait de garanties de représentation suffisantes, de sorte que la décision est également contraire aux dispositions combinées des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code ;
- qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ayant sur sa situation des conséquences d'une exceptionnelle gravité.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- qu'elle est illégale à raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- qu'elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
En ce qui concerne l'interdiction de retour :
- qu'elle est illégale à raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ;
- que le motif tiré d'une soustraction à une précédente mesure d'éloignement est entachée d'erreur de fait ;
- que le motif tiré de la menace à l'ordre public est entaché d'erreur d'appréciation ;
- que le principe et la durée de l'interdiction portent une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- que l'interdiction de retour est aussi contraire aux articles L. 612-6 et L. 612-10 du code ;
- qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 octobre 2022, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête en faisant valoir que certains moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.
M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné M. Pottier, président, en application des dispositions de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport, informé le conseil du requérant, d'une part, que le jugement était susceptible d'être fondé sur une irrecevabilité relevée d'office à raison de la tardiveté de la requête, d'autre part, qu'à défaut de transfèrement du requérant en détention au jour de l'audience, il accéderait à une demande de renvoi de l'affaire, pour permettre au requérant d'être présent à une nouvelle audience, et entendu les observations de Me Champain, représentant M. E, qui soutient :
- qu'à sa connaissance, M. E avait bien présenté une demande de transfèrement pour l'audience, mais qu'il ne souhaite pas demander le renvoi de l'affaire ;
- que le délai de 48 h n'a pas été déclenché du fait des conditions de détention, qui ne l'ont pas mis à même d'exercer le recours ;
- que la préfecture ne justifie pas du rejet d'une demande d'asile et du bien-fondé de l'application du 4° de l'article L. 611-1 ;
- que son père est décédé et que toutes ses attaches familiales se situent sur le territoire français ; qu'il a soigné sa mère malade du Covid ;
- que l'arrêté n'est fondé que sur une procédure de garde à vue ; que les faits sont au demeurant circonscrits sur une période temps donnée et n'ont pas donné lieu à une plainte de
Mme C ;
- que son comportement en détention a donné lieu à des observations positives du surveillant soulignant notamment qu'il était calme et prenait son travail à cœur ;
- que la privation du délai de départ volontaire est injustifiée alors qu'il vit chez sa mère ;
- que la durée de l'interdiction de retour est disproportionnée au regard des critères posés par le code, des sept ans de présence et des attaches familiales qu'il établit avoir en France, alors que la préfecture ne justifie pas d'une précédente mesure d'éloignement ;
- que le 5° ne peut être substitué au 4° de l'article L. 611-1, dès lors qu'une obligation de quitter le territoire français fondée exclusivement sur le 5° ne relève pas de la compétence du magistrat désigné, mais d'une formation collégiale, et qu'une telle substitution de base légale le priverait ainsi d'une garantie.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, ressortissant congolais né le 17 novembre 1977 à Kinshasa, demande l'annulation des deux arrêtés du 28 août 2022 par lesquels le préfet de police, d'une part, l'a obligé à quitter le territoire français, l'a privé de délai de départ volontaire et a fixé le pays de destination, d'autre part, lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant trois ans et l'a signalé aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen.
Sur la recevabilité de la requête :
2. Pour rendre opposable le délai de recours contentieux, l'administration est tenue, en application de l'article R. 421-5 du code de justice administrative, de faire figurer dans la notification de ses décisions la mention des délais et voies de recours contentieux ainsi que les délais des recours administratifs préalables obligatoires. Or, il résulte des dispositions des articles R. 776-19, R. 776-29 et R. 776-31 du même code que les étrangers ayant reçu notification d'une obligation de quitter le territoire français, d'une décision fixant le pays de renvoi, d'une décision relative au délai de départ volontaire, d'une interdiction de retour ou d'une assignation à résidence, alors qu'ils sont en rétention ou en détention, ont la faculté de déposer leur requête, dans le délai de recours contentieux, auprès de l'administration chargée de la rétention ou du chef de l'établissement pénitentiaire. Par conséquent, il incombe à l'administration, pour ces décisions, de faire figurer, dans leur notification à un étranger retenu ou détenu, la possibilité de déposer sa requête dans le délai de recours contentieux auprès de l'administration chargée de la rétention ou du chef de l'établissement pénitentiaire.
3. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, d'une part, que les décisions attaquées, assorties d'une décision de placement en rétention administrative, ont été notifiées à
M. E alors qu'il était en garde à vue, le dimanche 28 août 2022 à 20h20, dix minutes avant que cette garde à vue ne prenne fin et qu'il ne soit ensuite transféré, dans la nuit, au tribunal judiciaire de Paris, où il a été conduit devant le substitut du procureur de la République pour être jugé en comparution immédiate le lundi 29 août, et depuis où, après renvoi de l'audience au
22 septembre, il a été transféré, dans la matinée du 30 août, au centre pénitentiaire de Fresnes. Et d'autre part, que la notification des arrêtés attaqués se borne à mentionner la possibilité de présenter un recours contentieux devant le tribunal administratif de Paris, sans indiquer la possibilité de déposer sa requête auprès de l'administration chargée de la rétention, où il devait être initialement placé, ou du chef de l'établissement pénitentiaire, où il a en définitive été transféré. Dans ces conditions, le délai de recours contentieux de quarante-huit heures prévu à l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est en tout état de cause pas opposable à M. E. Il s'ensuit que la requête enregistrée le
29 septembre 2022 - d'ailleurs dès le lendemain du jour où la juriste du point d'accès au droit assistant M. E a pu avoir accès aux arrêtés attaqués qui étaient consignés au greffe du centre pénitentiaire - n'est pas tardive, ce qu'au demeurant, le préfet de police ne conteste pas. Toutefois, les conditions de notification précédemment mentionnées sont sans incidence sur la légalité des décisions attaquées.
Sur la légalité externe des décisions attaquées :
4. En premier lieu, par arrêté n° 2022-00999 du 19 août 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture de police le 22 août, le préfet de police a donné délégation à M. B D à l'effet de signer les décisions attaquées. Le moyen tiré de ce que ces décisions seraient entachées d'incompétence est par conséquent infondé.
5. En second lieu, les deux arrêtés du 28 août 2022 énoncent l'ensemble des circonstances de fait et de droit qui constituent le fondement de chaque décision attaquée et sont ainsi suffisamment motivés. Il ressort en outre des motifs de ces arrêtés et des autres pièces du dossier, que le préfet de police s'est livré à un examen complet de la situation de
M. E.
Sur la légalité interne des décisions attaquées :
6. En premier lieu, il ressort des mentions concordantes des visas et des motifs du premier arrêté du 28 août 2022, que l'obligation de quitter le territoire français édictée à l'encontre de M. E est exclusivement fondée sur le 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui est applicable lorsque " La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ". Si, dans le mémoire complémentaire qu'il a présenté par son conseil, après le premier mémoire en défense présenté pour le préfet de police, le requérant soutient que la notification du rejet définitif de sa demande d'asile n'est pas établie, de sorte que l'obligation de quitter le territoire ne pouvait être prise sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code,
M. E a lui-même indiqué dans sa requête introductive d'instance que la demande d'asile qu'il avait déposée en 2015 avait été " réglée par la Cour nationale du droit d'asile ", tandis que les motifs de l'arrêté attaqué indiquent précisément que le refus de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides avait été confirmé par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 24 mai 2017, notifiée le 23 juin 2017. Dans ces conditions, et alors que l'arrêté attaqué a été pris plus de cinq ans après cette date, le caractère définitif du rejet de cette demande d'asile doit être regardé comme établi.
7. En deuxième lieu, si M. E se prévaut de sept ans de présence en France, des attaches familiales qu'il y a établies, en particulier de la présence de toute sa famille, de la nationalité française de sa mère et d'une de ses sœurs, de la présence également de son frère et de sa sœur en situation régulière, et de l'absence de telles attaches dans son pays d'origine où son père est décédé, et s'il est constant que M. E réside habituellement chez sa mère, il ressort néanmoins des pièces du dossier, et notamment des propos de l'intéressé consignés dans l'un des procès-verbaux de police établis le 27 août 2022 qu'en dehors de travaux occasionnels de plomberie, de peinture ou d'électricité, M. E est sans profession ni aucune ressource et n'a engagé aucune démarche de régularisation depuis le rejet de sa demande d'asile en 2017, alors qu'il ne justifie d'ailleurs pas d'une présence continue de sept ans. En outre, et surtout, il ressort des pièces du dossier que M. E, qui était alors sous contrôle judiciaire, a quotidiennement méconnu l'interdiction d'entrer en relation avec son ancienne compagne au mois d'août 2022, et a commis des violences physiques sur cette dernière dans la nuit du 26 au 27 août et l'a plusieurs fois menacée de mort. Le premier procès-verbal des services de police intervenu à 5 heures du matin, en flagrance, décrit en ces termes l'état de la victime : " la victime a du mal à marcher " et " présente de multiples plaies et dermabrasions sur le corps ", elle " se plaint de douleurs à l'omoplate droit, présente des morsures sur les deux joues et dans le dos et présente également une plaie saignante au niveau du cuir chevelu et des tuméfactions au niveau des yeux ". Le certificat médical établi au service des urgences de l'hôpital Paris Saint-Joseph corrobore, en termes médicaux, les dires de la victime déclarant avoir " reçu des coups de pieds et de poing au niveau du visage, du cou, du torse, et du ventre ", avoir été " étranglée manuellement et mordue au niveau de l'épaule et au niveau du visage ", et " brûlée au niveau du bras droit avec une cigarette ". Eu égard à ces faits, dont la commission par le requérant, qui était déjà sous contrôle judiciaire, est établie par l'ensemble des pièces du dossier, et qui sont constitutifs d'une menace grave à l'ordre public, le préfet de police n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de M. E une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels cette décision a été prise. Le moyen tiré de ce que cette décision méconnaîtrait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est par suite infondé. Il résulte également de ce qui précède que le préfet de police ne s'est pas livré à une appréciation manifestement erronée des conséquences de cette décision sur la situation personnelle de M. E.
8. En troisième lieu, l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit que l'administration peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire à l'étranger, aux termes du 1°, si " le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ", ou, aux termes du 3°, s'il existe un risque qu'il se soustraie à l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire. L'article L. 612-3 précise que ce risque " peut être regardé comme établi ", " sauf circonstance particulière ", dans huit cas, et notamment le cas, prévu au 5°, où l'étranger " s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ", ainsi que le cas, prévu au 8°, où l'étranger " ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, (), qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".
9. En l'espèce, si le requérant est fondé à soutenir que c'est à tort que le préfet a estimé qu'il ne justifiait pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale, et qu'il n'est établi qu'il se soit soustrait à une précédente mesure d'éloigne, il résulte de l'instruction que le préfet de police lui aurait également refusé le bénéfice d'un délai de départ volontaire en se fondant sur le seul motif tiré de la menace pour l'ordre public qui est, comme il a été dit, établie, et de nature, à lui seul, à justifier légalement cette décision, qui ne porte pas d'atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
10. Enfin, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de
retour. / () ". L'article L. 612-10 précise que, pour fixer la durée de l'interdiction de retour mentionnée notamment à l'article L. 612-6, l'autorité administrative " tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
11. M. E soutient que l'interdiction de retour reposerait sur des faits qui ne seraient pas établis ou en tout état de cause isolés et qu'elle serait disproportionnée au regard de ses attaches en France. Toutefois, il résulte des éléments qui ont été indiqués précédemment que les faits caractérisant une menace à l'ordre public sont établis par les pièces du dossier. Même si le préfet ne justifie pas d'une précédente mesure d'éloignement édictée à son encontre, et que le requérant établit avoir ses attaches familiales en France, le préfet de police ne s'est pas livré à une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 612-10, eu égard à la gravité des faits qu'il a pris en considération, en lui interdisant de retourner sur le territoire français pendant
trois ans. Pour les mêmes motifs, le préfet de police n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de M. E une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels cette interdiction de retour a été déterminée, à la fois dans son principe et dans sa durée. Il résulte également de ce qui précède que le préfet de police ne s'est pas livré à une appréciation manifestement erronée des conséquences de cette décision sur la situation personnelle de M. E. Si ce dernier soutient que son comportement en détention a donné lieu à des observations positives du surveillant soulignant notamment qu'il était calme et prenait son travail à cœur, un tel amendement, qui pourrait, le cas échéant, être invoqué au soutien d'une demande d'abrogation de l'interdiction de retour présentée dans les conditions prévues par le code, demeure en revanche sans incidence sur la légalité des arrêtés attaqués, dont la légalité s'apprécie à la date de leur édiction, alors que cet amendement leur est postérieur.
12. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. E doit être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction et les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E et au préfet de police.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Lu en audience publique le 5 octobre 2023.
Le magistrat désigné,
X. PottierLa greffière,
C. Mahieu
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026