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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2209759

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2209759

jeudi 31 août 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2209759
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantMIRGODIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 septembre 2022, M. C D, demande au Tribunal d'annuler l'arrêté du 28 septembre 2022 par lequel la préfète du Val-de-Marne l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est signé par une personne ne justifiant pas d'une délégation régulière pour ce faire ;

- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé et a été pris sans qu'il soit procédé à un examen particulier de sa situation personnelle ;

- il est entaché d'erreurs de droit et d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;

- il craint pour sa vie en cas de retour dans son pays d'origine

La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Grand pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en application des dispositions de l'article R. 776-10 et suivants du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique tenue le 21 août 2023 en présence de Mme Riellant, greffière d'audience :

- M. Grand, magistrat désigné, qui a présenté son rapport ;

- les observations de Me Mirgodin, représentant M. D, requérant absent, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;

- les observations de Me Benzina, représentant la préfète du Val-de-Marne, qui conclut au rejet de la requête.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ". Aux termes de l'article L. 614-1 du même code : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. ".

2. Par un arrêté du 28 septembre 2022 notifié le 30 septembre 2022, la préfète du Val-de-Marne a, sur le fondement du 5° de l'article L. 611-1 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, obligé M. D, ressortissant congolais né le 12 mars 1981, à quitter sans délai le territoire français, a désigné le pays de destination et a pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. Par la présente requête, M. D demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

3. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. A B, à qui la préfète du Val-de-Marne a accordé une délégation de signature régulière, par un arrêté n° 2022/2671 du 25 juillet 2022 régulièrement publié au recueil des actes administratifs, pour signer notamment les décisions en litige, en cas d'absence ou d'empêchement d'autorités dont il n'est ni établi, ni même allégué, qu'elles n'auraient pas été absentes ou empêchées à la date de l'arrêté contesté. Par suite, ces décisions ne sont pas entachées d'incompétence.

4. En deuxième lieu, aux termes L. 613-1 de code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. " et aux termes de l'article L. 612-12 du même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français mentionne le pays, fixé en application de l'article L. 721-3, à destination duquel l'étranger est renvoyé en cas d'exécution d'office. " L'arrêté attaqué mentionne de façon suffisamment précise les motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement, et notamment la circonstance que M. D a fait l'objet d'une condamnation à une peine d'emprisonnement d'une durée de quatre mois pour des faits de soustraction à l'exécution d'une mesure de refus d'entrée sur le territoire français, d'outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique et de rébellion. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté en litige doit être écarté. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète du Val-de-Marne se serait abstenue, avant de prendre l'arrêté en litige, de procéder à un examen approfondi de la situation personnelle du requérant.

5. En troisième lieu, si le requérant soutient ne pas être une menace pour l'ordre public, sans apporter davantage de précisions, eu égard à la nature des faits délictueux qu'il a commis, qui ont fait l'objet de la condamnation pénale cité au point précédent, la préfète pouvait considérer, sans commettre d'erreur d'appréciation ni d'erreur de droit au regard des dispositions précitées du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que l'intéressé constituait une menace pour l'ordre public et prendre, pour ce motif, les décisions en litige.

6. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. " Si M. D pourrait être regardé comme soutenant que les décisions en litige méconnaîtraient ces stipulations, il ne démontre pas de manière probante, par les éléments qu'il produit, qu'il serait directement et personnellement exposé à des risques de traitements inhumains et dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Ce moyen doit, par conséquent, être écarté.

7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. D doivent être rejetées.

D E C I D E

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D et à la préfète du Val-de-Marne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 août 2023.

Le magistrat désigné,

Signé : R. GrandLa greffière,

Signé : N. Riellant

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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