mercredi 7 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2209908 |
| Type | Décision |
| Recours | Exécution d'un jugement |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | RABBE |
Vu la procédure suivante :
Par une demande et un mémoire, enregistrés respectivement les 26 juillet 2019 et 13 octobre 2022, M. B A, représenté par Me Rabbe, demande au tribunal administratif d'enjoindre à la commune de Valenton de prendre les mesures qu'implique l'exécution du jugement n°s 1608746 et 1608759 du 8 novembre 2018 par laquelle le tribunal a, d'une part, annulé la décision du maire de Valenton a affecté M. A sur un poste d'agent d'animation au sein du service des accueils de loisirs sans hébergement à compter du 1er septembre 2016, l'arrêté de 26 août 2016 en tant que le maire a modifié le régime indemnitaire de M. A, en mettant fin au versement de l'indemnité d'exercice de missions des préfectures à compter du 1er septembre 2016 et, d'autre part, a mis à la charge de la commune de Valenton la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. M. A demande qu'il soit enjoint à la commune de Valenton, dans un délai d'un mois et sous astreinte de 150 euros par jour de retard, de :
- modifier ses bulletins de salaire de septembre à octobre 2016, par l'apposition de la mention du service Jeunesse au lieu et place de celle du service des accueils de loisirs sans hébergement (ALSH) ;
- prendre un arrêté de retrait de l'arrêté du maire du 26 août 2016.
Par une ordonnance du 19 octobre 2022, le vice-président du tribunal administratif a décidé l'ouverture d'une procédure juridictionnelle.
Par un mémoire, enregistré le 29 novembre 2022, la commune de Valenton, représentée par Me Peru, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que la reconstitution du déroulement de carrière en exécution du jugement du 8 novembre 2018 a été accomplie.
Par mémoire, enregistré le 24 février 2023, M. A, représenté par Me Rabbe, conclut aux mêmes fins que sa demande l'exécution du jugement du 8 novembre 2018, tendant à la modification des bulletins de salaire de septembre à octobre 2016, par l'apposition de la mention du service Jeunesse.
Par mémoire, enregistré le 16 mars 2023, la commune conclut aux mêmes fins que ses précédentes écritures et à ce qu'il soit mis à la charge de M. A la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Elle fait valoir que :
- la demande de modification de la mention du service d'affectation de M. A sur les bulletins de septembre à octobre 2016 relevant d'un litige distinct, est irrecevable ;
- en tout état de cause, aucune disposition n'impose la mention sur les bulletins de salaire de la mention du service d'affectation de l'agent ;
- en outre, la demande qui vise à modifier rétroactivement des bulletins édités antérieurement à l'année 2022, est impossible à mettre en œuvre et, M. A ayant effectué son service au sein du service des ALSH, celle-ci n'est pas fondée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le jugement n°s 1608746 et 1608759 du tribunal administratif de Melun du 8 novembre 2018.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lopa Dufrénot,
- et les conclusions de Mme Mentfakh, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, adjoint d'animation territorial de 2ème classe titulaire depuis le 1er janvier 1998, a été affecté au poste d'adjoint au responsable du service municipal de la jeunesse. Par jugement n°s 1608746 et 1608759 du 8 novembre 2018, dont l'intéressé demande l'exécution, le tribunal a, d'une part, annulé la décision du maire de Valenton ayant affecté M. A sur un poste d'agent d'animation au sein du service des accueils de loisirs sans hébergement à compter du 1er septembre 2016, l'arrêté de 26 août 2016 en tant que le maire a modifié le régime indemnitaire de M. A, en mettant fin au versement de l'indemnité d'exercice de missions des préfectures à compter du 1er septembre 2016 et, d'autre part, a mis à la charge de la commune de Valenton la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ayant été nommé, par arrêté du maire d'Alfortville du 22 septembre 2016, par voie de mutation, en qualité d'adjoint d'animation territorial, le maire de Valenton, par arrêté du 22 novembre 2016, l'a radié des effectifs, à compter du 10 octobre 2016.
Sur la demande d'exécution :
2. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure. ". Aux termes de l'article L. 911-4 du même code : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte. ".
3. D'une part, il résulte de ces dispositions qu'en l'absence de définition, par le jugement ou l'arrêt dont l'exécution lui est demandée, des mesures qu'implique nécessairement cette décision, il appartient au juge saisi sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative d'y procéder lui-même en tenant compte des situations de droit et de fait existant à la date de sa décision. Si la décision faisant l'objet de la demande d'exécution prescrit déjà de telles mesures en application de l'article L. 911-1 du même code, il peut, dans l'hypothèse où elles seraient entachées d'une obscurité ou d'une ambigüité, en préciser la portée. Le cas échéant, il lui appartient aussi d'en édicter de nouvelles en se plaçant, de même, à la date de sa décision, sans toutefois pouvoir remettre en cause celles qui ont précédemment été prescrites, ni méconnaître l'autorité qui s'attache aux motifs qui sont le soutien nécessaire du dispositif de la décision juridictionnelle dont l'exécution lui est demandée. En particulier, la rectification des erreurs de droit ou de fait dont serait entachée la décision en cause ne peut procéder que de l'exercice, dans les délais fixés par les dispositions applicables, des voies de recours ouvertes contre cette décision.
4. D'autre part, il appartient au juge saisi sur le fondement de l'article L. 911-4 d'apprécier l'opportunité de compléter les mesures déjà prescrites ou qu'il prescrit lui-même par la fixation d'un délai d'exécution et le prononcé d'une astreinte suivi, le cas échéant, de la liquidation de celle-ci, en tenant compte tant des circonstances de droit et de fait existant à la date de sa décision que des diligences déjà accomplies par les parties tenues de procéder à l'exécution de la chose jugée ainsi que de celles qui sont encore susceptibles de l'être.
5. En premier lieu, en exécution du jugement précité qui revêt un caractère définitif, il est constant que la commune de Valenton a versé, en mars 2019, à M. A, la somme de 241,27 euros nets au titre de l'indemnité d'exercice de missions des préfectures pour la période courant du 1er septembre à octobre 2016. Par ailleurs, par courrier daté du 6 mars 2019, l'intéressé a reçu le bulletin de paie afférent à ce versement. En outre, postérieurement à la demande d'exécution, par arrêté du 7 janvier 2020, le maire a régularisé la situation de l'intéressé par le retrait de l'arrêté du 26 août 2016 et tiré les conséquences au regard du versement de l'indemnité d'exercice de missions des préfectures à compter du 1er septembre 2016. Dès lors, la demande de M. A tendant à ce que le tribunal enjoigne à la commune de Valenton de procéder au retrait de l'arrêté du maire du 26 août 2016, lequel, en tout état de cause, annulé par le tribunal, a disparu de l'ordonnancement juridique, est devenue sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.
6. En second lieu, M. A soutient que la modification des bulletins de salaire de septembre à octobre 2016, par l'apposition de la mention du service Jeunesse et non service ALSH constitue une mesure d'exécution qu'implique le jugement en cause.
7. Aucune disposition législative ou réglementaire n'exige qu'au nombre des mentions portées sur les bulletins de paie délivrés aux agents de la fonction publique territoriale, figure l'indication du service où ils sont affectés.
8. Il résulte de l'instruction que les bulletins de paie de M. A, édités au titre des mois de septembre à octobre 2016, qu'il produit à l'instance, mentionnent son affectation au service des ALSH. D'une part, ainsi qu'il est indiqué au point précédent, aucune disposition n'oblige les collectivités employeurs à délivrer à leurs agents publics des bulletins comportant la mention ainsi alléguée. D'autre part, il n'est pas contesté qu'au cours de la période de septembre à octobre 2016, M. A était affecté au sein de ce service où il y a accompli ses missions. En outre, la disparition rétroactive de la décision du maire de Valenton ayant affecté M. A sur un poste d'agent d'animation au sein du service des ALSH à compter du 1er septembre 2016, par l'effet de l'annulation contentieuse prononcée par le jugement en cause, dans l'ordonnancement juridique, n'a pas emporté d'effet sur l'affectation de l'intéressé. Dès lors, les conclusions de la demande de M. A tendant à ce que le tribunal prescrive la modification du service d'affectation sur les bulletins de salaire de septembre à octobre 2016, en exécution du jugement n°s 1608746 et 1608759 du tribunal du 8 novembre 2018 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Valenton, présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu à statuer sur les conclusions de la demande d'exécution de M. A tendant à ce qu'il soit enjoint à la commune de Valenton de retirer l'arrêté du maire du 26 août 2016.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la demande d'exécution de M. A est rejeté.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Valenton présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Valenton.
Délibéré après l'audience du 17 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Lopa Dufrénot, présidente,
Mme Leconte, conseillère,
Mme Delon, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 7 juin 2023.
La présidente rapporteure,
M. LOPA DUFRÉNOT
La magistrate, le plus ancienne,
M. LECONTELa greffière,
V. TAROT
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2519430
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en exécution d’un précédent jugement du 23 décembre 2024, a constaté que le ministre de l’intérieur n’avait pas exécuté l’injonction de délivrer un visa d’établissement (visa long séjour type D) à Mme C... épouse B..., en lui délivrant à tort un visa de court séjour type C. Sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, le tribunal a enjoint au ministre de délivrer le visa d’établissement requis sous un délai de trois mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. La solution retenue vise à assurer l’exécution complète et conforme du jugement initial.
01/06/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2512307
Le Tribunal Administratif de Versailles a rejeté la requête d'un ressortissant algérien contestant le refus de titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire (OQTF) et le délai de départ volontaire. Le tribunal a jugé que le préfet des Yvelines était compétent pour signer les décisions contestées et que le refus de titre de séjour, fondé sur l'absence de contrat de travail visé par l'administration, était légal. La décision s'appuie sur les dispositions de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA).
07/04/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2601124
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant par ordonnance, donne acte du désistement du requérant concernant ses demandes d'annulation et d'injonction relatives à des titres de séjour. La juridiction rejette sa demande d'allocation d'une somme au titre des frais non compris dans les dépens, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administratif. Le litige principal est ainsi éteint par le désistement.
07/04/2026
Cour Administrative d'Appel de Nantes — N° CAA44-24NT02348
07/04/2026